Livre 1 - Chapitre de Mei (3)
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- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitres 1 (Oreste) et 2 (Les Saints d'Athéna)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitre 3 (Sicile)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitre 4 (Ressurection) et épilogue
- Livre 2 - Chapitre du sang - Prologue et chapitre 1 (La Chevelure de Bérénice)
- Livre 2 - Chapitre du sang - Chapitre 3 (Sang)
- Livre 2 - Chapitre du sang - Chapitres 4 (Chronos) et épilogue (Deux Ex Machina)
Sommaire
Chapitre 4 : Résurrection
Chapitre 4.1
L'île était agitée par d'étranges secousses semblables à l'expression de la haine réprimée des Géants retenus prisonniers sous l'Etna.
Les nouvelles retombées de cendres volcaniques qui s'étaient abattues sur la pente de l'Etna avaient enseveli Seiya. La charge violente d'Agrios, la force brute, l'avait propulsé jusque sur le flanc du volcan.
« Quel
attaque
incroyable...
et
si
dangereuse
pour
avoir
pu
me
faire
faire
un
vol
plané
jusqu'ici... »
Le
sang
qui
s'écoulait
du
front
de
Seiya
était
doucement
aspiré
par
le
sol
spongieux.
« Les
Géants
possèdent
d'effrayants
pouvoirs.
Il
n'est
guère
surprenant
que
les
Saints
aient
presque
tous
été
vaincus
lors
de
la
Gigantomachie... »
Des
fissures
étaient
présentes
sur
le
plastron
de
la
Cloth
de
Pégase.
Seul
un
être
capable
d'exprimer
des
dons
de
combat
à
même
de
briser
les
atomes
pouvait
parvenir
à
fissurer
une
Cloth,
armure
dont
la
constitution
était
plus
solide
que
n'importe
quel
métal.
« Alors
tu
as
été
projeté
jusque
là
Pégase ?
— Quoi ? »
Agrios,
vêtu
de
son
Adamas
de
couleur
Lapis
Lazuli,
se
rapprochait
lentement
de
lui
en
foulant
d'un
pas
pesant
les
cendres
sur
son
chemin.
« Si
il
n'y
avait
pas
eu
cette
montagne
pour
arrêter
ta
course,
tu
aurais
traversé
toute
la
mer
méditerranée
pour
finalement
atterrir
en
Afrique.
— Pff, je pense que tu exagères. »
Seiya se releva en s'essuyant le visage.
« Enfin,
j'admets
que
tu
m'impressionnes
pour
oser
continuer
à
faire
ton
malin
alors
que
tu
as
reçu
mon
Crag
Press. »
Seiya
et
Agrios
se
préparèrent
à
s'affronter
sur
cette
pente
où
une
chute
pouvait
si
aisément
se
produire.
Dix
mètres
les
séparaient.
Dans
un
combat
normal
à
mains
nues,
nulle
technique
ne
pouvait
permettre
de
frapper
un
adversaire
situé
à
une
telle
distance,
mais
pour
ces
Saints
qui
se
battaient
à
des
vitesses
dépassant
celle
du
son,
un
tel
intervalle
devenait
une
zone
mortelle.
« Pegasus
Ryūsei
Ken !
— Ça ne sert à rien ! »
Seiya
croisa
Agrios
en
portant
son
coup,
enveloppé
d'une
onde
de
choc
supersonique.
« Hein ?
— Pff, on dirait qu'un moustique vient de me piquer. »
Agrios
se
tenait
fermement
debout,
immobile.
Les
centaines
de
météores
l'avaient
pourtant
bien
atteint,
mais
sans
parvenir
à
infliger
le
moindre
dommage
à
cet
ennemi.
« Impossible !
Quelle
que
puisse
être
la
résistance
des
Adamas,
j'ai
du
mal
à
croire
qu'une
attaque
de
Saint
n'y
ait
pas
infligé
le
moindre
dommage !
— Tu ne comprends toujours pas qu'il ne te reste que l'énergie du désespoir ?
— Quoi ?
— Tu ne me vaincras pas ! Prépare-toi à recevoir le coup de grâce Pégase ! »
Agrios posa une main au sol en abaissant ses hanches. Pour un Géant doté d'une si terrible corpulence, nulle technique de combat élaborée n'était nécessaire. Il lui suffisait juste d'utiliser comme un bélier son corps surhumain protégé de son Adamas ornée d'innombrables pointes afin d'écraser son adversaire.
« Crag
Press ! »
Le
sol
explosa.
Les
cendres
étaient
projetées
dans
les
airs
sur
le
passage
de
la
charge
d'Agrios,
donnant
l'impression
d'une
image
sortie
d'un
mirage.
Seiya
ne
put
esquiver
l'attaque.
Agrios
de
la
Force
Brute
saisit
les
jambes
de
son
adversaire
à
partir
de
sa
position
basse,
puis
l'écrasa
de
tout
son
poids
à
grande
vitesse.
Seiya
cracha
un
nuage
de
sang
en
hurlant,
et
heurta
le
sol
sur
sa
nuque,
qui
émit
un
bruit
sourd.
Dix
minutes
après
avoir
fait
constater
à
Seiya
l'efficacité
de
sa
technique,
Agrios
déplaça
lentement
et
avec
un
air
satisfait
son
corps
qui
faisait
pression
sur
le
Saint.
« J'ai
probablement
brisé
tous
les
os
de
son
corps »,
dit-il
en
regardant
avec
mépris
Seiya,
pratiquement
enterré
sous
les
cendres.
Les
dommages
que
Seiya
avait
subi
cette
fois-ci
n'avaient
rien
à
voir
avec
ceux
qu'il
avait
reçu
lorsque
Agrios
l'avait
propulsé
en
l'air.
Il
venait
de
recevoir
l'intégralité
de
l'énergie
née
de
la
masse
imposante
du
Géant
et
de
son
Adamas,
sans
pouvoir
y
échapper.
« On
dirait
que
cette
fois
tu
as
eu
ta
dose. »
Agrios
extirpa
Seiya
de
l'épaisse
couche
de
cendres
en
saisissant
sa
tête
d'une
main.
« J'ai
fait
de
mon
mieux
pour
ne
pas
te
tuer,
car
si
tu
venais
à
mourir
il
n'y
aurait
pas
d'intérêt
à
vous
avoir
attirés
là,
et
en
plus
il
faudra
que
j'écoute
les
sermons
de
Thoas
et
d'Encélade »
,
dit
Agrios
avec
un
air
ennuyé
tandis
que
Seiya
gémissait.
« Hé ho... je suis en train de te faire une faveur alors débrouille-toi pour rester encore un peu en vie jusqu'à ce que l'on ait obtenu ce que nous voulons, et après je t'achèverai, continua-t-il. »
Mais
soudain,
Seiya
reprit
du
poil
de
la
bête
à
la
grande
surprise
du
Géant.
Un
rayon
de
lumière
transperça
les
airs.
Seiya,
qu'Agrios
pensait
être
mourant,
venait
de
lancer
un
météore
avec
sa
jambe
sur
le
Géant.
Les deux hommes se tenaient de nouveau à distance l'un de l'autre tandis que le vent dispersait les cendres autour d'eux.
« De quoi parlais-tu ? Je ne comprends rien à ton blabla, dit Seiya.
— Alors tu n'a pas encore eu ton compte, gamin ? » grogna Agrios, le corps agité par des spasmes de colère.
Le
coup
avait
fait
voler
le
casque
de
l'Adamas
d'Agrios,
révélant
un
visage
intrépide
aux
traits
nets
qui
contrastait
avec
sa
nature
sauvage.
« Alors
voici
donc
ton
visage.
Mais
ne
pense
pas
que
je
vais
m'arrêter
là !
— Comment ? Le Cosmos de Pégase est en train de...
— Agrios ! Laisse moi te dire que je n'ai aucune intention de mourir ici ! Je me relèverai toujours, et à la fin la victoire sera mienne ! lança Seiya.
— N'importe quoi ! Je t'ai déjà dit qu'il était inutile de lutter ! lui répondit Agrios en posant une main au sol.
— Brûle... Brûle mon Cosmos !
— Crag Press ! »
Le
sol
explosa
une
nouvelle
fois,
et
Agrios
chargea
vers
Seiya
en
le
fixant
de
ses
yeux
emplis
de
haine.
Un
violent
choc
se
produisit
entre
Seiya
et
Agrios,
puis
tout
mouvement
s'arrêta
tandis
qu'un
bruit
sourd
continuait
à
se
propager
aux
alentours.
Une
grande
quantité
de
sang
dégoulina
sur
les
cendres
au
sol,
teintant
celles-ci
d'une
couleur
pourpre.
Une
grande
entaille
était
visible
sur
le
front
d'une
tête,
mais
le
cri
d'angoisse
qui
résonnait
n'était
pas
celui
de
Seiya.
« Un
Saint
ne
se
laisse
jamais
avoir
deux
fois
par
la
même
attaque. »
L'immense corps d'Agrios vacilla. Seiya avait changé de position pour pivoter au moment où Agrios s'était abaissé pour frapper les jambes du Saint. Seiya en avait alors profité pour porter une contre-attaque en plein visage avec son genou.
« Quoi ?
Tu
prétends
avoir
défait
mon
Crag
Press ?
— Mon Cosmos m'a permis de voir au travers de ta technique ! »
Agrios
était
encore
sous
le
choc
de
la
commotion
cérébrale
qu'il
venait
de
subir,
et
Seiya
en
profita
alors
pour
passer
dans
son
dos
et
le
saisir
en
passant
ses
bras
sous
les
aisselles
du
Géant
interloqué.
Seiya
poussa
un
cri
en
élevant
son
Cosmos,
qui,
conjugué
à
son
ardeur,
provoqua
un
Big
Bang.
Les
deux
hommes
virevoltèrent
alors
dans
les
cieux.
« Impossible...
comment
as-tu
pu
soulever
mon
immense
corps ? »
La
quintessence
des
méthodes
martiales
des
Saints
n'avait
rien
à
voir
avec
la
force
physique.
« Prends
ça !
cria
Seiya.
— C'est insensé, un simple Saint ne va quand même pas... »
Seiya,
entouré
de
l'aura
de
Pégase,
retomba
depuis
les
cieux
vers
le
sol
en
tournoyant,
tout
en
tenant
fermement
Agrios
et
en
dirigeant
la
tête
de
celui-ci
vers
le
bas.
« Pegasus Rolling Crash ! »
Une
immense
étoile
s'abattit
sur
le
sol,
qui
fût
ébranlé
par
ce
qui
ressemblait
à
un
violent
tremblement
de
terre.
Un
imposant
cratère
était
né
sur
le
flanc
de
la
montagne,
comme
si
celle-ci
avait
été
frappée
par
la
chute
d'un
astéroïde.
Finalement,
une
silhouette
émergea
des
cendres.
Seiya.
Celui-ci
chancelait
et
avait
les
genoux
tremblants.
« Et
merde,
ça
ne
s'est
pas
si
bien
passé
que
ça... »
Il
était
dans
un
grand
état
d'agitation,
et
il
était
difficile
de
comprendre
si
l'expression
de
son
visage
reflétait
de
la
liesse
ou
de
la
peur.
Il
avait
du
abandonner
toute
possibilité
de
défense
afin
de
se
mettre
dans
une
position
lui
permettant
de
réaliser
sa
contre
attaque,
et
il
était
conscient
que
la
moindre
erreur
de
timing
aurait
conduit
à
sa
défaite.
Mais
il
ne
lui
aurait
pas
été
possible
de
remporter
la
victoire
sans
mettre
sa
propre
vie
en
jeu.
Être
capable
de
manipuler
des
pouvoirs
de
destruction
aussi
fondamentaux
implique
que
les
Saints
mènent
des
combats
où
la
mort
rôde
à
chaque
instant.
« Je
me
demande
comment
va
Shun.
Et
qu'en
est-il
de
Mei ? »
Il
ne
ressentait
plus
le
si
sauvage
Cosmos
d'Agrios.
Seiya
se
remit
en
route,
en
se
déplaçant
avec
difficulté
au
travers
des
cendres
tout
en
cherchant
les
Cosmos
de
ses
compagnons.
Chapitre 4.2
La chaîne nébulaire se déploya en spirale, telle une nébuleuse, constellant la pénombre de scintillements pareils à des astres.
« Ceci est mon Andromeda Nebula. »
La
chaîne
se
déplaçait
à
la
manière
d'un
être
vivant
en
éparpillant
autour
d'elle
les
cendres
du
sol.
Thoas,
le
coup
de
tonnerre,
faisait
preuve
d'une
grande
vigilance.
Shun
reprit
sa
respiration,
entouré
par
ce
mur
de
protection
infranchissable.
« Sache
qu'avec
cette
barrière
en
place
il
te
sera
impossible
de
faire
le
moindre
pas
de
plus
vers
moi.
— Oh, répondit Thoas, peu convaincu.
— Pénétrer dans l'espace délimité par cette chaîne revient à souhaiter la mort, continua Shun.
— Pas de problèmes... prépare-toi, Andromède ! »
Le
géant
bougea.
Fidèle
à
son
nom,
Thoas
projeta
avec
son
poing
des
attaques
pareilles
à
des
lances
d'éclairs
à
une
vitesse
foudroyante.
« Protège-moi
chaîne
circulaire ! »
La
chaîne
s'agita
en
formant
des
vagues
au
sol
qui
bloquèrent
impeccablement
les
attaques
de
Thoas.
À
deux
reprises,
le
Géant
en
Adamas
fût
forcé
de
retirer
son
bras
droit
alors
qu'il
voulait
attaquer,
gêné
par
la
chaîne.
« Si c'est comme ça... », commença Thoas.
