Livre 2 - Chapitre du sang
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- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitres 1 (Oreste) et 2 (Les Saints d'Athéna)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitre 3 (Sicile)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitre 4 (Ressurection) et épilogue
- Livre 2 - Chapitre du sang - Prologue et chapitre 1 (La Chevelure de Bérénice)
- Livre 2 - Chapitre du sang - Chapitre 3 (Sang)
- Livre 2 - Chapitre du sang - Chapitres 4 (Chronos) et épilogue (Deux Ex Machina)
Sommaire
Prologue : Echidna
Le Sanctuaire.
La Volonté Divine pure qui emplissait le Palais du Pope provenait d'une salle destinée au repos située au fond de celui-ci. Deux personnes s'y trouvaient, une jeune femme et un jeune homme.
« Me
reconnais-tu,
Mei ?
— Saori... », répondit le jeune homme aux cheveux d'argent étendu sur le lit, en s'éveillant lentement.
Il croisa un regard couleur de cendres. La jeune fille qui lui faisait face était d'une beauté éblouissante. Mei se reprit et corrigea le nom par lequel il l'avait appelée.
« Athéna.
— Oui. »
La jeune fille était Athéna, déesse réincarnée, et le jeune homme était un Saint, un des guerriers au service d'Athéna.
« Étais-je
endormi ? »
demanda-t-il.
Mei
jeta
un
coup
d'oeil
sur
son
propre
corps
et
s'aperçut
qu'il
était
vêtu
d'un
fin
chiton
au
tissu
souple.
Il
ne
transpirait
plus.
Sa
fièvre
avait
disparu,
tout
comme
la
douleur
tapie
dans
la
blessure,
laissée
dans
son
dos
par
le
coup
de
griffe
de
Pallas,
qui
n'avait
cessé
de
le
tourmenter
pendant
son
sommeil.
Cependant,
en
le
regardant
bien
on
ne
pouvait
qu'être
frappé
par
la
pâleur
de
son
visage
qui
trahissait
son
état
de
convalescent.
« Tu
as
dormi
continuellement
pendant
dix
jours
suite
aux
événements
en
Sicile »,
lui
annonça
Athéna
comme
à
un
naufragé
ayant
perdu
le
cours
du
temps.
Mei
commença
à
se
souvenir
de
ce
qui
s'était
passé,
des
combats
avec
ces
Géants
venus
de
temps
immémoriaux,
de
la
résurrection
du
dieu
Typhon,
et
de
quelle
manière
la
Volonté
de
celui-ci
s'était
emparée
de
son
être,
jouant
avec
lui
tel
une
marionnette
tout
en
dérobant
son
Cosmos
et
ses
forces
vitales.
« Déjà
10
jours...
aussi
longtemps
que
ça...
— Mais tu as eu de la chance. Lorsque tu étais inconscient, ta respiration en était presque devenue imperceptible. Je craignais vraiment que tu ne te réveilles jamais », dit Athéna soulagée.
Cette
jeune
fille,
la
réincarnation
d'une
déesse,
semblait
à
ce
moment-là
être
à
nu,
sans
défense.
Son
nom
était
Saori,
et
le
jeune
homme
se
nommait
Mei.
Contrairement
à
ce
que
l'on
aurait
pu
croire,
cette
scène
ne
donnait
pas
l'impression
d'un
dialogue
entre
un
serviteur
et
sa
maîtresse,
et
c'est
plutôt
un
mélange
de
sentiments
complexes
qui
s'en
dégageait.
« Il y a une certaine personne qui désire te voir, dit Saori.
— Me voir, moi ? » répondit Mei surpris.
Sur
la
demande
d'Athéna,
une
silhouette
à
la
démarche
hésitante
émergea
d'un
recoin
sombre
de
cette
chambre.
« Mai...
maître
Mei !!
— Tatsumi ? répondit Mei, très surpris de voir cet homme.
— Alors vous étiez donc bien vivant ! Oh, vous vous ne pouvez pas imaginer la joie que ça me procure ! Moi, Tatsumi, ne trouve aucun mot pour exprimer mon soulagement ! dit ce grand homme au crâne rasé vêtu d'un smoking noir, son visage sérieux trempé de larmes.
— Décidément, tu es un homme très dévoué à ta tâche. À ce que je vois, même maintenant tu continues à assumer la protection de la demoiselle Saori.
— En effet ! Ah, si seulement l'ancien maître, Monsieur Mitsumasa Kido, était encore vivant, il serait également heureux de vous savoir ici. »
Cette
personne
était
Tatsumi
Tokumaru,
majordome
au
service
de
la
famille
Kido
à
qui
appartenait
la
Fondation
Graad.
Pour
les
100
orphelins
que
le
défunt
Mitsumasa
Kido
avait
réunis
afin
d'en
faire
des
Saints,
l'homme
fort
qu'était
Tatsumi
avait
laissé
l'impression
d'être
à
la
fois
un
garde
du
corps
et
une
nounou
s'occupant
de
Saori
Kido.
« Athéna
est
aussi
l'héritière
de
la
Fondation
Graad
après
tout.
Mais...
j'ai
l'impression
que
mon
smoking
me
donne
une
allure
un
peu
bizarre
au
sein
du
Sanctuaire,
dit
Tatsumi
en
étirant
ses
bras
avec
sa
carrure
de
catcheur.
— Ha ha ha.
— Je ne savais pas ! » dit Athéna, ou plutôt à ce moment-là Saori Kido, d'une voix tremblante.
Mei comprit immédiatement de quoi il retournait voyant l'attitude embarrassée de Tatsumi.
« Tu
lui
as
tout
raconté
Tatsumi !
— Je suis inexcusable ! cria un Tatsumi confus.
— Tu n'aurais pas dû parler des affaires qui nous concernent, mon père et moi.
— Je sais... Je ne l'avais bien entendu pas oublié ! Mais cela fait plusieurs années que le Maître nous a quittés, et la jeune demoiselle Saori s'est éveillée à son état d'Athéna ainsi qu'il le souhaitait. Et maintenant j'apprends que vous étiez toujours vivant. Je ne pouvais pas raisonnablement garder le silence.
— Ah, tant pis, ce n'est pas grave, dit aimablement Mei.
— Je n'avais pas réalisé... J'ignorais tout jusqu'à aujourd'hui, Mei ! Dire que tu es en fait le successeur de mon grand-père, l'héritier de la famille Kido ! dit Saori.
— C'était normal que tu l'ignores, je voulais justement te le cacher. »
Mei
se
tourna
vers
Athéna,
ou
plus
exactement
vers
Saori.
« Tu es le véritable héritier de la lignée Kido. À ce que j'ai appris... Tu passais parfois du temps avec moi, à me considérer avec affection comme ta petite sœur à l'époque où Grand-père a commencé à m'élever, à un âge dont je ne garde aucun souvenir. Mais à l'origine, c'était toi qui aurais du recevoir la Fondation Kido, ça aurait été le cas si je n'avais pas été là.
— Cette histoire...
« Mei !
