Livre 2 - Chapitre du sang (2)
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- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitres 1 (Oreste) et 2 (Les Saints d'Athéna)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitre 3 (Sicile)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitre 4 (Ressurection) et épilogue
- Livre 2 - Chapitre du sang - Prologue et chapitre 1 (La Chevelure de Bérénice)
- Livre 2 - Chapitre du sang - Chapitre 3 (Sang)
- Livre 2 - Chapitre du sang - Chapitres 4 (Chronos) et épilogue (Deux Ex Machina)
Sommaire
Chapitre 2 : Sang
Chapitre 2.1
Sanctuaire.
Les tombes de ce cimetière silencieux situé dans un recoin du Sanctuaire étaient extrêmement simples, et ne consistaient qu'en des panneaux de pierre comportant le nom, le rang, et la constellation des ceux qui y étaient enterrés. Les lettres gravées étaient cependant devenues illisibles sur de nombreuses tombes.
C'est
en
ce
cimetière
que
reposaient
les
guerriers
d'Athéna,
aussi
bien
ceux
de
renom
que
ceux
qui
n'avaient
laissé
aucune
trace
dans
l'Histoire.
Une
grande
partie
de
ces
tombes
était
probablement
vide,
sans
le
moindre
cadavre
à
y
enterrer.
« Nous
perdons
donc
à
nouveau
une
camarade ? »
dit
Seiya,
les
épaules
basses.
Celui-ci
venait
tout
juste
de
revenir
de
mission
et
avait
aussitôt
été
averti
du
décès
soudain
de
Yulij.
« Et
dire
qu'elle
avait
pourtant
été
sauvée
une
fois,
dit
Hyôga
en
regardant
cette
nouvelle
tombe
d'un
air
triste.
— À chaque nouveau combat, je me met à prier », ajouta Nicol.
Depuis
les
temps
reculés
de
la
Mythologie,
de
nombreux
Saints,
ces
guerriers
liés
aux
astres,
s'étaient
battus
pour
l'amour
et
la
justice
sur
Terre,
en
suivant
le
destin
qui
était
le
leur.
« Je
prie
pour
ne
pas
avoir
à
réciter
l'éloge
funèbre
de
l'un
des
nôtres,
murmura
Nicol
après
avoir
adressé
une
courte
prière
pour
Yulij. »
« Yulij,
Bronze,
Sextant. »
Cette
inscription
était
le
seul
souvenir
qui
resterait
de
la
femme
qui
reposait
là
aux
yeux
des
générations
futures.
La
cérémonie
quant
à
elle
fut
une
courte
et
simple.
« Alors
c'est
tout ?
dit
Mei
en
se
mordant
les
lèvres
face
à
la
tombe
de
Yulij.
— Mei...
— C'est ainsi que son enterrement s'achève ?
— Que voudrais-tu que l'on fasse alors ? Un enterrement digne de ceux des empereurs de l'antiquité ? Bâtir un immense mausolée, jeter des fleurs, réunir tout le monde, organiser un banquet, et demander aux femmes de se lamenter pendant 7 jours et 7 nuits ? dit Nicol.
— Nicol...
— Nous n'avons nul besoin de grande cérémonie. Et personnellement, je ne souhaite même pas de tombe. Pour un Saint, la paix qui règne sur Terre est la preuve qu'il a vécu. Et surtout... »
Mei
resta
l'écouter
en
silence.
« ...même
si
la
mémoire
des
hommes
finit
par
oublier
ces
Saints,
les
étoiles,
elles,
s'en
souviendront
toujours. »
Mei
se
releva
et
s'en
alla.
« Ce n'est pas fini, Mei ! Il te reste encore des choses à accomplir ! »
Les
étoiles
les
regardaient,
mais
comme
par
malédiction,
un
vent
déchaîné
se
leva
et
obscurcit
le
ciel
d'un
voile
de
cendres
et
de
poussières.
« Je
ne
l'oublie
pas »,
pensa
Mei,
à
qui
les
paroles
de
Nicol
rappelaient
le
destin
de
sa
Cloth
au
sein
de
cette
nouvelle
Gigantomachie.
Chapitre 2.2
Lorsque Nicol montra la chaîne tranchée à Seiya dans le Palais du Pope, celui-ci senti son sang bouillir et se prépara à partir à l'instant pour sauver Shun.
« J'y vais ! cria Seiya
— Shun s'était rendu en Anatolie, n'est-ce pas, évêque ? demanda Hyôga, qui lui aussi souhaitait partir à la recherche de son ami et frère.
— Oui, au volcan d'Arima, confirma Nicol.
— La chaîne triangulaire est utilisée pour l'attaque. Que Shun s'en soit départi signifie qu'il voulait nous avertir d'un grand danger, dit Shiryû en inspectant de sa main le tronçon de chaîne que Nicol lui avait tendu.
— Mais penser qu'un ennemi ait pu avoir un Saint tel que Shun..., ajouta le Saint du Dragon.
— Il s'agit forcément d'un Géant ! cria Seiya, énervé.
— Un instant, Seiya.
— Nicol !
— Je t'ai pourtant bien dit que Yulij avait été tuée par un Géant qui s'était introduit dans le Sanctuaire
— Oui, et alors quoi ? On devrait rester cloîtrés dans le Sanctuaire ? Le temps joue contre nous, et il faut tout faire pour retrouver au plus vite Typhon, non ? C'est vous-même qui nous l'avez dit.
— Calme-toi, Seiya, ajouta une nouvelle voix.
— Athéna... »
Celle-ci
s'était
adressée
calmement
à
lui
depuis
son
trône
en
entendant
les
vitupérations
du
Saint.
Chacun
regagna
correctement
sa
place
en
entendant
la
Volonté
Divine
d'Athéna.
« La
sécurité
de
Shun... »,
commença
Athéna,
pendant
que
Seiya
restait
attentif.
— Sa sécurité se trouve désormais entre les mains de son étoile. Mais nous allons faire de notre mieux, continua-t-elle en se levant.
— Vous voilà, dit soudain Nicol en se retournant.
— Nous sommes arrivés.
— Hein ? dit Seiya
— Vous ?
Seiya,
Hyōga
et
Shiryū
furent
surpris
de
voir
les
Saints
qui
venaient
d'arriver
dans
le
Palais
du
Pope.
« Nachi du Loup.
— Ban du Petit Lion.
— Geki de l'Ours.
— Ichi de l'Hydre.
— Jabu de la Licorne. Nous avons bien reçu votre appel et sommes venus au plus vite en ce Sanctuaire. »
Les
cinq
Bronze
Saints
présentèrent
leurs
respects
à
Athéna.
« Merci
d'être
revenus
aussi
rapidement
en
dépit
de
la
distance.
