-
Interview
de
Masami
Kurumada
publiée
dans
le
Champion
RED
de
février
2014
(mis
en
vente
le
19
décembre
2013).
-
Traduction
du
japonais
vers
le
français
par
Archange.
-
Mettez
un
lien
vers
cette
page
plutôt
que
de
copier
ailleurs.
 |
-
Les
articles
de
ce
site
ont
nécessité
de
nombreuses
heures
de
rédaction.
Merci
de
ne
pas
en
recopier
des
parties
sans
autorisation.
-
Many
hours
were
spent
on
these
articles.
Please
don't
copy
part
or
make
translations
of
them
without
permission.
|
Traduction
(ndt:
image
présente
sur
la
page
d'origine)
Notes
du
traducteur
-
enka:
style
de
chanson
japonais
inspiré
du
chant
traditionnel.
-
gekiga:
désigne
un
style
de
manga
s'appuyant
sur
un
certain
style
de
dessins
et
de
dialogues.
Ce
terme
englobait
autrefois
la
plupart
des
mangas
sérieux,
en
contraste
avec
les
mangas
comiques
pour
enfants
qui
étaient
légion.
De
nos
jours,
le
terme
gekiga
fait
surtout
référence
aux
mangas
sérieux
pour
adultes
et
jeunes
adultes
et
utilisant
un
style
de
dessin
proche
de
la
réalité.
-
izakaya:
établissement
traditionnel
servant
de
l'alcool.
-
kabuki:
théâtre
traditionnel
japonais.
-
naniwa-bushi:
style
de
chant
narratif
traditionnel
japonais.
-
nekketsu:
au
sang
chaud,
quelque
chose
plein
d'ardeur
et
de
passion.
-
nemu:
nom
donné
au
storyboard
du
chapitre
+
travail
d'agencement
des
cases.
1)
Maître
Kurumada,
avec
quel
genre
de
mangas
avez-vous
grandi ?
Que
lisiez-vous ?
Kurumada :
Je
lisais
toutes
sortes
de
mangas,
mais
j'ai
rencontré
les
gekiga
vers
ma
troisième
année
de
primaire,
et
ce
fut
une
incroyable
expérience
pour
moi.
2)
Vous
lisiez
des
gekiga
en
primaire ?
Kurumada :
Comme
il
y
avait
une
boutique
de
location
de
mangas
en
face
de
chez
moi,
j'ai
emprunté
et
lu
leurs
mangas
les
uns
après
les
autres.
Je
lisais
des
histoires
d'espions,
de
détective,
ou
bien
encore
de
ninjas.
C'était
très
différent
des
mangas
que
j'avais
lu
jusqu'alors,
ça
mettait
en
scène
des
mondes
réalistes
et
cruels.
Le
"Ninja
Bugeichô"
de
Sanpei
Shirato
était
sensationnel
et
choquant.
Car
la
justice
était
peu
à
peu
pulvérisée
en
morceaux
et
que
le
mal
arrivait
à
gagner
(rires).
3)
Ceci
devait
être
choquant
pour
un
enfant
plutôt
habitué
à
un
certain
manichéisme
montrant
la
morale
du
bien
l'emporter
tandis
que
le
mal
est
vaincu ?
Kurumada :
Mais
j'ai
trouvé
que
ça
avait
un
côté
adulte
et
très
classe,
et
ça
m'a
donc
fait
rêver.
Par
exemple,
même
les
ennemis
étaient
représentés
comme
des
personnages
pleins
de
classe,
et
il
en
allait
de
même
pour
les
gens
vaincus,
qui
ne
paraissaient
pas
ridicule.
Une
déconstruction
de
la
structure
habituelle
des
mangas.
4)
Et
ce
sont
des
choses
dont
le
futur
maître
Kurumada
s'est
imprégné.
Est-ce
que
c'est
depuis
cette
époque
que
vous
avez
songé
à
devenir
mangaka ?