— N'évoque plus cette histoire, s'il te plaît. Et surtout pas devant Seiya et les autres.
— Est-ce par rancune envers mon grand-père ? A cause de la décision que ton père a prise ?
— Vous vous trompez, mademoiselle ! » intervint Tatsumi, incapable de garder en lui une telle vérité.
Mei
se
décida
à
tout
expliquer.
« Cela
date
du
jour
où
j'ai
appris
que
les
orphelins
réunis
dans
cette
institution
étaient
tous
mes
frères
de
sang.
Je
ne
pouvais
alors
supporter
l'idée
de
vivre
une
existence
insouciante
et
dépourvue
de
contraintes
en
tant
qu'héritier
de
la
Fondation
Graad,
il
était
injuste
que
j'ai
droit
à
un
tel
traitement
de
faveur.
J'ai
finalement
demandé
à
partager
le
même
destin
qu'eux,
c'était
un
choix
personnel
fait
en
toute
connaissance
de
cause.
— Tu as toi-même choisi ceci...
— Mitsumasa Kido était mon père. Mais c'était aussi celui de Seiya, de Shun, de Hyōga, et de la centaine d'orphelins réunis afin de devenir des Saints. Notre père à tous. Nous avons un lien de sang qui durera le reste de nos vies.
— Ca me rappelle qu'il avait toujours souffert de ce choix, et ce jusqu'à son dernier souffle. Il a du envoyer vers un véritable enfer ses propres enfants, sa chair, afin que ceux-ci suivent des entraînements de Saints, tout ça pour pouvoir protéger l'amour et la justice sur Terre. Il a évité de les reconnaître comme ses enfants afin que ceux-ci n'aient pas d'attaches avec ce monde, dit Saori.
— Je le sais bien, lui répondit Mei.
— Mei...
— Je n'éprouve ni rancœur, ni amertume envers mon père. À vrai dire, je lui suis reconnaissant. Il m'a laissé la liberté de pouvoir suivre le même entraînement de Saint que les autres orphelins, mes frères. Si je ne l'avais pas fait, je n'aurais jamais pu les regarder dans les yeux lors de nos retrouvailles. Nous n'aurions pas non plus eu de souvenirs d'enfance à partager. J'aurais à jamais été hanté par la culpabilité.
— Mais ce n'était pas de ta faute...
— Et c'est la même chose en ce qui te concerne... Athéna. Il n'y a pas de raisons pour que je bénéficie d'un traitement de faveur. »
Saori
Kido
ne
savait
que
lui
répondre.
« Saori,
vous
êtes
la
réincarnation
d'Athéna
en
cette
ère,
et
je
suis
un
de
vos
Saints. »
Mei,
en
son
for
intérieur,
prit
la
ferme
décision
de
ne
plus
appeler
la
jeune
fille
par
le
prénom
qui
lui
avait
été
donné.
« Mais...
commença
Saori.
— C'est à la fois le destin que j'ai choisi et celui qui était écrit dans les étoiles.
— Maître Mei ! s'exclama Tatsumi, surpris.
— C'est aussi valable pour toi, Tatsumi. Tu ne dois plus t'adresser à moi comme si tu étais à mon service, continua Mei avec un sourire amer.
— Tu comptes donc vivre en dissimulant tes origines et les droits qui sont tiens ? lui demanda Saori.
— Exactement.
— Mais enfin... ! gémit Tatsumi.
— Je me suis déjà fait cette promesse lorsque j'étais enfant, il y a de nombreuses années, et j'étais résolu à mourir pour elle. En quoi le fait que je sois maintenant adulte changerait quelque chose ? Je suis Mei, rien de plus. Je n'ai que ce seul nom depuis que j'ai rejeté mon appartenance à la famille Kido. Alors Tatsumi... comporte-toi envers moi comme tu le faisais à l'époque où j'ai rejoint l'orphelinat. En ce temps-là tu t'efforçais de jouer le jeu, et me traitais comme Seiya et les autres, en me frappant si nécessaire. »
« Athéna ! dit une voix qui à travers la porte de la chambre.
— Est-ce vous, Nicol ? s'enquit Athéna.
— Le moment est-il opportun ? demanda le substitut du Pope.
— Oui, vous pouvez nous rejoindre, lui répondit la déesse.
— Ah, Mei ! Tu as repris connaissance ! »
L'homme
qui
venait
d'entrer
était
le
Silver
Saint
Nicol
de
l'Autel,
évêque
du
Sanctuaire.
Mei,
surpris,
sortit
en
hâte
de
son
lit
en
le
voyant,
puis
il
s'écarta
de
Saori
les
jambes
encore
tremblantes
et
s'agenouilla
enfin
devant
son
supérieur.
L'évêque
avait
l'apparence
d'une
statue
grecque,
et
son
visage
raffiné
reflétait
aussi
bien
sa
sagesse
que
sa
culture.
Celui-ci
retira
son
casque
et
se
présenta
devant
Athéna
en
faisant
comme
toujours
preuve
d'une
grande
déférence.
« Que
Mei,
si
proche
des
portes
de
la
mort,
ait
pu
être
sauvé
est
indubitablement
dû
à
votre
bienveillance,
ô
Athéna.
C'est
un
miracle
provoqué
par
l'immense
amour
qui
vous
habite.
Moi,
Nicol,
dirigeant
des
Saints
en
tant
que
substitut
du
Pope,
vous
adresse
mes
plus
sincères
remerciements.
— Je n'y suis pour rien, Nicol.
— Et je t'adresse aussi mes plus profonds remerciements, Tatsumi, pour t'être rendu en Italie et avoir pris en charge les négociations avec l'armée nationale ainsi qu'avec le gouvernement Sicilien, continua Nicol en s'inclinant poliment vers Tatsumi.
— Mei. Te reste-t-il des souvenirs relatifs à la période où tu étais possédé par Typhon ? demanda l'évêque en se tournant vers le jeune homme.
— Un certain nombre. Mais ce sont des souvenirs assez flous. Plus exactement, des fragments épars, et je ne suis donc pas sûr de l'ordre des évènements, du moment où c'est arrivé, ou bien de ce qui s'est passé dans le détail. Tout ceci est très confus, répondit Mei à contre-cœur.
— Pourrais-tu m'énumérer ce qui te vient à l'esprit un peu plus tard ?
— Nicol. Mei vient à peine de reprendre conscience... intervint Athéna.
— Je le sais, Déesse, mais le monde se trouve dans une situation critique. Les faits et gestes de Typhon, la source de tous nos problèmes, nous sont complètement inconnus depuis l'éruption de l'Etna, et on peut supputer que celui-ci est en train de recouvrer ses forces quelque part. Les recherches menées par les Saints et par nos espions n'ont rien donné et nous sommes désormais à cours de pistes.
— Comment va Seiya ? demanda Mei.
— Ne t'en fais pas, il est bien entendu sain et sauf, lui répondit Athéna.
— Il sautille comme un cabri. Les jeunes gens récupèrent vite, dit Nicol qui pour sa part ressentait encore une vive douleur au niveau du ventre.
— Pardon, je n'ai aucune excuse », dit Mei.
