Interviews/Bluray - Box I/Takao Koyama

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* Sortie : 20 Juin 2014 * Caractéristiques : couleur / environ 1338 minutes / Dolby digital (mono) / 8 Blurays / références : BCXA-887 * Prix : 35.000 Yens * Label : Bandai Entertainment * Producteur et Distributeur : Bandai Visual & Co
  • Traduction jp->fr proposée par Andromak2000.
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Staff Interview : Koyama Takao (responsable de la structure scénaristique de la série)

Pages concernées par la traduction.

-Tout d’abord, pourriez-vous nous dire le fait qui a été à l’origine de votre participation aux œuvres de Toei Animation.

Ma participation est due à Monsieur Ochiai Masami, le directeur de « Tezuka Osamu no Don Dracula » qui m’a présenté Monsieur Shichijo Kenzo de Toei. J’ai pu participer à « Dr. Slump Arale chan » dont Monsieur Shichijo est le producteur. Par la suite, j’ai été le scénariste de « Konpora Kids » dont Monsieur Morishita Kozo était le directeur. C’est là que j’ai rencontré Yokoyama Kazuo, le producteur. « Saint Seiya » était une offre qui m’avait été faite par Monsieur Yokoyama et il me semble que c’est vers mai 1986 que j’ai reçu son appel. On m’a d’abord envoyé l’œuvre originale de Monsieur Kurumada Masami mais j’étais assez surpris de voir que c’était une œuvre d’action sérieuse.

-C’était encore l’époque où on avait une image de vous en tant que spécialiste des animés gag.

C’est cela. Il devait y avoir beaucoup de gens qui étaient surpris en qui se disaient « C’est donc Koyama Takao qui va écrire « Seiya » ? ». Quand j’ai reçu l’offre, c’était encore au moment où il n’y avait qu’une vingtaine d’épisodes qui étaient sortis, je n’arrivais donc pas encore très bien à cerner le concept. C’est pour cela qu’au début j’ai refusé. C’était au moment où j’avais déjà accepté « High School ! Kimen Gumi » et « Dotera man » et puis il y avait aussi « Dragon Ball ». C’était donc une période chargée pour moi. C’est à ce moment-là que Monsieur Yokoyama a prononcé des paroles profondes et importantes : « J’aimerais voir comment le Koyama Takao connu pour les gags va cuisiner cette œuvre ». Il m’a dit « Dans l’œuvre principale, il n’y a aucun sourire dans les images et demander à un scénariste qui est spécialisé en action de s’occuper d’une œuvre sérieuse rend l’histoire encore plus lourde, c’est pour cela que je voulais vous le demander à vous, Monsieur Koyama pour que vous le fassiez en y insérant de l’humour ». Si on nous le demande comme cela, on ne peut rien répondre d’autre que « Allons-y ! » (rire).

Monsieur Yokoyama voulait alléger l’ambiance de l’œuvre en me demandant de l’écrire. Pour répondre à cette demande, j’ai, au début, expressément essayé d’insérer des scènes dôles. Pour ce faire, j’ai beaucoup fait intervenir les enfants du Jardin d’enfants des étoiles. À Makoto, qui est l’un d’entre eux, j’ai donné le nom de mon propre enfant (rire).

- Seiya, dans l’anime, loge dans un port de yacht et joue de la guitare. C’est un personnage qui a été élaboré de manière poussée.

C’est pour que le public puisse ressentir de l’empathie envers lui. Si on veut que les enfants qui ne connaissent pas la mythologie grecque puissent les apprécier, il faut que l’on dessine leur vie quotidienne.

-Par ailleurs, pourquoi n’avez-vous pas tenu compte du fait que, dans l’œuvre principale, Seiya et ses compagnons étaient des demi-frères (de mères différentes) ?

On a été nous-mêmes très surpris par cette vérité surprenante (rire). Ikki et Shun sont des frères…. Ce qui veut dire que Kido Mitsumasa a fait enfanter 99 femmes. J’ai simplement fui cette vérité (rire). Je me suis dit que les termes de « 100 frères de mères différentes » n’allaient pas être parlant pour les enfants, et puis cela réduirait la lutte des Bronze Saints en simple dispute entre frères.

-Il parait que vous étiez si chargé que votre corps en a souffert.