Kurumada :
Non,
ça
ne
me
traversait
même
pas
l'esprit.
Je
faisais
des
dessins
à
ma
propre
manière
mais
je
pensais
que
les
mangakas
étaient
des
gens
appartenant
à
un
monde
bien
spécial.
Je
me
disais
qu'ils
étaient
très
intelligents
et
qu'il
était
nécessaire
de
jouir
d'incroyables
capacités
d'imagination
et
de
créativité
pour
pouvoir
le
devenir.
5)
Est-ce
qu'à
l'époque
vous
aviez
d'autres
rêves
pour
le
futur ?
Kurumada :
J'avais
envie
de
devenir
marin,
ou
j'étais
par
exemple
aussi
fasciné
par
ce
que
j'avais
vu
dans
le
film
"Karajishi
botan".
Je
trouvais
que
cet
univers
était
également
cool.
Voilà
le
genre
de
voies
qui
m'attiraient
(rires).
On
va
dire
que
je
n'avais
pas
concrètement
réfléchi
à
ce
que
j'allais
faire.
C'est
lors
de
ma
dernière
année
de
lycée
que
je
me
suis
vraiment
mis
à
réfléchir
sur
la
voie
que
j'allais
suivre.
Mais
quand
je
suis
entré
au
lycée,
mes
jours
ont
surtout
été
remplis
par
les
activités
du
club
de
Judô
et
par
des
parties
de
Mahjong
(rires).
6)
Et
quelle
est
donc
la
chose
qui
vous
a
décidé
à
faire
le
premier
pas
vers
le
métier
de
mangaka ?
Kurumada :
C'est
"Otoko
ippiki
gaki
daishô",
une
oeuvre
du
maître
Hiroshi
Motomiya
qui
a
entamé
sa
parution
l'année
de
la
création
du
Jump.
Ce
fut
un
immense
choc
pour
moi.
Je
me
suis
demandé
« Peut-être
serais-je
capable
de
dessiner
des
histoires
utilisant
ce
genre
d'univers ? ».
Et
lors
de
l'été
de
ma
dernière
année
de
lycée,
période
à
laquelle
il
faut
décider
si
l'on
poursuivra
ses
études,
j'ai
vu
dans
le
Jump
un
article
annonçant
un
nouveau
concours.
Je
me
suis
alors
dit
que
je
devrais
essayer
d'y
participer.
C'est
à
cette
occasion
que
j'ai
dessiné
mes
premières
véritables
pages.
31
pages
réalisées
pendant
les
vacances
d'été.
7)
Et
quels
furent
les
résultats
de
cette
première
participation ?
Kurumada :
Comme
je
n'avais
pas
la
patience
d'attendre
la
publication
des
résultats
dans
le
magazine,
je
me
suis
directement
rendu
au
département
éditorial
du
magazine,
en
octobre.
Après
tout,
si
la
voie
de
mangaka
s'était
avérée
sans
espoir,
il
aurait
fallu
que
je
me
mette
de
nouveau
à
réfléchir
à
mon
avenir.
Le
responsable
éditorial
qui
m'a
reçu
a
cherché
les
pages
de
mon
manga
parmi
les
soumissions
et
a
dit
qu'il
trouvait
ça
« plutôt
intéressant ».
-
Mettez
un
lien
vers
cette
page
plutôt
que
de
copier
ailleurs.
8)
Vous
étiez
anxieux ?
Kurumada :
En
effet.
Il
m'a
alors
demandé
« Est-ce
que
ça
vous
dirait
de
devenir
l'assistant
d'un
mangaka ? »,
et
j'ai
trouvé
que
c'était
une
bonne
occasion.
Etre
assistant
est
la
meilleure
option
pour
s'améliorer
en
dessin
et
vraiment
entrer
dans
ce
milieu
professionnel.
Et
je
suis
ainsi
devenu
un
assistant
du
maître
Koo
Inoue,
qui
était
en
train
de
publier
"Samurai
Giants".