Cette
visite
lui
avait
rappelé
qu'il
avait
attaqué
Nicol
dans
le
théâtre
de
l'Acropole,
et
il
présenta
alors
ses
excuses
à
genoux,
avec
une
politesse
à
laquelle
il
n'était
guère
habitué.
Mei
se
sentait
très
contrarié
par
l'offense
qu'il
avait
commise,
et
était
perdu
quant
à
ce
qu'il
devait
désormais
faire.
Lorsque
son
regard
croisa
ses
mains,
Mei
se
souvint
très
clairement
que
celles-ci
avaient
tenté
d'assassiner
Seiya.
Il
avait
meurtri
la
chair
de
son
frère
de
sang
alors
qu'il
était
la
marionnette
de
Typhon,
et
cette
blessure
était
gravée
dans
son
esprit.
Il
se
blâmait
d'avoir
été
trop
faible
pour
pouvoir
lutter
contre
la
possession
de
Typhon.
« La
déesse
Athéna
t'as
accepté
en
tant
que
Saint,
Mei,
lui
dit
l'évêque.
— Comment ? s'exclama le jeune homme stupéfait.
— Reçois cette Cloth qui prouve que tu es désormais un Saint. Bien qu'elle soit d'un type quelque peu inhabituel », dit Nicol, qui était en train de procéder à l'intronisation de Mei en tant que Saint.
Mei dirigea son regard vers la Pandora Box posée dans un coin de la chambre. Une boîte entièrement noire, si noire qu'elle semblait aspirer la lumière autour d'elle. Un motif représentant une femme vue de dos était gravé dessus.
« La
Chevelure
de...
— C'est la Cloth de la Chevelure de Bérénice, qui est donc ta constellation protectrice, Mei.
— Je vois. »
Le
jeune
homme
s'agenouilla
à
nouveau
devant
Nicol
et
prêta
serment,
jurant
de
faire
preuve
d'une
loyauté
indéfectible
envers
Athéna.
Un
nouveau
Saint
était
né,
Mei
de
la
Chevelure
de
Bérénice.
« Tu
devras
répondre
aux
ordres
de
Nicol
de
l'Autel,
représentant
d'Athéna
en
tant
que
substitut
du
Pope.
Ton
devoir
en
tant
que
Saint
sera
de
protéger
la
déesse
Athéna
et
la
justice
sur
Terre.
Cette
Cloth
ne
doit
jamais
être
utilisée
afin
d'assouvir
tes
intérêts
personnels.
Si
tu
venais
à
enfreindre
ces
règles
et
à
souiller
cette
Cloth,
saches
que
celle-ci
et
ta
constellation
protectrices
se
retourneraient
alors
contre
toi
afin
de
te
détruire.
— Ma Cloth me détruirait ?
— Et c'est sans mentionner le destin particulier que tu as reçu de ta constellation...
— Evêque, qu'est donc vraiment cette Cloth ? demanda Mei en se rapprochant lentement de la Pandora Box. »
Les
Cloths
étaient
normalement
réparties
en
trois
ordres:
l'Or,
l'Argent
et
le
Bronze.
Cependant,
la
ténébreuse
Cloth
de
la
Chevelure
de
Bérénice
n'appartenait
à
aucun
de
ces
grades
établis.
« Elle
est
liée
à
ce
qui
s'est
passé
lors
de
l'antique
Gigantomachie.
Mei,
et
il
est
primordial
que
tu
apprennes
la
vérité
à
son
sujet. »
Nicol
commença
son
récit.
La tanière de Typhoeus.
Cet endroit est succinctement évoqué dans un des antiques poèmes grecs épiques. (NDT: Illiade, Arime)
« Ô, mon illustre Maître..., commença avec frayeur un Géant vêtu d'une Adamas de Cornaline qui faisait traîner ses longues griffes sur le sol.
Le dieu que vénérait le Géant était aussi un dieu qu'il craignait : Typhoeus, aussi connu sous le nom de Typhon.
« Athéna... »,
prononça
une
voix
divine.
Typhon,
l'immense
dieu
des
tempêtes,
était
revenu
à
la
vie
après
la
destruction
du
sceau
d'Athéna,
et
il
se
trouvait
désormais
au
plus
profond
d'un
réseau
d'obscures
cavernes
pareilles
à
l'intérieur
d'une
fourmilière,
un
structure
ressemblant
aux
cités
souterraines
de
Cappadoce.
« Athéna
s'est
complètement
réincarnée
en
cette
ère. »
La
partie
droite
de
son
corps
était
enveloppée
d'un
incessant
feu
chthonien
tandis
que
la
partie
gauche,
parcourue
d'éclairs,
était
balayée
par
un
vent
issu
des
entrailles
de
la
Terre.
Une
puissance
immortelle
résidait
dans
ce
corps
asymétrique,
asymétrie
qui
se
retrouvait
dans
la
forme
de
sa
ténébreuse
Adamas
d'Onyx.
Celle-ci
semblait
être
née
de
son
corps,
à
la
manière
des
ongles
qui
quittent
la
chair,
et
elle
ressemblait
plus
à
une
carapace
qui
se
serait
solidifiée
d'un
bloc
sur
lui
qu'à
une
armure
séparée.
« Athéna
s'est
complètement
réincarnée
en
cette
ère,
et
de
mon
côté
je
dois
me
contenter
d'un
corps
aussi
frêle »,
continua
Typhon,
ne
s'adressant
qu'à
lui-même
et
ne
prêtant
pas
la
moindre
attention
à
Pallas
de
la
Stupidité
qui
se
tenait
pourtant
à
ses
côtés.
« Ki
hi
hi !
Comment ?
Même
le
puissant
corps
d'Encélade
ne
suffit
pas ?
s'exclama
Pallas,
incrédule.
— Il n'est absolument pas en mesure de supporter mon véritable pouvoir », continua Typhon en se caressant le menton.
Sa
mâchoire,
fendue
par
Mei
sous
l'Etna,
avait
déjà
guéri,
mais
cette
offense
ne
prouvait
que
trop
bien
à
Typhon,
dernier
fils
de
la
lignée
des
Géants,
à
quel
point
le
robuste
corps
de
son
frère
aîné
Encélade
était
insuffisant.
Typhon
était
le
vent
violent,
un
être
qui
n'avait
pas
besoin
d'expliquer
ses
raisons.
C'était
un
dieu
incarnant
l'apothéose
de
la
destruction,
un
tourbillon
dévorant
tout
sur
son
passage
et
dont
la
faim
n'était
jamais
rassasiée.
« J'ai
besoin
de
mon
véritable
corps,
c'est
le
seul
réceptacle
approprié.
— Mais... au risque de provoquer votre courroux, je dois vous rappeler que votre corps étincelant fut complètement réduit en miettes par Athéna lors de la Gigantomachie.
— Athéna ! » s'exclama Typhon.
Des flammes et éclairs nés de Typhon même se mirent à parcourir la sombre caverne qui fut alors illuminée par leur éclat, tandis que Pallas de la Stupidité criait, effrayé. Ils se trouvaient tous deux face à un autel maléfique, semblable à celui qui se trouvait sous l'Etna. Une terre sainte des Géants.
