Le
maître
Kurumada
et
le
maître
Araki
tirent
tous
deux
leurs
racines
des
boutiques
de
prêt
de
mangas.
Speaker :
Nous
accueillons
aujourd'hui
le
maître
Masami
Kurumada,
auteur
de
l'oeuvre
originale,
ainsi
que
le
staff
principal
de
l'anime.
Je
vous
remercie
d'avoir
pris
le
temps
de
venir,
et
je
pense
que
nous
allons
entendre
toutes
sortes
d'anecdotes
concernant
le
dessin
animé.
Kurumada :
Je
pense
sans
trop
me
tromper
que
la
première
fois
que
l'on
est
venu
me
parler
d'une
adaptation
en
anime
était
vers
le
mois
de
juin
1986.
Hatano :
Il
faisait
très
chaud
le
jour
où
je
suis
venu
vous
parler
de
ça.
Nous
n'avons
pas
cessé
de
boire
du
mugicha
au
cours
de
la
réunion
(rires).
Kurumada :
C'était
la
première
fois
que
l'on
proposait
une
adaptation
animée
pour
un
de
mes
mangas,
et
tout
en
écoutant
les
détails
je
me
suis
mis
à
penser
« quelle
tournure
est-ce
que
ça
va
prendre ?
Ah,
j'ai
très
envie
de
voir
ça...
».
Hatano :
De
notre
côté,
à
la
Toei
Dōga,
tout
a
commencé
par
un
partenariat
avec
la
chaîne
TV
Asahi
afin
de
produire
une
oeuvre
animée.
J'ai
ensuite
cherché
quel
manga
nous
pourrions
adapter
tout
en
réfléchissant
aux
négociations
avec
les
sponsors.
Et
c'est
ainsi
que
j'ai
ciblé
Saint
Seiya.
Je
me
disais
vraiment
« c'est
ça
et
rien
d'autre ! »
(rires).
J'ai
alors
demandé
à
des
juniors
de
rédiger
le
proposal,
et
je
me
suis
mis
en
contact
avec
Moriyoshi
Katō
(producteur
de
TV
Asahi),
prédécesseur
de
Kawata-san,
ainsi
qu'avec
les
gens
de
la
Shūeisha
et
Masami
Kurumada
pour
faire
circuler
tout
ceci.
Kawata :
Il
se
trouve
qu'à
ce
moment-là,
nous
sentions
que
public
désirait
un
show
de
héros,
et
qui
plus
est
le
créneau
du
samedi
à
19
heures,
qui
réunit
une
grande
part
de
téléspectateurs,
voyait
le
show
de
super
héros
alors
diffusé
toucher
à
sa
fin.
Hatano :
Nous
pouvons
dire
que
toutes
les
bonnes
conditions
étaient
réunies
de
part
et
d'autre.
Nous
avons
ensuite
rapidement
pris
notre
décision,
puis
nous
avions
demandé
en
juillet
à
Koyama-san
de
rédiger
le
scénario
du
premier
épisode.
Koyama :
La
vitesse
à
laquelle
ça
a
avancé
était
effectivement
incroyable.
J'ai
pu
remettre
le
script
au
milieu
du
mois
de
juillet
alors
que
la
diffusion
était
prévue
pour
octobre.
J'ai
vraiment
eu
l'impression
que
ça
allait
être
trop
serré
niveau
temps,
mais
c'est
également
un
bon
souvenir.
Kurumada :
Comme
j'étais
en
train
de
travailler
lorsque
le
premier
épisode
a
été
diffusé,
je
l'ai
enregistré
et
l'ai
regardé
la
nuit
même.
J'en
avais
des
frissons
d'excitation.
Et
juste
au
moment
où
l'horloge
à
l'écran
a
marqué
sept
heures
piles,
l'opening
de
la
version
animée
d'une
de
mes
oeuvres
a
commencé
en
fanfare.
Et
là
je
me
suis
dit
que
je
ne
regrettais
pas
ce
choix
(rires).
Après
tout,
10%
d'audience
représentent
quand
même
dix
millions
de
personnes.