— A votre service. Cela faisait bien longtemps, mademoiselle Saori », dit Jabu en s'avançant, paré de la Cloth de la Licorne sur le casque de laquelle la corne caractéristique se dressait.
Il
avait
à
peu
près
le
même
âge
que
Seiya.
Son
teint
plus
hâlé
était
probablement
du
à
sa
mission
d'affectation
à
Oran,en
Algérie.
Ajouté
à
ses
cheveux
bouclés,
l'ensemble
donnait
à
Jabu
un
visage
très
masculin
pour
un
japonais.
« Jabu
et
vous
autres...
— Ben quoi Seiya, t'as pas l'air dans ton assiette.
— Je leur ai demandé de venir, expliqua Nicol.
— Vous, Nicol ?
— Nous sommes venus pour protéger Athéna en établissant un périmètre de sécurité autour du Sanctuaire. Mais je n'aurais jamais cru qu'une telle chose arriverait à Shun.
— Jabu. Nachi. Ban. Geki. Ichi. Laissez-moi vous répéter votre mission : établissez des défenses autour du Sanctuaire et protégez Athéna, déclara Nicol.
— À vos ordres ! déclarèrent quatre des Bronze Saints fraîchement arrivés.
— C'est dans la boite, m'sieur ! dit Ichi, différemment des autres.
— Au fait, où se trouve Mei ? J’ai entendu dire qu’il était vivant, demanda Jabu.
— Mei est..., commença Seiya en regardant autour de lui.
— Est-ce que quelqu’un a vu Mei ? » demanda alors Nicol.
Mais
nul
ne
put
lui
fournir
un
hochement
de
tête
affirmatif.
« Il
était
pourtant
présent
lors
de
l’enterrement,
pas
vrai
Shiryū ?
demanda
Seiya.
— En effet.
— Je suis de retour ! » cria un nouvel arrivant.
Un
jeune
garçon
venait
de
pénétrer
dans
le
Palais
du
Pope
avec
une
voix
enjouée.
« Hé
oui,
me
revoilà,
ô
Nicol,
seigneur
esclavagiste !
Mission
accomplie !
dit
Kiki
en
inclinant
nonchalamment
la
tête.
— Quelle mission ?
— Allons, allons, ne faites pas l'innocent. Celle de me téléporter avec Mei vers...
— Comment ? dit Nicol en agrippant les deux épaules de Kiki.
— Ouille ouille ouille ! Mais qu'est-ce qui vous prend, seigneur Nicol ? J'ai juste accompli ma mission !
— Mei... où se trouve Mei ?
— Pourquoi vous me demandez ça ? C'est bien vous qui avez donné l'ordre à Mei de se se rendre au volcan d'Arima, et dit que je devais l'y emmener, non ? »
Un
courant
d'air
froid
sembla
souffler
dans
le
Palais
du
Pope.
« Je
n'ai
jamais
donné
un
tel
ordre.
— Hein ? Mais alors... Mei m'a menti ? dit Kiki, très confus.
— Mei serait parti essayer de sauver Shun tout seul ? s’écria Shiryū.
— Se sentirait-il coupable de tout ? Pour ce qui est arrivé à Shun, pour Yulij, et même pour la résurrection de Typhon ? »
Nicol
s'en
voulut
de
ne
pas
avoir
été
capable
de
remarquer
la
profonde
culpabilité
que
Mei
devait
ressentir.
« Kiki !
Emmène-nous
aussi
au
volcan
d'Arima !
décida
Seiya.
— O-ok !
— Un instant, Seiya.
— Encore en train d'hésiter, Nicol ?
— Seiya », coupa une autre voix.
Athéna,
déesse
de
la
Guerre
et
protectrice
de
la
Terre,
s'avança
vers
ses
Saints,
vêtue
d'une
longue
robe
et
brandissant
son
sceptre
d'or
qui
n'était
autre
que
la
déesse
de
la
victoire,
Niké.
« Athéna,
dit
Seiya.
— Seiya, de par sa position, Nicol se doit de planifier les choses à plus long terme que vous.
— Je le sais bien, mais...
— Il y aura probablement une de ces barrières nommées "Phlegra" au volcan d'Arima. Que feras-tu alors ?
— La barrière de Phlegra ? réalisa Seiya, qui se rappela alors de cette barrière mise en place par Typhon sous l'Etna, qui avait épuisé les ennemis du dieu, volant leurs Cosmos et leurs forces vitales.
— Nicol, demanda Athéna en le regardant de ses yeux gris. »
Nicol de l'Autel comprit aussitôt la Volonté Divine d'Athéna, et quitta la salle pour revenir ensuite en tenant un un coffret entre ses mains. Il ouvrit le coffret, et tous purent voir que celui-ci contenait une dague d'un éclat comparable à un bijou. La déesse la prit en main et se tourna vers Seiya, Shiryû, et Hyôga.
« Approchez »,
dit
Athéna
aux
trois
Bronze
Saints
avec
une
grande
affection.
Tous
trois
vinrent
aux
côtés
de
leur
déesse.
« Mes
Saints,
recevez
la
protection
de
mon
sang »,
dit-elle
en
posant
la
lame
sur
son
poignet
avant
de
le
couper
d'un
mouvement
net,
sans
hésitations.
Un filet de son sang divin se mit à couler en une ligne rouge sur sa peau claire.
« C'est...
— Cette force se déverse dans ma Cloth ! »
Les
Bronze
Cloths
de
Pégase,
du
Dragon,
et
du
Cygne
récurent
chacune
quelques
gouttes
du
sang
d'Athéna,
qui
leur
permettait
ainsi
d'être
protégés
par
sa
volonté.
Après
avoir
également
appliqué
son
sang
protecteur
sur
la
Cloth
de
l'Autel,
Athéna
tendit
la
dague
à
Nicol.
L'évêque
reçu
l'arme
avec
révérence,
puis
en
essuya
délicatement
la
lame
avec
un
tissu
blanc
avant
de
la
remettre
dans
le
coffret.
« Nous
avons
désormais
reçu
la
protection
d'Athéna.
Grâce
à
ces
Cloths
nous
n'aurons
plus
à
souffrir
des
effets
de
Phlegra,
expliqua
l'évêque.
— Alors on est prêts !
— Seiya, Hyōga, Shiryū, accompagnez-moi au volcan d'Arima, leur dit Nicol.
— À vos ordres ! lui répondirent les trois jeunes Saints à l'unisson.
— Kiki, dit Nicol en se tournant vers le jeune garçon.
— O-oui ?
— Kiki, je suis reconnaissant de tes efforts, et suis désolé d'abuser ainsi de toi, mais le temps nous manque, et nous allons donc avoir besoin de toi pour nous rendre au plus vite là-bas.