C’était une période pendant laquelle je devais m’occuper de 3 séries en même temps. J’étais donc dans une situation où je devais écrire 10 épisodes par mois. Au début je disais des choses comme Casshern, « Si je ne le fais pas, qui va donc le faire ? » (rire). Cependant, je n’avais même pas le temps de dormir et j’ai perdu connaissance après avoir écrit le 31ème épisode. C’est alors que le producteur et les autres membres du personnel ont appelé Monsieur Kan Yoshiyuki, paniqués et après en avoir fait toute une histoire pendant 1 semaine. Au final, ils n’en ont fait une histoire que pendant une semaine. Moi qui pensais faire un travail considérable, je ne faisais apparemment rien d’exceptionnel (rire). Pendant cette période de repos j’ai acheté un Word processor et je m’entrainais à taper sur Word processor en restant couché. Quand je suis revenu au travail, j’ai commencé à réaliser mes travaux sur Word et tout le monde en était content. Quand j’écrivais encore à la main, on me disait souvent « On ne sait pas lire ton écriture ! » (rire). Cet évènement a été une leçon pour que j’arrête d’être déraisonnable.

-Dans quelles circonstances Monsieur Kan Yoshiyuki a-t-il été appelé ?

Je l’ai rencontré quand il était encore novice dans « Pa-man » (édition de 1983). On s’est alors très bien entendu, on a commencé à se côtoyer et c’est une personne à qui l’on peut, en tant que scénariste, faire entièrement confiance. Il respecte toujours les deadlines et il maintient un niveau de qualité constant. Avec lui, on arrive à planifier le scénario et pour un responsable scénaristique, c’est le genre de scénariste qui nous facilite vraiment la tâche. C’est pour cela que pour les œuvres desquelles je me charge de l’édition de l’histoire, je lui demande souvent de l’aide. C’est lui qui m’a écrit près de la moitié de « Saint Seiya ». Tachikawa Motonori dont le nom suit le mien dans les épisodes 35 et 38 faisait partie des tout premiers élèves des « Brothers Noppo ». Quand j’ai perdu connaissance en février, je ne pouvais plus travailler jusqu’à mi-mars. Je faisais donc des réunions avec lui, couché dans mon lit.

-Vous disiez dans une interview de l’époque que vous aviez introduit des scènes humoristiques mais qu’elles avaient été supprimées.

Je pense qu’il doit bien y avoir eu ce genre de chose. Avec que des combats, on ne tenait pas. On introduisait parfois des blagues, c’était plus fort que nous. Quand je l’écrivais je me disais toujours « De toute façon, cela ne passera sans doute pas ». Dans tous les cas, même si on nous la refuse, on n’a qu’à les supprimer. Je n’avais, à l’époque, pas le temps d’hésiter et puis je trouvais important de rédiger comme cela me venait.

-Quels sont les éléments auxquels vous portez une attention particulière dans les œuvres de combat comme celle de « Seiya » ?

C’est une chose que Monsieur Morishita Kozo disait toujours, les enfants n’arrivent pas à rester attentifs. Les « Festivals de Manga Toei », ils ne les regardent attentivement que pendant une quinzaine de minutes. Après cela, ils courent partout dans tout le cinéma (rire). On doit insérer des temps de pause sinon ils ne tiennent pas. C’est pourquoi il est primordial, dans des œuvres de combat d’introduire des changements de séquences. De plus, quand on place des scènes successives de combats, on doit avoir davantage de dessins, ce qui rend le travail plus laborieux.

-Quand on regarde le scénario de l’épisode 13, on remarque que les mouvements pendant le combat sont dessinés de manière assez concrètes.

C’est une manière de dessiner qui est propre à Koyama Ryu. Il dit, aussi à ses élèves, « Il faut dessiner d’une telle manière que les images apparaissent de manière concrètes ». Cependant, ce n’est pas parce que l’on dessine des actions de manière concrète que le scénariste va les décrire telles quelles. Ce qui est crucial, c’est ce qui va provoquer l’action, ce qui va mettre le protagoniste en difficulté et ce qui va déclencher le retournement de situation. Il faut indispensablement intégrer le coup fatal. Dans les films de héros réels, on pourrait simplement introduire une petite phrase du style « Le combat féroce continue » car il y a aussi des experts techniques et des directeurs d’action. Cela n’est pas possible dans les animes et cela rend le travail plus dur. Il faut aussi entretenir l’état d’esprit des personnages d’anime.

-N’était-ce pas difficile de s’occuper de la structure d’une série qui avançait au même rythme que l’œuvre originale ?

J’étais dans une situation où je devais avancer dans un grand brouillard. Je devais donc créer une histoire qui puisse s’adapter à tous les cas. Il était aussi difficile de donner des explications de l’état actuel des choses aux autres scénaristes. C’est peut-être aussi pour cette raison que dans un premier temps on n’a pas augmenté le nombre de scénaristes. Le travail peut être fait plus rapidement par une seule personne mais qui est au courant de tout ce qu’il se passe. Je me dis que j’ai bien persévéré jusqu’au bout dans de telles circonstances.

-Il y avait des choses, comme le fait que le maitre de Hyōga était une personne différente dans l’anime et dans l’œuvre originale ou encore le fait que l'identité du Pope soit un Gold Saint. Il devait être difficile de garder une cohérence dans tout cela.