-
Mettez
un
lien
vers
cette
page
plutôt
que
de
copier
ailleurs.
Speaker :
Etes-vous
à
la
base
quelqu'un
qui
regarde
beaucoup
d'anime,
maître
Kurumada ?
Kurumada :
J'ai
commencé
à
en
regarder
vers
l'époque
de
l'école
primaire,
avec
par
exemple
"Ookami
Shōnen
Ken".
Mais
vers
la
fin
de
l'école
primaire
j'en
ai
eu
assez
des
ces
dessins
arrondis
(rires),
et
je
me
suis
alors
plutôt
tourné
vers
les
boutiques
de
location
de
manga.
Speaker :
En
parlant
de
mangas
de
location,
il
me
semble
que
vous
avez
dessiné
des
mangas
avant
de
vous
mettre
à
l'animation,
n'est-ce
pas,
maître
Araki ?
Araki :
En
effet,
j'ai
dessiné
dans
"Machi",
un
magazine
en
volume
dans
une
boîte
nommée
"Central
Bunko"
à
Nagoya.
Kurumada :
Ah,
je
connais
"Machi".
En
ce
qui
concerne
les
boutiques
de
location
de
manga,
emprunter
un
volume
de
manga
coûtait
5
ou
10
yens
à
l'époque.
Koyama :
Un
bol
de
ramen
coûte
40
yens
(rires).
Le
magazine
Shūkan
Shōnen
Magazine
lancé
à
l'époque
coûtait
également
40
yens.
Kurumada :
A
l'époque,
les
mangas
disponibles
dans
les
boutiques
de
location
étaient
des
gekiga,
et
le
genre
était
alors
en
plein
développement.
Il
y
avait
déjà
des
mangas
écrits
par
des
maîtres
toujours
actifs
de
nous
jours
tels
que
Takao
Saitō
ou
Mitsuyoshi
Sonoda,
et
je
dois
bien
dire
que
j'étais
fasciné
par
la
fabuleuse
structure
des
gekiga
quand
je
lisais
les
mensuels.
Je
pense
que
je
n'aurais
pas
aujourd'hui
la
même
approche
de
composition
de
mes
mangas
si
je
n'avais
pas
vécu
cette
expérience.
Et
après
l'ère
des
mangas
de
location
est
arrivée
celle
des
magazines
de
prépublication.
Araki :
En
parlant
des
mangas
à
louer,
parvenir
à
vendre
2000
unités
pour
un
volume
aux
boutiques
de
location
était
à
l'époque
considéré
comme
un
grand
succès.
Dessiner
un
volume
permettait
en
ce
temps-là
de
se
nourrir
pendant
un
mois
(rires).
J'ai
dessiné
une
soixantaine
d'oeuvres,
mais
le
marché
de
la
location
de
manga
s'est
ensuite
effondré
face
à
la
rude
concurrence
de
la
télévision
et
des
magazines
de
prépublication,
et
je
suis
alors
venu
à
Tokyo.
C'est
là
que
j'ai
commencé
à
travailler
dans
le
domaine
de
l'animation.
Speaker :
Les
racines
des
maîtres
Kurumada
et
Araki
sont
toutes
deux
issues
d'une
source
commune
inattendue
(rires).
L'émouvante
histoire
d'une
jeune
fille
qui
traversait
chaque
semaine
la
mer
pour
aller
voir
Saint
Seiya.
Speaker :
Quel
genre
de
réactions
avez-vous
reçu
au
bureau
une
fois
la
diffusion
entamée ?
Kawata :
A
la
base
nous
avions
conçu
l'anime
en
ciblant
les
jeunes
garçons
en
dernières
années
d'école
primaire,
mais
en
réalité
il
y
a
eu
une
écrasante
quantité
de
réactions
provenant
de
collégiens
et
collégiennes
ou
de
lycéennes.
Les
réactions
des
filles
étaient
particulièrement
incroyables
(rires).
Mais
ça
m'a
rendu
heureux.
Lorsque
j'ai
succédé
à
Moriyoshi
Katō
sur
ce
projet,
je
me
suis
retrouvé
en
charge
de
mon
premier
programme
d'animation.