— Je vous confie Shun et Mei, dit Athéna tandis que Tatsumi, affolé, tentait de stopper le sang qui coulait de son poignet.
— Vous pouvez me faire confiance, ô Athéna. Si Mei disparaît, sceller Typhon deviendra particulièrement difficile, dit Nicol avant d'effectuer un dernier salut respectueux.
— Mei ? Sceller Typhon ? De quoi parlez-vous ? lança Seiya, perplexe.
— Du destin des des étoiles de Mei. Mais le moment n'est guère approprié, alors nous en rediscuterons plus tard, Seiya.
Chapitre 2.3
Shun se réveilla en frissons, avec l'impression de s'extirper d'un cauchemar dans lequel il serait devenu une hideuse chenille traînant sur le sol.
« Cette
sensation... »
dit
Shun,
qui
se
souvint
avoir
déjà
été
dans
une
situation
pareille.
Il
se
trouvait
à
nouveau
dans
un
lieu
dans
lequel
son
Cosmos,
sa
source
de
vie,
donnait
l'impression
d'être
dérobe.
«
Phlegra ! ».
« Saint
d'Andromède »,
déclara
une
voix
dure.
Shun
sentit
des
frissons
lui
parcourir
l'échine
entendant
cette
voix.
— Typhon ! cria le Saint.
— Tu trembles car ma "Peur" t'a effleuré, beau et jeune Andromède ?
— Comment ? »
Le
dieu
à
l'aspect
asymétrique,
dont
une
moitié
du
corps
était
de
flammes
et
l'autre
de
foudre,
portait
par
dessus
ses
muscles
saillants
une
Adamas
brillant
d'un
éclat
noir,
se
trouvait
là,
lui,
le
dernier
enfant
de
la
lignée
des
Géants.
Shun
réalisa
la
situation
dans
laquelle
il
se
trouvait.
Il était toujours vivant.
Et prisonnier.
« Tiens ?
j'ai
l'impression
de
te
connaître.
Et
je
t'ai
déjà
combattu...
Ah,
je
vois,
il
doit
s'agir
des
souvenir
de
Thoas,
un
de
mes
frères
aînés.
— Les souvenirs de Thoas, qu'il a dévoré comme sacrifice, auraient donc migré en lui ? se demanda Shun, en gémissant de douleurs.
En
effet,
les
flammes
et
la
foudre
dansant
sur
le
corps
du
Dieu
brûlaient
la
rétine
de
Shun,
qui
avait
ainsi
de
grandes
peines
à
regarder
son
interlocuteur.
Typhon
était
un
tourbillon
qui
écrasait
ceux
qui
s'opposaient
à
lui,
et
dévorait
leurs
âmes.
Même
si
il
en
ignorait
les
détails,
Shun
senti
que
Typhon,
tel
un
ouragan
qui
avale
tout
sur
son
passage,
avait
dévoré
le
Cosmos
du
quatrième
Géant,
Pallas
de
la
Stupidité.
La
tempête
qu'il
était
avait
encore
engrangé
plus
de
nuages
tourbillonnants.
«
Je
sais
que
tu
n'es
pas
un
humain
normal,
Andromède.
— Pardon ?
— Tu es destiné à être l'hôte d'un dieu connu, un dieu olympien. Lors des combats de l'Etna j'ai eu l'occasion de goûter brièvement ton sang, et je ne peux oublier la saveur de celui-ci ainsi que celle de ton Cosmos. Je n'aurai jamais pu espérer obtenir un tel sacrifice », dit le dieu dont le halo éclairait la totalité du corps de Shun.
Typhon se pencha en avant afin de toucher lentement la nuque de Shun de son index gauche. Le système nerveux de Shun fut alors traversé par une violente décharge électrique qui força son corps à se plier en arrière, malgré sa volonté.
« Je
vais
te
dévorer,
dit
Typhon
en
sortant
sa
langue
noire
avant
de
se
pourlécher
les
lèvres.
— Je suis un Saint d'Athéna. Je ne succomberai pas à ta "Peur".
— Tu ne peux échapper à ma "Peur", toi mon sacrifice. La chaîne qui te retient prisonnier est d'une nature semblable aux Adamas. Tu ne pourras t'en défaire aisément, tout Saint que tu es. Et qui plus est, tu te trouves en plein dans la barrière de Phlegra. »
Shun
grogna
de
dépit.
« Je
souhaite
te
dévorer,
mais
cela
devra
un
peu
attendre,
dit
Typhon
en
s'écartant
afin
que
Shun
puisse
voir
ce
qu'il
y
avait
derrière
lui.
— Pourq... », commença Shun avant d'écarquiller les yeux.
Un
serpent
qui
se
trouvait
là.
Une
femme
enceinte
nue,
dont
la
partie
inférieure
du
corps
était
une
queue
de
serpent,
se
trouvait
encastrée
dans
le
mur,
à
l'intérieur
d'un
vacillant
"Cocon
du
Temps"
placé
sur
un
autel.
Shun ignorait ce qu'était la Prison de Stase, mais comprenait bien en voyant cette sorte d'oeuf que quelque chose de particulier se produirait une fois que la partie fine de la coquille, cette membrane, se briserait.
« Cette vipère ne va pas mettre au monde un oeuf, mais une progéniture disposant d'un corps complet.
— Comment ?
— Lorsque mon nouveau véritable corps sera né, tu deviendras le premier de mes sacrifices, Andromède. Je te dévorerai immédiatement.
— Cette... cette femme est... vivante ?
— C'est Echidna.
— Echidna ?
— C'est la dernière femme des Géants, dit Typhon en observant Echidna.
— Mais son corps...
— Cette apparence a été façonnée à l'image d'un monstre mythologique par la Peur que ressentent les frêles humains. Saurais-tu deviner pourquoi elle n'a pas de jambes ? »
Aucune
réponse
sensée
ne
vint
à
l'esprit
de
Shun.
« Tu
n'en
as
donc
aucune
idée ?
dit
Typhon
en
riant.
— C'est parce que j'ai façonné ainsi cette femme. Je lui ai pris ses jambes afin qu'elle ne puisse fuir », déclara Typhon à Shun, qui ne put réprimer un cri de surprise.
La
partie
inférieure
d'Echidna,
sa
moitié
de
serpent,
reposait
sur
l'autel,
clouée
à
celui-ci
par
d'innombrables
rivets.
« Père »,
résonna
une
voix
alors
que
trois
silhouettes
apparurent
dans
cet
irréel
temple
maléfique.
Les Géants qui venaient d'arriver portaient des Adamas aux aspects de monstres.