Thoas entoura soudain Shun à 360 degrés avec des images résiduelles de lui-même. Il était désormais impossible de le suivre du regard. Il porta un coup tout en maintenant cette vitesse largement supersonique. L'attaque déchira le sol en laissant un sillon derrière elle, tandis que la pression du coup projetait des graviers de part et d'autre.
« Tu
ne
m'auras
pas »,
dit
Shun.
L'attaque
de
Thoas
n'était
qu'une
feinte,
et
la
chaîne
répondit
pas
à
cette
attaque
de
diversion.
« Comment ?
s'étonna
Thoas.
— Et oui. »
L'enceinte
d'acier
formée
par
la
chaîne
nébulaire
sembla
exploser,
et
la
chaîne
repéra
la
véritable
position
de
Thoas,
puis
l'attaqua
alors
que
d'innombrables
cendres
volcaniques
étaient
projetées
dans
les
airs.
Un
choc
se
fit
entendre,
puis
le
casque
de
l'Adamas
du
Géant
tomba
à
terre.
Celui-ci
en
resta
sans
voix.
« Ne
t'avais-je
pas
dit
qu'il
te
serait
impossible
de
t'approcher ? »
Shun
se
tenait
droit,
intouchable,
sur
ce
champ
de
bataille
plongé
dans
un
brouillard
de
cendres.
La
chaîne
d'Andromède
reprit
sa
position
de
nébuleuse.
Thoas
passa
la
main
sur
son
visage
désormais
à
découvert.
« Je vois, je vois, dit-il pensif—
Il passa ses doigts dans ses longs cheveux noirs pour les remettre en place.
« Je
comprends
maintenant
pourquoi
tu
as
tellement
confiance
en
toi.
Cette
chaîne
possède
de
formidables
capacités.
Elle
ne
laisse
aucune
brèche
dans
sa
défense,
que
ce
soit
à
droite,
à
gauche,
devant,
derrière,
et
même
au
dessus
de
toi.
La
chaîne
d'Andromède
est
comme
tes
yeux,
tes
oreilles,
et
elle
ressent
probablement
tes
adversaires
au
travers
de
la
sensation
supérieure
aux
six
sens
que
vous
autres
Saints
nommez
le
Cosmos.
— Les illusions ne peuvent la tromper. Et plus j'élève mon Cosmos, plus sa vitesse de réaction augmente en réponse à celui-ci, compléta Shun.
— Je comprends, la chaîne d'Andromède allie donc à la fois l'attaque et la défense, n'est-ce pas ?
— Puisque tu as compris cela, tu ne vas peut être pas aimer ce que je vais te dire, mais pourquoi ne mettrions nous pas fin à ce combat qui n'a désormais aucun sens ?
— Aucun sens ?
— Je..., commença Shun d'une voix plus douce.
— Même lorsque je suis confronté à un ennemi je n'aime guère le blesser plus qu'il ne le faut, continua-t-il.
— Tu penses sérieusement une telle chose ? À mon avis tu es plutôt en train de te moquer de moi. En fin de compte, tu caches un fond plutôt pervers derrière ce visage de jeune fille.
— Je suis sincère. Je ne peux pas tuer des gens sans motif. »
On
ne
se
serait
pas
attendu
à
entendre
ce
genre
de
douces
paroles
chez
un
Saint
à
priori
forgé
pour
le
champ
de
bataille.
« Sans
motif ?
— En effet.
— Donc si je te fournis un motif, tu accepteras de combattre à mort ?
— Je...
— "Il n'y a pas de problème. Ce que tu fais est juste", cita Thoas.
— Hein ?
— Tu es donc incapable de combattre si il n'y a pas quelqu'un pour te taper sur l'épaule en t'assurant que tu as raison ? Tu es incapable de combattre sans avoir besoin de trouver l'approbation de tes actes dans les raisons que d'autres te fourniraient ? »
Shun
ne
sut
que
répondre.
« Quelle
mauviette.
Tu
me
dégoûtes. Je
te
l'ai
déjà
dit,
il
n'y
a
pas
de
grande
cause
derrière
cet
affrontement
opposant
les
Saints
aux
Géants.
C'est
inutile.
Et
il
n'y
a
pas
non
plus
besoin
de
rechercher
où
se
trouve
la
justice.
— Alors tu es tel un démon ou un Rakshasa ? Tu ne te bats que pour te battre ?
— En bref, tu as toujours besoin de te trouver de bonnes excuses pour te sentir mieux, Andromède.
— Quoi ?
— Écouter tes jérémiades ne m'intéresse pas. Quel poupon. Je me sens blessé par ta proposition.
— Quel est donc ce Cosmos ?
— Cela sonne pour moi comme une véritable humiliation. »
Le Cosmos de Thoas s'était forgé de manière à devenir aussi affûté qu'un sabre japonais. L'artisan qui confectionne un sabre ne le fait pas en se demandant si celui-ci servira à devenir un outil de mort ou non. De telles considérations n'ont pas leur place. Il se contente juste de fabriquer le katana. Et de la même manière, un combat se suffit à lui-même sans chercher d'autre sens.
À la surprise de Shun, du sang s'écoula subitement de son corps et il se recourba par réflexe. Des jets de sang frais jaillissaient de ses deux bras. Les hémorragies de Shun augmentaient au fur et à mesure qu'il recevait de nouvelles blessures ouvertes sur l'ensemble de son corps.
« Im...
impossible !
Comment
se
fait-il
que
le
fameux
mur
de
métal
de
la
chaîne
d'Andromède
ne
réagisse
pas ?
— Il n'y a pas de quoi être surpris, petit. »
Thoas,
qui
se
tenait
droit
debout,
pointa
un
doigt
vers
Shun.
En
un
éclair,
une
nouvelle
blessure
s'ouvrit
sur
le
corps
de
Shun. Le
Géant
le
frappait
avec
des
projectiles
issus
de
ses
doigts.
Thoas,
qui
avait
affûté
son
Cosmos,
envoyait
depuis
le
bout
de
ses
doigts
de
fines
ondes
de
choc
perçantes
qui
perforaient
le
corps
de
Shun
sans
même
que
celui
n'en
ressente
l'impact.
« Ne
me
l'as
tu
pas
expliqué
toi-même
il
y
a
quelques
instants ?
La
chaîne
d'Andromède
répond
à
l'élévation
du
Cosmos
de
son
propriétaire
afin
de
le
protéger
des
attaques
de
ses
adversaires.
Dans
ce
cas-là,
il
suffit
de
pousser
son
Cosmos
au
dessus
du
tien
afin
de
porter
des
coups
d'une
rapidité
surpassant
la
vitesse
de
réaction
de
ton
mur
de
défense.
— Pourquoi les hémorragies ne s'arrêtent-elles pas ? » s'inquiéta Shun.
Le sang coulait depuis les trous d'aiguilles à la manière de l'eau qui s'écoule depuis un robinet et atterrissait sur le sol pour y être aspiré.
« Ceci
est
l'effet
de
mon
Stigma.
Il
ne
s'agit
pas
de
blessures
normales,
ce
que
je
perce
ne
cicatrise
pas.
— Non ce n'est pas vrai... !
— Ce n'est pas bien difficile pour quelqu'un comme moi qui connaît parfaitement les flux et vaisseaux sanguins du corps humain. À vrai dire, à l'origine cette technique a été créée pour effectuer les sacrifices humains rendus à notre dieu, afin qu'il ne reste pas la moindre goutte de sang gaspillée dans le corps de la victime. »
Un
des
gardes
tués
la
nuit
précédente
au
Sanctuaire
avait
subi
cette
technique.
« La
règle
est
la
même
pour
les
Saints
ou
les
simples
humains.
Si
vous
perdez
plus
d'un
tiers
de
votre
sang,
c'est
la
mort
assurée. Bon,
vu
que
tu
as
reçu
le
Stigma
sur
l'intégralité
de
ton
corps,
je
pense
qu'il
ne
te
reste
plus
que
quelques
minutes
à
vivre
avant
que
cette
calme
douleur
ne
t'emporte
vers
la
mort.
Mais
je
pense
que
tu
n'aimes
peut-être
pas
ce
que
je
te
dis »,
expliqua
Thoas
en
reprenant
les
paroles
de
Shun.
Shun, à bout de forces, tomba sur les genoux.
« Et
ainsi
nous
mettons
un
terme
à
ce
combat
sans
motif »,
lui
annonça
calmement
Thoas,
moqueur.
Il
s'avança
au
sein
de
la
zone
de
défense
de
l'Andromeda
Nebula
afin
de
porter
à
Shun
le
coup
de
grâce.
Soudain,
le
Géant
arrêta
son
mouvement
en
percevant
un
mouvement
de
la
chaîne.
« Quel
entêté.
Mais
ta
chaîne
n'a
presque
plus
la
force
de
faire
ce
que
tu
lui
demandes,
lâcha
Thoas
à
l'attention
de
Shun,
tout
en
observant
celui-ci
à
terre.
— Je..., marmonna Shun.
— Quoi ?
— Je n'aime pas me battre. Je déteste réellement ça. Et ainsi que tu le penses, je passe mon temps à me tourmenter à ce sujet, dit Shun en enlevant péniblement de sa mâchoire les cendres qui s'y étaient attachées.
— Quoi ? Comment se fait-il que je ressente un tel Cosmos chez Andromède alors que celui-ci est aux portes de la mort après avoir perdu une telle quantité de sang ?
— Mais vois-tu, tous les combats que j'ai menés jusqu'ici m'ont appris quelque chose.
— Quoi donc ?
— Ils m'ont appris que je devais malgré tout me battre. En tant qu'homme, je dois faire passer mon devoir avant ce genre de soucis. Je ne suis plus le pleurnichard que j'étais autrefois », dit Shun en enflammant toutes ses forces.
Il
prépara
sa
chaîne
d'attaque
située
sur
son
bras
droit.
« Pff,je
vois.
Même
en
étant
condamné
par
le
Stigma
tu
refuseras
d'admettre
ta
défaite
aussi
longtemps
que
tu
seras
en
possession
de
ta
chère
chaîne.
— Va, chaîne d'attaque ! »
La
chaîne
terminée
par
une
pointe
partit
à
l'assaut
en
décrivant
une
trajectoire
en
zigzag. Maintenant
que
Shun
s'était
déterminé
à
combattre,
la
chaîne
était
parcourue
d'arcs
électriques.
« Thunder
Wave ! »
Un
éclat
semblable
à
celui
d'un
feu
d'artifice
se
produisit
violemment,
accompagné
d'un
bruit
évoquant
quelque
chose
qui
brûle.
« Comment ?
s'écria
Shun,
surpris.
— Voici donc la force de frappe de cette chaîne que l'on dit capable, si nécessaire, de franchir les dimensions pour atteindre ton adversaire », dit Thoas.
Celui-ci,
qui
pouvait
aussi
se
battre
avec
la
vivacité
de
la
foudre,
venait
de
rattraper
la
chaîne
d'une
main.
« Non,
ce
n'est
pas
possible !
Il
est
parvenu
à
stopper
ma
chaîne
d'attaque ?
— Mais vois-tu, même si elle est capable de franchir de nombreuses années-lumières pour atteindre sa cible, avec une telle vitesse ta chaîne ne peut arriver jusqu'au corps de Thoas, le Coup de Tonerre, ajouta le Géant.
— Non !
— Et avec cette attaque tu as gaspillé le peu de vie qu'il te restait. Tu dois probablement être sur le point de t'évanouir maintenant. »
Thoas
tira
sur
la
chaîne,
et
une
faible
pression
suffit
à
faire
chanceler
Shun.
Les
hémorragies
provoquées
par
le
Stigma
l'avaient
mis
dans
un
état
d'épuisement
terrible,
et
celles-ci
ne
s'arrêtaient
pas.
Sa
pression
sanguine
avait
considérablement
diminué,
les
extrémités
de
ses
doigts
étaient
blanches,
et
il
n'avait
guère
plus
la
force
de
se
mouvoir.
« En
fin
de
compte,
étais-tu
fort
ou
faible ?
Pourrais-tu
me
répondre,
Andromède ?
Tu
m'as
montré
la
fragilité
d'une
jeune
fille
mais
aussi
le
courage
d'un
guerrier.
Quel
esprit
instable,
et
quelle
maladresse !
Décidément,
il
m'est
impossible
de
te
comprendre. »
Shun
ne
pouvait
même
plus
répondre.
« Alors
tu
n'as
déjà
plus
la
force
de
parler.
Bah,
tant
pis.
Je
vais
te
tuer.
Mais
je
vais
d'abord
détruire
ta
précieuse
chaîne
afin
de
te
faire
subir
une
défaite
totale
juste
avant
ta
mort. »
Pour
la
première
fois,
Thoas
prit
une
posture
de
combat
en
croisant
ses
bras
devant
lui.
« Prends
ça,
Andromède !
Voici
la
plus
puissante
attaque
de
Thoas !
— Chaîne circulaire, protège moi..., dit faiblement Shun.
— Avenger Shot ! »
Le
nuage
d'étoiles
formé
par
la
chaîne
nébulaire
fut
déchiré
par
un
rayon
de
lumière.
Les
tirs
projetés
par
les
doigts
de
Thoas
n'avaient
fait
qu'un
pour
donner
naissance
à
une
attaque
cent
fois
plus
puissante
qui
pulvérisa
l'Andromeda
Nebula.
« Non,
ma
chaîne
aurait-elle
ainsi
été
réduite
à
néant ?
— Tu n'es désormais plus qu'un oiseau privé de ses ailes ! Et maintenant que ta chaîne n'est plus, le prochain coup sera pour ton corps ! »
Thoas
se
prépara
à
porter
le
coup
final,
mais
s'arrêta
soudain
dans
son
élan
sous
le
coup
d'une
surprise
partagée
par
Shun.
Le
sol
lui
avait
renvoyé
une
étrange
sensation,
et
sans
qu'il
ne
s'en
rende
compte,
le
flanc
noir
de
cendres
de
la
montagne
s'était
recouvert
d'une
fine
couverture
blanche.
