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Traduction
Notes
du
traducteur
-
edokko:
désigne
une
personne
née
et
élevée
á
Tokyo,
et
fait
aussi
référence
aux
stéréotypes
concernant
leur
caractére.
-
famicom:
Nom
de
la
NES
(Nintendo
Entertainement
System)
au
Japon.
-
gekiga:
désigne
un
style
de
manga
s'appuyant
sur
un
certain
style
de
dessins
et
de
dialogues.
Ce
terme
englobait
autrefois
la
plupart
des
mangas
sérieux,
en
contraste
avec
les
mangas
comiques
pour
enfants
qui
étaient
légion.
De
nos
jours,
le
terme
gekiga
fait
surtout
référence
aux
mangas
sérieux
pour
adultes
et
jeunes
adultes
et
utilisant
un
style
de
dessin
proche
de
la
réalité.
-
Giants:
Equipe
de
baseball.
-
kasaya:
vêtements
portés
par
les
prêtres
bouddhistes
au
Japon.
-
nekketsu:
au
sang
chaud,
quelque
chose
plein
d'ardeur
et
de
passion.
« Hier,
aujourd'hui...
et
en
route
pour
le
futur ! »
Hier
Hier
-
1 :
« J'ai
reçu
un
choc
la
première
fois
que
j'ai
vu
une
oeuvre
du
maître
Miyamoto.
Je
me
suis
dit
"c'est
ÇA
un
manga ! »
Masami
Kurumada,
qui
se
trouve
en
première
ligne
du
Shūkan
Shōnen
Jump
depuis
ses
débuts
en
tant
que
mangaka,
est
né
le
6
décembre
1953
à
Tōkyō
et
est
donc
un
véritable
"Edokko".
Il
était
le
fils
unique
de
ses
parents
et
a
grandi
dans
un
Tōkyō
encore
en
reconstruction.
Le
chaos
laissé
par
la
guerre
s'estompait
enfin
et
la
population
commençait
à
jouir
d'une
nouvelle
prospérité.
Et
donc,
qu'avez-vous
à
nous
dire
sur
cette
époque ?
Kurumada :
À
l'époque
il
n'avait
pas
encore
de
Famicom
comme
maintenant,
et
je
jouais
donc
dans
les
parcs
publics
et
dans
les
allées.
Je
louais
aussi
beaucoup
de
livres
chez
le
libraire
de
prêt.
À
l'école,
j'étais
un
garçon
normal
avec
des
résultats
moyens
et
qui
se
bagarrait
parfois.
La
rumeur
prétend
qu'au
lycée
j'aurais
été
le
chef
d'une
bande
de
délinquants,
mais
ce
n'est
qu'un
mensonge
propagé
par
mon
responsable
d'édition
lors
de
mes
débuts
(rires).
J'ai
un
peu
joué
le
dur
pendant
quelques
temps,
c'est
tout.
En
ce
qui
concerne
les
clubs,
j'ai
intégré
celui
de
judo
à
15
ans
et
ai
ainsi
commencé
à
pratiquer
ce
sport.
Mais
ce
n'est
qu'à
partir
de
ma
première
année
de
lycée
que
j'ai
commencé
à
m'y
mettre
sérieusement
(rires).
Et
nous
arrivons
ainsi
à
l'adolescence,
l'âge
auquel
on
commence
à
se
demander
ce
que
l'on
veut
devenir.
C'est
aussi
à
cette
époque
que
vous
avez
découvert
les
mangas.
Au
début,
vous
étiez
juste
un
adolescent
appréciant
ce
format,
comme
bien
d'autres.
Mais
ensuite...
ça
a
un
peu
changé.
Kurumada :
J'aime
les
mangas
depuis
mon
enfance
et
j'en
lisais
donc
beaucoup.
Vers
ma
troisième
ou
quatrième
année
de
primaire,
j'aimais
beaucoup
"Tetsuwan
Atom"
et
"Iga
no
Kagemaru".
Ce
dernier
manga
m'a
en
particulier
laissé
une
forte
impression.
Je
crois
que
c'était
dans
le
magazine
"Shōnen",
qui
à
l'époque
était
un
magazine
très
raffiné.
Ensuite,
vers
le
collège,
je
me
suis
mis
aux
gekiga,
que
je
louais
chez
le
libraire.
Ce
genre
était
alors
en
plein
boom
dans
ce
commerce,
et
des
mangakas
encore
aujourd'hui
célèbres
tels
que
Takawo
Saitō
ou
Mitsuyoshi
Sonoda
étaient
en
train
de
porter
le
genre
en
avant
avec
leurs
mangas.
Comme
le
style
rond
des
mangas
que
je
lisais
alors
était
on
ne
peut
plus
commun
et
que
je
trouvais
qu'ils
étaient
trop
enfantins,
la
structure
et
la
technique
des
gekiga
m'ont
parues
très
rafraîchissantes.