Mais
j'ai
pourtant
tout
de
suite
eu
des
lettres
me
disant
« Continuez
comme
ça
»
ou
« Ne
faites
pas
ça »
(rires).
Kurumada :
Ainsi
que
des
réactions
du
genre
« ne
tuez
pas
ce
personnage ! » ?
Kawata :
Il
y
en
a,
par
exemple
venant
de
petites
filles
au
sujet
de
Shun.
Ou
des
remarques
comme
« pauvre
Shun »
(rires).
Il
y
a
aussi
des
habitués
focalisés
sur
un
personnage
précis
qui
prennent
soin
de
nous
faire
part
chaque
semaine
de
leur
ressenti.
Mais
en
tout
cas
ce
sont
surtout
des
filles
qui
nous
envoient
des
lettres.
Kurumada :
Vous
leur
répondez ?
Kawata :
En
effet.
Tiens
d'ailleurs
j'ai
eu
une
lettre
d'une
jeune
fille
d'Aomori
qui
disait
avoir
découvert
Saint
Seiya
grâce
à
une
amie
qui
lui
avait
dit
que
c'était
intéressant.
Mais
comme
la
série
n'est
pas
diffusée
à
Aomori,
elle
se
rend
chez
de
la
famille
à
Hakodate
pour
regarder
Saint
Seiya.
Elle
traverse
donc
la
mer
chaque
samedi
pour
voir
ça
puis
reste
dormir
chez
la
famille
et
rentre
le
lendemain
chez
elle.
Tous :
HEIN ?
Kawata :
Ça
m'a
ému.
J'ai
vraiment
été
heureux
que
l'on
fasse
Saint
Seiya.
-
Mettez
un
lien
vers
cette
page
plutôt
que
de
copier
ailleurs.
Kurumada :
Ça
m'a
fait
pareil
l'an
dernier
lorsque
je
me
suis
rendu
à
la
pré-projection
du
premier
film.
A
chaque
personnage
qui
faisait
son
apparition
on
pouvait
entendre
des
jeunes
filles
pousser
des
« kyaah ! »
(rires).
Voir
ça
en
vrai
procure
une
sensation
différente
que
lorsque
l'on
lit
les
lettres
de
fans.
C'est
une
expérience
concrète
qui
procure
un
choc,
et
je
me
suis
senti
heureux.
Hatano :
Il
est
en
effet
également
difficile
d'expérimenter
directement
ce
feedback
dans
un
programme
télévisé.
Kurumada :
Sinon,
en
parlant
d'anime,
il
est
nécessaire
de
consolider
fermement
le
cadre
dès
le
début.
Mais
dans
le
cas
d'un
manga,
il
arrive
que
les
personnages
bougent
d'eux-mêmes
et
que
l'histoire
parte
alors
dans
une
direction
imprévue.
Le
cadre
n'est
pas
complètement
fixe
et
déterminé.
Il
en
va
de
même
dans
Saint
Seiya.
Ainsi,
Athéna
était
plus
transparente
au
début,
et
les
contours
du
personnage
n'étaient
pas
clairement
définis.
Certaines
choses
ont
pris
une
forme
plus
solide
au
fur
et
à
mesure
des
réunions
en
compagnie
d'Hatano-san
et
des
autres
personnes
sur
le
projet.
Je
pense
que
l'on
peut
dire
qu'il
y
a
un
effet
de
synergie
entre
les
deux
supports.
Speaker :
Et
fixer
ainsi
fermement
les
personnages
permet
ensuite
de
créer
des
histoires
inédites
dans
l'anime,
n'est-ce
pas ?
Koyama :
Mais
ne
faire
que
des
histoires
inédites
dans
l'anime
est
assez
difficile.
Même
en
sachant
comment
doit
être
un
personnage,
il
peut
par
exemple
arriver
qu'une
seule
réplique
mal
choisie
donne
l'impression
que
ce
n'est
plus
le
personnage
de
Masami
Kurumada.
Mais
même
en
tentant
de
rester
proche
de
l'oeuvre
originale,
l'absurdité
du
manga,
dans
le
bon
sens
du
terme,
fait
de
cela
un
exercice
ardu.