« Des
cendres ?
Non,
c'est... »
De
petites
particules
tombaient
sur
le
bout
des
doigts
du
géant
et
disparaissaient
en
fondant.
« Comment peut-il y avoir une chute de neige en plein été sicilien ? »
Une
couche
de
glace
avait
recouvert
le
flanc
de
la
montagne
et
le
gel
se
répandait
peu
à
peu
sur
le
sol.
Les
flocons
de
neige
devinrent
de
plus
en
plus
gros
et
leur
nombre
augmenta
en
s'accumulant
de
toutes
parts.
« Ce
n'est
pas
une
illusion »,
déclama
une
nouvelle
voix.
Celle-ci
fût
accompagnée
de
la
venue
d'un
jeune
homme
vêtu
d'une
Cloth
d'un
blanc
impeccable
aux
reflets
glacés,
marchant
au
travers
de
cette
nature
volcanique
désolée
sur
laquelle
s'abattait
un
ouragan
de
neige.
« Qui
es-tu ? »
demanda
Thoas
au
jeune
homme
blond
qui
s'était
joint
à
eux.
« Hyōga !
s'exclama
Shun.
— Est-ce que ça va Shun ? dit-il, fixant Thoas avec un air de défi, sans jeter un regard vers le Saint d'Andromède.
— Hyōga ? Vu que tu portes une Cloth tu es probablement un Saint, n'est-ce pas ? »
Ce
nom
avait
une
consonance
japonaise,
mais
ses
yeux
bleus
semblaient
dire
le
contraire.
En
fait,
Hyōga
était
moitié
russe
et
moitié
japonais.
Sa
mère
se
prénommait
Natassia
et
son
père
était
Mitsumasa
Kido.
Hyōga
était
lui
aussi
un
des
enfants
cachés
de
cet
homme,
un
de
ces
100
enfants
envoyés
à
travers
le
monde
pour
devenir
Saints.
« Je
suis
Hyōga
du
Cygne.
Et
toi,
tu
es
probablement
un
Géant ?
— Tu arrives un peu tard pour secourir ton ami. Tiens, mais maintenant que j'y pense, cela me rappelle une histoire. La Cloth du Cygne ne serait-elle pas cette Cloth de glace née du grand mur des glaces éternelles ?
— Effectivement, c'est bien ça. »
Le
plastron
de
la
Cloth
était
sculpté
en
forme
d'ailes
et
le
casque
qu'il
portait
représentait
une
tête
de
cygne
ornée
de
plumes.
L'ensemble
de
cette
Cloth
aux
formes
sinueuses
renvoyait
une
impression
de
légèreté.
En
plus
de
cette
image
de
cygne,
Hyōga
lui-même
semblait
être
un
jeune
prince
sorti
d'un
conte
européen.
Ce
n'était
pas
un
enfant,
mais
il
ne
semblait
pas
non
plus
être
un
simple
adolescent. Il
possédait
un
éclat
qui
le
distinguait
des
jeunes
de
son
âge,
mais
l'on
pouvait
également
sentir
une
grande
solitude
émaner
de
lui,
et
le
léger
bleu
brillant
de
ses
yeux
lui
donnait
l'expression
d'une
personne
se
tenant
à
l'écart
des
autres,
tout
en
renvoyant
une
certaine
tristesse.
« Tu
manipules
donc
la
glace.
Voilà
qui
est
intéressant,
cher
Cygne,
fit
remarquer
Thoas.
— A-t-on vraiment besoin de poursuivre cette conversation ? lui répondit Hyōga, peu intéressé par l'idée de renseigner le géant.
— Quel garçon désagréable. Très bien ! Dans ce cas-là tu vas avoir le plaisir de mourir en compagnie d'Andromède ! Prends ça ! Avenger Shot ! »
Thoas
lança
son
arcane
ultime
vers
Hyōga,
et
le
tir
traversa
le
rideau
de
neige
qui
s'abattait
sur
le
champ
de
bataille.
Pourtant,
le
Géant
eu
la
surprise
de
voir
que
son
coup
avait
largement
manqué
sa
cible.
« Comment ?
Mais
qu'est-ce
que
c'est
que
ça ?
Des
cristaux
de
glace ?
dit
Thoas
en
vacillant.
— Ceci est un anneau de glace que j'ai confectionné, le Koltso. Tu ne t'étais donc pas rendu compte que tes jambes venaient d'être congelées ?
— Impossible, quand est-ce que... ?
— Tu as trop concentré ton attention sur Shun. Je pense que la morsure du gel doit déjà t'avoir fait perdre les sensations dans tes jambes.
— Cet anneau... »
Le
nombre
d'anneaux
se
mit
à
augmenter
autour
des
jambes
de
Thoas
et
de
son
Adamas.
« Adieu,
Géant !
— Non ! »
Des
nombreux
cristaux
de
glace
dansèrent
sur
ces
plaines
gelées
de
Sicile
qui
semblaient
désormais
sorties
d'un
rêve.
La température de toute chose est régie par l'état d'excitation des atomes qui la composent. Ainsi, plus ceux-ci sont agités, et plus la température est élevée, et à l'inverse, un ralentissement provoque une baisse de la température. Le mouvement et l'immobilité. La chaleur et le froid. Autrement dit, les techniques de combat visant à la destruction des atomes sont liées au mouvement et à la chaleur, tandis que celles les stoppant représentent le froid et l'immobilité, et sont ce que l'on appelle les techniques de glace.
« Diamond Dust ! »
Des sombres cristaux furent éparpillés. Un bruit de vapeur d'eau retentit, un vent brillant se manifesta, et finalement un monde d'une blancheur mortelle naquit pour avaler le Géant. Hyōga du Cygne était l'un des rares Saints maîtrisant les techniques de glace. Thoas, le Coup de Tonnerre, s'effondra dans la plaine enneigée qui recouvrait les cendres, son Cosmos tombant dans un sommeil éternel.
« Ne
bouge
pas »,
dit
Hyōga
en
se
tournant
vers
Shun
puis
en
abattant
avec
un
cri
son
poing
vers
son
ami
gémissant.
Son
index
avait
percé
la
Cloth
de
Shun
au
niveau
du
cœur,
et
à
la
grande
surprise
de
celui-ci
les
hémorragies
subies
au
niveau
des
marques
du
Stigma
s'arrêtèrent
immédiatement.
« J'ai
appuyé
sur
ton
point
vital
central,
celui
qui
permet
de
stopper
les
hémorragies,
lui
expliqua
Hyōga.
— Hyōga... Mais que fais-tu ici ? Je te croyais rentré en Sibérie orientale !
— Ah, c'est grâce à Kiki.
— Comment ?
— Athéna l'a envoyé pour que je vienne en renfort.
— Athéna... Mademoiselle Saori a pensé à nous...
— Kiki de son côté est rentré se reposer, ces multiples téléportations l'ont complètement épuisé. »
Effectuer
un
aller
retour
en
Sibérie
aussi
peu
de
temps
après
ses
allers
retour
en
Sicile
avait
été
très
difficile
pour
lui,
aussi
bien
physiquement
que
psychiquement.
« Kiki
a
décidément
donné
tout
ce
qu'il
avait,
fit
remarquer
Shun.
— Il m'a raconté dans les grandes lignes de ce qui s'est passé. Où est donc Seiya ? Et... c'est vrai que Mei est toujours en vie ?
— Oui, mais nous avons fini par être tous séparés à cause des combats contre les Géants », expliqua Shun en se levant péniblement.
Il
cherchait
une
réponse
provenant
de
sa
chaîne
disparue.
Tant
que
la
Cloth
d'Andromède
n'est
pas
entièrement
détruite,
sa
chaîne
restait
capable
de
revenir
depuis
d'autres
dimensions,
et
même
si
cet
outil
venait
à
être
brisé,
il
était
possible
de
faire
naître
immédiatement
une
nouvelle
chaîne.
« Je
sens
le
Cosmos
de
Seiya,
bien
que
celui-ci
soit
assez
faible.
— Allons donc le rejoindre. Je me fais aussi beaucoup de soucis pour Mei, car il avait également un Géant à ses trousses. Or, je ne pense pas qu'il ait de grandes chances d'en venir à bout sans Cloth.
— En effet. »
Shun
se
remit
complètement
debout.
« Tu
as
perdu
une
grande
quantité
de
sang,
tu
ferais
mieux
de
ne
pas
bouger.
Il
serait
préférable
que
tu
restes
te
reposer
ici,
lui
dit
Hyōga.
—
Ne
t'en
fais
pas,
je
vais
très
bien.
— C'est difficile à croire lorsque tu affirmes toi-même cela. »
Shun
sourit
franchement
pour
dissiper
les
doutes
de
son
ami,
puis
ils
partirent
dans
la
direction
du
Cosmos
de
Seiya,
reprenant
l'ascension
de
l'Etna.
Chapitre 4.3
« M'y voila enfin. Un Cosmos diffus provient de là dessous », dit Seiya en jetant un regard dans la gueule de ce cratère béant vieux de plusieurs centaines, voire plusieurs millénaires.
L'intérieur du cratère était actuellement éteint, mais l'activité volcanique ne cessait de croître, signe d'une éruption imminente.
« Est-ce
le
Cosmos
de
Yulij
ou
celui
d'un
Géant ? »
se
demanda
Seiya
avant
de
réprimer
un
cri
de
douleur.
Il
vacilla
et
de
désagréables
gouttes
de
sueur
perlèrent
sur
son
visage.
Seiya
se
demandait
si
son
malaise
était
du
aux
dommages
subis
lors
de
son
violent
combat
face
à
Agrios.
« Que
se
passe-t-il ?
Mon
corps
est
si
lourd.
Quelle
en
est
la
raison ? »
L'air environnant était certes devenu moins dense, mais les Saints n'étaient pourtant pas supposés souffrir du mal des montagnes, et surtout pas à l'altitude à laquelle se trouvait Seiya. Qui plus est, il n'éprouvait pas de difficultés particulières à respirer.
« Et
merde !
Mes
forces
me
quittent... »
Sa
démarche
devint
chancelante.
Seiya
avait
l'impression
que
son
corps
était
percé
de
trous
béants
et
qu'à
chacun
de
ses
pas
son
Cosmos
s'en
échappait.
Il
hurla
en
trébuchant
sur
cette
pente.
« Attention !
— Mei ! »
Celui-ci
avait
rattrapé
Seiya
par
le
bras
alors
que
le
Saint
de
Pégase
était
sur
le
point
de
tomber
dans
la
gueule
du
volcan.
« Tu
es
sain
et
sauf !
lui
dit
Seiya.
— Hé ho, ce serait plutôt à moi de te dire ça », lui répondit Mei.
Mei
fit
un
sourire
en
voyant
à
quel
point
Seiya
semblait
s'être
fait
taper
dessus.
Ce
dernier
fit
une
moue
renfrognée,
bouche
fermée
et
joues
gonflées,
mi-colère
mi-nigaude.
« Et
toi
comment
t'en
es-tu
sorti
avec
ce
type
aux
griffes,
ce
Pallas ?
— Je me suis enfui.
— Hein ?
— Ben quoi ? Fais pas cette tête. Fuir n'est pas convenable ? Il s'agit quand même d'un Géant, et même pour un Saint comme toi ça doit être un adversaire dangereux, non ? Un simple soldat comme moi n'a pas la moindre chance de gagner. »
Seiya
resta
silencieux.
« Et
puis
nous
sommes
en
Sicile,
ma
terre
natale !
Comme
je
connais
les
moindres
chemins
de
cette
île,
semer
des
poursuivants
n'est
guère
difficile.
De
plus,
n'oublie
pas
que
je
suis
là
en
tant
qu'espion
au
service
du
Sanctuaire,
et
dissimuler
ma
présence
ou
mon
Cosmos
sont
donc
des
domaines
dans
lesquels
je
suis
doué,
peut-être
encore
plus
que
vous !
— Seiya ! Mei !
— Shun ! Et... toi aussi, Hyōga ? » cria Seiya.
Les
deux
Saints
venaient
d'apparaître
un
peu
plus
bas
et
s'empressaient
de
grimper
sur
la
pente
du
volcan.
Les
quatre
jeunes
hommes
furent
finalement
réunis
près
du
cratère.
« Alors
tu
est
également
venu,
Hyōga ?
lui
demanda
Seiya.
— Oui, Athéna m'a envoyé ici afin de vous aider, répondit le Cygne.
— C'est la Cloth du Cygne, n'est-ce pas ? Elle te va plutôt bien, Hyōga.
— Mei, dit Hyōga qui avait en un instant reconnu le visage d'un frère retrouvé qu'il n'avait pas vu depuis des années.
— Tu es venu depuis la Sibérie Orientale ? Ça fait un sacré bout de chemin, merci pour l'effort. »
Hyōga
ne
répondit
rien.
« Hmmm ?
Ha
ha
ha,
décidément
tu
n'as
pas
changé,
toujours
aussi
stoïque.
En
fait,
aucun
d'entre
vous
n'a
changé,
dit
Mei
en
posant
sa
main
sur
l'épaule
de
Hyōga
tandis
que
Shun
et
Seiya
riaient
de
bon
coeur.
— Seiya, Mei, ne sentez-vous pas aussi un Cosmos qui émane de ce cratère ? demanda Shun.
— Vous l'avez vous aussi ressenti », répondit Seiya.
Hyōga, silencieux, se contenta de pointer les profondeurs du cratère. Il était possible d'apercevoir entre les nuages de fumée épars la base du cratère où se dessinait entre d'immenses rochers une fente pareille aux lèvres de la Terre. Le quatuor descendit avec précaution dans le cône en suivant les parois internes scabreuses. Shun se dirigea vers la fissure.