« Encore
et
toujours
cette
Athéna
et
ses
Saints. »
Le dieu tourna son regard au dessus de l'autel et fixa une statue qui le surplombait. Cette statue représentait une magnifique déesse complètement nue et à la poitrine opulente. Cependant, un battement de cœur retentit. Il ne s'agissait pas d'une statue mais bien d'un être vivant, bien que son visage inexpressif et ses lèvres closes pouvaient faire croire que cette femme avait été pétrifiée. Qui plus est, son ventre rebondi laisser penser qu'elle était enceinte.
« Une
copie
de
ma
personne. »
Le
sot
Pallas
fut
captivé
par
la
beauté
de
la
compagne
de
Typhon.
Le
corps
dénudé
de
cette
femme
à
la
peau
blanche
et
à
la
beauté
envoûtante
n'était
guère
dissimulé
que
par
de
longs
cheveux
d'ébène
qui
descendaient
jusqu'à
sa
taille.
Alors que son regard continuait à descendre en dessous de la taille de cette femme, Pallas, surpris, ne distingua que des écailles là où il s'attendait à trouver des jambes. Pour une raison ou pour une autre, la parte inférieure du corps de cette déesse était une queue de serpent lovée sur elle même. Qui plus est, l'autel où elle se trouvait semblait suspendu dans l'espace et le temps, une zone que l'on aurait pu appeler un cocon, délimitée par une fine barrière.
« Il
s'agit
d'une
Prison
de
Stase,
expliqua
Typhon,
s'adressant
pour
la
première
fois
à
l'attention
de
Pallas.
— A l'époque de l'ancienne Gigantomachie, juste avant qu'Athéna et ses Saints ne me scellent sous l'Etna, j'ai lancé cette malédiction afin d'emprisonner les Géants encore vivants. Vous n'avez pas été scellés dans les entrailles de la Terre par Athéna, ô mes frères aînés, mais par ma Volonté, continua-t-il.
— Comment ? s'exclama un Pallas confus qui avait toujours pensé avoir été emprisonné en compagnie de Typhon par Athéna.
— Contrairement à Moi, vous n'êtes pas immortels, mes chers aînés. Si vos corps avaient péri, il aurait été ardu de vous ressusciter. C'est pourquoi j'ai enfermé vos chairs et âmes dans une prison semblable à celle-ci.
— Je comprends maintenant ! Vous avez d'abord hameçonné ce Mei afin de défaire les sceaux qui nous retenaient prisonniers, et ensuite...
— Le sang des Saints et de mes frères offerts en sacrifice m'ont finalement permis de renaître en ce monde.
— Ah.
— J'ai ressuscité.
— Et qui est donc cette femme ? demanda Pallas, nerveux.
— Il s'agit d'Echidna, la dernière femme de la lignée des Géants », répondit Typhon, dont le regard imprimé de flammes exprimait son admiration envers cette femme à la beauté préservée depuis la Gigantomachie par la Prison de Stase.
« Elle
porte
en
elle
mon
véritable
corps,
le
réceptacle
de
ma
volonté,
ma
forme
adéquate.
— Oh ! Alors vous aviez donc fait des préparatifs en vue de votre réincarnation ? dit Pallas, acclamant l'ingéniosité de son maître.
— Il est temps de rompre les sceaux de cette prison ! Le corps qui grandit en Echidna sera le réceptacle de ma Volonté ! Et à ce moment-là ma résurrection sera complète ! Mais je vais malheureusement devoir résider dans cette frêle enveloppe jusqu'à ce qu'il soit prêt.
— Ce corps est effectivement misérable, dit une voix inconnue.
— Qui va là ? » s'écria Pallas, qui mit ses griffes en position de combat face à cet intrus qu'il n'avait pas remarqué.
Trois silhouettes jusqu'alors indétectables apparurent silencieusement dans cette terre sainte des Géants.
« Fils, dit Typhon sans même regarder les nouveaux arrivants.
— Ki hi hi.... Fils ?
— Mes fils.
— Ces personnes sont donc... votre descendance divine ? dit Pallas en clignant des yeux, encore stupéfait par la situation.
— Mes enfants, vous qui êtes nés lors de la Gigantomachie d'autrefois et qui avez grandi à la bordure de ce temps suspendu, les sceaux ont été levés !
— Père », répondirent ses fils en se gardant bien d'employer le nom de leur géniteur immortel.
Le
nom
d'un
dieu
est
une
incantation.
Si Typhon avait appelé ses fils par leurs noms, ceux-ci auraient sombré dans la folie et des flot de sang auraient jailli de leurs oreilles. Si sa descendance l'avait appelé par son nom, leur langue aurait été arrachée et ils se seraient vus privés de la parole. Chacune de ces trois silhouettes annonça son propre nom.
« Orthros, le chien maléfique bicéphale.
— Chimera, la bête composite.
— Ladon, le dragon à cent têtes.
— Mes fils.
— Oui, répondirent-ils à l'unisson.
— Consacrez ces vies que je vous ai donné à ma résurrection », leur ordonna fermement Typhon.
Tous trois s'approchèrent sans mot dire et se prosternèrent face à cette Volonté Divine.
Chapitre 1 : La Chevelure de Bérénice
Chapitre 1.1
Presqu'île du Péloponnèse.
Cette presqu'île reliée à la Grèce via l'isthme de Corinthe faisait partie de la péninsule sud des Balkans.
« Ils ont là aussi quitté les lieux », dit Seiya, Bronze Saint de Pégase, bloqué dans un cul-de-sac au fin fond d'une caverne.
L'intérieur
de
la
grotte
était
éclairé
d'une
bien
mystérieuse
lumière,
là
où
une
obscurité
totale
aurait
du
régner.
Seiya
était
cependant
familier
avec
ce
phénomène.
« Le
même
genre
d'éclat
régnait
dans
les
profondeurs
de
l'Etna,
là
où
Typhon
était
scellé.
Cet
endroit
est
aussi
un
sanctuaire
des
Géants,
ça
ne
fait
aucun
doute »,
remarqua-t-il.
La
voûte
de
la
caverne
était
cependant
bien
plus
basse
et
il
n'y
avait
pas
de
temple.
Seules
restaient
quelques
formations
de
pierre
indiquant
les
ruines
d'un
autel.
Seiya,
debout
devant
l'autel
en
ruines,
jeta
quelques
fragments
de
pierre.
« Pourquoi ?
J'ai
pourtant
le
sentiment
que
quelqu'un
était
ici
il
y
a
peu.
Je
ressens
quelque
chose
de
semblable
à
la
trace
d'un
Cosmos.
Mais
je
ne
perçois
plus
aucun
ennemi
ici. »
Il
ne
restait
rien
en
ce
lieu
si
ce
n'était
une
nuée
de
chauve-souris
agitées
près
de
l'entrée
de
la
grotte.
« Ce doit être mon imagination », conclut-il.