Kurumada :
Le
mangaka
lui-même
ne
sait
pas
forcément
dans
quelle
direction
va
partir
l'histoire
la
semaine
suivante
(rires).
Mais
il
est
ainsi
possible
de
partir
sur
des
développements
inattendus.
Koyama :
Même
lorsqu'il
y
a
des
choses
envisagées
pour
l'histoire
ultérieure
du
manga,
on
ne
peut
pas
le
savoir
d'avance.
Par
exemple,
après
avoir
créé
le
Crystal
Saint
en
tant
que
maître
de
Hyōga,
Camus
est
ensuite
apparu
(rires).
Nous
n'avions
pas
pu
prévoir
jusque
là.
Kurumada :
En
effet.
Je
ne
cherche
pas
vraiment
à
ajuster
mon
histoire
en
fonction
de
ce
qui
s'est
passé
dans
l'anime.
Et
c'est
pour
ça
que
ça
reste
intéressant
pour
les
lecteurs
de
voir
de
quelle
manière
le
manga
s'y
prend
pour
terminer
une
partie
(rires).
Koyama :
Je
pense
que
cette
émulation
réciproque
entre
le
manga
et
l'anime
permet
d'élever
le
niveau
de
l'ensemble,
et
une
telle
synergie
est
donc
importante.
Vers
le
mont
Osore,
à
l'extrême
limite
d'Honshuu,
pour
trouver
l'Illumination
de
Shaka.
Speaker :
Cet
Anime
Special
2
se
concentre
surtout
sur
le
Jūnikyū-hen,
dans
lequel
figurent
les
Gold
Saints.
Avez-vous
quelque
chose
à
nous
raconter
à
ce
sujet ?
Hatano :
Le
Jūnikyū-hen,
hein...
Eh
bien
par
exemple,
le
nombre
de
fans
de
Deathmask
a
augmenté,
et
de
la
même
manière
chaque
Gold
Saint
semble
s'être
retrouvé
avec
un
grand
nombre
de
fans
investis
dans
ce
personnage
précis.
C'était
assez
inattendu
étant
donné
que
c'étaient
des
antagonistes
et
qu'il
y
avait
même
des
gens
mauvais
parmi
eux.
Kawata :
Le
contraire
de
ceci
est,
en
dépit
de
ce
que
l'on
aurait
pu
penser,
Aphrodite.
Kurumada :
En
effet,
ce
personnage
n'est
pas
très
populaire.
Kawata :
Non,
je
pense
qu'il
doit
avoir
sa
part
de
succès,
mais
qu'il
a
peut-être
du
mal
à
progresser
à
cause
de
son
combat
avec
Shun
(rires).
-
Mettez
un
lien
vers
cette
page
plutôt
que
de
copier
ailleurs.
Speaker :
Je
suppose
qu'il
a
été
difficile
de
concevoir
ces
Gold
Saints
qui
ont
chacun
des
personnalités
bien
distinctes ?
Kurumada :
C'est
lors
de
la
conception
de
Shaka
que
j'ai
eu
le
plus
de
mal.
Comme
il
a
atteint
l'illumination
et
est
l'homme
le
plus
proche
des
dieux,
j'en
suis
venu
à
l'envisager
tel
un
homme
qui
aurait
acquis
quelque
chose
se
situant
au-delà
du
Septième
Sens.
Et
ainsi,
j'ai
lu
des
sutras,
ou
bien
encore
lu
le
"Bouddha"
du
maître
Osamu
Tezuka
(rires).
Mais
je
n'ai
pas
vraiment
pu
comprendre
ce
qu'était
au
juste
l'illumination.
Je
me
suis
alors
rendu
en
voiture
jusqu'au
mont
Osore,
dans
la
préfecture
d'Aomori,
le
mois
de
juin
de
l'an
dernier.
Il
faisait
très
beau
ce
jour-là,
mais
les
petits
moulins
à
vent
plantés
de-ci
de-là
dans
le
sol
fait
de
lave
séchée,
agités
avec
un
léger
bruit
par
le
vent,
créaient
un
spectacle
irréel.