Au début de la série, on était dans une situation où l’identité du Pope n’était pas encore décidée mais on devait obligatoirement la fixer déjà un minimum pour pouvoir avancer. C’est là que nous avons créé le personnage d’Āres. Je me souviens vaguement du Crystal Saint. Tous ces personnages originaux, on les a créés ensemble, avec le producteur et le directeur.

-Le premier Saint original Docrates porte un nom caractéristique des noms que donne Monsieur Koyama

Des grecs, je ne connaissais que Socrates (rire), d’où le nom Docrates. Je dirais que c’est une dénomination qui est plus de type Tatsunoko que de type Koyama (rire). Pour le professeur Asamori qui a inventé les Steal Cloths comme il a créé des Cloths mécaniques, on lui a donné le nom Asamori : « Machine  » (Kanjis que l’on fait lire Machine). Quand nous avons voulu introduire les Steal Saints, je me souviens de la confusion qu’il y avait dans le studio. Il est en effet compliqué d’insérer de nouveaux concepts quand on a déjà atteint un certain stade dans l’histoire. Je me suis même demandé si on les avait insérés pour me mettre les bâtons dans les roues (rire). Ces Steal Saints ont fini par disparaitre au cours de l’histoire et les raisons semblent avoir été expliquées dans la suite « Saint Seiya Ω ». Cette histoire a été écrite par Monsieur Ito Itsuki et mon fils. Je n’aurais jamais pensé qu’on reparlerait de ces Saints 28 ans plus tard. On a pu aboutir à une sacrée histoire rien qu’avec ces Steal Saints (rire).

-Vous souvenez-vous de du roman qui avait été publié dans le mook de l’époque « Saint Seiya ☆ Anime Special » ?

Je me souviens du premier volume « Kyodai no Kizuna ». On y avait écrit « Grand frère, il y a un Medaka  » ou encore « Je n’aime pas vivre en groupe ». Je me demande comment Monsieur Kurumada nous laissait écrire de choses pareilles (rire). Le deuxième volume « Saga ! Yabo no Jokyoku » il me semble ? Je ne m’en souviens pas. Je me souviens juste clairement du « Je n’aime pas vivre en groupe » (rire). Quand j’ai écrit cela, j’ai reçu pas mal de lettres de la part des fans. Certains n’étaient pas très contents. J’ai reçu par exemple « Je suis une fan de Ikki. Veuillez arrêter de l’utiliser pour vos blagues ! » Heureusement que nous n’étions pas encore dans une société de net comme nous le sommes aujourd’hui (rire).

-Quel a été votre ressenti quand vous avez regardé la version finale des images ?

Les coups fatals de Monsieur Kurumada ont tendance à être représentés sur une double page ou dans de grandes cases. J’avais donc hâte de voir comment on y avait inséré les mouvements spécifiques des animes. Je me disais qu’en une seconde on pouvait placer 100 coups de Pegasus Ryūsei Ken de Seiya. Je ne savais pas du tout comment dessiner cela, du coup quand j’ai regardé le premier aperçu, j’ai été très surpris.

Monsieur Morishita qui a inventé toutes ces actions en était très fier et se revendiquait comme étant le « Morishita de l’action ». J’ai commencé à travailler avec lui sur « Kompora Kids » puis on est passé par « Seiya » et pour travailler encore ensemble sur « Dragon Ball Z ». Comme on avait aussi le même âge, on était comme des camarades. J’ai appris beaucoup de choses grâce à Morishita de l’action.

-Pourriez-vous nous parler de l’édition Asgard qui a commencé après le Jūnikyū-hen ?

Ce n’est absolument pas parce que c’est entièrement une version originale que cela a été facile. La difficulté est identique à celle que l’on éprouve quand on créé une tout autre œuvre. On faisait nos réunions en nous enfermant tous ensemble dans des hôtels de Kagurazaka. On s’est dit qu’en restant dans la mythologie grecque, cela allait peut-être être redondant par rapport à l’œuvre originale. C’est pourquoi on a décidé de prendre des dieux d’autres mythologies. C’est comme cela qu’on est arrivés à la mythologie scandinave. Je ne me souviens pas de grand-chose mais je me souviens qu’il y avait ce personnage qui avait été élevé par des loups. Découverte en Inde, c’est cette fillette qui avait été élevée par un loup qui a été une source d’inspiration.

-(Montrant le livre Mook) Il s’agit bien de Fenrir ?

Exactement. Son coup fatal c’est Urf… Kuruerti…Cro ? Ils doivent avoir trouver cela en cherchant comme ils le pouvaient dans des dictionnaires japonais-anglais (rire). Je me souviens vaguement des noms de Syd et Bud. Celui-là, on a dû l’appeler Tall juste parce qu’il était grand (rire).