Les
vestiges
des
Géants
étaient
tels
la
peau
laissée
après
une
mue.
Il
ne
restait
plus
à
Seiya
qu'à
quitter
les
lieux.
Chapitre 1.2
Le soleil était en train de se coucher, le crépuscule cédant la place à la nuit, et la silhouette d'une diacre vêtue d'un chiton blanc et d'un himation rouge vermillon se dressait dans un observatoire stellaire bâti sur une montagne escarpée. Il s'agissait de Yulij du Sextant.
Elle se trouvait au Sanctuaire, terre sacrée des protecteurs d'Athéna, et quartier général des Saints défendant l'Amour et la Justice sur Terre.
« Un
véritable
rouge
sang.
Depuis
quand
le
coucher
de
soleil
est-il
devenu
aussi
écarlate ?
demanda
une
voix
dans
le
dos
de
Yulij.
— Ce sont les conséquences de l'éruption volcanique, répondit la jeune femme.
— L'Etna, pas vrai ? » dit Mei, tout juste arrivé dans l'observatoire.
Celui-ci
portait
un
T-shirt
noir
uni
ainsi
qu'un
pantalon
qui
lui
donnaient
un
air
de
mauvais
garçon,
dépareillant
fortement
avec
les
vêtements
antiques
de
Yulij.
« Sais-tu
pourquoi
les
couchers
de
soleil
rendent
les
cieux
pourpres
ou
pour
quelle
raison
le
ciel
est
bleu ?
lui
lança
la
jeune
femme.
— Eh bien... Il me semble que c'est en rapport avec la dispersion des rayons du soleil ainsi que leur longueur d'onde, répondit vaguement Mei.
— L'éruption de l'Etna est d'une puissance jamais vue depuis des siècles. L'énorme quantité de poussières volcaniques projetées dans la stratosphère forme autour du globe un épais rideau qui masque les rayons du soleil. Si le crépuscule est devenu d'un tel pourpre, c'est parce que les poussières en suspension bloquent le spectre bleu. Selon les prévisions des scientifiques de la fondation Graad, la proportion de rayons solaires atteignant le sol sera réduite de plus de 10% pour les 3 à 5 ans à venir.
— L'impact sera très lourd, aussi bien au niveau des troubles climatiques que sur la production agricole, ce qui entraînera de nombreuses famines, conclut Mei en soupirant.
— Est-ce que tu vas mieux ?
— Oui, et de ton côté, j'ai entendu dire que tu avais une fracture à la boîte crânienne.
— En ce moment, aucun Saint capable de se lever ne peut se permettre de rester à l'hôpital, expliqua Yulij.
— On dirait bien, dit Mei en riant jaune avant de se tourner face à Yulij.
— Alors, ton masque est réparé ? demanda-t-il.
— Tu parles de celui que tu as brisé ? répondit Yulij, dont le magnifique visage était dissimulé derrière un masque.
— Ne me taquine donc pas comme ça. J'ai aussi eu droit aux reproches de l'évêque. Il est du genre à savoir taper là où ça fait mal.
— Je compatis à ta douleur, répondit ironiquement la femme Saint.
— Mais faut-il vraiment que tu portes ce masque par-dessus tes bandages ?
— Telle est la loi. »
Les
femmes
devaient
rejeter
leur
féminité
afin
d'entrer
dans
l'ordre
des
Saints,
et
on
leur
inculquait
donc
l'obligation
de
porter
un
masque.
Yulij
en
avait
ainsi
un
de
posé
au-dessus
des
bandages
enserrant
son
front.
Le sol de l'observatoire décoré des 12 constellations du Zodiaque était désormais endommagé. Ces dégâts portaient encore la trace du poing de Mei. Celui-ci, alors manipulé par Typhon, s'était introduit au Sanctuaire, puis avait brisé le masque de Yulij dans cet observatoire avant de l'emmener inconsciente dans l'Etna.
« Et
sais-tu
quelle
est
l'autre
règle
qui
accompagne
celle-ci ?
demanda-t-elle.
— L'autre règle ?
— Oui... »
Sans
prévenir,
Yulij
fonça
brutalement
sur
Mei
pour
se
retrouver
près
de
lui,
le
tranchant
de
la
main
posé
contre
le
cou
du
jeune
homme.
Pour
un
Saint,
un
simple
mouvement
de
main
dans
une
telle
position
pouvait
suffire
à
trancher
la
tête
de
la
victime.
« Pour
une
femme
Saint,
être
le
visage
à
découvert
est
encore
plus
humiliant
que
d'être
vue
nue,
et
si
jamais
ce
masque
est
retiré
de
force,
nous
nous
devons
d'abattre
le
fautif.
— Je connais déjà cette règle.
— Mei.
— Alors, dois-tu également assassiner ton médecin ?
— Les médecins c'est différent...
— Mais il me semble aussi qu'il y a la possibilité d'aimer celui qui vous met à nu, non ? »
Mei
se
permit
de
rire
en
dépit
de
cette
main
appliquée
contre
sa
gorge,
une
main
pourtant
capable
de
fendre
un
arbre
en
deux.
« Cesse
de
faire
le
pitre.
— Ah...
— Imprudent
— C'est ma façon d'être
— Tu crois que je ne suis pas capable de te tuer ?
— En fait ce n'est pas nécessaire. Malheureusement, je ne n'ai pas vu ton visage, avoua-t-il.
— Ou je devrais plutôt dire que je ne m'en rappelle pas. L'évêque a dû te le dire, non ? Il ne me reste que des souvenir flous de la période pendant laquelle j'étais la marionnette de Typhon. Je me souviens vaguement avoir fendu ton masque en ce lieu, mais je n'arrive pas à me rappeler ton visage, poursuivi-t-il.
— Cette amnésie tombe à point nommé, n'est-ce pas ?
— Et si jamais je mentais, m'aimerais-tu inconditionnellement ? »
Yuri
retira
subitement
sa
main.
« Je
préfère
considérer
que
tu
n'as
pas
vu
mon
visage
plutôt
que
d'aimer
un
homme
si
agaçant.
— Mince alors.
— Les étoiles doivent pleurer de voir quelqu'un comme toi devenir Saint. Mais quel genre d'enseignement ton maître t'a-t-il prodigué ?
— Toutes sortes de choses, dit Mei en fermant un oeil.
— L'école de la vie, dit-il.
— La destinée tracée par l'étoile qui t'a choisi n'est guère facile, dit Yulij en contemplant la voûte céleste.
Le char d'Hélios disparut à l'ouest, au delà de l'horizon. Les teintes violettes qui se dégradaient vers un rouge profond commençaient à se fondre dans les ténèbres.
« On
ne
peut
guère
voir
les
étoiles
aujourd'hui,
dit
Mei
en
levant
les
yeux
vers
cette
voûte
céleste
qui
semblait
plongée
dans
un
fin
brouillard.
— Ces détestables Géants et leur dieu Typhon ont voilé le ciel de cendres, nous cachant ainsi cette vue, dit Yulij, anxieuse.
— Typhon, hein...