« Quel
trou
profond...
c'est
comme
si
il
se
prolongeait
jusqu'aux
tréfonds
de
la
Terre.
— Le Cosmos que nous avons ressenti émane du fond de ce gouffre... Nous devons y aller. Êtes-vous tous partants ? » demanda Seiya.
Tous
acquiescèrent
de
la
tête.
Le groupe descendit en rappel dans ce puits rocheux en utilisant la chaîne d'Andromède à la manière d'un grappin. Au bout de plusieurs dizaines de mètres, ils atteignirent le sol qui continuait sous la forme d'un tunnel en pente. La lumière du monde extérieur ne parvenait plus en ce lieu. Pourtant, il n'était pas nécessaire de se déplacer en aveugle au sein de ces ténèbres.
« Qu'est-ce
que... ?
Les
parois
de
ce
tunnel
sont
luisantes ?
— Quel lieu étrange... »
Seiya
et
Shun
ouvraient
la
marche,
suivis
de
Hyōga
et
enfin
de
Mei
en
arrière.
La
largeur
du
tunnel
était
juste
suffisante
pour
étendre
ses
bras,
mais
il
n'était
possible
de
voir
que
quelques
mètres
devant
soi.
Les
parois
rocheuses
ressemblaient
presque
à
de
la
chair,
et
le
faible
scintillement
qui
en
émanait
changeait
d'intensité
tout
en
variant
entre
le
rouge
et
le
jaune.
« On
dirait
des
pulsations,
dit
Shun.
— Hé ! Arrête de dire des trucs glauques, Shun ! répondit Seiya avec un air inquiet, comme si un monstre tapi dans l'ombre était prêt à lui sauter dessus.
— Mais... ça donne un peu l'impression d'avoir été avalés par un être vivant. Qui plus est, ma chaîne reste tendue.
— C'est répugnant, on dirait que nous sommes dans un estomac. »
Ils
continuèrent
à
s'enfoncer
de
plus
en
plus
loin,
de
plus
en
plus
profondément.
Le
Cosmos
diffus
qui
parvenait
jusqu'à
eux
semblait
être
toujours
plus
près
des
tréfonds
de
la
Terre.
Ils
étaient
désormais
en
sueur.
« Quelle
chaleur.
Combien
de
kilomètres
allons-nous
encore
devoir
marcher ?
— De plus, les vapeurs volcaniques se font de plus en plus denses, dit Shun, les larmes aux yeux.
— Si on continue à descendre ainsi dans le ventre de la Terre, allons-nous finir par nous retrouver aux portes de l'Enfer ? »
Le
groupe
continua
de
s'enfoncer
dans
les
abysses.
Chapitre 4.4
L'autel dédié à un Mal venu d'ailleurs était entouré des sifflements du vent.
« Agrios... et même Thoas... », murmura Encelade, le Cri de Guerre, dans ce temple souterrain.
Il
jeta
un
regard
de
dédain
vers
la
jeune
fille
à
sacrifier
retenue
par
des
chaînes.
« Ces
Saints
d'Athéna.
Comme
à
leur
habitude,
ils
continuent
de
nous
mettre
des
bâtons
dans
les
roues,
ainsi
qu'ils
l'avaient
fait
lors
de
la
Gigantomachie. »
Il
considéra
avec
mépris
Yulij,
dont
la
tête
était
penchée
vers
le
sol
et
aux
cheveux
d'argent
maculés
de
sang.
« Mais
ces
Saints
ne
me
font
pas
peur,
déclara
le
Géant
en
continuant
de
tourmenter
de
son
bâton
l'immobile
Yulij.
— Athéna par contre n'est pas à prendre à la légère. Aussi longtemps que cette déesse de la guerre protectrice de la Terre existera, ces Saints obstinés reviendront à la charge, tels des mouches en été. Une fois qu'Il sera ressuscitée en revanche, ce sera différent ! Athéna... non, même la totalité des dieux de l'Olympe seront engloutis par la Volonté qui réside dans le corps de mon très cher frère cadet, et ils seront précipités dans le Tartare, là où nul ne pourra les aider à s'en extirper. »
Encélade
pointa
son
bâton
empreint
de
sang
coagulé
dans
la
direction
opposée
à
Yulij.
« Yulij !
cria
une
voix
plus
jeune.
— Je commençais à en avoir assez de vous attendre, chiens d'Athéna.
C'était
Seiya
qui
avait
crié
le
nom
de
Yulij
en
voyant
celle-ci
accolée
à
un
rocher.
Shun,
Hyōga
et
enfin
Mei
arrivèrent
derrière
lui.
« Quel
est
cet
endroit ? »
Les Saints eurent comme une impression de déjà-vu. Ils venaient enfin d'atteindre le fond du tunnel, mais un spectacle inattendu s'offrait à eux. Ils étaient dans une grande caverne circulaire à la voûte élevée, un lieu qui semblait être inspiré des théâtres antiques circulaires.
Un
grondement
se
fit
entendre.
La
fréquence
des
secousses
du
volcan
n'avait
cessé
d'augmenter
et
de
petits
fragments
de
roche
du
plafond
tombaient
de
ci
de
là.
La
menace
d'un
effondrement
de
la
caverne
pesait
sur
leurs
esprits,
et
le
sol
tremblant
les
forçait
à
avancer
d'un
pas
mal
assuré.
Qui
plus
est,
une
chaleur
étouffante
d'origine
géothermique
régnait
en
ce
lieu.
Le
bruit
aigu
du
vent
surprit
les
Saints,
et
le
fouettement
de
ce
souffle
leur
donna
la
chair
de
poule.
« Qui
aurait
cru
qu'une
si
vaste
cavité
existait
sous
l'Etna ?
Et
que
dire
de
cet
autel...
On
dirait
vraiment
un
Temple
dédié
à
un
dieu »,
fit
remarquer
Shun
dont
la
chaîne
nébulaire,
alerte,
restait
prête
à
bondir.
Ils
se
trouvaient
face
à
un
autel
constitué
d'immenses
rochers.
Les
parois
ridées
de
cette
grande
caverne
étaient
semblables
à
celles
du
tunnel
qui
les
avait
amenés
jusqu'ici,
scintillant
dune
lumière
vacillante.
Cet
endroit
donnait
la
troublante
impression
d'être
à
l'intérieur
d'organes
du
corps
humain.
« Yulij !
Est-ce
que
ça
va ? »
hurla
Seiya.
Mais
celle-ci
était
retenue
à
un
rocher,
les
deux
bras
attachés,
et
sa
tête
penchée
vers
le
sol
ne
permettait
pas
de
savoir
de
loin
si
elle
était
morte
ou
vivante.
« Si elle est restée tout ce temps plongée dans ces gaz volcaniques, sa vie doit être en danger, dit Shun, l'air inquiet.
— Et ce type ? murmura Hyōga en faisant référence au Géant à masque de démon muni d'un bâton.
— C'est Encélade, le Cri de Guerre. Il s'est présenté comme étant le Haut Prêtre des Géants.
— Autrement dit, leur chef ? » dit le Cygne en fixant d'un oeil de glace le Géant.
Il fit soudain un mouvement.
« Hyōga ? »
Hyōga
venait
de
s'élancer
sans
crier
gare,
traversant
la
caverne,
tandis
que
de
glaciaux
cristaux
de
neige
entouraient
ce
Cygne
silencieux.
Tout
ceci
s'était
passé
en
un
instant.
« Diamond
Dust ! »
cria
Hyōga
en
tentant
de
prendre
Encélade
au
dépourvu
avec
cette
attaque
subite.
Le
Géant
émis
un
puissant
grondement
qui
surprit
Hyōga.
L'air
froid
fut
rejeté
en
arrière
et
l'onde
de
choc
envoya
le
Saint
voler
de
plusieurs
dizaines
de
mètres
en
arrière,
passant
au
travers
du
groupe
de
ses
compagnons
avant
de
s'écraser
contre
une
paroi.
« Et merde, encore cette onde de choc ? Elle l'a projeté si loin ! » dit Seiya en faisant une grimace de colère.
Il
s'agissait
de
l'attaque
qu'Encélade
avait
déjà
montré
dans
le
théâtre
antique
de
Taormina,
mais
la
puissance
de
cette
onde
de
choc
explosive
se
trouvait
démultipliée
dans
un
tel
espace
clos
souterrain.
« Ha
ha
ha !
Quelle
naïveté
de
croire
qu'un
courant
d'air
comme
ça
pourrait
m'atteindre.
Vous
pouvez
vous
y
mettre
à
autant
que
vous
voulez,
Bronze
Saints,
mais
des
gens
de
votre
niveau
ne
parviendront
jamais
à
s'approcher
de
moi,
le
Haut
Prêtre
des
Géants !
dit
Encélade,
d'un
ton
sinistre,
bâton
pointé
dans
la
direction
des
Saints.
— Il y a quelque chose d'étrange, dit Hyōga.
— Que veux-tu dire ? demanda Seiya en regardant son ami.
— Mon corps semble lourd.
— Comment, toi aussi ? continua Seiya.
— C'est donc le cas pour tout le monde ? intervint Shun.
— Toi aussi Shun ? »
Ils
avaient
jusque
là
chacun
gardé
pour
eux
la
condition
de
leurs
corps,
ne
jugeant
pas
utile
de
faire
part
de
ceci
aux
autres.
« Je
m'étais
dit
que
cette
impression
était
due
aux
coups
reçus
lors
de
mon
combat
contre
Agrios,
mais
maintenant...
— Si ce n'était que moi et Seiya ce ne serait pas étonnant, mais il est effectivement bizarre que Hyōga, qui n'a pas reçu la moindre blessure, ressente aussi ceci, ajouta Shun.
— J'ai cette impression de lourdeur depuis que l'on a pénétré dans l'Etna, depuis que l'on s'est engouffrés dans ce tunnel. Et le courant d'air froid de mon Diamond Dust n'avait que la moitié de sa puissance, dit Hyōga en regardant son poing serré, perplexe.
— Et mon corps n'a absolument pas récupéré lors de notre marche, ajouta Seiya.
— Pareil pour moi, du sang s'écoule encore de mes blessures. Je pensais que c'était à cause des gaz volcaniques que nous avons respiré mais... la cause semble être différente. D'une certaine manière, c'est comme si quelque chose arrachait la force même de mon corps.
— On ne peut pas lutter.
— Mei ? »
Les
trois
Saints
se
tournèrent
vers
lui.
« L'air
empoisonné
n'a
rien
à
voir
avec
l'absence
de
guérison
de
notre
fatigue
ou
des
dommages
reçus.
Ce
qui
est
volé
est
la
puissance
même
des
Saints,
la
source
de
toute
vie,
le
Cosmos.
On
aura
beau
se
battre,
rien
n'y
fera.
La
victoire
est
impossible.
— Volé, dis-tu ? En effet, c'est comme si quelqu'un dérobait notre Cosmos, mais une telle chose est...
— Il a raison », coupa le Géant.
Les
guerriers,
interloqués,
tournèrent
leurs
regards
vers
Encélade.
« Depuis
que
vous
avez
mis
le
pied
dans
l'Etna,
votre
Cosmos
vous
a
été
peu
à
peu
dérobé,
expliqua
le
Géant.
— Comment ?
— En cette terre s'étend une zone de protection (kekkai) nommée "Phlegra" (Terre de flammes) et destinée aux Géants.
— Phlegra ?
— Oui, tout comme votre Sanctuaire est protégé par une barrière de protection venant d'Athéna. Au sein de Phlegra, les blessures des gens démunis d'Adamas ne guérissent pas ! Qui plus est, cette zone vous dérobe votre Cosmos lorsque vous l'enflammez pour combattre.
— Quoi ?
— Vous comprenez maintenant ? Tant que Phlegra existe, nous ne pouvons être vaincus, et ce même si la totalité des Saints venait nous y affronter, dit Encélade en appuyant chacun de ses mots avec un air de triomphe.
— C'est pas vrai, alors...
— Cela voudrait dire qu'a chaque fois que nous avons porté une attaque, le Cosmos utilisé a été volé par Phlegra ? »
Les
Saints
furent
sous
le
choc.
L'étrange
lumière
scintillant
sur
les
parois
souterraines
était
donc
un
reflet
de
l'influence
de
Phlegra.
« Nous
ne
sommes
pas
encore
suffisamment
nombreux
pour
nous
permettre
d'attaquer
de
front
le
Sanctuaire
protégé
par
Athéna,
mais
procéder
à
l'enlèvement
d'une
gamine
et
attirer
les
Saints
ici
est
un
moyen
simple
d'affaiblir
la
force
de
votre
armée.
— Lâche !
— Voyons... Avec cette gamine nous avons là quatre Bronze Saints, le rang le plus minable de votre armée. Ça ne suffira pas pour satisfaire Sa faim, mais on se contentera de ça pour l'instant.
— Comment ? intervint Seiya.
— Mais je vais d'abord vous tuer, continua Encélade sans tenir compte de Seiya. »
Le
Géant
brandit
son
bâton
et
commença
à
concentrer
une
énergie
destructrice.
« Une
nouvelle
onde
de
choc
va
s'abattre
sur
nous,
dit
Shun,
chaînes
sur
le
point
d'attaquer.
— Et merde ! On ne peut pas se permettre d'être encore plus blessés ! On aura pas d'autre chance ! dit Seiya.
— Il faut le prendre de vitesse », continua Hyōga.
Pégase,
Andromède
et
le
Cygne
se
mirent
en
posture
de
combat,
faisant
apparaître
autour
de
trois
jeunes
gens
des
auras
représentant
leurs
constellations
protectrices
tandis
que
des
étoiles
dansaient
dans
la
caverne.
« Brûle
mon
Cosmos ! »
cria
Seiya,
prêt
à
attaquer.
Un
Big
Bang
se
produisit.
C'était
là
le
pouvoir
capable
de
créer
des
miracles.