Et
j'ai
ensuite
vu
dans
le
Shōnen
Jump
les
oeuvres
du
maître
Hiroshi
Motomiya,
qui
m'ont
profondément
marqué.
Je
me
suis
dit
« c'est
ÇA
un
manga ! ».
À
l'époque
le
Shōnen
Jump
n'était
pas
encore
un
magazine
hebdomadaire,
et
je
le
lisais
à
l'occasion
lorsque
j'allais
manger
des
ramens
au
restaurant
(rires).
En
tout
cas,
ouvrir
le
magazine
et
se
retrouver
exposé
à
d'impressionnantes
pages
en
couleurs
avait
une
grande
force
d'appel.
Et
ne
n'aurais
peut-être
pas
eu
la
volonté
de
devenir
mangaka
si
je
n'avais
pas
rencontré
les
oeuvres
du
maître
Motomiya.
Otoko
Ippiki
Gaki
Daishō
de
Hiroshi
Motomiya
Vous
avez
ainsi
pris
votre
crayon
suite
à
cette
rencontre
avec
les
oeuvres
d'un
grand
maître,
et
le
glorieux
voyage
vous
amenant
à
devenir
le
mangaka
Masami
Kurumada
a
alors
débuté.
C'est
vers
la
période
de
la
fin
du
lycée
que
vous
avez
commencé
à
soumettre
vos
travaux,
et
avez
attendu
de
pouvoir
commencer
en
tant
qu'assistant.
Kurumada :
J'imitais
depuis
mon
enfance
des
dessins
de
mangas
et
utilisant
du
papier
de
brouillon,
comme
tout
le
monde,
et
c'est
juste
avant
la
fin
du
lycée
que
j'ai
commencé
à
me
servir
de
papier
à
dessin
approprié.
Mais
comme
j'ignorais
de
quelle
manière
il
fallait
s'y
prendre,
je
faisais
mes
dessins
à
l'encre
bleue
(rires).
Les
gekiga
et
Motomiya
Hiroshi
avaient
tout
balayé
à
mes
yeux,
et
je
me
suis
dit
que
l'important
n'était
pas
d'avoir
des
images
compactes
ou
une
histoire
complètement
définie
de
A
à
Z,
mais
que
le
principal
était
plutôt
d'obtenir
un
récit
distrayant
à
lire.
Pour
prendre
une
comparaison
sur
le
baseball,
le
déclic
qui
m'a
donné
envie
de
devenir
mangaka
est
comme
lorsque
quelqu'un
veut
intégrer
les
Giants
après
avoir
vu
jouer
Nagajima
ou
Ou.
Autrement
dit,
j'ai
voulu
devenir
comme
le
maître
Motomiya.
C'est
lors
de
ma
dernière
année
de
lycée
que
j'ai
soumis
mes
premières
créations
lors
de
ma
participation
aux
"Hop
Step
Shō"
("Prix
'Hop
Step'")
du
"Shōnen
Jump",
qui
sont
les
ancêtres
des
"Young
Jump
Shō"
("Prix
'Young
Jump'").
Je
me
disais
alors
que
nul
autre
participant
ne
pourrait
dessiner
aussi
bien
que
moi,
mais
au
final
je
n'ai
même
pas
obtenu
de
mention
à
titre
honorifique
(rires).
Je
me
suis
alors
rendu
directement
au
département
d'édition
pour
leur
demander
pourquoi
je
n'avais
pas
été
retenu,
ce
qui
m'a
ensuite
valu
des
rumeurs
disant
que
j'étais
entré
en
force
chez
eux
(rires).
L'éditeur
qui
m'a
reçu
m'a
fait
savoir
qu'ils
manquaient
d'assistants
sur
un
manga
dont
il
s'occupait,
"Samurai
Giants",
et
m'a
alors
proposé
cette
position.
C'est
comme
ça
que
j'ai
commencé
à
travailler
en
tant
qu'assistant
d'un
mangaka
professionnel.
J'ai
débuté
en
novembre
même
s'il
restait
encore
la
fin
du
lycée
devant
moi
(mars).
Hier
2 :
« Comme
à
l'époque
les
histoires
sur
les
chefs
de
bandes
de
délinquants
étaient
foison,
j'ai
pris
une
femme
comme
personnage
principal
de
Sukeban
Arashi. »
« Le
choc
reçu
en
découvrant
les
oeuvres
d'Hiroshi
Motomiya
m'a
conduit
à
devenir
mangaka. »
Le
saut
du
monde
amateur
à
celui
des
professionnels.
Vous
investissez
votre
jeunesse
dans
un
véritable
parcours
du
combattant
et
apprenez
de
nombreuses
choses.