— Qui plus est, tes astres sont particulièrement difficiles à voir, Mei, dit Yulij en pointant un coin du ciel de son index.
A
l'ouest,
dans
ce
ciel
encore
faiblement
éclairé
par
l'éclat
du
soleil,
se
trouvaient
encore
des
constellations
de
printemps
alors
que
la
saison
venait
de
passer.
— L'amas stellaire de la constellation de la Chevelure de Bérénice se trouve au nord de la constellation de la Vierge, coincée entre Denebola, étoile beta de la constellation du Lion, et Arcturus, étoile alpha de celle du Bouvier. Ou du moins, c'est là qu'elle devrait être, expliqua Mei.
— Une constellation sans étoiles, n'est-ce pas.
— La constellation de la Chevelure de Bérénice est composée d'étoiles fixes, et quelle que soit la clarté du ciel, on ne peut s'empêcher de voir cette constellation évocatrice comme étant la chevelure de la Vierge. Mais même si on ne le voit guère, de nombreuses galaxies y sont rassemblées.
— En somme, c'est une fenêtre vers les galaxies ? demanda Yulij
— Oui.
— Tu t'y connais », avoua Yulij, en lui lançant ce compliment inattendu.
Mei demeura cependant stoïque.
« Je
me
fais
du
souci
pour
Seiya
et
ses
amis
qui
se
sont
lancés
sur
la
piste
de
Typhon.
Tous
les
Saints
capable
de
bouger
sont
partis
en
mission,
et
il
ne
reste
plus
que
les
blessées
au
Sanctuaire.
— En effet, murmura Yulij.
— Et concernant Typhon..., murmura Mei en regardant les étoiles.
— Il est différent des dieux olympiens qui se sont mis à convoiter la Terre suite à la tentative initiale de Poséidon. À vrai dire... je ne comprends pas trop quel est son objectif, continua le jeune homme.
— Les Géants ne chercheraient pas à contrôler la Terre ?
— Eux, en effet, ne visent pas la domination du monde, mais en revanche, je ne sais quelle peut être la Volonté de Typhon. »
Yulij
garda
le
silence.
« Typhon
est-il
le
dieu
protecteur
des
Géants,
tout
comme
Athéna
est
la
déesse
qui
veille
sur
les
humains ?
Je
ne
le
pense
pas.
Ces
Géants
lui
sont
soumis
au
travers
de
la
Peur
qui
émane
de
lui.
Il
sont
pareils
à
des
esclaves.
Athéna
l'a
dit:
Typhon
se
contente
juste
de
répandre
sauvagement
la
peur
autour
de
lui,
tel
un
ouragan
déchaîné.
Un
dieu
pourvu
d'une
Volonté
Divine
aussi
maléfique
ne
sera
satisfait
que
lorsqu'il
aura
tout
détruit
sur
Terre
et
qu'il
ne
restera
que
lui
seul.
Tout
sera
réduit
en
ruines.
— Es-tu entré en contact avec la Volonté Divine de Typhon lorsqu'il avait fait de toi sa marionnette ? » demanda Yulij.
Mei
ne
répondit
pas.
« Tu
ne
souhaites
probablement
pas
t'en
rappeler,
mais
je
voudrais
malgré
tout
savoir.
— C'est pour cette raison que Nicol m'a dit de venir ici », dit Mei en baissant la tête.
Yulij
lui
prit
la
main.
« Allons à la bibliothèque, nous en discuterons là-bas. »
Chapitre 1.3
Côte nord de la Mer Noire, dans la région d'Ukraine autrefois nommée Scythia.
« Et rien ici non plus. »
Les murs de la caverne bloquaient le chemin de Hyôga, dont l'abondante chevelure blonde soyeuse dépassait du diadème d'un blanc pur orné d'ailes de cygne qu'il portait. Hyôga savait ce que signifiait cette lueur.
« La
caverne
est
emplie
de
cet
éclat.
On
dirait
bien
que
c'est
encore
un
sanctuaire
de
ces
Géants. »
Seules les ruines d'un autel de pierre subsistaient en cette grotte dissimulée dans les entrailles de la Terre.
« Mais
je
ressens
encore
la
trace
de
Typhon. »
Il
se
passa
le
pouce
sous
le
nez.
Hyôga
comptait
ainsi
se
fier
à
l'odeur
du
Cosmos
pour
déterminer
ce
que
signifiait
ce
sentiment
de
malaise.
« Je
ressens
encore
les
traces
de
la
Volonté
de
ce
dieu
maléfique,
comme
si
elle
avait
été
brûlée
sur
ces
parois.
Typhon
est
certainement
venu
en
ce
lieu.
Mais
dans
quel
but ?
Pour
ces
ruines
en
forme
d'autel ? »
Comme
il
ne
restait
guère
d'indices
pouvant
permettre
d'émettre
une
hypothèse,
Hyōga
quitta
la
caverne.
Chapitre 1.4
« "Prison de Stase" », dit Mei alors que Yulij lui tendait une chronique dans la bibliothèque du Sanctuaire.
— Cela me préoccupe, Typhon en avait fait mention alors qu'il avait dérobé mon corps et fait de moi sa marionnette.
— Il te parlait ?
— Me donnait des ordres. Il m'a fait libérer les Géants afin de préparer sa résurrection.
— Tu avais subi un lavage de cerveau ? Ou bien, Typhon te possédait— il ?
— J'ai l'impression que c'était les deux.
— Qu'est-ce qui te fais penser ça ?
— Ce serait difficile à expliquer...
Contrairement à son habitude, Mei détourna les yeux vers le sol avant de commencer à parler.
« Dis-moi
ce
que
tu
sais.
Même
tes
frères
n'ont
rien
remarqué
d'inhabituel
par
rapport
au
Mei
qu'ils
connaissaient.
Ils
n'ont
pas
senti
la
présence
de
Typhon,
tout
a
été
exécuté
à
la
perfection,
dit
Yulij
d'un
ton
doux,
mais
cependant
déterminée
à
obtenir
des
réponses.
— La dernière épreuve que mon maître m'a ordonné de passer afin de devenir Saint consistait à me rendre dans les cavernes situées sous l'Etna. Et c'est dans l'autel sacré qui s'y trouvait que je suis entré en contact avec la Volonté de Typhon.
— Ha, je vois.
— Moi, Mei, existait bien en tant que Saint d'Athéna.
— Alors pourquoi l'avoir trahie ?
— J'ai été oppressé par sa "Terreur". Typhon m'a soumis à lui par cette peur et m'a forcé à croire que ses ordres représentaient la Justice, que c'était ce que je devais faire. C'est pour ça qu'en dépit de mes retrouvailles avec Saori... avec Athéna et mes frères, j'ai malgré tout pu les trahir sans la moindre hésitation.
— Un contrôle mental, n'est-ce pas ?
— Parfois, la Volonté de Typhon s'engouffrait directement dans mon corps, et s'en emparait totalement, le contrôlait à sa guise. Je revois d'horribles souvenirs épars de ces moments.
— Comme lorsque tu as brisé mon masque ?
— Oui.