9)
Vous
avez
commencé
votre
travail
d'assistant
tout
en
continuant
à
aller
au
lycéen
c'est
ça ?
Kurumada :
Je
m'y
rendais
le
samedi,
dès
que
les
cours
étaient
terminés.
Bien
entendu,
je
ne
rentrais
pas
chez
moi
et
ne
dormais
pas
non
plus.
Je
me
suis
d'ailleurs
rendu
à
la
cérémonie
de
fin
de
lycée
après
avoir
fait
une
nuit
blanche.
J'étais
resté
travailler
jusqu'au
petit
matin
dans
l'atelier
du
maître
Inoue.
Josanpo.
L'endurance
physique
est
importante
pour
un
mangaka.
Masami
Kurumada
pratique
chaque
jour
le
Josanpo,
qui
allie
les
meilleurs
côtés
du
jogging
et
de
la
marche
(sanpo).
(ndt:
image
présente
sur
la
page
d'origine)
10)
Pouvoir
soudain
observer
le
studio
d'un
mangaka
a
du
vous
faire
un
violent
choc ?
Kurumada :
Je
m'étais
résolu
à
ce
que
ce
soit
un
travail
difficile.
11)
Avoir
forgé
votre
endurance
dans
un
club
de
sport
vous
a
certainement
été
utile.
Kurumada :
Mais
il
est
naïf
de
croire
que
l'on
peut
devenir
mangaka
juste
parce
que
l'on
dessine
bien.
Il
y
a
probablement
toujours
des
gens
comme
ça
de
nos
jours.
Les
dessins
ne
sont
pas
ce
qui
fait
un
manga.
Leur
essence
sont
l'imagination
et
la
créativité,
autrement
dit,
les
nemu.
12)
Comment
vous
êtes-vous
rendu
compte
de
cela ?
Kurumada :
Après
avoir
terminé
le
lycée,
je
suis
devenu
assistant
en
bonne
et
due
forme.
J'ai
en
même
temps
soumis
des
mangas
les
uns
après
les
autres,
mais
n'arrêtais
pas
de
me
prendre
des
refus.
Mes
dessins
étaient
pourtant
censés
être
devenus
meilleurs.
Et
j'ai
ainsi
pris
conscience
que
mes
nemu
manquaient
de
puissance.
13)
Vous
avez
donc
fait
encore
plus
d'efforts
afin
d'insuffler
de
la
puissance
dans
vos
nemu ?
Kurumada :
Je
me
suis
mis
à
lire
des
livres.
Jusque-là
j'avais
du
mal
avec
la
typographie.
14)
Par
quel
livre
avez-vous
commencé ?
Kurumada :
Par
"Shinsengumi
Keppûroku"
de
Ryôtarô
Shiba.
J'ai
compris
que
lire
des
livres
ou
regarder
des
films
faisait
appel
à
des
capacités
différentes.
Les
informations
reçues
via
des
lettres
imprimées
forment
dans
notre
cerveau
des
images
façonnées
par
notre
imagination,
non ?
Par
exemple,
en
lisant
une
scène
de
l'ère
Edo
se
déroulant
dans
une
izakaya,
il
y
avait
la
description
"et
il
entra
dans
l'établissement
en
franchissant
le
rideau".
Mais
est-ce
que
ce
rideau
est
fait
de
tissu
ou
de
cordes ?
Sans
culture
ni
savoir,
il
est
difficile
de
pouvoir
développer
une
image
précise.
Plus
on
amasse
de
savoir
en
soi,
et
plus
de
lectures
différentes
s'offrent
à
nous.
Et
c'est
pourquoi
j'ai
lu
avec
un
féroce
appétit
des
romans,
des
essais
ou
bien
des
récits
non
fictifs.
-
Mettez
un
lien
vers
cette
page
plutôt
que
de
copier
ailleurs.