Mais
même
en
lisant
des
livres
sur
Shakyamuni
dans
les
magasins
présents
là-bas,
je
n'ai
pas
réussi
à
comprendre
ce
qu'est
l'illumination
(rires).
Koyama :
Si
vous
l'aviez
compris,
vous
seriez
désormais
un
véritable
Bouddha
(rires).
Kawata :
Ce
qui
m'a
beaucoup
surpris
lorsque
j'ai
découvert
Shaka
dans
le
manga
furent
ces
cases
remplies
de
Mandalas.
Je
me
suis
alors
demandé
de
quelle
manière
nous
allions
pouvoir
reproduire
ceci
dans
l'anime,
car
il
devenait
donc
nécessaire
de
pouvoir
rendre
la
force
de
ces
scènes
(rires).
Mais
je
pense
que
le
staff
s'en
est
très
bien
sorti.
Kurumada :
Dans
le
manga,
je
me
suis
contenté
d'en
dessiner
un,
puis
de
copier-coller
le
reste.
Ca
aurait
été
bien
trop
difficile
de
les
dessiner
en
détail
un
par
un
(rires).
Speaker :
Et
est-ce
qu'au
bout
de
tout
ça
vous
avez
enfin
atteint
l'illumination
(rires) ?
Kurumada :
Non
non,
je
suis
rentré
à
Tokyo
et
me
suis
alors
demandé
comment
j'allais
faire.
Il
s'agissait
quand
même
d'un
combat
entre
Ikki
et
l'homme
le
plus
proche
des
dieux,
alors
je
ne
pouvais
tout
de
même
pas
faire
un
combat
similaire
aux
autres
affrontements,
autrement
les
lecteurs
y
auraient
perdu
tout
intérêt,
pas
vrai ?
C'est
pourquoi
je
lui
ai
fait
dire
par
exemple
qu'il
n'y
a
ni
mal
ni
bien
parfait,
ou
bien
encore
que
le
Pope
est
justement
une
telle
personne.
En
présentant
ainsi
Shaka,
j'ai
fait
ressortir
un
sentiment
d'impermanence
et
de
vacuité.
C'est
finalement
tout
ce
que
j'ai
pu
trouver.
Koyama :
Mais
je
trouve
que
vous
avez
fait
des
recherches
considérables.
On
le
comprend
par
exemple
très
bien
en
voyant
que
vous
êtes
parti
au
mont
Osore
pour
y
chercher
des
bases
de
travail.
Voir
de
quelle
manière
vous
trouvez
chaque
semaine
de
nouvelles
idées
est
également
quelque
chose
qui
intéresse
beaucoup
notre
staff.
Lorsque
nous
envisageons
de
créer
un
anime
par-dessus
un
manga,
il
est
avant
tout
nécessaire
de
comprendre
en
détail
de
quelle
manière
est
construit
celui-ci.
Car
avoir
un
manga
sur
lequel
se
baser
rend
certes
les
choses
plus
aisées
d'une
certaine
part,
mais
en
contrepartie
il
faut
malgré
veiller
à
ne
pas
gâcher
le
contenu
du
manga.
La
danse
de
Hyōga,
qui
a
suffit
à
faire
ressortir
le
charme
de
l'anime.
Speaker :
En
plus
de
l'intérêt
de
l'histoire,
je
pense
que
quelque
chose
que
l'on
ne
peut
omettre
de
citer
lorsque
l'on
aborde
le
thème
du
charme
de
l'anime
est
la
beauté
des
dessins.
Pourriez-vous
nous
en
dire
plus
sur
ce
sujet ?
Kurumada :
Ce
qui
m'a
en
tout
particulier
fait
me
dire
« Incroyable !
On
peut
faire
de
telles
choses
grâce
à
une
version
animée »
est
la
danse
de
Hyōga.
C'est
quelque
chose
d'absolument
infaisable
en
manga.
On
ne
peut
pas
se
permettre
de
réutiliser
à
chaque
fois
plein
de
pages
pour
une
technique
qui
va
souvent
être
lancée
(rires).
Kawata :
C'était
assez
inattendu.