Le
métier
d'assistant
vous
occupe
beaucoup,
mais
vous
gardez
cependant
les
yeux
rivés
sur
votre
objectif
et
vous
rapprochez
petit
à
petit
de
l'heure
de
vos
débuts.
Kurumada :
C'était
vraiment
le
début
dans
ce
monde
pour
moi,
et
avant
d'être
assistant
je
ne
savais
par
exemple
rien
de
l'utilisation
des
screen
tones
(rires).
J'ai
aussi
appris
à
passer
le
tracing
pen
sur
les
copies
finales
et
ai
été
impressionné
par
la
richesse
que
cela
apporte
à
l'ensemble.
Et
je
faisais
aussi
des
erreurs.
Par
exemple,
dans
un
manga
de
baseball
l'onomatopée
écrite
pour
les
cris
de
la
foule
était
« uooon »
mais
j'avais
changé
de
ma
propre
initiative
en
« uooo »
car
je
trouvais
que
ça
rendait
mieux
(rires).
Comme
le
mangaka
était
quelqu'un
de
gentil,
il
ne
s'est
pas
fâché
une
fois
le
coup
de
la
surprise
passé.
Il
a
cependant
fait
remarquer
que
« le
texte
était
pourtant
écrit
sur
les
pages
à
mettre
au
propre »
(rires).
J'ai
ainsi
continué
à
travailler
en
tant
qu'assistant
tout
en
soumettant
des
projets
au
département
d'édition.
Comme
il
fallait
que
je
puisse
partir
tôt
le
matin,
j'ai
du
louer
un
appartement
du
côté
de
Shakujii,
et
ai
donc
commencé
à
vivre
seul.
Mes
parents
pensaient
que
je
ne
m'en
sortirais
pas
tout
seul
une
fois
parti
du
domicile
familial
et
que
je
reviendrais
vite
à
la
maison
(rires).
Comme
la
paie
mon
job
d'assistant
ne
suffisait
pas
à
payer
le
loyer
et
les
autres
frais,
il
a
aussi
fallu
que
je
prenne
d'autres
petits
boulots
à
côté.
J'avais
20
ans
lorsque
j'ai
fait
mes
débuts
avec
"Sukeban
Arashi".
À
peu
près
deux
ans
et
demi
après
avoir
commencé
en
tant
qu'assistant
donc.
Je
suis
allé
apporter
en
titubant
ces
planches
au
département
d'édition,
planches
sur
lesquelles
j'avais
passé
tant
de
nuits
blanches
pendant
que
je
travaillais
en
tant
qu'assistant.
Et
c'est
comme
ça
qu'est
né
un
nouveau
mangaka
plein
d'ardeur
dans
le
monde
des
mangas
shōnen.
La
publication
de
Sukeban
Arashi
a
débuté
et
les
lecteurs
ont
nettement
gravé
dans
leur
mémoire
ce
jeune
auteur
capable
de
leur
délivrer
une
si
puissante
histoire.
Cette
oeuvre
est
finalement
devenue
votre
première
victoire
et
reste
pour
vous
inoubliable,
n'est-ce
pas ?
Kurumada :
En
fait,
le
protagoniste
de
Sukeban
Arashi
était
un
homme
à
l'origine.
De
plus,
toutes
les
œuvres
que
j'avais
auparavant
envoyées
concernaient
des
lycéens
masculins
en
tant
que
chefs
de
bande.
Ça
me
semblait
couler
de
source
vu
que
je
comptais
faire
des
mangas
ressemblant
à
ceux
de
Hiroshi
Motomiya,
comme
son
"Otoko
Ippiki
Gaki
Daishō".
Mais
comme
les
mangas
traitant
de
lycées
pour
garçons
étaient
alors
légion,
je
me
suis
forcé
à
changer
le
sexe
du
protagoniste
pour
en
faire
une
fille
(rires).
Ce
n'était
pas
grand
chose
et
je
souhaitais
vite
faire
mes
débuts
dans
le
Shōnen
Jump.
En
contrepartie,
j'ai
fait
en
sorte
d'extraire
les
points
forts
des
mangas
de
Motomiya
pour
les
mettre
dans
mon
manga
tout
en
ajoutant
une
touche
de
beauté
afin
que
ça
puisse
également
plaire
aux
petites
filles,
en
me
disant
que
cette
ambiance
douce
serait
un
atout
renforçant
ce
manga.
Je
voulais
que
les
jeunes
garçons
et
les
jeunes
filles
puissent
tout
autant
s'enthousiasmer
pour
cette
oeuvre.
Et
quand
j'ai
ensuite
reçu
de
nombreuses
lettres
de
lectrices,
je
me
suis
dit
que
ça
avait
marché
comme
je
l'espérais.