« "Père" ? » remarqua Shun, troublé par les paroles de ces Géants responsables de sa capture.
« Mes
fils,
dit
Typhon.
— À vos ordres, répondirent-ils.
— Je suis irrité. Quels sont ces faibles mais énervants Cosmos ?
— On dirait que d'autres Saints d'Athéna sont arrivés en cette terre, dit Ladon, le dragon à cent têtes, qui se trouvait comme d'habitude entre ses deux frères.
— Des moucherons donc ?
— Quelle est votre Volonté ?
— Tuez-les.
— À vos ordres.
— Massacrez-les tous.
— À vos ordres.
— Ou non, plutôt... dévorez-les », ordonna Typhon.
Les
fils
de
Typhon
confirmèrent
leur
obéissance
absolue,
et
quittèrent
le
temple
souterrain,
disparaissant
dans
les
ténèbres.
« Seraient-ce
Seiya
et
les
autres ?
Ma
chaîne
a-t-elle
donc
bien
atteint
le
Sanctuaire ? »
se
demanda
Shun
en
silence.
« La
Prison
de
Stase
va
bientôt
se
rompre,
dit
Typhon
en
restant
observer
la
femme
sur
l'autel.
— Comment ?
— Et je te dévorerai alors ».
Comme
en
réponse
à
ce
souhait,
l'oeil
enflammé
de
Typhon
projeta
des
flammes
afin
de
marquer
son
empreinte
sur
le
corps
de
Shun.
Chapitre 2.4
« Alors c'est donc ça le volcan d'Arima ? » dit Seiya.
Celui-ci était debout sur le chapeau pointu d'un de ces étranges piliers de pierre qui formaient une vaste et dense forêt dans un canyon d'Anatolie. Pour aussi loin que son regard pouvait porter, nul signe de civilisation humaine, même pas la moindre lumière, n'était apparent. C'était un lien complètement isolé, hors de portée de la force des hommes. Ils étaient cinq au sein de cet enclos rocheux : Seiya, Hyôga, Shiryû, Nicol, et Kiki, qui avait téléporté le groupe depuis le Sanctuaire.
« Evêque,
cette
région
a
donc
un
rapport
avec
Typhon ?
demanda
Shiryû.
— Une seule anecdote des poèmes épiques de la Grèce antique en fait mention. Ce serait "la tanière de Typhoneus".
— Typhoneus... En somme, Typhon ?
— Pour être plus précis, cette anecdote se réfère à la femme de Typhon.
— Sa femme ?
— Je présume que vous avez déjà entendu le nom d'"Echidna" ? demanda Nicol aux jeunes Bronze Saints.
— Echidna ? demanda Seiya en se frottant le cou, pensif.
— La mère de tous les monstres, répondit simplement Hyôga.
— La plupart des monstres de la mythologie grecque ont été engendrés par Typhon et Echidna. Certains de leurs enfants sont par exemple le Lion de Némée, l'Hydre venimeuse, Cerbère, le chien qui garde les Enfers, ou bien encore l'aigle qui dévorait constamment le foie de Prométhée, enchaîné.
— Minute. Mais ces monstres ne sont-ils pas devenus des constellations ? demanda Seiya, toujours aussi perplexe.
— En effet, de nombreuses constellations sont liées à ce genre d'histoires mythologiques.
— C'est vrai. Mais pourquoi avoir fait des fils de Typhon, ennemis de l'humanité, des constellations ?
— C'est une bonne question. En général, les monstres sont créés par la "Peur" que ressentent les hommes. Peut-être ont-ils demandé aux dieux de les placer aux cieux afin de pouvoir révérer ces monstres, et ainsi obtenir leur protection ? Mais c'est une histoire qui concerne les mythes et légendes du monde des humains. Les hommes ne sont pas les seuls à vivre sous le destin tracé par les étoiles. Les Géants y sont probablement aussi soumis, expliqua Nicol.
— Les Géants ont donc eux aussi leurs étoiles et constellations ?
— Apparemment, Shiryû, répondit Nicol en observant avec respect le ciel nocturne.
— Tous les Cosmos et Volontés Divines proviennent de la voûte céleste, et nous en sommes les réceptacles. »
Chacun
admira
avec
attention
les
éclats
de
leurs
propres
Cloths,
parcourues
de
lueurs
stellaires.
Elles
avaient
aussi
reçu
la
protection
du
sang
d'Athéna,
et
étaient
liées
au
destin
des
Saints.
« Pour
Shun.
Pour
Mei.
Et
pour
la
victoire
d'Athéna ! »
dirent
les
trois
jeunes
Saint
en
posant
leurs
mains
les
unes
par
dessus
les
autres.
À
leurs
yeux,
Nicol
était
quelqu'un
sur
qui
il
pouvaient
compter.
« Et
moi
je
fais
quoi ?
demanda
Kiki.
— Attends-nous ici, Kiki, et fuis immédiatement si tu sens le moindre danger. Tes pouvoirs sont très importants pour Athéna.
— Ah oui ? Je le savais bien, vous ne pourriez rien faire sans moi, dit le jeune garçon en riant. »
Être ainsi félicité par Nicol lui avait fait très plaisir, et il s'assit pour rester les attendre.
Les quatre Saint s'élancèrent dans la forêt de pierre, en restant attentifs à leurs Cosmos respectifs et en maintenant une distance fixe entre eux. Ce qu'ils faisaient ne deviendrait pas dans un récit millénaire contant leur héroïsme. Ils faisaient simplement ça pour l'amour et la paix sur Terre, ainsi que pour leurs compagnons et pour Athéna.
« Je
ne
ressens
toujours
pas
la
barrière
de
Phlegra »,
cria
Seiya.
La
malédiction
de
Typhon
qui
dévorait
les
vies
ne
couvrait
effectivement
pas
la
forêt
rocheuse.
« Typhon
devrait
être
dans
un
endroit
protégé
par
Phlegra,
ainsi
que
Mei
je
pense,
dit
Nicol.
— Devrait-on se séparer pour accélérer les recherches ?
— Non, Seiya. Nous ne pouvons pas nous permettre de réduire ainsi notre potentiel de combat, dit Shiryû.
Mais les quatre Saints s'arrêtèrent soudainement en entendant un étrange grondement. Le sol se brisa alors d'un coup.
Chapitre 2.5
La forêt de pierres hurla. Le vent s'engouffrant à travers les espaces de ces arbres de roches émettait un son semblable à celui de harpies s'en prenant aux intrus. Et finalement, le sol se déroba sous eux. La terre s'ouvrit sur plusieurs dizaines de mètres afin d'avaler les Saints dans sa gueule béante.
« Seiya !