-Quels sont les personnages qui vous ont marqués ?

Comme Jo a connu plus de succès que Ken dans « Kagaku Ninja-tai Gatchaman », j’ai pris plus de plaisir à écrire sur les personnages qui aident que les protagonistes. Seiya ne dit souvent que des choses qui sont correctes et censées. C’est ce qu’il faut pour un protagoniste. Personnellement, un personnage que j’aimais beaucoup était Shiryu. Sa relation avec le vieil homme ou Shunrei était très claire et sa mentalité est aussi celle qui se rapproche le plus de celle des japonais. De plus, il perd la vue etc. ce qui rendait son histoire assez simple à écrire. Ensuite, j’aimais bien Hyoga. Avec les histoires d’éternité ou de glaces éternelles, il a grandi dans des circonstances particulières. J’avais une sensation similaire à celle que l'on éprouve quand on est émerveillés par des aurores boréales. Ikki aussi est un personnage charmant. C’est un personnage qui a beaucoup de mérite (rire).

-Comment voyez-vous l’œuvre de Saint Seiya ?

Pour le scénariste Koyama Takao, c’est une œuvre d’époque. À travers cette œuvre, j’ai appris à mélanger les actions et l’humour. Je pense que si j’avais refusé l’offre de Monsieur Yokoyama, je n’aurais pas pu non plus travailler sur « Dragon Ball Z ». En baseball, pour éviter que le corps ne se courbe à force de ne frapper que du bras droit, on oblige de temps en temps aux batteurs droitiers de frapper de leur bras gauche. C’est le même principe ici. J’ai réussi, grâce à « Saint Seiya » à évoluer d’un scénariste de gags à un switch hitter qui peut aussi écrire des œuvres du genre action.

Même si j’ai perdu connaissance en plein milieu, au début, j’écrivais tout seul, ce qui a renforcé ma confiance en tant que scénariste. C’est vrai qu’à cette époque c’était dur. Mais ce n’est pas pour autant que j’écrivais sans plaisir. Je le faisais en en étant fier. C’était difficile de penser à un concept sans avoir d’idée de la suite de l’histoire mais c’était chouette. Et puis, il y a le succès de l’œuvre qui a aussi motivé le staff. Nous avons pu travailler sur le grand tapis que nous a déroulé Monsieur Kurumada et toute cette synergie a rendu les animes et l’œuvre originale de plus en plus intéressante. C’est une œuvre qu’on a pu écrire qu’à ce moment où on arrivait à déployer le meilleur de nous-mêmes. Je pense que même en rassemblant aujourd’hui les mêmes personnes, on ne pourrait arriver à un tel résultat. La triennale de Tenchijin devait s’être rassemblée. J’étais vraiment heureux de pouvoir travailler sur cette œuvre dans un timing si parfait.

-Pourquoi pensez-vous que l’œuvre de « Saint Seiya » continue à être appréciée ?

Je pense que les personnes qui ont regardé cette œuvre ont partagé une époque. Quand on entend parler de « Saint Seiya », je pense que toute personne, peut importe son âge ou son genre, devrait se souvenir de ce qu’il faisait à cette époque en se disant « À l’époque de Seiya, moi j’étais en Xème année ! ». C’est une œuvre qui a à ce point marqué les filles et les garçons. Les concepts grandioses et l’histoire qui ont pour thème la mythologie, la difficulté de faire avancer l’œuvre originale en même temps que les animes était peut-être aussi quelque chose qui pouvait donner un sentiment de proximité au public. Et puis, la chose la plus importante est sans doute les sakugas. On y avait rassemblé les éléments qui constituaient le plus grand commun dénominateur nécessaire aux œuvres à succès. C’est sans doute une œuvre qu’une telle génération a fait naitre.

Koyama Takao Né en 1948 à Tokyo. Il entre en 1972 dans le département des projets et de la littérature de la Tatsunoko Production. Il connait ses débuts dans le domaine de scénariste avec « Inakappe Taisho » et se lance dans la littérature avec « Kaiketsu Tamagon » (1972), « Shinzo Ningen Casshan » (1973) etc. Il a également participé à la réalisation de « Time Bokan » (1975). Il travaille de manière indépendante depuis 1975. Dans la série de Time Bokan, il a été responsable du projet, responsable scénaristique de la structure de la série et du scénario de « Zenda-man » (1979) à « Kaito Kirameri-man » (2000). De plus, il a, en tant que représentant de la troupe de scénaristes « Brother Noppo », formé un tas de scénaristes. Il est actuellement professeur dans l’université d’arts d’Osaka dans le département de création de personnages, et dans le département de sciences visuelles. Dans « Saint Seiya », il a participé en tant que Koyama Takao.

Fin de traduction