Le
manga
est
devenu
populaire,
et
il
est
même
arrivé
pendant
sa
prépublication
qu'il
finisse
premier
dans
le
classement
de
votes
des
lecteurs.
Sinon,
c'est
aussi
à
cette
période
que
le
choc
pétrolier
a
eu
lieu,
et
il
est
alors
devenu
difficile
de
se
procurer
du
papier,
ce
qui
a
contraint
le
magazine
à
réduire
son
nombre
de
pages.
Les
chapitres
ont
du
devenir
plus
courts,
et
Sukeban
Arashi
a
fini
par
être
interrompu.
Je
n'oublierai
jamais
l'amertume
que
j'ai
alors
ressenti.
Hier
-
3 :
"Ring
ni
Kakero",
un
manga
se
focalisant
sur
l'ardeur
qu'il
peut
procurer
aux
lecteurs,
et
"Otokozaka",
le
"Otoko
Ippiki
Gaki
Daishō"
version
Kurumada.
« "Un
manga
qui
ne
peut
enflammer
la
passion
de
ses
lecteurs
n'est
pas
un
manga.".
C'est
dans
cet
état
d'esprit
que
j'ai
dessiné
Ring
ni
Kakero. »
L'oeuvre
de
vos
débuts
est
passée,
et
les
dynamiques
épopées
style
Kurumada
ont
vu
leur
intérêt
exploser.
Et
l'oeuvre
de
votre
grande
éclosion,
le
hit,
fut
Ring
ni
Kakero.
Et
un
âge
d'or
dans
lequel
« Masami
Kurumada »
est
synonyme
de
manga
a
succès
a
alors
débuté.
Kurumada :
Je
pense
que
l'amertume
ressentie
suite
à
l'interruption
de
Sukeban
Arashi
a
peut-être
bien
été
un
tremplin
me
menant
à
Ring
ni
Kakero.
Pendant
la
publication,
je
me
rendais
bien
compte
en
dessinant
les
chapitres
que
je
ne
connaissais
pas
grand
chose
à
la
boxe,
et
mon
objectif
principal
était
de
faire
en
sorte
d'enflammer
la
passion
des
lecteurs.
Autrement
dit,
trouver
comment
déclencher
leur
enthousiasme
dans
un
manga
nekketsu.
Et
pour
en
arriver
là,
il
fallait
que
les
combats
aillent
au-delà
de
la
boxe
normale
et
deviennent
proches
d'affrontements
comme
on
peut
en
voir
dans
"Ultra
Kyōdai"
(rires).
Mais
je
pense
que
c'est
bien
ainsi.
Après
tout
il
est
indéniable
que
c'est
typique
de
mes
mangas
(rires).
Et
du
coup
les
boxeurs
étaient
des
ninjas,
des
chefs
de
bandes,
et
même
des
héros
semblant
issus
de
la
mythologie
grecque,
tous
réunis
autour
d'un
même
thème.
Mais
ce
qui
m'a
donné
le
plus
de
mal
dans
Ring
ni
Kakero
-et
qui
est
toujours
le
cas
maintenant-
sont
les
nemu
et
"one
liners".
Les
nemu
sont
vraiment
ce
qui
insuffle
une
vie
dans
un
manga.
Le
Shōnen
Jump
a
maintenant
presque
20
ans,
mais
seules
une
cinquantaine
d'oeuvres
ont
dépassé
les
50
chapitres.
Survivre
dans
le
magazine
est
difficile
à
ce
point-là.
Et
c'est
en
gardant
bien
ça
en
tête
que
je
me
refuse
à
me
contenter
de
nemu
que
je
trouve
seulement
convenables.
Car
je
me
dis
que
si
je
me
contentais
de
ce
genre
de
nemu
par
facilité,
je
serais
sanctionné
par
les
lecteurs
dans
le
classement
de
votes
de
la
semaine.
Et
je
réfléchis
donc
aux
nemu
jusqu'au
dernier
moment,
en
essayant
de
trouver
toujours
mieux
que
ce
à
quoi
j'ai
déjà
songé.
C'est
aussi
ainsi
que
j'ai
procédé
sur
Ring
ni
Kakero.
Je
pense
que
c'est
parce
que
j'ai
toujours
travaillé
de
cette
manière
que
j'en
suis
là
aujourd'hui.
La
tornade
Kurumada
continue
de
souffler
avec
fureur
après
"Ring
ni
Kakero".
De
nouvelles
oeuvres
ardentes
comme
"Fūma
no
Kojirō"
et
"Otokozaka"
se
succèdent
et
envoient
invariablement
aux
lecteurs
un
souffle
de
masculinité.
Mais
il
y
a
eu
une
oeuvre
restée
dans
l'ombre
dans
laquelle
Masami
Kurumada
a
mis
toute
son
âme
jusqu'à
l'épuisement.