Une
personne
poussant
son
Cosmos
à
son
paroxysme
pouvait
s'éveiller
au
Septième
Sens
et
atteindre
une
puissance
comparable
à
l'énergie
qui
avait
donné
naissance
à
l'Univers.
« Prends
ça,
Encélade ! »
Le
cheval
ailé
Pégase
s'élança,
porté
par
ses
ailes,
tandis
que
la
chaîne
nébulaire
fendit
l'air
telle
la
foudre
et
que
le
Cygne
dansa
majestueusement.
« C'est
inutile ! »
cria
le
Géant.
Soudain,
Seiya
cracha
une
gerbe
écarlate.
Du
sang.
« Seiya ! »
cria
Shun,
tandis
que
Hyōga
restait
silencieux.
Les deux Saints, sous le choc, avaient abaissé leurs poings. Une main pareille à un couteau venait de transpercer la Cloth de Pégase pour s'enfoncer dans les côtes de Seiya.
« Me...
i...,
articula
Seiya
d'une
voix
à
peine
audible,
à
l'attention
de
son
demi-frère,
avant
de
tomber
à
genoux.
— C'est inutile, répéta une voix ténébreuse.
— Qu'es-ce que... pourquoi ? Mei ! » cria Shun, avec un ton désespéré.
Même
Hyōga,
habituellement
imperturbable,
était
décontenancé
devant
cette
scène. Mei
venait
d'assassiner
Seiya.
Mei
retira
d'un
mouvement
brusque
du
corps
de
Seiya
cette
main
jusqu'alors
enfoncée
jusqu'à
la
base
des
doigts,
ce
qui
ne
fit
qu'accélérer
l'écoulement
d'un
sang
bien
réel.
« Ce
Cosmos... »
prononça
Shun
d'une
voix
tremblante.
Ils
ressentirent
une
sensation
extrêmement
oppressante.
Celui
qui
se
trouvait
là
n'était
certainement
pas
ce
soldat
qui
n'avait
pas
réussi
à
devenir
un
Saint.
Mei
passa
son
doigt
sur
son
visage.
Un
maquillage
sanglant.
« Quelle
intensité !
Je
n'ai
que
rarement
ressenti
un
Cosmos
aussi
immense
par
le
passé.Cette
Volonté
est
certainement
celle
d'un... »
En
un
instant
Shun
et
Hyōga
s'écartèrent
simultanément
de
Mei,
veillant
à
maintenir
une
bonne
distance
entre
lui
et
eux.
Il
leur
était
devenu
impossible
de
supporter
plus
longtemps
l'intensité
de
ce
Cosmos.
« Est-ce
vraiment
Mei ?
dit
Shun.
— Non, répondit le Cygne.
— Hyōga ?
— C'est impossible, ça ne peut pas être lui ! »
Hyōga
se
tenait
en
position
d'attaque,
considérant
en
ennemi
ce
frère
né
d'une
mère
différente.
« Une
certaine
puissance
était
nécessaire
à
la
résurrection
de
cet
Etre
Vénéré !
gronda
Encélade.
— La puissance de cet Etre Vénéré est si immense qu'Athéna a apposé un sceau ne pouvant être détruit, du moins à moins de déployer une énergie rivalisant avec celle qui a donné naissance à l'univers ! C'est pourquoi le sacrifice d'un Saint était primordial ! continua-t-il.
— Comment ?
— Pour le sang des Saints ! Ce sang imprégné de ce qui est le pouls de vos existences ! Le Cosmos ! cria Encélade, enthousiaste, les bras déployés en signe de vénération envers son dieu tandis que des larmes des joie coulaient sous son masque démoniaque.
— "Résurrection" dis-tu ? Qui est donc cet "Être" dont tu parles ? demanda Shun.
— Il parle de cet Être Vénéré, beau et jeune Andromède.
— Hein ? »
Les
yeux
de
Shun
devinrent
comme
des
soucoupes.
Thoas,
le
Coup
de
Tonnerre,
venait
soudain
d'apparaître
dans
ce
temple
souterrain.
« Toi,
Thoas ! »
Mais
il
n'y
avait
pas
que
ça,
car
Agrios,
la
Force
Brute,
venait
également
d'arriver
près
de
Thoas,
tous
deux
alignés
devant
l'autel
de
pierre.
« Tsss !
Vous
me
tapez
vraiment
sur
les
nerfs !
Ne
me
dites
pas
que
vous
avez
osé
oublier
jusqu'au
nom
de
cet
Être
Vénéré,
Saints
d'Athéna !
— Ki hi hi, on va les aider à s'en rappeler alors !
— Pallas !
— Cet Être Vénéré est celui qui porte le nom du Vent, ki hi hi hi ! »
Le quatrième Géant, Pallas de la Stupidité venait lui aussi de faire son entrée en scène, se grattant la joue avec une griffe. Il arrivait depuis le tunnel menant à la caverne, bloquant ainsi le passage aux Saints qui étaient désormais entourés de part et d'autre.
« C'est impossible ! Ces deux-là devraient être morts !
— Vous pensiez nous abattre avec des attaques aussi faibles ? Vous vous foutez de qui ? rétorqua Agrios en fronçant les sourcils pour exprimer sa colère.
— N'étaient-ce que des illusions ? Nous auraient-ils fait voir des chimères afin de nous faire croire à de fausses victoires ? Mais pourtant..., dit Shun.
— Qu'est-ce que les Saints sont naïfs. Vous pensiez vos victoires acquises sans même prendre la peine d'aller vérifier de plus près les cadavres. Phlegra s'étend sur tout l'Etna, prodiguant sa protection à ceux parés d'Adamas et aspirant petit à petit les forces des autres.
— Telle est la protection que nous offre cet Être Vénéré ! cria Encélade avant de commencer à prier son dieu, tourné vers l'autel.
— Venez à nous, ô notre dieu ! continua-t-il de cette voix guerrière qui secouait le temple souterrain.
— Celui qui est né de Gaia et du Tartare, le plus jeune descendant de la lignée des Géants ! Celui qui est le père de tous les vents déchaînés ! Le géniteur de tous les monstres maléfiques ! Notre très estimé frère cadet ! L'être aux cents têtes de serpents muni de langues noires ! Celui dont les yeux vomissent des flammes ! Le temps est venu de prononcer Votre véritable Nom ! »
Le
Haut
Prêtre
ne
cessait
de
démultiplier
les
surnoms
et
épithètes,
chantant
un
aria
à
la
gloire
de
celui
qu'il
vénérait.
Il
brandissait
son
bâton
orné
de
sculptures
maléfiques
dans
un
état
de
transe
extatique,
qui
n'était
pas
sans
rappeler
celui
des
prêtresses
de
Bacchus.
Il
menait
un
rituel.
Mei émit soudain un hurlement rauque.
Sa
peau
d'humain
se
brisa
et
fut
peu
à
peu
retirée
en
lambeaux.
Des
frissons
parcoururent
les
échines
de
Shun
et
de
Hyōga,
qui
assistaient
abasourdis
à
cette
étrange
scène.
La
couleur
des
ténèbres
vint
remplacer
la
teinte
d'argent
des
cheveux
de
Mei,
se
répandant
de
la
racine
des
cheveux
jusqu'à
leur
extrémité.
Un ogre. Un ogre affamé était en train de rugir. Il se mit à lécher ses doigts encore empreints du sang frais de Seiya, puis vola la gorge et la langue de Mei afin de prononcer son véritable nom.
« Mon
Nom
est
Typhon. »
Chapitre 4.5
Cette voix ténébreuse semblait issue des abysses de la terre. C'était l'être dont les yeux vomissaient des flammes, à cent têtes de serpent aux langues noires, le géniteur de toutes les créatures maléfiques, le père de tous les vents déchaînés.
« Mon Nom est Typhon. »
C'était
le
dernier
être
de
la
lignée
des
Géants,
né
de
l'union
de
Gaia
et
du
Tartare.
« L'être
immense
sans
égal
qui
dissimule
les
étoiles
et
les
nuages,
celui
qui
régnera
sur
ce
monde,
celui
qui
va
abattre
les
Saints,
celui
qui
va
tuer
Athéna...
notre
très
estimé
frère
cadet.
— Je suis...
— La Volonté qui guide les Géants, répondit Encélade.
— Je suis...
— L'Etre que nous vénérons, notre Dieu », dit Encélade en s'adressant à Mei, ou plutôt à celui qui aurait du être Mei, tout en continuant cet aria à la gloire de son dieu.
Les quatre Géants étaient prosternés devant Mei tandis que l'intérieur de la caverne était inondé de lumière. Shun et Hyōga commençaient à avoir du mal à observer la scène.
« Mes
yeux
sont
si
douloureux
et
j'ai...
peur...,
dit
Shun
en
gémissant.
— Ne laisse pas cette peur de dévorer, Shun ! dit Hyōga.
— Hyōga...
— Ne crains pas ce dieu maléfique. Il ne faut pas le regarder avec peur.
— Ce dieu... qui est pourtant Mei...
— De notre côté, nous sommes protégés par Athéna et par les astres. Préserve ton Cosmos. Si tu succombes à la peur, si tu la laisses s'emparer de toi, alors elle dévorera jusqu'à ton égo. »
La peur, la véritable essence des dieux. Originellement, les dieux sont nés de la peur. Des gens vénérant la Peur offraient des sacrifices à des divinités afin d'apaiser leur terreur. C'était une Volonté Divine dans sa forme la plus archaïque, brute, qui avait investi le corps de Mei pour en faire sa marionnette.
« Mon Nom est Typhon.
— Oui, lui répondit Encélade.
— Mais quelle est la raison de ma présence dans une chair aussi frêle et hideuse ? Qu'est devenu mon corps étincelant ? Qui l'a dissimulé ?
Le
dieu
grogna,
émettant
une
vague
de
Terreur.
Shun
et
Hyōga
eurent
l'impression
que
leurs
cœurs
étaient
broyés
par
cette
peur.
Les
Géants,
pourtant
proches
de
Typhon,
ne
furent
pas
effrayés,
bien
que
leurs
corps
tremblèrent
sous
le
choc.
« Mon
très
estimé
frère,
laissez-moi
vous
aider
à
vous
remémorer
la
Gigantomachie
d'autrefois,
en
dépit
de
la
crainte
que
je
ressens
à
vous
en
faire
part.
Sachez
que
votre
corps
étincelant
fut
entièrement
détruit
par
Athéna,
et
qu'ensuite
le
sol
rocheux
de
cette
île
devint
la
voûte
de
la
prison
dans
laquelle
vous
futes
scellé »,
expliqua
Encélade,
qui
évitait
soigneusement
de
prononcer
le
nom
de
son
dieu.
C'est
en
effet
ainsi
qu'étaient
vénérés
les
dieux
archaïques.
Les
gens
pensaient
alors
que
poser
directement
son
regard
sur
la
véritable
forme
d'un
dieu
suffisait
à
crever
leurs
yeux,
et
dans
une
logique
semblable,
ils
croyaient
aussi
qu'invoquer
le
nom
d'un
dieu
leur
vaudrait
d'avoir
aussitôt
la
langue
arrachée,
les
privant
à
jamais
de
la
parole.
« Très
bien,
je
comprends,
répondit
Typhon,
qui
utilisait
le
corps
de
Mei
comme
son
avatar
et
dont
la
colère
s'apaisait.
— Oui, conclut Encélade.
— Et donc, où se trouve mon corps étincelant ? » reprit Typhon.
Encélade,
surpris,
en
resta
sans
voix.
—
Mes
chers
aînés,
où
avez-vous
donc
dissimulé
le
corps
étincelant
de
votre
frère
cadet ? »
redemanda
Typhon.
Le
dieu
envoya
une
nouvelle
onde
de
choc
qui
retentit
en
un
claquement
sec
et
rompit
le
bâton
sculpté
d'Encélade.
Cette
discussion
était
devenue
incohérente,
les
paroles
de
Typhon
ne
suivant
aucune
logique.
Il
se
contentait
de
vomir
autour
de
lui
sa
Colère,
n'écoutant
que
sa
propre
personne,
comme
le
ferait
une
tornade
errant
de
ci
de
là. Cependant,
ces
Géants
pourtant
pleins
d'orgueil
ne
semblaient
pas
prendre
offense
du
comportement
de
leur
dieu.
Pour
eux,
Typhon
était
une
incarnation
de
la
Terreur,
et
il
convenait
donc
d'apaiser
le
dieu
pour
atténuer
la
peur
qu'il
inspirait.
Encélade
répondit
en
tenant
le
manche
brisé
de
son
bâton
d'une
main
tremblante.
« En dépit de la crainte que je ressens, sachez que celui qui a choisi cet hôte temporaire pour le manipuler tel une marionnette afin de nous libérer des entrailles de la terre, n'est autre que vous, ô mon frère cadet. C'est votre Volonté qui s'en est servi pour sauver les Géants. Mais il est certain qu'un corps aussi misérable n'est guère satisfaisant.
— Très bien, je comprends. »
Mei,
désormais
Typhon,
baissa
la
tête
afin
d'inspecter
son
corps
nu.
« Haut
Prêtre.
— Oui ? »
Typhon
lui
aussi
prit
soin
de
ne
pas
prononcer
les
noms
des
Géants,
peut-être
à
cause
d'une
croyance
archaïque
selon
laquelle
celui
qui
aurait
son
véritable
nom
prononcé
par
un
dieu
se
retrouverait
avec
les
oreilles
en
sang
et
deviendrait
fou.
« Quelle
est
cette
chair
frêle
et
hideuse ? »
Une
fois
de
plus,
Encélade,
surpris,
ne
sut
que
dire.
« Ce
corps
n'est
pas
assez
fort.
Pas
assez...
pas
assez...
pas
assez...
pas
assez...
pas
assez...
pas
assez...,
ruminait
le
dieu
avec
insistance.