— Shiryû ! Hyôga ! Nicol ! »
Chacun
fut
bientôt
incapable
d'entendre
les
cris
de
ses
compagnons,
et
leurs
silhouettes
étaient
également
cachées
par
le
sable
et
les
débris
rocheux
qui
accompagnaient
leur
chute
dans
ce
gouffre.
Le
cratère
qui
s'était
ouvert
était
suffisamment
grand
pour
abriter
plusieurs
amphithéâtres,
et
sa
profondeur
était
telle
que
même
des
Saints
auraient
du
mal
à
remonter
vers
la
surface.
Finalement, les débris rocheux touchèrent un fond, et la terre se tut, toujours agitée de quelques secousses.
Hyôga,
toussa
en
poussant
un
immense
rocher.
Il
se
demanda
jusqu'où
il
avait
bien
pu
tomber,
et
rien
autour
de
lui
ne
pouvait
lui
en
donner
la
moindre
idée.
Il
avait
aussi
perdu
la
trace
des
Cosmos
de
Shiryû
et
de
Seiya
lors
de
la
chute.
L'air
était
si
saturé
de
poussière
qu'ouvrir
les
yeux
s'avérait
difficile.
Mais il se trouvait désormais au plus profond de la terre, et même en ouvrant les yeux il n'aurait probablement trouvé que l'obscurité. Hyôga avait remarqué l'ouverture d'un tunnel en bordure du cratère pendant sa chute, et y avait plongé. Dans le cas contraire, même un Saint aurait couru un grand danger à cause de la quantité de rocher s'écrasant dans le cratère principal.
« Je
suppose
qu'il
s'agissait
encore
d'un
piège
des
Géants »,
dit
Hyôga,
qui
était
désormais
séparé
de
ses
compagnons.
La
"Peur"
présente
dans
les
boyaux
de
la
Terre
caressa
alors
sa
peau.
Hyôga
se
releva
prestement
en
sentant
ce
vent
immonde
qui
lui
donna
l'impression
d'être
léché
par
une
centaine
de
serpents.
Hyôga
se
reprit,
puis
s'apprêta
à
reprendre
son
chemin
lorsqu'une
voix
l'interpela.
« Tu
as
donc
survécu
à
cet
effondrement
— Hein ? » dit Hyôga en ouvrant les yeux par réflexe lorsqu'il se tourna vers cette voix.
À sa grande surprise, la poussière avait disparu et il lui était désormais possible de voir les environs.
« Est-ce
à
cause
du
vent ?
Aurait-il
emporté
au
loin
toute
la
poussière
présente ?
se
demanda
Hyôga. »
Les
parois
de
la
caverne
brillaient
d'un
vague
scintillement
rouge-orange,
qui
n'était
pas
sans
rappeler
les
murs
de
l'autel
souterrain
de
l'Etna.
« Me
voici
donc
dans
le
ventre
de
la
Terre »,
se
dit-il.
Mais
il
était
surtout
surpris
de
découvrir
une
caverne
aussi
vaste
sous
le
volcan
d'Arima.
« Cette
Cloth
n'est
pas
une
Bronze
Cloth
normale »,
dit
la
voix
inconnue,
grave
et
peu
audible,
comme
celle
d'une
bête.
— Tu t'en es rendu compte, misérable, répondit Hyôga en cherchant la silhouette de cet ennemi, de ce Géant.
— Cette Cloth semble repousser les effets de la barrière de Phlegra qui enveloppe ce sanctuaire souterrain.
— Typhon se trouve donc ici ?
— Serait-ce la protection du sang d'Athéna ?
— Je suis Hyôga du Cygne.
— Et moi Orthros, le chien bicéphale ».
Son Adamas était du bleu sombre d'un saphir étoilé. Cette pierre noble au bleu plus profond que celui de l'océan renfermait de multiples scintillements d'étoiles furtives. Hyôga reconnut le nom qui lui avait été annoncé et l'histoire qui y était associée.
« Orthros...
le
chien
maléfique
à
deux
têtes »,
se
dit-il.
Le
Géant
qui
se
tenait
face
à
lui
était
tel
une
immense
masse
de
pierres.
Sa
taille
était
du
même
ordre
que
celle
des
autres
Géants,
mais
son
solide
torse
et
son
tour
de
tronc
étaient
en
revanche
impressionnants,
et
faisaient
probablement
plusieurs
fois
ceux
de
Hyôga.
Et
le
Saint
estimait
que
son
poids
devait
probablement
être
comparable
à
celui
du
plus
imposant
prédateur
terrestre,
l'ours
polaire,
dont
le
poids
atteignait
les
500
kilos.
Ce
Géant
était
tel
un
féroce
mastiff
à
la
chair
tombante
et
muni
d'un
collier
à
pointes.
Et
son
Adamas
avait
un
aspect
atypique.
« Tu
es
donc
un
des
fils
de
Typhon
et
d'Echidna.
Un
de
ces
nouveaux
Géants
dont
avait
parlé
celui
qui
s'était
introduit
au
Sanctuaire.
Un
fils
de
dieu.
— En effet. ».
La tête de ce Géant d'ascendance divine était intégralement recouverte d'un casque qui ne laissait même pas voir son visage. Mais le plus frappant était les épaulettes à l'aspect de têtes de chien qui, telles les divinités Niō Agyō et Ungyō, montraient leurs crocs aux ennemis leur faisant face. En fait, le casque et les épaulettes représentant le chien bicéphale donnaient l'impression que le Géant possédait trois têtes.
« Tu es mon ennemi », déclara Hyôga, tandis que des flocons de neige commençaient à danser autour de lui et que la température de l'air chutait.
Le bruit perçant de l'air froid, semblable à celui du verre que l'on fissurerait, était tel un prélude, une sonate, répondant à l'augmentation du Cosmos de ce guerrier paisible avant d'entamer le combat.
« Je
vais
te
dévorer.
— Quelle vulgarité », lui répondit le Saint aux yeux d'un bleu limpide, tout en esquissant une grimace de dégoût.
Chapitre 2.6
Seiya, qui avait presque été enterré vivant, brisa les rochers qui étaient tombés sur lui et se releva hors de terre tel un mort-vivant. Il cracha la terre qui lui était rentré dans la bouche tout en se frottant les yeux.
« Et
merde !
J'ai
failli
y
rester !
Fait
chier »,
dit
Seiya
en
poussant
les
décombres
tout
en
continuant
à
jurer.
Le
passage
menant
vers
la
surface
était
désormais
bouché
par
de
nombreuses
pierres
tombées
lors
de
l'avalanche.
Et
il
ne
pouvait
voir
jusqu'où
s'enfonçait
derrière
lui.
« Tiens,
mais
j'arrive
à
voir
les
environs ? »
remarqua
Seiya.