Kurumada :
On
parle
de
"malédiction
de
la
seconde
oeuvre"
dans
le
monde
du
manga,
autrement
dit
"l'oeuvre
qui
suit
un
grand
hit
ne
fonctionnera
pas".
Il
est
vrai
que
plus
le
manga
précédent
est
populaire,
et
plus
la
pression
est
grande
sur
le
mangaka
pour
son
oeuvre
suivante.
Ou
pour
prendre
un
autre
point
de
vue,
on
peut
dire
que
c'est
cette
seconde
oeuvre
qui
va
confirmer
ou
infirmer
le
vrai
talent
d'un
mangaka.
Et
en
ce
qui
me
concerne,
j'étais
donc
très
excité
à
l'idée
d'essayer
de
surpasser
Ring
ni
Kakero
avec
le
manga
qui
suivrait.
Lorsque
la
publication
a
touché
à
sa
fin,
j'avais
trois
projets
de
prêts.
L'un
d'entre
eux
était
Fūma
no
Kojirō,
un
autre
était
Otokozaka,
et
le
dernier
était
une
histoire
de
Sumō,
mais
je
ne
pensais
pas
que
ce
dernier
récit
pourrait
marcher,
et
même
aujourd'hui,
je
n'ai
toujours
aucune
envie
de
dessiner
ce
manga
(rires).
Finalement,
j'ai
décidé
d'extraire
le
meilleur
de
Ring
ni
Kakero
afin
de
réaliser
Fūma
no
Kojirō.
Après
tout,
le
thème
de
Ring
ni
Kakero
était
la
boxe,
mais
les
combats
étaient
en
revanche
surnaturels.
Les
personnages
montaient
sur
le
ring
en
enfilant
leurs
gants
de
boxe
pour
se
battre,
et
dans
Fūma
no
Kojirō
ce
n'était
guère
différent,
juste
qu'ils
se
battaient
hors
de
l'école
en
portant
leurs
uniformes
masculins
(rires).
Et
inévitablement,
j'ai
enchaîné
Fūma
no
Kojirō
par
Otokozaka.
Pour
moi,
Otokozaka
était
le
genre
de
manga
pour
lequel
je
suis
devenu
mangaka,
le
type
d'oeuvre
que
je
voulais
dessiner,
et
j'étais
donc
très
motivé
pour
le
faire.
C'était
une
très
grande
joie
pour
moi,
car
c'est
le
manga
que
j'avais
toujours
voulu
créer,
aussi
bien
dans
mon
enfance
que
lorsque
je
suis
devenu
mangaka.
Mais
le
résultat
fut
très
décevant
(rires).
Et
donc
je
dirais
que
si
Otokozaka
a
eu
une
vie
aussi
courte,
c'est
parce
que
je
voulais
redessiner
"Otoko
Ippiki
Gaki
Daishô".
Mais
en
fin
de
compte,
"Otoko
Ippiki
Gaki
Daishô"
est
l'oeuvre
du
maître
Motomiya.
Je
me
suis
lancé
en
voulant
surpasser
ce
manga,
mais
ça
a
produit
le
résultat
contraire.
Aujourd'hui
Le
présent :
« Seiya
est
nekketsu,
Shiryū
est
droit
et
sérieux,
Hyōga
est
posé
et
classe...
différents
stéréotypes
choisis
pour
les
protagonistes
de
Saint
Seiya. »
Et
maintenant
une
oeuvre
majeure
encore
plus
ardente.
La
ténacité
du
maître
a
finalement
donné
naissance
à
un
manga
d'action
inégalable.
Otokozaka
a
vu
Saint
Seiya
lui
succéder,
une
oeuvre
d'un
intérêt
d'un
tout
autre
niveau
et
qui
est
devenue
immédiatement
populaire.
Kurumada :
Songer
à
faire
une
histoire
au
rythme
de
la
mythologie
grecque
n'est
arrivé
qu'en
cours
de
route,
car
quand
j'ai
commencé
à
imaginer
Saint
Seiya,
l'idée
d'origine
était
bien
plus
basique
que
maintenant.
Je
pensais
faire
une
histoire
sur
un
jeune
karateka,
un
peu
comme
dans
le
film
"Best
Kid"
(ndt:
titre
de
Karate
Kid
au
Japon).
Mais
même
si
c'était
du
karate,
je
me
suis
dit
que
ce
serait
cool
que
les
personnages
puissent
lancer
des
étincelles
explosives
(rires).
Et
comme
les
corps
subiraient
forcément
de
sérieux
dégâts
face
à
une
telle
force
de
frappe
s'ils
étaient
dépourvus
d'armures,
j'en
suis
venu
à
ajouter
le
concept
de
Cloths.