— Typhon t'as forcé à agir ainsi
— Je craignais plus que tout de contrarier Typhon et d'être alors touché par sa Terreur.
— Les Géants se trouvaient-ils dans le même cas ?
— Oui, je peux comprendre la nature de leur foi. C'est un contrôle mental absolu qui peut pousser les gens à se sacrifier sans retenue.
— Et sais-tu ce que sont les "Prisons de Stase" ?
— Les Prisons de Stase ? Ce sont les endroits où Typhon a scellé les Géants qui étaient encore en vie au terme de la Gigantomachie.
— Pardon ?
— Typhon est un dieu immortel, mais il n'en est pas de même pour les autres Géants, qui en principe possèdent eux des limites à leurs vies tous comme les êtres humains. La seule manière de permettre aux Géants de renaître avec leurs corps des éons après la Gigantomachie était donc de stopper le temps.
— Un rituel divin. »
Yulij
prit
une
inspiration
tandis
que
son
crayon
continuait
de
courir
sur
le
papier.
« Ça
peut
sembler
difficile
à
croire,
mais
c'est
la
vérité.
Lorsque
Typhon
contrôlait
mon
corps,
il
a
rompu
les
sceaux
emprisonnant
les
Géants
les
uns
après
les
autres
pour
les
ressusciter :
Agrios,
Thoas,
Pallas
et
Encélade.
— D'autres Géants ont-ils été ressuscités ?
— Pour autant que je m'en souvienne, il n'y avait que ces quatre-là.
— Mais c'est étrange. Selon les chroniques présentes au Sanctuaire, Typhon et ses Géants ont tous été scellés par Athéna.
— Ah bon ?
— Pour autant que j'en sache, il ne reste que très peu de pages décrivant la Gigantomachie, mais c'est la version que relaient tous les mythes et légendes.
— Mais je me demande pourquoi un dieu immortel tel que Typhon avait besoin de sceller les Géants afin de les garder en vie.
En dessous de ce masque semblable à un visage larmoyant, Yulij avait sans aucun doute l'air perplexe.
« Les chroniques du Sanctuaire sont-elles fiables ? demanda Yulij.
— On dit souvent que les faits établis et la vérité sont deux choses différentes, mais il en est de même pour la vérité et la vérité historique. Compiler l'histoire officielle d'une époque a toujours été une tache ardue, continua Mei.
— Les justifications des vainqueurs sont mises en valeur tandis que celles des perdants deviennent des détails, c'est ce que tu veux dire ?
— Par exemple, il va également être difficile de savoir de quelle manière compiler la version officielle de "la rébellion de Saga", fit remarquer Mei.
— Les Saints des générations futures apprendront probablement que le Saint des Gémeaux a succombé au mal et a alors assassiné le Pope, supposa Yulij.
— Mais ça ne sera pas l'exacte vérité, dit Mei.
— J'ai entendu dire par l'évêque que Saga, l'imposteur qui avait usurpé la place du Pope, possédait à la fois le visage de la justice et celui du mal.
— Saga n'était pas le mal absolu. Mais il a tenté d'assassiner Athéna et a causé la mort de nombreux Saints à cause du conflit interne provoqué. Ce crime sera toujours un crime. Mais je pense qu'aux yeux de l'histoire officielle, seul ce crime restera, et que ses bonnes actions seront occultées. On dépeindra probablement une victoire parfaite d'Athéna brandissant une justice inébranlable en tant qu'étincelante et légitime protectrice de la Terre.
— Tu prononces de dangereuses paroles avec une telle nonchalance ! lança Yulij, choquée.
— Hein ?
— Si Nicol t'entendait, il te révoquerait peut— être de ton titre de Saint.
— Pourrais-tu garder ça secret ? Je ne voudrais pas être consigné comme étant le Saint qui a été révoqué le plus rapidement de l'histoire.
— Je ne consignerai pas ce que tu as dis.
— Merci, répondit Mei en riant.
— Ce qui compte dans les chroniques officielles du Sanctuaire sont les Guerres Saintes ainsi que les victoires. Ce sont de telles histoires qui donneront du courage aux Saints des générations futures. Avoir un verset lyrique parlant des souffrances de Saints torturés entre le bien et le mal, ou d'adversaires qui inspirent la pitié, n'est pas nécessaire. Ce genre de choses ne ferait que semer le trouble dans l'esprit des lecteurs.
— Athéna est la justice.
— En effet.
— "Si tu doutes de ceci, tu ne pourras rien accomplir en tant que Saint. Tu ne pourras rien protéger.",c'est ça ?
— Oui.
— Au fait, ton visage, dit Mei en changeant de sujet.
— Hein ?
— Discuter avec une femme dont on ne peut voir l'expression est encore plus effrayant qu'être confronté à Typhon, dit Mei en relevant la tête.
— Et que dois-je comprendre ton expression fleur bleue qui n'a rien de celle d'un Saint ?
— Pourquoi "Yulij" ?
— Comment ?
— Eh bien, c'est un prénom d'homme...
— Oui mais après tout, ce n'est pas mon véritable nom. Il est préférable pour les Saints de couper leurs liens personnels avec le monde extérieur. Nous n'avons pas besoin de noms de famille, ni même du prénom que celle-ci nous a donné. Certes, toi, Seiya, Hyôga ou bien encore Shun utilisez vos véritables noms cependant... Je ne peux pas vérifier pour tout le monde, mais je pense que rares sont les Saints qui utilisent les prénoms donnés par leurs familles
— Nous sommes tous frères, nés du même père.
— Ah bon ?
— Mais notre père ne nous a pas officiellement reconnus. Nous avons été élevés comme des orphelins. Dès le début de notre vie, il ne ne nous restait plus rien à perdre. "Mei" n'est que Mei, "Seiya" est Seiya, "Shun" est Shun, "Hyōga" est Hyōga. Si je jetais également le nom de "Mei"... Ce serait comme si je disparaissais.
— Vous êtes vraiment les fils des étoiles, hein ?
— Et donc, pourquoi un nom d'homme ? insista Mei.
— Par conviction.
— Tu fais allusion à l'obligation que les femmes Saint ont de jeter leur féminité ?
— Oui.
— C'est si anachronique.
— Te voilà à nouveau insolent.
— Est-ce que ton véritable prénom est Yuria (Julia) ?
— On va faire donnant-donnant. Ça veut dire quoi cette couleur de cheveux ? dit Yulij en regardant les cheveux argentés de Mei avec un air réprobateur.
— Pas mal,non ?
— Les racines tournent au noir.
— Contrairement aux tiens, c'est une coloration, expliqua le jeune homme.
— Comme ces couleurs désordonnées manquent de sérieux, rase-toi vite le crâne tel un moine, rétorqua Yulij.
— Mais c'est une marque de respect envers mon maître.
— Bon, trêves de bavardages. »
Yulij
ressembla
les
livres
éparpillés
sur
la
table
puis
disparut
dans
le
fond
de
la
bibliothèque.
« Yulij,
hein ? »
soupira
Mei
une
fois
tout
seul.
« Mais dans la langue japonaise, ce serait un prénom très féminin », se dit-il.