Mais
d'un
autre
côté,
c'est
également
presque
comique
(rires).
Kurumada :
En
effet,
il
n'y
a
qu'une
fine
frontière
avec
le
gag.
Araki :
On
a
réfléchi
à
cette
posture
avec
le
réalisateur,
car
dans
le
manga
on
passe
sans
transition
d'une
case
à
l'autre.
Et
le
travail
des
animateurs
est
justement
de
combler
ces
vides,
et
quand
on
y
parvient
correctement,
on
se
dit
« Super ! ».
A
ce
moment-là
je
me
suis
dit
« n'ai-je
pas
transcendé
le
manga ? »
(rires).
Kurumada :
Et
grâce
à
ça,
il
me
suffit
d'une
seule
case
dans
le
manga
avec
cette
posture
pour
que
les
lecteurs
qui
regardent
aussi
l'anime
puissent
se
dire
« ah,
il
est
en
train
de
danser ! »
(rires).
Speaker :
Et
qu'en
est-il
au
sujet
du
character
design
des
personnages
de
l'anime ?
Araki :
En
ce
qui
concerne
les
designs
des
5
protagonistes
du
début,
j'avais
fait
des
personnages
sveltes,
mais
en
me
demandant
quand
même
si
ça
allait
vraiment
faire
l'affaire.
Et
je
me
suis
donc
fait
du
soucis
en
attendant
la
réponse
de
Hatano-san,
chargé
de
vérifier
les
matériaux
de
l'anime.
La
production
des
dessins
a
ensuite
débuté,
et
depuis
lors
le
personnage
dont
je
comprends
le
mieux
les
sentiments
lorsque
je
le
dessine
est
Seiya.
J'ai
entendu
dire
que
la
scène
où
Seiya
pleure,
dans
le
film
sorti
cet
été,
a
été
appréciée
du
public.
J'en
remercie
les
spectateurs,
car
c'est
comme
si
la
passion
que
j'ai
mis
dedans
était
ressortie
à
travers
l'image
(rires).
Juste
derrière
Seiya
viennent
Shun
et
Shiryū.
Hyōga
en
revanche
est
du
genre
à
se
tenir
un
peu
à
l'écart
du
groupe
et
dégage
un
sentiment
de
solitude,
et
au
début
je
n'avais
pas
trop
réussi
à
saisir
cela.
Et
donc
lorsque
j'avais
à
dessiner
de
grandes
images
les
représentant
tous
les
cinq,
je
me
demandais
quel
genre
de
pose
donner
à
Ikki
et
à
Hyôga,
et
même
en
pensant
avoir
compris,
je
n'avais
en
fait
qu'une
approche
imprécise
de
la
chose.
Mais
les
lettres
envoyées
par
les
divers
téléspectateurs
m'ont
aidé
à
comprendre
comment
m'y
prendre.
-
Mettez
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cette
page
plutôt
que
de
copier
ailleurs.
Kurumada :
Il
en
va
de
même
en
ce
qui
me
concerne
pour
les
habits
de
Seiya
et
de
ses
compagnons.
J'avais
par
exemple
dessiné
des
vêtements
inspirés
des
gekiga,
comme
des
jeans,
mais
l'anime
a
plutôt
utilisé
des
sortes
de
justaucorps.
En
fait,
quand
j'ai
vu
ça
au
début
j'ai
trouvé
que
c'était
plutôt
embarrassant
(rires).
Mais
le
manga
s'est
finalement
également
rapproché
de
ça
et
les
aspects
plouc
campagnard
ont
diminué.
On
peut
dire
que
je
reprends
dans
mon
travail
les
bons
points
de
l'anime,
et
j'ai
donc
l'impression
de
bénéficier
d'une
plus-value
grâce
à
Araki-san
et
Koyama-san.
Araki :
Quelque
chose
que
l'on
a
très
bien
compris
depuis
que
l'on
a
entamé
l'arc
exclusif
à
l'anime,
c'est
qu'il
est
plus
aisé
d'exprimer
la
tension
des
scènes
lorsque
l'on
a
une
base
en
manga.