Le
théâtre
du
manga
se
situait
au
fin
fond
d'une
montagne
japonaise,
et
le
chef
d'un
camp
d'entrainement
de
karate
ainsi
qu'une
jeune
fille
faisant
office
de
manager
auraient
trouvé
Seiya,
tombé
près
de
chez
eux
(rires).
J'ai
ensuite
eu
une
réunion
avec
quelqu'un
du
département
d'édition,
mais
celui-ci
était
peu
convaincu
par
ce
cadre.
Je
m'étais
dit
que
le
Japon
ferait
l'affaire
en
tant
que
lieu
d'entraînement,
mais
au
final
cela
semblait
effectivement
peu
approprié.
La
Grèce
était
en
revanche
parfaite
pour
ce
genre
de
choses.
Mais
pour
être
honnête,
comme
il
y
avait
dans
la
profession
une
sorte
de
malédiction
condamnant
les
mangas
se
déroulant
à
l'étranger
à
avoir
peu
de
succès,
je
n'aimais
guère
cette
idée
(rires).
Et
le
titre
d'origine
n'était
pas
"Saint
Seiya".
J'ai
en
fait
songé
à
de
nombreux
titres,
comme
par
exemple
"Ginga
no
Rin".
Mais
je
pense
que
le
titre
actuel
est
le
meilleur.
J'ai
ensuite
choisi
le
terme
聖戦士
seisenshi
(
soldat
sacré),
mais
ce
terme
semblait
finalement
trop
commun.
J'ai
alors
changé
en
聖闘士
'seitōshi'
("combattant
sacré"),
et
y
ai
apposé
la
prononciation
"Saint"
(
seinto)
qui
rappelle
la
sonorité
du
terme
japonais.
Et
d'ailleurs,
au
début
Seiya
星矢
(
flèche
étoilée)
s'appelait
en
fait
Seiya
聖矢
(
flèche
sacrée).
Mais
je
me
suis
dit
qu'un
tel
choix
pour
le
nom
du
personnage
principal
serait
un
peu
trop
propret
(rires).
Et
j'ai
donc
modifié
le
premier
caractère.
Saint
Seiya
n'est
pas
seulement
une
compilation
d'aventures
façon
Kurumada,
c'est
aussi
une
oeuvre
remplie
d'idées
innovatrices,
comme
les
Cloths.
Et
le
nombre
de
lecteurs
fidèles
a
soudain
augmenté
à
la
vue
des
nouveautés
proposées
par
ce
manga
surpassant
les
précédentes
oeuvres
de
Masami
Kurumada.
Et
c'est
pourquoi
Masami
Kurumada
demeure
un
auteur
lancé
sur
la
voie
du
succès.
Kurumada :
Après
avoir
défini
mon
protagoniste,
je
me
suis
tout
naturellement
occupé
des
autres
personnages.
Comme
Seiya
est
du
genre
nekketsu,
il
fallait
un
personnage
droit
et
sérieux
comme
Shiryū.
Hyōga
est
posé
et
classe,
tandis
que
Shun
remplit
le
rôle
du
garçon
adorable
et
que
Ikki
est
le
loup
solitaire.
Je
pense
par
ailleurs
leur
avoir
trouvé
des
noms
qui
leur
correspondent
bien.
Je
me
suis
demandé
si
Jabu
ne
devrait
pas
être
un
peu
plus
impliqué
dans
l'histoire,
mais
en
fin
de
compte
c'est
à
la
base
un
personnage
avec
la
même
personnalité
que
Seiya.
En
ce
qui
concerne
l'armure
portée
par
le
héros,
j'avais
au
début
songé
à
diverses
choses
comme
par
exemple
une
kasaya
(rires).
Mais
lorsque
l'on
a
ajouté
le
background
grec,
tout
cela
a
beaucoup
changé.
Au
final,
j'ai
choisi
l'idée
de
vêtements
sacrés
(聖なる衣,
seinaru
koromo,
"
vêtement
sacré")
portés
lors
des
âges
mythologiques
et
ai
construit
le
terme
"Cloth"
(聖衣),
qui
m'a
semblé
être
le
meilleur
choix
possible.
C'est
encore
une
occasion
où
je
me
suis
torturé
pour
les
noms.
Ensuite
est
arrivé
le
moment
de
réfléchir
très
concrètement
aux
Cloths,
et
je
me
suis
retrouvé
tiraillé,
ne
sachant
si
je
devais
me
rapprocher
de
la
science-fiction
ou
de
ce
que
l'on
pouvait
voir
dans
les
animes.
En
fin
de
compte,
mon
responsable
d'édition
m'a
suggéré
l'idée
d'une
armure
s'assemblant
pour
former
un
cheval,
en
me
disant
que
ce
serait
certainement
un
bon
concept
(rires).
Pour
être
tout
à
fait
honnête,
j'avais
des
doutes
là-dessus
et
me
demandais
si
ça
n'allait
pas
être
infaisable
(rires).