15)
Et
ceci
est
ainsi
devenu
une
source
d'idées
pour
vous.
Kurumada :
Si
l'on
fait
ça
régulièrement
chaque
jour,
alors
l'inspiration
vient
s'emboîter
sans
problèmes
dans
l'oeuvre.
Dans
Ring
ni
Kakero,
la
super
attaque
de
Ryûji,
le
"Winning
the
Rainbow",
est
en
fait
tiré
d'un
essai
de
Kôtarô
Sawaki.
16)
Hein ?
Comment
en
êtes-vous
arrivé
là ?
Kurumada :
Apparemment,
il
est
possible
de
voir
des
arc-en-ciel
s'élancer
tout
droit
vers
les
cieux
sur
la
mer
de
Madagascar,
dans
le
sud
de
l'Afrique.
En
lisant
ceci,
je
me
suis
dit
« Ah !
C'est
un
uppercut !
L'arc-en-ciel
menant
à
la
victoire ! ».
17)
Hmm.
On
peut
dire
que
l'inspiration
est
quelque
chose
qui
tombe
du
ciel ?
Kurumada :
Il
ne
s'agit
pas
juste
d'emmagasiner
des
connaissances,
mais
plutôt
de
forger
sa
capacité
d'imagination
afin
de
pouvoir
créer.
Et
il
est
nécessaire
de
fertiliser
constamment
le
sol
de
son
cerveau
afin
de
pouvoir
ouvrir
son
esprit.
Je
pense
que
c'est
quelque
chose
d'important,
et
pas
juste
pour
les
mangakas
mais
aussi
pour
toutes
les
personnes
travaillant
dans
l'industrie
du
divertissement.
18)
Il
est
important
de
continuer
à
recevoir
des
informations.
Kurumada :
Discuter
avec
les
autres
est
important.
Ceci
permet
de
recevoir
des
conseils,
aussi
bien
lors
de
bavardages
guère
sérieux
que
lors
de
furieux
débats.
Rencontrer
des
gens
est
vraiment
essentiel.
Je
pense
que
les
gens
en
chair
et
en
os
sont
comme
des
chambres
aux
trésors
contenant
des
personnages.
Et
les
mangas
sont
des
personnages.
19)
D'après
vous,
pourquoi
est-ce
que
votre
seconde
oeuvre,
Ring
ni
Kakero,
est
devenue
un
si
grand
succès ?
Kurumada :
Au
début
de
Ring
ni
Kakero
j'avançais
vraiment
à
tâtons
et
j'entendais
tout
le
temps
dire
que
l'annulation
était
envisagée.
Mais
c'est
apparemment
devenu
populaire
lorsque
Kenzaki
a
été
introduit
dans
l'histoire.
Un
antagoniste
attrayant
suscite
la
passion
des
lecteurs
et
tire
aussi
le
protagoniste
vers
le
haut.
20)
Je
pense
que
"l'équipe
d'or
junior
japonaise",
avec
des
personnages
aussi
bien
rivaux
que
camarades,
était
très
attrayante.
Cette
progression
sous
forme
de
tournois
et
de
compétitions
s'est
ensuite
retrouvée
dans
les
autres
mangas
du
Jump,
n'est-ce
pas.
Kurumada :
Ca
m'étonnerait
que
la
compétition
en
équipe
ait
été
un
nouveau
schéma
dans
le
monde
du
divertissement.
Il
y
avait
déjà
de
telles
choses
dessinées
par
le
maître
Mitsuteru
Yokyama
ou
bien
encore
dans
les
romans
de
ninja
de
Fûtarô
Yamada.
Saint
Seiya
Episode
G.
Masami
Kurumada
tenant
dans
sa
main
la
pancarte
annonçant
la
nouvelle
publication
de
Saint
Seiya
G.
Ce
manga
a
lancé
le
grand
mouvement
des
spinoffs
dans
le
monde
des
mangas.