Et
pas
jute
au
niveau
de
l'histoire,
mais
également
en
ce
qui
concerne
les
dessins.
Avoir
une
case
du
manga
comme
base
permet
ensuite
de
partir
explorer
à
notre
manière
diverses
possibilités.
Dans
les
animes
d'action
avec
des
robots,
les
mouvements
ont
forcément
un
côté
mécanique.
On
peut
prévoir
précisément
de
quelle
manière
ça
doit
se
passer.
Mais
dans
le
cas
d'un
anime
d'action
tel
que
Saint
Seiya,
personne
ne
peut
affirmer
avec
certitude
de
quelle
façon
les
vides
entre
les
cases
devraient
être
comblés.
Et
donc
par
exemple,
dans
les
scènes
montrant
les
Saints
en
train
de
courir,
il
est
possible
de
leur
donner
une
manière
de
se
déplacer
qui
ne
corresponde
pas
à
ce
que
ferait
un
humain
normal.
Pouvoir
choisir
librement
les
postures
des
personnages
est
un
véritable
plaisir.
Nous
devons
mettre
notre
imagination
à
l'oeuvre
et
nous
demander
s'il
vaut
mieux
choisir
telle
ou
telle
solution
en
fonction
de
ce
que
font
les
personnages.
Hatano :
Mais
en
parlant
des
personnages,
ceux-ci
finissent
par
changer.
Pas
juste
dans
Saint
Seiya
d'ailleurs.
Je
pense
que
l'on
peut
affirmer
ceci
avec
certitude
pour
n'importe
quel
anime
TV
d'une
centaine
d'épisodes.
Araki :
C'est
aussi
quelque
chose
qui
m'a
surpris
en
comparant
les
dessins
de
l'arc
actuel
à
ceux
des
arcs
précédents.
Tous
les
personnages
se
sont
amincis
au
niveau
de
leurs
silhouettes
(rires).
Au
tout
début,
j'avais
dessiné
ces
jeunes
hommes
avec
une
certaine
musculature,
sans
toutefois
en
faire
autant
que
dans
Kinnikuman.
Mais
au
fil
des
épisodes,
et
de
manière
inattendue,
ils
se
sont
de
plus
en
plus
affinés.
Mais
j'ai
réfléchi
sur
ça,
et
je
suis
donc
en
train
de
revenir
petit
à
petit
vers
leur
design
d'origine.
Kurumada :
Je
n'ai
pas
non
plus
donné
trop
de
muscles
à
Shun
dans
le
manga
et
lui
ai
fait
des
bras
un
peu
comme
ceux
d'une
femme.
Mū
aussi
est
du
genre
beau
gosse,
et
lui
donner
trop
de
muscles
aurait
donc
créé
une
drôle
d'impression.
Vous
imaginez
un
visage
pareil
sur
un
corps
tout
en
muscles
(rires) ?
Hatano :
Comme
l'image
des
voix
des
seiyuus
joue
aussi
un
certain
rôle
lorsque
les
dessins
sont
produits,
on
peut
dire
qu'eux
aussi
ont
changé
après
à
peu
près
treize
épisodes.
Mais
avec
sa
seconde
année
Saint
Seiya
est
devenu
un
anime
de
plus
de
100
épisodes,
et
tout
ceci
est
donc
inévitable.
Le
staff
pleure
et
se
réjouit
aussi ?
Et
des
personnages
SD !
Speaker :
Je
suppose
que
les
scénarios
des
épisodes
de
Saint
Seiya,
et
encore
plus
dans
le
cas
des
histoires
inédites,
doivent
être
très
difficiles
à
écrire ?
Koyama :
Ce
que
je
ne
comprends
toujours
pas,
c'est
pourquoi
l'on
a
souhaité
que
je
me
charge
du
script
et
du
scénario,
moi,
surnommé
"Koyama
le
roi
des
gags"
et
qui
était
spécialisé
depuis
10
ans
dans
les
comédies
(rires).