Et
donc,
au
début
je
n'avais
pas
encore
décidé
que
Seiya
posséderait
la
Cloth
de
Pégase,
ni
ce
qu'il
ferait
avec
une
fois
acquise.
Pour
parler
d'une
autre
idée
que
je
n'ai
pas
utilisé,
j'avais
songé
à
faire
du
héros
le
fils
d'un
maître
de
dojo
des
quartiers
populaires
qui
aurait
un
jour
découvert
son
père
mort
en
rentrant,
assassiné
par
un
inconnu.
Je
pense
que
poser
clairement
le
cadre
permet
de
continuer
ensuite
sans
trop
de
difficultés,
comme
par
exemple
décider
de
se
baser
sur
les
constellations
ou
des
Cloths
et
des
armes,
comme
avec
la
chaîne
d'Andromède.
« Saints,
Cloths,
Seiya..Saint
Seiya
fait
vraiment
prendre
conscience
de
l'importance
des
noms. »
Demain
Le
futur :
« J'aimerais
qu'en
lisant
une
oeuvre
dans
laquelle
j'ai
mis
toute
mon
âme
et
toute
mon
énergie,
les
gens
la
trouvent
intuitivement
intéressante. »
Les
mangas
actuels
ont
de
profond
liens
avec
ceux
du
passé,
et
un
grand
futur
semble
encore
être
promis
aux
mangas
de
Masami
Kurumada.
Les
lecteurs
peuvent
croire
en
toute
confiance
que
vous
créerez
une
nouvelle
oeuvre
dont
l'intérêt
surpassera
encore
celui
de
Saint
Seiya,
qui
est
pourtant
actuellement
votre
plus
grand
chef
d'oeuvre.
That's
entertainment.
Masami
Kurumada
est
un
auteur
qui
ignore
comment
ennuyer
ses
lecteurs.
Des
mangas
dignes
de
ce
nom.
That's
all.
Kurumada :
En
ce
qui
concerne
la
suite
de
Saint
Seiya,
ainsi
que
je
l'ai
mentionné,
la
mythologie
grecque
est
la
base
de
l'histoire,
et
celle-ci
va
continuer
à
être
explorée
dans
cet
univers.
Je
pense
aussi
peut-être
faire
un
one-shot
mêlant
diverses
mythologies.
Pour
tout
dire,
même
si
Saint
Seiya
jouit
d'une
grande
popularité,
la
compétition
entre
mangas
est
rude
dans
le
Shōnen
Jump
et
de
plus
en
plus
de
jeunes
mangakas
arrivent
dans
le
métier.
Et
l'essentiel
pour
gagner
le
haut
du
classement
est
la
puissance
délivrée
par
une
oeuvre,
et
donc
dessiner
de
longs
mangas,
donner
aux
personnages
des
noms
élaborés
ou
concevoir
de
bonnes
histoires
peut
sembler
d'une
importance
moindre
dans
le
Shōnen
Jump
(rires).
Jusqu'où
arriverai-je
à
trouver
chaque
semaine
de
nouvelles
idées
et
à
préserver
la
force
de
mes
oeuvres ?
Si
un
manga
échoue
ne
serait-ce
qu'une
fois
dans
le
Shõnen
Jump,
il
devient
ensuite
difficile
de
percer
à
nouveau.
Et
je
serai
donc
bien
embêté
si
de
nouveaux
auteurs
surpassant
ma
façon
de
faire
apparaissent
(rires).
Peut-être
qu'à
ce
moment-là
je
sentirai
que
l'heure
est
venue
pour
moi
de
me
retirer.
Ce
que
je
pense
c'est
que
même
si
on
dessine
un
manga,
l'entreprise
sera
vaine
si
l'on
arrive
pas
à
s'immerger
dans
l'univers
produit.
Les
jeunes
gens
ont
en
revanche
la
chance
de
pouvoir
y
parvenir
aisément
car
ils
sont
jeunes
(rires).
Ils
préfèrent
s'en
remettre
à
leurs
fantaisies
plutôt
qu'à
la
réalité
du
quotidien,
et
du
coup
il
est
alors
plus
facile
pour
eux
de
s'insérer
dans
le
monde
de
leur
manga.
Après
tout,
les
mangas
sont
un
monde
de
fantaisies
(rires).
En
revanche,
lorsque
la
vie
réelle
commence
à
nous
sourire
et
que
l'on
se
met
à
apprécier
la
vie
d'adulte,
s'insérer
dans
le
manga
devient
plus
difficile.
Après
tout,
la
vie
réelle
est
plus
importante
que
la
vie
fictive.