(ndt:
image
présente
sur
la
page
d'origine)
21)
Une
autre
chose
remarquable
dans
Ring
ni
Kakero
sont
ces
attaques
spéciales
correspondant
aux
personnalités
de
chaque
personnage.
Ce
sont
vraiment
des
scènes
qui
restent
dans
la
mémoire.
Kurumada :
Même
dans
le
cas
d'une
publication
continue,
j'écris
chaque
chapitre
comme
un
one-shot
qui
pourrait
s'arrêter
là.
A
chaque
fois
je
réfléchis
au
noyau
central
de
ces
20
pages,
à
la
chose
que
je
veux
montrer
aux
lecteurs.
-
Mettez
un
lien
vers
cette
page
plutôt
que
de
copier
ailleurs.
22)
En
effet,
vos
mangas
contiennent
un
climax
dans
chaque
chapitre.
Kurumada :
A
chaque
chapitre
je
réfléchis
à
la
manière
de
surprendre
le
lecteur,
c'est
la
seule
chose
sur
laquelle
je
me
concentre.
Puis
lorsque
je
trouve
enfin
une
idée,
j'en
fais
le
coeur
du
chapitre
et
je
construis
le
reste
de
l'histoire
de
la
semaine
autour.
Même
s'il
faut
pour
cela
faire
fi
du
flot
de
l'histoire.
23)
Et
vous
avez
toujours
le
même
approche
aujourd'hui ?
Kurumada :
Toujours,
rien
n'a
changé.
C'est
cette
méthode
qui
m'a
permis
de
devenir
populaire
peu
de
temps
après
les
débuts
avec
Ring
ni
Kakero
et
grâce
à
laquelle
je
le
suis
resté.
Je
pense
que
c'est
le
style
Kurumada
que
je
me
suis
finalement
découvert.
24)
Mais
un
volume
relié
de
manga
peut
pourtant
se
contenter
d'un
seul
climax,
non ?
Kurumada :
C'est
parce
que
je
n'ai
jamais
cessé
de
faire
ça
pendant
40
ans
de
carrière
que
je
suis
fatigué.
Aussi
bien
spirituellement
que
physiquement.
Ce
dont
je
suis
toujours
conscient
est
que
je
ne
suis
pas
fait
pour
être
mangaka
(rires).
Je
suis
comme
du
cuivre
ou
du
fer
éparpillé
par-ci
par-là.
Sans
éclat
à
moins
d'être
poli.
Et
c'est
pourquoi
il
faut
que
je
redouble
d'efforts,
mais
c'est
aussi
très
fatiguant
(rires).
25)
Et
qu'est-ce
qui
entretient
cette
ardeur
à
vous
polir ?
Kurumada :
On
pourrait
dire
que
c'est
parce
que
je
ne
veux
pas
perdre.
Je
veux
toujours
être
en
train
de
briller
au
sein
du
magazine.
26)
Apparemment,
Ring
ni
Kakero
a
tenu
la
première
position
du
classement
du
Jump
jusqu'à
son
dernier
chapitre.
N'avez-vous
pas
pensé
que
c'était
du
gâchis
d'arrêter
le
manga ?
Kurumada :
J'avais
dessiné
tout
ce
qu'il
y
avait
à
dessiner.
J'ai
commencé
à
dessiner
le
"chapitre
Pro"
en
me
disant
d'avance
que
le
chapitre
final
serait
numéro
1
du
classement.
Mais
en
fait,
c'est
devenu
encore
plus
populaire
que
ça.
Le
combat
"Kenzaki
vs
Jesus
Christ"
a
eu
des
pages
couleurs
en
début
de
magazine
deux
semaines
consécutives.
Et
le
combat
Ryûji
vs
Kenzaki
en
a
eu
3
semaines
de
suite.
Jinsei
wo
Katarazu.
Ce
recueil
compile
des
lettres
de
fans
faisant
part
de
leurs
problèmes
à
Masami
Kurumada,
qui
leur
répond
du
fond
de
l'âme
avec
une
sincérité
choquante.