Même
si
j'ai
des
liens
avec
Hatano-san
et
le
staff,
je
nourrissais
une
certaine
inquiétude
à
l'idée
de
quitter
Dragon
Ball
en
cours
de
route
pour
travailler
sur
Saint
Seiya,
dont
le
cadre
était
encore
mal
défini
vu
que
la
diffusion
n'avait
pas
débuté
et
dont
le
développement
de
l'histoire
demeurait
incertain.
Et
ce
qui
me
laissait
par-dessus
tout
perplexe
était
de
savoir
pourquoi
on
voulait
que
je
me
charge
d'un
anime
d'action
pure
(rires).
Mais
ça
a
eu
la
bonne
fortune
de
devenir
un
hit,
et
je
ressens
une
incroyable
gratitude
envers
cette
oeuvre
qui
m'a
permis
de
ne
pas
me
limiter
à
l'écriture
de
scénario
orientés
gags.
Hatano :
Mais
je
pense
que
lorsque
l'on
peut
écrire
des
comédies,
on
peut
aussi
écrire
de
véritables
drames.
-
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que
de
copier
ailleurs.
Koyama :
Au
début
j'ai
involontairement
introduit
des
gags,
mais
j'ai
ensuite
corrigé
ça
(rires).
En
tout
cas,
c'est
la
première
fois
que
j'écris
autant
sur
une
oeuvre
précise,
et
de
cette
longueur.
Kurumada :
En
effet,
le
rire
est
important,
ne
serait-ce
que
pour
faire
redescendre
la
tension.
Il
est
impossible
de
tout
faire
dans
un
état
de
tension
permanente.
Mais
on
peut
malgré
tout
dire
que
c'est
difficile
à
mettre
en
place
dans
le
cas
de
Saint
Seiya.
Au
point
où
ça
en
est,
on
ne
peut
pas
y
insérer
de
blagues
sans
précautions.
Echelle
de
proportions
de
têtes
de
personnage.
Koyama :
Si
un
personnage
sort
au
moins
une
plaisanterie,
cela
devient
un
problème
par
la
suite,
n'est-ce
pas ?
Parce
qu'il
faudra
ensuite
répéter
ce
genre
de
choses.
Kurumada :
Et
s'ils
faisaient
des
gags
en
plein
combat,
ils
se
feraient
tuer
(rires).
Après
tout,
les
Gold
Saints
peuvent
donner
100
millions
de
coups
de
poing
en
une
seconde.
Si
Seiya
ou
un
autre
se
permettait
d'éternuer,
c'en
serait
fini
de
lui
(gros
rire).
Miku
aux
proportions
SD
/
3頭身
Hatano :
Eh
bien
dans
ce
cas-là
nous
devrions
faire
un
Saint
Seiya
avec
des
personnages
SD
(ndt:
3頭身
"santôshin")
(rires).
Kurumada :
Je
pense
qu'un
anime
pareil
serait
plaisant
à
voir
(rires).
Kawata :
C'est
quelque
chose
qui
me
tenterait
bien
en
tant
que
producteur.
C'est
original.
Koyama :
J'ai
aussi
envie
de
tenter
ça
une
fois,
en
me
lâchant
à
fond.
Mais
toute
la
responsabilité
va
se
retrouver
sur
Araki-san
(rires).
Araki :
Oui,
j'en
suis
très
heureux.
Le
staff
va
également
verser
des
larmes
de
joie
(rires).
Mais
je
pense
que
changer
subitement
pendant
la
partie
actuelle
de
Saint
Seiya
serait...
comment
dire...
(rires).
Kurumada :
Oui,
ce
serait
impossible
dans
l'histoire
en
cours
(rires).
Koyama :
On
a
malheureusement
trop
poli
l'anime,
pas
vrai ?
Hatano :
Non,
si
on
osait
faire
ça
envers
et
contre
tout,
on
pourrait
juste
dire
que
c'était
une
sorte
de
délire
à
part.
Mais
on
ne
pourrait
par
contre
pas
répéter
ça
plusieurs
fois
(rires).
Speaker :
Vous
voilà
très
emballés
pour
cet
imaginaire
Saint
Seiya
en
personnages
SD
(rires).
Et
je
pense
que
ce
sera
un
bon
moment
pour
conclure.
Merci
beaucoup.