Une
lumière
diffuse,
qui
semblait
provenir
de
la
surface
des
roches,
emplissait
l'intérieur
du
passage.
« C'est comme dans l'Etna ! Alors, nous sommes au bon endroit ?
— Dans le sanctuaire de mon Père.
— Hein ? s'exclama Seiya en se retournant brusquement tout en croisant ses bras devant lui en position de défense afin de bloquer une éventuelle attaque.
— Il ne faut pas surprendre les gens comme ça, c'est mauvais pour le cœur, lança Seiya, provocateur, tout en cherchant son ennemi.
— Tu as donc survécu à cet éboulement...
— Je m'en doutais, cette crevasse était l'un de vos pièges, Géants !
— Je ne pensais de toutes façons pas que ça vous tuerai. Et si vous étiez morts ainsi, nous n'aurions pas pu apaiser la rancune accumulée au cours des siècles.
— Hein ?
— Comment t'appelles-tu, lui demanda la voix.
— Et ça t'apprendra quoi ? Est-ce que les Géants aussi tiennent des chroniques ?
— Non.
— Ah ?
— Consigner ces faits par écrit est inutile. La présence de notre Père est pour nous autres Géants la preuve de notre existence. »
Le
fils
du
dieu
sortit
de
l'ombre
d'un
rocher,
dans
cette
caverne
emplie
de
la
Volonté
de
Typhon
qui
donnait
l'impression
de
se
trouver
dans
son
corps.
Seiya eut le souffle coupé en voyant son adversaire. Celui-ci possédait des ailes sans toutefois être un oiseau. Ses ailes étaient pareilles à celles d'une chauve-souris un d'une quelconque bête mythique. Sa main droite tenait une épée à l'apparence de serpent venimeux, et le bouclier sur son bras gauche était paré d'une tête de bouc maléfique aux cornes recourbées. Le casque complet qui dissimulait sa tête avait quant à lui l'apparence d'une tête de lion.
« Ton
père ?
Tu
parles
de
Typhon ?
— Pour faire simple, oui. »
Son
Adamas
avait
l'éclat
sombre
d'un
rubis
étoilé
qui
renfermait
de
sauvages
étoiles
scintillantes.
C'était
là
encore
un
joyau
noble.
Un
guerrier
issus
des
entrailles
de
la
Terre.
Ce
Géant
en
armure
complète,
doté
d'une
épée,
d'un
bouclier
et
d'ailes
métalliques,
s'adressa
à
Seiya
en
se
déplacement
de
manière
pataude.
« Je
souhaite
tout
simplement
savoir
comment
s'appelle
la
viande
dont
je
vais
me
repaître.
— Hein ? C'est quoi ces conneries ? » lança Seiya, irrité, en jetant un regard noir à l'adversaire qui s'approchait de lui.
Il
frappa
le
sol
de
son
pied,
s'entoura
de
l'aura
blanche
et
bleue
de
Pégase,
puis
attaqua
aussitôt
le
Géant.
« Pegasus
Ryūsei
Ken ! »
Un
flash
de
lumière
apparut
et
le
poing
de
Seiya
dépassa
la
vitesse
du
son
afin
de
porter
un
coup
au
loin.
Maintenant
que
l'effet
de
Phlegra
avait
été
brisé,
cette
technique
mortelle
de
Seiya
pouvait
enfin
atteindre
sa
véritable
puissance.
Cependant, ce fut Seiya qui se retrouva projeté en l'air en hurlant. Seiya avait frappé de plein fouet le bouclier orné de la tête de bélier cornue, et lui et son attaque avaient été repoussés, le Saint effectuant un vol plané de plusieurs mètre en arrière vers un espace rocheux. Seiya put entendre le bruit d'une eau ruisselante.
« Tu
aurais
du
réfléchir
un
peu
plus,
dit
le
Géant
à
l'aspect
de
chevalier »,
tout
en
avançant
d'un
pas
maladroit
mais
rapide
vers
l'endroit
où
Seiya
s'était
écrasé.
Le Saint se trouvait sur un rebord rocheux bordant un lac souterrain.
« Merci.
— Comment ? »
Seiya
se
releva,
et
se
dirigea
vers
le
lac
pour
s'y
immerger
à
hauteur
de
genou,
tout
en
suivant
son
adversaire
du
regard.
« Depuis
tout
à
l'heure
j'avais
envie
de
me
débarbouiller
la
figure.
D'ailleurs,
ça
fait
3
jours
que
je
n'ai
pas
eu
l'occasion
de
prendre
un
bain »,
dit
Seiya,
qui
passa
de
l'eau
sur
ses
yeux
et
son
visage
avant
de
frotter
son
nez
plein
de
terre.
Seiya devait pourtant bien avoir reçu des dommages, mais il était cependant en train de rire comme si il n'avait rien eu.
« L'eau est un peu froide, mais ça m'a réveillé !
— Misérable...
— Je vais t'apprendre la politesse ! Je suis Seiya ! Seiya de Pégase !
— Et moi,Chimera, la bête composite », dit son adversaire à l'apparence de chevalier qui, en tant que Géant, dépassait aisément les deux mètres.
Entendre
ce
nom
rappela
des
souvenirs
à
la
mémoire
de
Seiya.
Ceux-ci
dataient
de
l'époque
où
il
s'entrainait
afin
de
devenir
Saint.
Son
maître
Marin,
Silver
Saint
de
l'Aigle,
lui
racontait
alors
souvent
des
épisodes
mythologiques,
et
Seiya
avait
ainsi
entendu
parler
de
nombreuses
créatures
légendaires.
Il
savait
ce
qu'était
la
Chimère,
ce
monstre
dont
l'avant
du
corps
était
celui
d'un
lion,
et
dont
l'arrière
était
celui
d'une
chèvre.
Sa
queue
était
un
serpent,
et
selon
les
légendes,
cette
bête
irréelle
se
voyait
parfois
ajouter
des
ailes
ou
bien
une
troisième
tête.
« Un
fils
de
Typhon ?
— Je vais te dévorer ! »
Le
céleste
Pégase
et
la
monstrueuse
Chimère
composite
s'élancèrent
l'un
contre
l'autre.
Chapitre 2.7
Nicol de l'Autel se trouvait dans une caverne sous le volcan d'Arima, après avoir échappé de justesse à l'éboulement qui s'était produit.
« Est-ce
vous,
évêque ?
— Oh, Shiryū.
— Avez-vous vu Seiya et Hyôga ?
— Non, j'ignore ce qu'ils sont devenus, mais on dirait bien qu'ils sont tombés encore plus profondément que nous. »
Les
deux
Saints
qui
s'étaient
retrouvés
par
chance
s'assurèrent
d'abord
chacun
que
l'autre
allait
bien.