(ndt:
légende
présente
sur
la
page
d'origine)
27)
Qu'un
manga
ait
des
pages
couleurs
pour
son
chapitre
final
était
à
l'époque
sans
précédent.
D'habitude,
on
ne
laissait
pas
un
manga
populaire
stopper
sa
publication
tant
qu'il
avait
du
succès
(rires).
✲
✲
✲
Je
pense
qu'une
particularité
des
oeuvres
Kurumada
est
cette
capacité
à
attirer
des
lectrices
alors
qu'il
s'agit
de
mangas
de
combat.
Et
le
summum
de
cette
tendance
est
visible
avec
Saint
Seiya.
Et
c'est
toujours
le
cas.
Kurumada :
Saint
Seiya
est
aussi
un
manga
nekketsu.
Mais
il
comporte
en
plus
de
nombreux
éléments
élégants
tels
que
la
mythlogie
grecque,
les
constellations
ou
bien
encore
les
Cloths.
Au
final,
les
mangas
Kurumada
sont
en
quelques
sorte
de
l'enka.
L'enka
est
quelque
chose
qui
s'accorde
tout
à
fait
au
coeur
des
japonais.
Un
monde
de
sentiments
humains
et
d'amitié.
C'est
ce
qu'est
Saint
Seiya.
Repousser
les
limites
de
son
corps
pour
aider
quelqu'un,
mais
sans
jamais
rien
demander
en
retour.
28)
Plus
qu'un
message
à
faire
passer,
ce
sont
en
fait
les
sentiments
qui
vous
animent
à
la
base ?
Kurumada :
Je
pense
que
c'est
parce
que
j'ai
grandi
en
voyant
ce
genre
d'adulte
en
étant
enfant.
J'ai
grandi
à
Shitamachi,
à
Tokyo,
et
c'était
donc
un
environnement
avec
de
nombreux
ouvriers
emplis
de
chaleur
humaine.
-
Mettez
un
lien
vers
cette
page
plutôt
que
de
copier
ailleurs.
Jinsei
wo
Katarazu
2
-
Dôjo
Raiden.
Il
aime
la
typographie
et
accumuler
le
savoir.
Masami
Kurumada
nous
fait
part
de
ce
qu'il
pense
des
personnes
célèbres
historiques
qu'il
a
rencontré
au
cours
de
ses
lectures
et
qu'il
respecte.
(ndt:
légende
présente
sur
la
page
d'origine)
29)
Cet
état
d'esprit
est
le
pivot
central
des
mangas
Kurumada.
Mais
il
est
surprenant
qu'un
manga
basé
sur
les
sentiments
présents
dans
l'enka
soit
devenu
un
hit
au
niveau
mondial.
Louis
Leterrier,
qui
a
réalisé
"le
choc
des
Titans"
a
lui
aussi
déclaré
être
un
fan
de
Saint
Seiya.
Vous
avez
des
fans
à
travers
le
monde.
Kurumada :
Un
fan
français
venu
visiter
mon
studio
m'a
dit
une
fois
que
« Saint
Seiya
fut
un
choc
culturel.
Un
univers
où
l'on
se
bat
pour
ses
amis
en
faisant
fi
de
sa
propre
sécurité
est
quelque
chose
d'impensable
dans
un
pays
individualiste
comme
la
France".
30)
Un
miracle
créé
par
de
magnifiques
images
associées
à
une
vision
du
monde
tirée
du
naniwa-bushi.
Kurumada :
L'enka
et
le
kabuki
japonais
sont
pour
les
mangas
nekketsu
une
véritable
salle
aux
trésor
d'inspiration.
Un
seul
poème
contient
toute
une
histoire,
et
une
seule
phrase
regorge
d'intensité
dramatique.
31)
Vous
semblez
aussi
apporter
beaucoup
d'attention
aux
répliques
des
personnages
Kurumada :
Je
vise
à
réduire
les
répliques
d'un
mot
ou
d'une
ligne
dans
les
bulles.