— Je vous avais donné l'ordre de me donner en offrande le sang des Saints, ce mets qui me permettrait de briser le sceau d'Athéna et de quitter les entrailles de la terre pour remonter vers la surface, continua-t-il.
— Nous vous les avons apportés, répondit Encélade.
— Très bien, je comprends, dit Typhon en posant son regard sur les Saints tandis qu'un tourbillon de sang envahissait ses yeux maléfiques.
— Voici donc les sacrifices ? » ajouta-t-il.
Shun
eu
l'impression
d'être
sur
le
point
de
mourir
en
croisant
ce
simple
regard,
tandis
que
sa
chaîne
nébulaire,
réagissant
à
la
peur
inspirée
par
le
dieu,
se
tendit
autant
que
la
corde
d'un
instrument
de
musique
tout
en
émettant
un
hurlement
strident.
« Je
pensais
qu'ils
nous
attiraient
seulement
dans
un
piège,
mais
maintenant
ils
parlent
de
sacrifice ? »
dit
Shun
tandis
que
Hyōga
restait
les
lèvres
pincées,
attentif
aux
événements
qui
se
déroulaient.
« Alors ce serait en réalité pour obtenir le sang des Saints que les Géants ont enlevé Yulij ? Ils voulaient juste nous attirer dans l'Etna ? Mais... pourquoi Mei ? » termina Shun.
"Et
pourquoi
du
sang ?"
aurait-on
pu
se
demander.
La
raison
en
était
que
le
sang
des
Saints
est
gorgé
de
ce
qui
est
la
source
de
toute
énergie
vitale,
le
Cosmos,
qui
parcourt
l'intégralité
de
leur
corps
via
la
circulation
sanguine.
Une
Cloth
endommagée
au
cours
d'un
combat
au
delà
de
ses
capacités
de
régénération
est
considérée
comme
morte,
et
l'unique
moyen
de
la
ramener
à
la
vie
est
alors
de
la
nourrir
d'une
importante
quantité
de
sang
de
Saint.
Ceci
est
une
preuve
de
la
présence
physique
du
Cosmos
dans
leur
sang.
Qui
plus
est,
ces
réparations
sanglantes,
presque
un
rituel
sacrificiel,
investissent
la
Cloth
d'une
nouvelle
vitalité
renforcée.
« Certes,
l'entraînement
que
nous
subissons
pour
devenir
Saints
d'Athéna
nous
amène
à
nous
éveiller
au
Cosmos,
et
nous
possédons
effectivement
un
pouvoir
particulier
mais...
— Offrez-vous en sacrifice », ordonna Typhon en fixant Shun et Hyōga de son maléfique regard de flammes.
Typhon, autrefois Mei, se rapprocha lentement des Saints.
« Quelle
pression !
Ce
Cosmos
rivalise
avec
celui
d'Athéna
et
est
bien
celui
d'un
dieu,
s'étonna
Shun.
— Oui, mais d'une nature bien différente de celui de notre déesse.
— Hyōga...
— Shun.... il se pourrait bien que l'on meure ici, dit Hyōga, en position de combat, avec la gorge sèche et l'air déterminé de quelqu'un résolu à se battre avant de mourir.
— Offrez vous en sacrifice », répéta encore une fois Typhon, comme si il venait d'oublier ce qu'il avait déjà dit.
Il s'avança, pénétrant sans peine le rideau de métal de l'Andromeda Nebula et le mur d'air froid que Shun et Hyōga avaient pourtant dressés pour se défendre.
Typhon, autrefois Mei, fondit soudain sur eux, mains en pointes, prêt à les transpercer simultanément à la gorge.
« Je
te
somme
d'arrêter ! »
déclama
une
voix
autoritaire.
La
silhouette
d'une
jeune
femme
en
lévitation
apparut
,
descendant
en
flottant
vers
les
profondeurs
de
l'Etna
après
avoir
ouvert
une
faille
dans
la
voûte
de
la
caverne.
Dans
sa
main
se
trouvait
Niké,
la
déesse
de
la
Victoire,
matérialisée
sous
la
forme
d'un
sceptre
d'or.
Typhon
émit
un
grognement
de
surprise
et
resta
scruter
d'un
œil
perçant
cette
nouvelle
venue.
« Dernier
fils
de
la
lignée
des
Géants,
père
de
tous
les
vents
mauvais,
je
ne
te
permettrai
pas
de
blesser
mes
Saints.
— La vierge aux couleurs de cendres, lui répondit Typhon, utilisant lui aussi un surnom envers la déesse qu'il haïssait tant.
— Typhon.
— Athéna. »
Leurs
paroles
semblèrent
exploser
l'une
contre
l'autre,
comme
si
ils
venaient
de
prononcer
des
incantations
magiques.
Les
deux
dieux
majeurs
qui
se
faisaient
face
furent
en
l'espace
d'un
instant
enveloppés
de
halos
lumineux.
Une
énergie
pareille
à
celle
dégagée
par
la
collision
de
deux
galaxies
fût
relâchée
dans
une
lumière
aveuglante.
Leurs
Volontés
Divines
s'étaient
entrechoquées
dans
cette
caverne
alors
que
les
deux
dieux
avaient
abandonné
leurs
six
premiers
sens,
ne
gardant
que
le
Septième
Sens,
résumant
leurs
êtres
au
Cosmos.
« Mademoiselle Saori ! cria Shun.
— Shun, Hyōga, êtes-vous sains et saufs ? » leur demanda Saori Kido, qui se tenait calmement au sein de ce halo en tant qu'Athéna.
Elle s'agenouilla auprès de Seiya, étendu par terre et blessé, puis passa sa main au dessus de lui pour le guérir. Comme par miracle, l'hémorragie de Seiya s'arrêta.
« Ouf, dit-elle en poussant un soupir de soulagement après s'être assurée qu'il respirait encore.
— C'est pas possible ! Elle se serait directement téléportée du Sanctuaire jusqu'ici ? » dit Encélade d'une voix tremblante.
Les
Géants
avaient
eux
aussi
été
ébranlés
par
le
choc
des
Volontés
Divines
qui
les
avait
frappés
de
plein
fouet.
« Comment ?
Que
dis-tu ?
Ça
ne
se
peut
pas !
L'Etna
est
protégé
par
Phlegra,
la
zone
de
protection
qu'Il
a
érigée
pour
nous !
cria
Agrios.
— Il a raison... quel que soit le nombre de personnes ou leurs capacités à traverser les dimensions, nul être dépourvu d'une Adamas ne devrait pouvoir atteindre aussi facilement ce temple souterrain, continua Thoas tout aussi affolé.
— Oui, si notre adversaire était un de ces Saints.
— Encélade ?
— Vous avez oublié ou quoi ! Même si vous ne voyez là qu'une gamine, il s'agit bel et bien d'Athéna, une déesse d'une puissance comparable à Celui que nous vénérons ! »
Ces
robustes
Géants
se
sentaient
écrasés
par
la
présence
d'Athéna,
qui
n'était
pourtant
là
que
sous
la
forme
d'une
simple
jeune
fille.
« Cette
fille
m'inspire
aussi
une
certaine
Peur,
bien
que
celle-ci
soit
de
nature
différente
de
celle
qui
émane
de
l'Être
que
nous
vénérons. »
Le
dieu
des
Géants,
quant
à
lui,
se
tenait
là
dans
le
corps
de
Mei,
complètement
nu,
les
cheveux
intégralement
devenus
noir
de
jais
et
avec
un
regard
maléfique
dans
lequel
dansaient
des
flammes.
« Tu
as
donc
créé
une
brèche
dans
la
zone
de
protection
que
j'ai
instaurée,
dans
Phlegra.
Je
vois,
c'est
donc
bien
là
la
puissance
d'Athéna.
— Typhon... dit Athéna en pointant son sceptre d'or vers lui.
— Pourquoi es-tu venue ici ?
— J'ai senti les ondes de choc créées par ton Cosmos ébranler cette Terre, chevauchant les vents mauvais depuis la Sicile et traversant la mer jusqu'au Sanctuaire en Grèce.
— Je vois. Tu étais déjà ainsi lors de l'antique Gigantomachie. Dès le commencement, prête à te ruer tête la première vers la mort, peste que tu es.
— Sors de ce corps. Quitte Mei.
— Je vois. On dirait bien que d'une manière ou d'une autre tu t'es entièrement réincarnée en cette ère. Ce n'est pas mon cas. Ce corps n'est que ma marionnette. Je suis désavantagé dans ce misérable corps humain.
— Prête attention à ce que je dis.
— Ce corps est vraiment trop frêle », continua Typhon en ignorant totalement Athéna.
Il
n'y
avait
aucune
possibilité
de
dialogue,
Typhon
se
contentant
juste
d'énumérer
à
voix
haute
ce
qui
lui
passait
par
la
tête.
Il
s'avança
nonchalamment
vers
l'autel
de
pierre
en
continuant
d'ignorer
Athéna.
« Haut
Prêtre.
— Ou... oui ? répondit Encélade en s'agenouillant.
— Où se trouve mon corps étincelant ? Où sont mes sacrifices ?
— Ils se trouvent ici, dit Encélade en montrant Yulij enchaînée, toujours inconsciente.
— Je vois, dit Typhon en s'apprêtant à la tuer.
— Stop !
— Comptes-tu me tuer en me transperçant de ton sceptre d'or ? lança Typhon à Athéna, tout en lui tournant le dos.
— Hein ?
— Ce n'est pas le genre de choses dont Athéna est capable. La Volonté d'Athéna ne le permettrait pas. Bien que je ne comprenne pas pourquoi, voir ses Saints blessés peine Athéna au plus haut point. Or, ce frêle corps dont j'ai fait mon hôte, Mei, en fait partie. »
Athéna ne put répondre quoi que ce soit.
« Celui qui est ici est après tout un de tes Saints bien aimés, ou du moins quelque chose comme ça », continua Typhon en regardant Athéna de profil avec un sourire pervers tandis que celle-ci serrait les dents. Exception faite des cheveux noir de jais, ce visage était toujours celui de Mei.
— Si tu me transperces, Mei meurt. Si tu hésites, cette fille qui m'est offerte en sacrifice meurt. Dans les deux cas, un de tes Saints mourra. La Volonté d'Athéna est une chose si ridicule. »
Mei,
désormais
Typhon,
écarta
ses
bras.
Du
sang
coula,
le
sang
d'un
sacrifice
offert
à
Typhon.
« Comment ?
cria
Hyōga.
— Hein ? » dit Shun, tout aussi surpris.
Ni
les
deux
Saints,
ni
même
Athéna
ne
purent
en
croire
leurs
yeux.
Typhon
avait
mis
ses
mains
en
pointes
et
transpercé
deux
torses
en
y
enfonçant
ses
bras
jusqu'aux
coudes.
Les
extrémités
de
ses
avant-bras
ressorties
dans
les
dos
des
victimes
dégoulinaient
de
sang
frais.
Deux
Adamas
étaient
brisées.
« Vous.... ?
— Pour... quoi... ? »
Mei,
désormais
Typhon,
avait
son
corps
nu
luisant
de
sang
et
de
gras
corporel.
« Insuffisant », dit Typhon.
Chapitre 4.6
Agrios et Thoas, dont les Adamas avaient été brisées, se tenaient encore debout, pris de convulsions. Mei, désormais Typhon, avait mis ses mains en pointes telles des burins et ensuite perforé l'estomac des deux Géants. Il retira violemment ses mains de leurs corps en arrachant leurs entrailles avec un bruit sinistre. Les intestins blanchâtres des Géants étaient en partie sortis de leurs corps. Sous le coup de la pression interne de leurs corps, le reste de leurs intestins fut alors projeté et leurs boyaux allèrent s'écraser contre le sol. Les deux Géants s'écroulèrent. Le sol entourant l'autel absorba le sang répandu par terre. Un choc ébranla la caverne, faisant trébucher le Haut Prêtre. Les pulsations de Phlegra, nourri par l'expansion du Cosmos de Typhon, gagnèrent en vivacité.
« Insuffisant »,
protesta
Typhon
d'une
voix
sortie
des
entrailles
de
la
Terre.
Encélade
se
remit
debout,
presque
au
garde-à-vous
en
entendant
la
voix
de
son
dieu.
Il
n'était
d'ailleurs
pas
le
seul
à
s'efforcer
de
garder
une
attitude
stoïque
par
respect
pour
son
dieu.
Même
Agrios
et
Thoas,
qui
baignaient
dans
une
mer
formée
de
leurs
propres
entrailles,
leurs
visages
déformés
par
la
douleur,
faisaient
de
leur
mieux
pour
surmonter
leur
douleur,
regardant
leur
dieu
avec
le
respect
qui
lui
était
dû.
« Offrez-vous
en
sacrifice.
La
puissance
que
Je
possède
actuellement
ne
m'évitera
pas
de
me
faire
à
nouveau
sceller
par
Athéna.
Offrez-moi
tout
ce
que
vous
avez.
Extirpez-moi
des
profondeurs
de
la
Terre.
Libérez-moi.
Sacrifiez-vous »,
ordonna
Typhon,
qui
forçait
sa
Volonté
sur
les
Géants
par
la
Peur
qu'il
inspirait.
Agrios
et
Thoas,
qui
se
savaient
condamnés,
se
soumirent
à
la
Volonté
de
leur
dieu,
et
enflammèrent
leurs
Cosmos
dans
leurs
derniers
moments
d'agonie.
« Typhon ! »
crièrent
Thoas,
le
Coup
de
Tonnerre,
et
Agrios,
la
Force
Brute,
en
rendant
leur
dernier
souffle.
Au moment où ces mots quittèrent leurs bouches, les Cosmos des deux Géants devinrent des flammes qui partirent envelopper Typhon.
« Haut Prêtre.
— Oui.