« Nous
voici
donc
dans
les
profondeurs
de
la
Terre ?
demanda
Shiryû.
— Une caverne, en effet. J'ai aussi aperçu des vestiges qui semblent avoir été façonnés, en clair cet endroit est probablement un sanctuaire de ces Géants. On dirait aussi que la barrière de Phlegra est présente.
— Je comprends mieux maintenant. Ce Cosmos omniprésent semblable à un brouillard et qui évoque un scintillement est donc Phlegra ? dit l'aveugle Shiryû, utilisant une métaphore pour expliquer ce qu'il ressentait à travers son Cosmos.
— En effet, même si la présence ou non de lumière doit t'être égal en raison de ta cécité.
— C'est vrai.
— Je me fais du soucis pour Shun, mais la situation de Mei m'inquiète également beaucoup.
— D'après l'histoire de Kiki, moins d'une heure a du passer depuis que Mei a demandé à se rendre dans ce volcan d'Arima.
— J'espère qu'ils sont sains et saufs.
— Comment allons-nous opérer ? demanda Shiryū.
— Quel est ton avis sur la question ? lui répondit Nicol afin de prendre en compte l'opinion du jeune Saint.
— Puisque nous sommes dans le sanctuaire de Typhon, il faut probablement s'enfoncer plus bas, et chercher à rejoindre Seiya et Hyôga. Je peux ressentir leurs Cosmos, même si cette trace reste très faible.
— Ah bon ? Moi je ne ressens rien.
— Vraiment ?
— Je suppose que c'est grâce au lien de sang qui vous unit », dit Nicol en riant.
Soudain
la
terre
fut
à
nouveau
agitée
d'un
violent
spasme.
« Ca
va
une
nouvelle
fois
s'effondrer ?
fit
remarquer
Nicol
en
regardant
la
voûte
rocheuse.
— Non, c'est...
— Shiryû ?
— Par ici ! » cria Shiryû en se mettant à courir.
Celui-ci
avait
senti
un
Cosmos
pareil
à
une
étoile
mourante
provenant
du
passage
qui
s'enfonçait
en
profondeur.
Il
se
rua
dans
cette
direction,
suivi
par
Nicol.
Au
fur
et
à
mesure
de
leur
progression,
la
lumière
diminuait.
L'obscurité
était
devenue
telle
qu'il
n'était
possible
de
distinguer
les
environs
qu'à
dix
centimètres,
mais
Shiryû,
aveugle,
se
maintenait
juste
devant
Nicol
afin
de
le
guider.
Finalement,
l'étroit
passage
déboucha
sur
une
cavité
plus
vaste.
Il
se
retrouvèrent
ainsi
dans
une
immense
grotte,
où
la
luminosité
était
légèrement
revenue.
Soudain,
un
gémissement
attira
leur
attention,
et
ils
virent
avec
surprise
que
Mei
se
trouvait
là.
Le
Saint
à
la
Cloth
noire
était
étendu
sur
le
sol,
blessé.
Mei
releva
péniblement
la
tête
pour
voir
les
nouveaux
arrivant.
« Est-ce
que
ça
va ?
cria
Nicol
en
se
ruant
vers
lui,
sans
se
soucier
de
sa
propre
protection.
— N'approchez pas... » cria Mei d'une voix ténue.
A cet instant-là, une obscurité totale s'abattit subitement, comme si l'on avait appuyé sur un interrupteur pour couper les lumières.
Une attaque perça d'un seul coup le plastron de la Silver Cloth au sein des ténèbres. La protection fournie par l'étoile de Nicol venait tout simplement de toucher à sa fin.
« Evêque ! »
Ce
qui
avait
volé
la
vie
de
Nicol
repartit
en
traversant
son
dos.
Après
un
court
moment,
la
lumière
se
refléta
à
nouveau
dans
les
yeux
absents
de
Nicol.
« La
lumière
est
revenue ? »
se
dit
ce
dernier,
qui
ne
pouvait
désormais
plus
voir
que
cette
lueur.
Il
n'y
avait
rien
que
Shiryû
ou
Mei
puissent
y
faire.
Il
ne
pourraient
pas
remonter
le
temps.
On
ne
pouvait
renverser
le
cours
de
la
vie.
Le
sang
inonda
les
poumons
de
Nicol,
qui
avait
eu
le
torse
transpercé.
Le
sang
qui
s'écoulait
abondamment
ne
reviendrait
pas
dans
le
corps
du
Saint.
« Évêque !
cria
Mei
en
se
rapprochant
du
Saint
de
l'Autel
qui
s'était
effondré
face
contre
terre.
— Mei...
— Non..., dit Mei, dont les cheveux argentés étaient maculés de son propre sang, en se rendant bien compte que Nicol n'allait pas s'en sortir.
— Est-ce que tu vas bien ? lui demanda l'évêque.
— Vous ne devriez pas vous soucier de moi dans votre état ! »
Mais
même
dans
ses
derniers
instants,
Nicol
s'inquiétait
avant
tout
du
sort
des
autres,
et
ne
prêta
pas
attention
au
conseil
de
Mei.
« Pourquoi
les
jeunes
Saints
sont-ils
si
impétueux ?
remarqua
Nicol.
— Pourquoi une personne telle que vous n'a-t-elle pas été plus prudente ? »
Après
tout,
Nicol
n'était-il
pas
censé
être
un
homme
posé,
au
cœur
aussi
calme
qu'un
lac
isolé ?
« J'ai
perdu
mon
sang-froid,
c'est
vrai.
— Nicol !
— Te voir étendu par terre m'a fait oublier toute notion de prudence, dit Nicol dont la voix évoquait désormais un lac desséché.
— Pourquoi...
— Tu es important, Mei. Tu as failli trahir la confiance d'Athéna. Sans toi et sans la Cloth de Bérénice, sceller Typhon deviendra particulièrement difficile. Je t'ai pourtant bien parlé de ce rituel secret du Sanctuaire mentionné dans l'antique Gigantomachie.
— Vous ne devez plus parler...
— Scelle Typhon, dit Nicol en mettant ses dernières forces dans ses paroles.
— Ta Cloth t'apprendra certainement comment faire. C'est le destin de ton étoile Mei, une voix que toi seul peut entendre, continua l'évêque.
— Oui...
— Mon unique regret en tant que substitut du Pope est..., commença Nicol alors que ses yeux perdaient leur éclat.
— ...est de ne pas savoir quel est le destin que cette Cloth te réserve. Ni l'histoire officielle, ni les diverses légendes n'en parlent. Et même l'Athéna actuelle l'ignore. Alors, ta Cloth t'enseignera ce rituel. Cette Cloth noire qui a été empreinte du sang d'Athéna lors de l'antiquité te le dira, continua Nicol.