Et
d'ailleurs
en
ce
qui
me
concerne,
Ring
ni
Kakero
était
un
manga
crée
par
la
passion
de
la
jeunesse
alors
que
Saint
Seiya
est
bâti
sur
la
maîtrise
technique.
Pour
Ring
ni
Kakero
j'ai
laissé
mes
émotions
me
guider
en
dessinant
ce
manga
avec
un
état
d'esprit
genre
"je
vous
tue
si
vous
m'approchez !".
Et
Saint
Seiya
serait
par
contre
peut-être
devenu
une
oeuvre
tout
à
fait
différente
si
elle
avait
été
réalisée
avec
le
même
genre
de
voracité.
Mais
même
si
j'insuffle
ma
volonté
dans
mes
oeuvres,
je
n'essaie
pas
en
revanche
d'y
faire
passer
un
message
personnel.
Tout
ce
qui
m'importe
est
que
ce
soit
intéressant
à
lire.
Pour
dire
les
choses
de
manière
extrême,
ça
me
suffit
si
un
lecteur
prend
du
plaisir
à
lire
cette
histoire
dans
le
train
puis
jette
le
magazine
une
fois
arrivé
à
la
gare.
Les
mangas
sont
après
tout
du
divertissement.
Je
pense
que
si
le
magazine
Shōnen
Jump
a
tant
grandi
depuis
sa
création,
c'est
parce
qu'il
a
très
bien
compris
ceci.
C'est
également
le
principe
auquel
je
me
conforme
à
titre
personnel,
et
je
pense
que
quels
que
soient
mes
futurs
mangas,
ça
ne
changera
pas.
Les
rêves
dessinés
par
le
maître
Kurumada
sont
sans
fin.
Et
il
est
capable
de
donner
vie
à
ces
rêves.
Son
crayon
est
guidé
avec
splendeur
par
sa
foi
pure
dans
le
Manga.
C'était
vrai
hier,
ça
l'est
également
aujourd'hui
et
ça
le
restera
demain.
Nous
pouvons
croire
avec
assurance
que
tant
que
les
mangas
existeront
en
ce
monde,
les
aventures
Kurumada
demeureront
immortelles.
Kurumada :
Lorsque
l'on
est
enfant,
il
est
possible
d'avoir
de
grands
rêves,
mais
on
ne
voit
plus
de
tels
rêves
une
fois
devenu
adulte.
Les
enfants
sont
tels
les
nuages
qui
flottent
doucement
dans
le
ciel
bleu
et
peuvent
donc
aisément
changer.
Et
ce
sont
de
tels
rêves
que
je
dessine.
Les
Que
pouvez-vous
nous
dire
à
propos
de
C[h]ronus
au
cours
de
l'Hypermythe?
Kurumada :
J'ai
besoin
d'expliquer
quelques
choses
qui
étaient
en
fait
exclus
de
l'Hypermythe.
C[h]ronus
n'est
pas
seulement
le
Dieu
de
tous
les
temps,
et
l'espace.
Il
est
le
Dieu
de
tous
de
l'existence
et
la
création.
Quand
j'ai
créé
lui
je
me
suis
dit
"J'ai
besoin
d'un
dieu
qui
est
au-dessus
de
tout.
J'ai
besoin
d'un
dieu
qui
est
l'incarnation
de
tout.
Je
ne
souhaite
pas
pour
lui
d'être
omnipotent,
mais
un
qui
est
au-dessus
de
tous
les
concepts
abstraits
sans
une
forme
physique
ni
une
forme
spirituelle.
J'ai
même
voulu
un
dieu
qui
transcende
tous
les
concepts
ci-dessus
de
concepts.
C[h]ronus
commencé
tous
de
l'existence.
Il
a
fait
un
"big
bang."
Même
si,
c'était
un
big
bang
très
spécial.
Il
a
été
le
premier
big
bang
qui
allait
devenir
la
première
création
de
la
première
existence.
Ainsi,
la
première
série
d'une
grande
multitude
d'univers
parallèles
ont
été
faites.
Si
je
devais
décrire
C[h]ronus.
C[h]ronus
serait
un
être
qui
a
été
proche
de
toute-puissance
sans
être
omnipotent.
J'avais
besoin
d'un
tel
personnage
qui
irait
au-delà
de
tout.
"Un
être
qui
va
au-delà
de
tous
de
l'existence."
C[h]ronus
étant
tellement
spécial
qu'il
peut
créer
plusieurs
autres
séries
de
séparer,
et
expansion
infinie
d'autres
univers
parallèles.
Il
est
très
puissant.
Pourtant,
je
ne
veux
qu'interférer
avec
mes
plans
pour
le
tout-puissant,
omniscient,
omnipotent
Zeus.
Les
aventures
Kurumada
sont
avant
tout
de
grands
rêves,
et
ses
lecteurs
le
savent
mieux
que
quiconque.
Fin
de
traduction