— J'ai besoin que mon frère aîné m'offre son corps. Ce frêle corps humain ne pourra supporter les Cosmos déchaînés de nos frères, il va être détruit de l'intérieur.
— Très bien, répondit Encélade paralysé par la peur.
— Offre-toi en sacrifice », Encélade.
Le
Haut
Prêtre
des
Géants
devint
soudain
rigide,
comme
frappé
par
la
foudre.
Sur
une
simple
invocation
de
son
dieu,
Encélade,
le
Cri
de
Guerre,
était
entièrement
tombé
sous
le
contrôle
de
Typhon,
et
se
tenait
debout,
le
regard
vide,
tel
une
simple
poupée
au
masque
de
démon.
« Athéna,
as-tu
l'intention
de
me
tuer
en
me
pourfendant
de
ton
sceptre
d'or ?
Tu
n'es
pas
capable
d'une
telle
chose.
Ridicule
déesse.
Comment
peux-tu
éprouver
de
l'amour
envers
ce
misérable
corps
humain ?
— Cesse d'aboyer.
— Très bien. »
Athéna
fut
assez
surprise
par
cette
réponse.
« Je
n'en
ai
plus
besoin. »
Un
violent
ouragan
naquît,
provoquant
des
frissons
sur
les
peaux
fouettées
de
ceux
qui
se
trouvaient
dans
la
caverne.
L'aura
autour
de
Mei
sembla
sortir
de
l'intérieur
de
son
corps
fragile
en
le
déchirant.
Elle
prit
la
forme
de
flammes
noires
et
commença
à
se
séparer
de
lui.
C'était l'essence même de Typhon, lui le père de tous les vents mauvais dont le nom était l'origine du mot éponyme désignant les cyclones en de multiples langues, et ce même en japonais.
« Typhon ! »
La
Volonté
du
dieu
des
Géants
marqua
un
temps
d'arrêt
alors
qu'elle
s'apprêtait
à
se
déplacer
vers
le
corps
d'Encélade.
« Qui
ose
prononcer
Mon
Nom ?
— Moi.
— Comment ? s'indigna le dieu.
— Mei ! » cria Athéna.
Une
transformation
s'était
indubitablement
produite
chez
celui
dont
Typhon
avait
fait
sa
marionnette.
Le
noir
de
jais
était
en
train
de
finir
de
disparaître,
de
pointes
jusqu'à
la
racine
des
cheveux,
révélant
à
nouveau
leur
couleur
argentée.
Les
tourbillons
de
flammes
qui
habitaient
ses
yeux
s'étaient
évanouis
et
c'était
désormais
sa
propre
volonté
qui
s'exprimait
au
travers
de
ses
lèvres
au
lieu
de
celle
de
Typhon.
« Saori...
— Mei ? dit Athéna d'une voix émue qui révélait son cœur humain de jeune fille.
— Fais-le... détruis ce dieu maléfique en transperçant mon corps sur le champ avec ton sceptre d'or, demanda Mei à Athéna tandis qu'il menait une lutte interne pour garder le contrôle de son corps.
— Mais tu...
— Ce n'est pas le moment d'hésiter ! Il n'y aura pas d'autre chance, fais-le ! Dépêche-toi avant que Typhon ne quitte pour de bon ce corps ! »
Athéna
hésitait
toujours.
« Tu
es
la
déesse
Athéna
de
cette
ère,
non ?
— "La protectrice de ce monde !" », ajouta-t-il, non pas de sa voix douloureuse et faiblissante, mais à travers le Cosmos émanant du plus profond de lui-même.
« Je vois. Le début de mon transfert vers le corps de mon frère aîné a affaibli l'emprise que j'ai sur cette marionnette, ce qui a permis à son âme de refaire surface, dit Typhon.
— Je ne suis pas ta marionnette, Typhon ! Je suis Mei, un Saint d'Athéna !
— Marionnette tu es, simple poupée gémissante manipulée.
— Comment ?
— J'étais scellé depuis longtemps dans les profondeurs de la Terre, mais c'est toi qui est venu te mettre à portée de ma main. Insignifiant humain. N'es-tu pas celui qui s'est montré devant moi, sans même comprendre ce qui se passait ?
— La ferme ! »
Mei
se
tint
recroquevillé
sur
lui-même,
les
bras
croisés
en
se
saisissant
les
épaules
de
ses
mains
maculées
de
sang,
comme
pour
empêcher
la
Volonté
de
Typhon
de
s'enfuir.
Au
sein
d'un
halo
chatoyant,
le
dieu
partiellement
libéré
jeta
un
regard
en
arrière
vers
Athéna.
« Alors,
vas-tu
tenter
de
me
transpercer
de
ton
sceptre
d'or ?
— Tu es pareil à un vent destructeur, seulement capable de répandre la peur autour de toi. Une bête maléfique affamée. Que désires-tu en essayant de renaître en cette ère ? Une âme aussi pervertie que la tienne ne pourra être satisfaite que par la destruction de ce monde, et même par ta propre annihilation une fois que ce sera fait !!
— Quelle est la place des Géants en ce monde ? Quelle est leur demeure, à eux qui me vénèrent ? dit Typhon, répondant par une question.
— Pardon ?
— Quel est le lieu où les Géants peuvent vivre paisiblement ? N'a-t-on pour seul choix que cet espace entre Gaia et le Tartare ? Cette prison abyssale que même la lumière cherche à fuir ? Chienne ! Prostituée qui se prétend protectrice de la Terre ! »
Au
travers
de
la
Volonté
de
Typhon
s'exprimaient
aussi
de
façon
chaotique
les
Cosmos
des
Géants
sacrifiés
qui
s'étaient
ajoutés
au
sien.
À
ce
moment-là,
une
forme
en
profita
pour
se
rapprocher
de
Mei
et
le
trancha
avec
une
griffe.
« Ki
hi !
gloussa
le
Géant.
— Pallas ? » dit Mei en laissant échapper un gémissement de douleur.
Pallas
de
la
Stupidité
s'était
rapproché
silencieusement
de
Mei,
tel
une
ombre,
et
l'avait
cisaillé
dans
le
dos.
Du
sang
apparut
sur
cette
blessure
et
commença
à
couler
sur
le
sol.
Le
jeune
homme
chancela,
le
corps
lourd
comme
un
roc.
C'est
alors
que
la
totalité
de
la
Volonté
de
Typhon
se
mit
à
briller
d'un
éclat
plus
radieux
que
jamais.
Cette
Volonté
migra
vers
le
corps
subjugué
d'Encélade,
puis
Typhon
s'appropria
la
totalité
de
l'énergie
qui
avait
jusqu'alors
été
accumulée
dans
Phlegra.
Le
dieu,
entouré
d'un
vortex
lumineux,
changea
de
forme.
Le
masque
de
démon
d'Encélade
se
brisa
et
tomba
en
morceaux
épars
sur
le
sol.
L'Adamas
en
forme
de
vêtement
de
cérémonie
fut
détruite,
comme
si
ce
n'était
que
la
vieille
peau
d'un
serpent
qui
mue,
et
ses
morceaux
tombèrent
sur
le
sol
pour
devenir
de
la
poussière
emportée
par
le
vent
tourbillonnant.
En
contrepartie,
la
peau
du
Géant
qui
se
déchirait
révéla
l'éclat
d'une
nouvelle
Adamas
cachée
provenant
de
l'intérieur
de
son
corps.
Cet éclat était celui d'un Onyx sombre comme les ténèbres. Ce corps était désormais puissant, et noire était sa langue. Son œil droit était imprimé d'un ardent blason de flammes. Le dieu des Géants vêtu d'un vent destructeur venait enfin d'apparaître après s'être nourri de tant de sacrifices.
« Athéna »,
dit
ce
dieu
à
la
forme
complètement
asymétrique.
Le
côté
droit
de
son
corps
était
constitué
d'une
infinité
de
flammes,
tandis
que
le
gauche
était
parcouru
par
un
vent
sauvage.
Son
côté
droit
et
son
côté
gauche
semblaient
séparés
verticalement
par
une
ligne
car
tout
était
différent,
que
ce
soient
la
couleur
de
la
peau,
de
ses
yeux,
de
ses
cheveux,
ou
bien
encore
la
forme
de
l'Adamas
qui
semblait
faire
partie
de
lui.
« Athéna,
toi
et
tes
Saints
menez
toujours
de
violents
combats
en
revendiquant
protéger
la
paix
et
l'amour
sur
Terre.
N'y
a-t-il
pas
là
une
certaine
contradiction ? »
Typhon
était
réellement
beau,
et
il
ne
s'agissait
pas
que
de
son
apparence,
mais
aussi
de
sa
voix.
Des
flammes
jaillissaient
de
l'iris
de
son
œil
droit,
décorant
le
contour
de
son
œil
à
la
manière
d'un
sourcil.
Le
côté
droit
de
son
corps
était
parcouru
d'éclairs
bleus
et
blancs
sortant
par
intermittence
des
pores
de
sa
peau.
« Athéna,
tu
justifies
les
batailles
que
tu
mènes
en
brandissant
l'étendard
de
la
Justice,
faisant
même
une
véritable
propagande
en
les
appelant
"Guerres
Saintes".
— Tais-toi ! Et pour vous autres Géants, quel est donc cette conception de la Justice qui diffère tant de celle d'Athéna ?
— Tu te trompes. Ce n'est pas le point sur lequel repose ce combat.
— Comment ?
— Le pire des crimes serait plutôt le fait d'oublier ses pêchés en espérant que ceux-ci soient ensevelis par le temps passé. Athéna, as-tu oublié la raison même de cette guerre ? Ce combat entre toi et Moi, cette lutte opposant les Géants aux humains. Si tu ne t'en souviens pas, je vais t'aider à t'en rappeler. Ceci n'est pas une Guerre Sainte.
— Que veux-tu dire ?
— C'est une Gigantomachie. »
Les
mots
de
Typhon
frappèrent
Athéna
comme
si
ils
étaient
devenus
foudre,
stimulant
les
souvenirs
de
la
déesse.
« Quelle
est
la
véritable
Justice ?
Quels
sont
les
idéaux
les
plus
justes ?
Et
au
fond,
qu'est-ce
que
la
Justice ?
Et
qu'en
est-il
de
l'amour ?
Qu'est-ce
qui
constitue
la
véritable
paix ?
Ah,
quel
ennui.
Quelle
rhétorique
inutile.
Cessons
donc
cette
joute
verbale.
Écoute.
Depuis
le
début,
ceci
n'est
qu'un
combat
primitif.
Une
lutte
naturelle
pour
la
survie
que
nul
ne
peut
stopper »,
annonça
le
dieu
des
Géants.
Seiya
était
étendu
par
terre,
Shun
et
Hyōga
impuissants
et
Yulij
enchaînée.
Les
Saints
d'Athéna
n'étaient
pendant
ce
temps
que
des
spectateurs
impuissants.
« Le
moment
est
venu
pour
Moi
de
quitter
ce
lieu.
J'ai
encore
besoin
de
temps
avant
de
m'adapter
à
ce
nouveau
corps.
— Typhon ! cria Athéna.
— Et toi Mei, frêle marionnette, sache que tu m'appartiens. »
Typhon écarta ses bras comme, prêt à les abattre sur Mei, qui gisait là, incapable de bouger après avoir reçu une si profonde entaille des griffes de Pallas.
« Je
vais
te
dévorer
ici-même !
— Mei ! »
Typhon
abattit
ses
bras
vers
Mei
tels
deux
pointes
constituées
de
flammes
et
de
vent
furieux.
Mais
à
cet
instant-même,
Athéna
lança
son
sceptre
d'or,
qui
vint
s'interposer
devant
les
poings
du
dieu,
le
forçant
à
s'arrêter.
Les
deux
Cosmos
divins
entrèrent
en
collision
au
dessus
de
la
tête
de
Mei.
Soudain quelque chose apparut.
Typhon et Athéna observèrent tous deux avec attention ce nouvel élément. Les énergies du choc s'étaient quant à elles annulées l'une l'autre en une explosion destructrice qui continuait encore à tourbillonner autour d'eux.
« C'est...
une
Pandora
Box ? »
Au
centre
de
ce
tourbillon
se
tenait
Mei,
protégé
par
une
boîte
close
sacrée
ornée
d'étoiles
de
la
voûte
céleste.
Typhon
sembla
se
souvenir
de
quelque
chose.
Cette
boîte
n'était
ni
d'or,
ni
d'argent,
ni
de
bronze.
Elle
était
complètement
noire.
« Cette
Cloth
est.. »
commença
Typhon.
Le
relief
gravé
sur
la
boîte
devait
effectivement
faire
partie
des
constellations,
bien
qu'il
aurait
été
difficile
d'identifier
laquelle.
« Je
te
l'ai
déjà
dit,
Typhon !
cria
Mei
qui
venait
de
retrouver
sa
voix,
toujours
par
terre.
— Vermine.
— Je ne suis pas ta marionnette. Je suis... l'un des Saints d'Athéna ! »
La boîte s'ouvrit, révélant un éclat. Ou plutôt, on aurait dit qu'au contraire elle aspirait vers elle la lumière. La lumière prit forme, et révéla la forme d'une chevelure de femme vue de dos. Cette longue chevelure courbée était parcourue par un scintillement comparable à celui de la lame nue d'une épée. Le sombre totem se sépara en de multiples morceaux qui allèrent recouvrir le corps nu de Mei.
Typhon prononça le nom de la constellation correspondant à cette Cloth, se rappelant qu'elle était restée scellée en compagnie de sa Volonté depuis des temps immémoriaux.
« Misérable !
Tu
es
le
Saint
de
la
Chevelure
de
Bérénice. »
Mei
porta
un
coup
vers
la
mâchoire
de
Typhon
en
criant,
profitant
de
ce
moment
d'inattention.