— La protection du sang d'Athéna..., dit Mei
— Même si le destin qui t'attend se révèle être cruel, tu devras le suivre, Mei. Quand j'y pense, peut-être que le destin de mon étoile était de pouvoir te dire ces mots. »
Les
paroles
suivants
devinrent
les
dernières
volontés
de
Nicol.
« Scelle
Typhon.
Pour
Athéna. »
Une
étoile
s'éteignit
alors.
« Nicol,
Silver
Saint,
Autel »
serait
écrit
sur
une
tombe
probablement
vide.
« Évêque !
cria
Shiryû.
— Shiryû, fais attention, l'ennemi est toujours là ! cria Mei, qui n'avait pas relâché son attention.
— L'ennemi ? » dit Shiryû, qui s'était rendu auprès de Mei et cherchait à localiser le Cosmos de l'assaillant dans cette caverne.
L'être en question se mit à rire au moment où Shiryū découvrit sa position. Shiryû fut cloué sur place par cet imposant Cosmos. Lui qui avait une grande sensibilité au Cosmos eu l'impression que son Cosmos était avalé par celui de l'ennemi.
« Voici
donc
un
nouveau
moucheron
bruyant. »
L'écrasant
Cosmos
se
manifesta
soudain
sans
retenue
dans
une
partie
obscure
de
la
grotte.
« Il
m'a
utilisé
comme
appât...
Tout
est
de
ma
faute ! »
dit
Mei
plein
de
remords,
Nicol
ayant
accouru
vers
son
corps
étendu
avant
d'être
transpercé
dans
le
noir
par
la
bête
maléfique
tapie
en
ce
lieu.
Il
se
mordit
si
fort
les
lèvres
que
le
sang
coula
jusqu'à
son
menton.
« Mon
Père
m'a
ordonné
de
dévorer
tous
les
Saints
présents.
C'est
tout,
dit
le
fils
du
dieu.
— Qui es-tu, vermine ! » dit Shiryû.
Il
ne
pouvait
voir
l'effrayant
Géant,
mais
ressentait
néanmoins
la
terrifiante
amplitude
du
Cosmos
de
celui-ci.
Et
si
il
avait
pu
le
voir,
il
en
aurait
probablement
été
encore
plus
troublé.
« Je
suis
Ladon,
le
dragon
à
cent
têtes. »
Mei
se
releva
tant
bien
que
mal.
Le
Saint
était
gravement
blessé :
la
chair
de
ses
jambes
semblait
avoir
été
mordue
et
arrachée
par
endroits,
et
il
avait
perdu
une
inquiétante
quantité
de
sang.
« Ladon...
Un
des
fils
de
Typhon
et
Echidna
mentionné
dans
la
mythologie !
C'est
bien
le
nom
de
ce
dragon
maléfique,
n'est-ce
pas ?
cria
Shiryû.
— Je vois, c'est donc un de ces "nouveaux Géants", les fils de Typhon, dont avait parlé Pallas ?
— Je le suis », répondit Ladon.
Son Adamas avait l'éclat d'une opale noire. Celle-ci était comme issue de l'explosion irisée d'une supernova sur dans le sombre cosmos, et il s'agissait à nouveau d'un rare et noble joyau étincelant. Et son apparence allait de pair.
« Pars,
Mei.
— Shiryû ?
— Seiya et Hyôga se trouvent probablement dans les cavernes inférieures. Tu dois ressentir leur Cosmos, non ?
— Mais je ne peux pas te laisser seul...
— L'évêque a dit que Typhon ne pourrait être scellé sans toi et ta Cloth.
— Mais... ! »
Shiryû
donna
une
gifle
à
Mei,
qui
refusait
de
partir.
« Shiryû ?
— Ne répète pas les mêmes erreurs. Ne sommes-nous pas compagnons ? Ne sommes-nous pas frères ? Tu ne mènes pas ce combat tout seul. »
Mei
resta
silencieux.
« N'est-ce
pas ?
dit
Shiryû
en
fixant
Mei
de
ses
yeux
clos.
— Frappé par mon frère cadet..., dit Mei, qui avait l'impression que ce coup était particulièrement douloureux.
— Mais... Il faut que je te dise quelque chose.
— Quoi donc ?
— Lors de la bataille des 12 Maisons, j'ai... j'ai combattu ton maître, le Gold Saint du Cancer. Et je l'ai vaincu. Avec ce poing. Je l'ai fait tomber dans le puits de la mort.
— Je le savais déjà, répondit Mei
— Comment ?
— Nicol m'avait déjà tout raconté, avant même que l'on ne se retrouve devant la Maison du Cancer.
— Ha bon ?
— Même si cet homme était un traître à Athéna et un Saint maléfique, il était aussi pour moi mon maître », dit Mei en ouvrant son coeur. « Et toi, tu es mon frère de sang. Ce sont deux choses que je ne souhaite pas faire peser l'une contre l'autre. »
« Mei...
— Shiryû.
— Les dieux sont omniscients.
— Athéna est omnisciente.
— Merci de m'en avoir fait part Mei. J'avais ce poids sur le cœur, lui dit Shiryû en souriant avec soulagement.
Mei se sentit lui aussi rasséréné après s'être confié aussi franchement à son frère.
« Il en va de même pour moi.
— Va.
— Je pars. Je me rendrai auprès de Typhon quoi qu'il arrive. »
Ladon,
le
dragon
à
cent
têtes,
se
dressa
soudain
devant
eux.
« Tu
crois
que
je
vais
te
laisser
partir ?
— Moi, Shiryû du Dragon, vais faire en sorte qu'il le puisse.
— Dragon ? rugit le Géant, qui sembla exprimer pour la première fois une émotion sous son casque de métal.
— Brûle, mon Cosmos !
— Hmm.
— Prends ça ! L'arcane ultime du Dragon ! », dit Shiryû dont le poing droit était entouré d'une aura blanche et bleue en forme de dragon.
« Rozan
Shō
Ryū
Ha ! »
Suite
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- Les fanarts présentés appartiennent à leurs auteurs respectifs (indiqués dans la description)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitres 1 (Oreste) et 2 (Les Saints d'Athéna)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitre 3 (Sicile)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitre 4 (Ressurection) et épilogue
- Livre 2 - Chapitre du sang - Prologue et chapitre 1 (La Chevelure de Bérénice)
- Livre 2 - Chapitre du sang - Chapitre 3 (Sang)
- Livre 2 - Chapitre du sang - Chapitres 4 (Chronos) et épilogue (Deux Ex Machina)
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