Comme
il
s'agit
d'un
manga,
je
tente
d'exprimer
au
maximum
les
choses
par
le
dessin.
32)
Etre
concis
est
plus
difficile
que
de
faire
de
nombreuses
lignes,
n'est-ce
pas ?
Kurumada :
Comme
il
s'agit
de
divertissement,
la
facilité
de
lecture
est
essentielle.
Et
puis,
plus
que
de
longues
répliques
explicatives,
je
pense
que
de
courte
répliques
ont
un
plus
grand
impact
et
sont
plus
classes.
L'élégance.
La
beauté
est
importante,
même
pendant
un
ardent
combat
opposant
deux
hommes.
Un
sang
bouillonnant
et
de
l'élégance !
Tel
est
le
thème
qui
transparaît
dans
l'âme
des
oeuvres
de
Masami
Kurumada.
(ndt:
image
présente
sur
la
page
d'origine)
33)
Et
à
quoi
tenez-vous
particulièrement
concernant
les
dessins ?
Kurumada :
Je
prenais
autrefois
pour
modèle
les
styles
de
dessin
de
Mitsuyoshi
Sonoda,
que
j'avais
découvert
en
louant
des
gekiga
à
la
librairie.
Mais
en
tentant
de
poursuivre
une
touche
s'inspirant
des
gekiga,
le
tout
finissait
par
devenir
trop
réaliste
et
n'était
plus
en
phase
avec
de
ma
façon
de
concevoir
des
histoires.
C'est
lorsque
j'ai
compris
que
ma
façon
de
faire
était
"du
manga
simple
et
typique"
que
j'ai
pu
construire
mon
propre
style
de
dessin.
34)
Vous
avez
du
talent
pour
insuffler
cette
touche
puissante
et
attirante
dans
vos
dessins,
n'est-ce
pas ?
Kurumada :
Mais
la
trop
forte
pression
exercée
en
appuyant
mon
crayon
a
soumis
une
forte
charge
sur
la
première
phalange
de
mon
index
droit.
Le
cartilage
s'est
fragilisé
et
a
fini
par
disparaître.
35)
Une
telle
chose
est
possible ?
Kurumada :
En
effet.
Mes
os
s'entrechoquent
maintenant
directement.
L'index
de
ma
main
droite
se
courbe
petit
à
petit
et
je
suis
un
traitement
médical
pour
ralentir
la
progression
de
ceci.
Quand
la
douleur
deviendra
trop
forte,
je
n'aurai
plus
qu'à
quitter
la
profession.
-
Mettez
un
lien
vers
cette
page
plutôt
que
de
copier
ailleurs.
36)
Je
vous
en
prie,
suivez
sans
faute
votre
traitement
aussi
bien
pour
vous
que
pour
vos
fans,
et
continuez
à
dessiner
un
jour
de
plus !
✲
✲
✲
Et
pour
terminer,
que
sont
les
mangas
pour
vous ?
Kurumada :
Si
je
le
savais,
j'aurais
beaucoup
moins
de
difficultés
(rires).
Comme
je
ne
le
sais
pas,
je
dirais
que
c'est
quelque
chose
que
je
dessine
chaque
semaine
avec
difficulté.
Les
mangas
sont
toujours
à
ce
jour
ma
vocation
et
mon
gagne-pain,
mais
c'est
aussi
quelque
chose
qui
est
depuis
longtemps
le
coeur
de
mes
douleurs.
Si
ca
me
fait
toujours
souffrir
aujourd'hui,
c'est
peut-être
justement
parce
que
je
ne
sais
pas
ce
que
sont
les
mangas.
Merci
beaucoup.
Nous
attendons
avec
impatience
ces
mangas
que
vous
dessinez
avec
tant
d'efforts !
(Par
Kozue
Aou)
Fin
de
traduction