Le
dieu
des
Géants,
les
bras
encore
bloqués
par
l'assaut
d'Athéna,
ne
put
que
se
prendre
de
plein
fouet
cette
attaque
qui
le
projeta
en
arrière.
Typhon
cracha
du
sang.
La
mâchoire
du
puissant
Géant
était
fendue.
« Je...
par
un
Saint
d'Athéna... »
Mais
cette
attaque
fut
l'ultime
coup
de
Mei,
qui
perdit
connaissance
en
tombant
en
avant,
ayant
épuisé
tout
ce
qui
lui
restait
de
Cosmos.
« Je
n'ai
dons
pas
encore
récupéré
la
totalité
de
ma
puissance »,
grogna
Typhon
en
se
touchant
le
menton
de
sa
main
droite,
l'air
contrarié.
Il
frappa
soudain
le
sol
de
son
poing
de
flammes,
créant
une
large
crevasse
dans
un
bruit
sourd.
Une
immense
colonne
de
flammes
surgit
du
sol
en
rugissant
et
en
tourbillonnant
à
la
manière
d'une
tornade.
L'immense
caverne
fût
agitée
par
d'importantes
secousses
accompagnées
de
grondements,
et
elle
commença
à
s'effondrer,
des
rochers
entiers
s'abattant
sur
le
sol
tels
une
pluie
de
météorites.
Le
pilier
de
flammes
de
Typhon
poursuivit
sa
course
vers
la
voûte
de
la
grotte,
traversa
le
sol
de
la
Sicile
et
perça
finalement
la
surface
de
l'île
pour
atteindre
les
cieux.
« La
guerre
qui
va
se
dérouler
n'a
nul
sens
à
consigner
dans
l'Histoire »,
dit
Typhon.
Il
baigna
avec
le
plus
grand
calme
son
corps
dans
la
colonne
de
flammes
et
disparut.
Du
magma
bouillonnant
jaillit
de
la
crevasse
pour
se
répandre
dans
la
caverne.
« Athéna,
mène
ce
combat
avec
l'intention
de
me
tuer,
car
Moi
je
me
bats
pour
te
tuer. »
L'Etna,
qui
avait
été
la
clé
de
voûte
de
la
prison
où
était
scellé
Typhon,
fût
finalement
complètement
pulvérisé
par
des
flammes
destructrices.
Intermission - Epilogue
Le Sanctuaire, Palais du Pope.
Nicol s'adressa à Seiya, Shun, Hyōga et Kiki, réunis devant lui.
« Il semblerait que les faits concernant Mei dans cette histoire remontent à peu de temps avant le conflit interne provoqué par la "Rébellion de Saga". Apparemment, Mei aurait reçu de son maître l'ordre de passer le test final permettant de déterminer si il était ou non qualifié pour devenir un Saint.
— Mais alors, ça signifierait qu'au moment où nous sommes devenus des Saints, Mei avait lui aussi atteint l'étape finale de son entraînement ! intervint vivement Seiya, en dépit de la blessure encore douloureuse dans son dos.
— Mei nous avait pourtant dit que comme son maître avait péri lors de la "Rébellion de Saga", il lui avait été impossible de passer les épreuves lui permettant d'être reconnu en tant que Saint, continua Shun.
— Qu'est-ce que tout cela signifie au juste ? demanda Seiya.
— Il semblerait que Mei n'ait commencé à travailler en tant qu'espion au service du Sanctuaire qu'après la fin de la "Rébellion de Saga". À ce moment-là, il ne devint qu'un simple soldat anonyme, et j'ignorais donc moi-même tout des faits le concernant personnellement. En tant que coordinateur des opérations secrètes, ce n'est qu'à l'occasion du réveil de l'activité volcanique de l'Etna que j'ai été amené à le contacter en Sicile. Je n'ai donc eu que récemment vent de son existence.
— Et quelle était cette épreuve finale ? continua le Cygne.
— Il devait récupérer lui-même la preuve montrant que l'on est un Saint.
— Autrement dit, une Cloth ?
— En effet cette Cloth était ornée d'un sceau d'Athéna, enfermée dans le temple souterrain de l'Etna avec les Géants.
— Et je suppose que cela remonte aux temps immémoriaux de la Gigantomachie ?
— Probablement, répondit Nicol.
— Et donc cette Cloth de je-ne-sais-plus-quelle-constellation a depuis toujours été manquante ? demanda Seiya.
— Si l'on se fie aux chroniques du Sanctuaire, ce serait le cas. ainsi que vous le savez, très peu de gens sont autorisés à consulter ces compilations de manuscrits. En dehors d'Athéna et du Pope, il n'y a guère que l'évêque et les diacres qui le peuvent.
— Actuellement, vous Nicol et..., dit Shun.
— Moi et Yulij », lui répondit Nicol.
Celle-ci
avait
été
secourue
par
Athéna
en
même
temps
que
le
groupe
de
Seiya
et
était
actuellement
soignée
dans
une
unité
de
soins
intensifs
de
la
clinique
Graad.
Elle
souffrait
de
fractures
aux
crâne
mais,
peut
être
grâce
à
sa
constellation
protectrice,
avait
malgré
tout
survécu.
« J'ignorais qu'une telle Cloth existait... Mais comment le maître de Mei savait-il ça ? Il était au courant qu'un temple souterrain contenant cette Cloth scellée existait dans les profondeurs de l'Etna ? demanda Seiya.
— Le maître de Mei..., commença Nicol avant de marquer un temps d'hésitation.
— C'était l'un de ces Saints rebelles qui se sont rangés du côté de Saga en pleine connaissance de cause avec l'intention de se mettre en travers du chemin d'Athéna, continua-t-il.
— Comment !
— Maintenant que lui et Saga sont morts, on ne pourra jamais complètement faire la lumière sur les tenants et les aboutissants de cette histoire, mais il est probable que le maître de Mei ait formé son disciple avec l'intention d'en faire un allié supplémentaire contre Athéna.
— Je vois ! Si Saga, qui se faisait alors passer pour le Pope, était en relation avec le maître de Mei, il semble probable qu'il ait fait part du secret de cette Cloth scellée à son allié, ça tient debout !
— Ces Géants étaient enfermés là bas depuis les temps de la Gigantomachie, scellés par le sceau d'Athéna, leurs esprits protégeant ce temple souterrain. S'y rendre devait être extrêmement dangereux...
— Pourquoi envoyer son disciple dans un endroit pareil ?
— Il devait penser que la puissance de cette Cloth scellée valait la peine de courir certains risques. Et de son côté, Saga s'attendait à devoir affronter Athéna. En dépit de l'attitude fière que Saga affichait, je suppose qu'au fond de lui-même il devait être effrayé à cette idée. Il devait vouloir réunir de son côté autant de "puissance" que possible, soif encore plus exacerbée par son côté mauvais. C'est sans doute ce qui l'a conduit à violer un secret interdit du Sanctuaire en envoyant quelqu'un dans ce temple souterrain afin de briser le sceau présent sur cette Cloth.
— Mei était-il au courant de tout cela ?
— Non, de toute évidence Mei ignorait les intentions de son maître et sa relation avec Saga. Pour lui, il ne s'agissait probablement que de la véritable épreuve finale avant de devenir Saint. C'est une fois le temple souterrain atteint que Mei a dû être capturé par la Volonté de Typhon qui lui a alors infligé un lavage de cerveau partiel afin d'en faire sa marionnette. Après, ce n'est que pure spéculation, mais je pense que Typhon a du manipuler Mei de manière à ramener les Géants en ce monde. Ensuite il a probablement guetté le moment qui serait le plus propice à sa résurrection. L'Oreste masqué qui nous a attaqués Shun et moi dans le théâtre en plein air de l'Acropole devait être Mei. À mon avis, c'est aussi lui s'est tout de suite après introduit avec les Géants dans le Sanctuaire pour y enlever Yulij.
— C'était...
— C'était Mei ? »
Seiya et Shun se rappelèrent de la silhouette de cet ennemi qui était apparu accompagné d'une odeur animale.
« Personne
n'aurait
pensé
que
Typhon
pourrait
utiliser
le
sang
des
Saints
et
le
Cosmos
accumulé
dans
sa
zone
de
protection
afin
de
créer
une
puissance
suffisante
pour
détruire
le
sceau
d'Athéna,
dit
Nicol.
— Quelle est exactement la nature de cette Cloth, demanda Hyōga qui était jusque là resté silencieux.
— Hum...
— Évêque, je vous ai entendu dire que cette Cloth noire avait quelque chose de spécial.
— C'est une chose que la déesse Athéna vous expliquera elle-même, répondit-il.
— Mais on a pas vraiment de temps à perdre en discussions, il faut agir maintenant ! dit Seiya en haussant la voix.
— Ça fait déjà plus de dix jours que Typhon s'est éclipsé... et l'éruption de l'Etna a été si puissante que la montagne a carrément été pulvérisée ! On a d'ailleurs pu s'en échapper que grâce à Athéna.
— Une personne blessée ne devrait pas s'exciter autant, Seiya, lui dit Shun.
— Mais...
— Seigneur Nicol, l'évacuation préventive de la population sicilienne et les patrouilles menées par l'armée ont permis de minimiser les pertes humaines, mais... regardez dans quel état se trouve le monde ! Le nuage de cendres volcanique a atteint la stratosphère et s'est étendu jusqu'en Grèce, porté par le vent, plaida Shun.
— Shun.
— Des dizaines de milliers, voire même des centaines de milliers de gens vivent désormais dans la peur. Et cet immense désastre est dû à un dieu maléfique, à ce Typhon. Qui sait ce qu'il compte encore faire à la Terre ?
— Je sais. Mais pour l'instant discuter de la situation est tout ce que je peux faire, les informa Nicol en prenant un air grave.
— La guerre qui débute désormais contre les Géants est différente des batailles que vous avez déjà mené. Elle a une toute autre signification, continua-t-il.
— Hein ?
— Pour commencer, que sont exactement les Géants ? Ces derniers jours j'ai passé tout mon temps à étudier d'anciens écrits pour trouver une réponse.
— Et donc ?
— À ce que j'en ai lu au sujet de la Gigantomachie, bien avant que les Géants ne soient emprisonnés dans les profondeurs de la Terre, Athéna régnait sur la Terre, Poséidon sur les océans, Hadès sur les Enfers et Zeus sur les cieux. De fait, le monde entier était sous l'égide des dieux Olympiens.
— Poséidon et Hadès en sont venus à convoiter la Terre et ont dans ce but mené de nombreuses guerres contre Athéna. À chaque fois nous autres Saints avons mené des Guerres Saintes afin de protéger l'amour et la paix sur Terre et repousser la convoitise de dieux maléfiques.
— Un de ces Géants m'avait posé des questions sur ce sujet là, intervint Shun.
— Je vois, et que t'a-t-il demandé, Shun ?
— Il voulait savoir ce que nous autres Saints d'Athéna prétendions vraiment protéger.
— Et que lui as-tu répondu ?
— Les innocents, l'humanité.
— Voilà, l'humanité.
— Un instant ! Mais alors vous voulez dire que les Géants... »
Shun venait de comprendre que ses paroles avaient pu être mal interprétées par Thoas.
« Ne sont pas du tout des êtres humains.
— Quoi ! s'exclamèrent ensemble Shun, Seiya et Hyōga, surpris.
— Il fut un temps dans l'histoire de la Terre où une autre espèce se rendit maître du feu et dévora aussi le fruit de la sagesse, tout comme les humains. Ces êtres étaient cependant bien plus grands et puissants, et eux aussi avaient des dieux qu'ils vénéraient. »
Nicol
avait
pris
le
ton
d'un
professeur
d'histoire
tenant
une
conférence.
« Et
ces
êtres
étaient
donc
les
Géants ?
— Les Humains et les Géants sont des espèces incompatibles, des ennemis naturels qui ne peuvent coexister. Une preuve n'en est-elle pas les mythes et contes dans lesquels les Géants sont dépeints comme des êtres malveillants mangeurs d'hommes ?
— Un combat primitif...
— Oui, c'est ce qui est connu sous le nom de "lutte pour la vie" (NDT: Charles Darwin), le combat entre deux espèces pour déterminer laquelle survivra.
— Personne ne peut stopper ça ? demanda Shun.
— C'est pourquoi cela n'est pas une Guerre Sainte, insista Nicol.
— Ce qui débute maintenant est "une guerre qui n'a nul sens à consigner dans l'Histoire". En termes simples, ce n'est rien d'autre qu'un massacre entre espèces où la plus faible se fera exterminer. Les idéaux ou conceptions de justice n'ont aucun sens dans ce combat », continua l'évêque.
Un lourd silence pesa dans le Palais du Pope tandis que les Saints acceptaient ces explications.
« Et
qu'en
est-il
de
Mei ? »
demanda
tranquillement
Hyōga
en
rompant
le
silence.
Nicol
se
tourna
vers
le
fond
de
la
salle
du
trône,
portant
son
regard
vers
les
rideaux
écarlates
au
delà
desquels
se
trouvait
la
résidence
sacrée
d'Athéna.
« Il est avec Athéna », répondit doucement Nicol.
FIN
DU
PREMIER
VOLUME.
SUITE ET FIN DANS LE LIVRE 2.
Suite
Tous les chapitres
- Ces traductions sont réalisées par Archange à partir des livres japonais. MERCI DE NE PAS LES RECOPIER SUR VOTRE SITE.
- Les fanarts présentés appartiennent à leurs auteurs respectifs (indiqués dans la description)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitres 1 (Oreste) et 2 (Les Saints d'Athéna)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitre 3 (Sicile)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitre 4 (Ressurection) et épilogue
- Livre 2 - Chapitre du sang - Prologue et chapitre 1 (La Chevelure de Bérénice)
- Livre 2 - Chapitre du sang - Chapitre 3 (Sang)
- Livre 2 - Chapitre du sang - Chapitres 4 (Chronos) et épilogue (Deux Ex Machina)
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