Chapitre 1.5
« Il n'y a pas non plus d'écrits relatifs à la Gigantomachie au Sanctuaire. Les chroniques officielles ne mentionnent même pas une ligne à ce sujet, dit Nicol à Athéna, assise sur son trône dans le palais du Pope.
— C'est parce que la Gigantomachie n'est pas une Guerre Sainte, n'est-ce pas ?
— En effet. Mais l'Etna mis à part, d'autres lieux indubitablement liés à Typhon ont pu être trouvés.
— Vous voulez dire que vous avez sélectionné dans les mythes et poèmes épiques les lieux en rapport avec Typhon et à sa famille, et y avez envoyé les Saints ?
— Les légendes dissimulent souvent un fond de vérité.
— Hmm.
— La vérité, c'est que nous n'avons aucune autre source sur laquelle nous appuyer, expliqua l'évêque.
— Le temps joue contre nous dans cette bataille.
— Vous avez en effet raison, Athéna. Chaque heure qui passe permet à Typhon de recouvrer une plus grande partie de ses véritables pouvoirs. Notre adversaire devient de plus en plus dangereux. Découvrir son repaire aussi vite que possible est la priorité.
— Mais il ne va rester personne pour défendre le Sanctuaire, non ? intervint Tatsumi.
— C'est pourquoi j'ai fait appeler une certaine personne. Kiki est parti l'avertir au pic des 5 anciens.
— Nicol ! Vous n'avez pas... ! commença à s'exclamer Athéna.
— Je lui ai également demandé d'accomplir son devoir de Saint », dit Nicol qui, en dépit du grand respect qu'il affichait envers Athéna, ne comptait pas revenir sur cette décision.
Zone des 12 Maisons du Zodiaque.
Ce
lieu
était
la
colonne
vertébrale
du
Sanctuaire.
Les
Maisons
du
Zodiaque
telles
que
celle
du
Bélier,
du
Taureau
ou
des
Gémeaux,
se
succédaient,
traversées
par
une
route
menant
jusqu'au
sommet,
où
se
trouvait
Athéna.
« C'est
donc
ici
que
la
bataille
du
Sanctuaire
a
pris
place ? »
se
demanda
Mei.
Il
avait
quitté
la
bibliothèque
située
près
de
la
grande
place,
au
pied
du
Sanctuaire,
et
grimpait
maintenant
l'escalier
traversant
les
Douze
Maisons
du
Zodiaque.
Même les gens doués de pouvoirs psychokinésiques ne pouvaient avoir recours à la téléportation afin de franchir les Douze Maisons du Zodiaque, baignées de la protection d'anciennes étoiles. Monter les escaliers à la force de ses propres jambes était une obligation. Seiya, Shun ou encore bien Hyôga, Bronze Saints frères de Mei, s'étaient rangés au côtés d'Athéna et avaient mené de nombreux combats afin de défaire le mal tapis dans le Sanctuaire. Les détails de la "Rébellion de Saga" seront laissés à l'Histoire officielle, mais la partie pendant laquelle les Bronze Saints ont combattu les Gold Saints porte cependant le nom de "Bataille des 12 Maisons".
« Des
Saints
contraints
à
s'entre-tuer.
Quelle
tragédie »,
se
dit
Mei,
en
repensant
à
cette
bataille
qui
avait
coûté
la
vie
à
tant
de
Saints.
Le
hasard
avait
voulu
que
Mei
soit
possédé
par
Typhon
dans
l'Etna
peu
de
temps
avant
la
bataille
des
12
Maisons,
et
il
n'avait
donc
pas
été
impliqué
dans
ces
combats
tragiques.
Il quitta la Maison des Gémeaux, celle qui était supposée être défendue par Saga, l'homme au coeur de la bataille passée, et continua à grimper les marches en cette nuit paisible.
Mei finit par atteindre la quatrième Maison du Zodiaque.
« Voici
donc
la
Maison
du
Cancer ? »
murmura
Mei.
Mais
le
gardien
supposé
défendre
ce
temple
n'y
était
plus.
Ce
temple
baigné
d'un
fin
éclat
galactique
était
aussi
paisible
que
d'antiques
ruines.
Mei
se
contenta
juste
de
rester
assis
là
en
silence.
Il
se
retourna
alors
en
entendant
derrière
lui
les
bruits
de
pas
de
quelqu'un
en
train
de
grimper
les
marches.
Un
nouvel
arrivant
se
présenta
devant
la
Maison
du
Cancer.
« Shiryū ? »
Il
n'avait
pas
revu
depuis
bien
longtemps
le
Saint
qui
venait
d'arriver,
mais
se
souvint
immédiatement
de
son
nom.
« Mais
oui,
ce
doit
être
toi,
Shiryū,
dit-il
souriant.
— Qui est-ce ? Ce Cosmos...
— C'est moi, Mei.
— Mei, c'est vraiment toi ? dit Shiryû, un des frères cadets de Mei, avec une franche surprise.
— Je vois. Ton lieu d'entraînement était la Chine, au pic des 5 anciens.
— En effet.
— Alors ceci est certainement la très fameuse Cloth du Dragon, polie par la grande cascade de Rozan ? »
La
constellation
protectrice
de
Shiryū
était
effectivement
celle
du
Dragon.
Sa
Cloth
d'orichalque
ressemblait
à
une
armure
comportant
de
lourdes
écailles,
et
renvoyait
une
grande
impression
de
puissance.
Sur le bras gauche de la Cloth se trouvait un bouclier rond solidement fixé, le très fameux bouclier du Dragon. Cependant, celui qui portait cette lourde Cloth, Shiryû, était un jeune et beau garçon à l'aspect noble, qui contrastait fortement avec l'allure guerrière de son armure. Et il était également très svelte. Son imposante chevelure noire descendant jusqu'à ses hanches complétait parfaitement le tableau. S'il les avait attachés, il aurait eu l'air d'un viril et noble jeune guerrier.
« Tu
dois
déjà
être
au
courant
de
la
situation ?
demanda
Mei
— Je suis au courant. Je suis venu protéger le Sanctuaire sur appel du substitut du Pope.
— Par contre j'ignorais pour tes yeux, fit remarquer Mei en regardant Shiryû, dont les deux paupières étaient closes.
— Mes yeux...
— Depuis quand ?
— Lors d'un combat, lui répondit Shiryū.
— Je vois, dit Mei qui ignorait encore beaucoup de choses.
— Vous avez constamment été forcés de vous battre on dirait, continua-t-il.
— Tel est le devoir des Saints », dit Shiryū en marchant côte à côte avec Mei.
Avoir perdu la vue n'était guère un handicap pour un Saint ayant développé un Cosmos lui permettant d'atteindre le Septième Sens. Il serait difficile d'expliquer par des mots ce que peut réaliser la puissance du Cosmos, mais grâce à ça, Shiryû pouvait ressentir la présence des autres personnes, même s'il ne pouvait vraiment les voir. Il n'avait pas non plus besoin d'aide pour monter des escaliers.
« Que
faisais-tu
ici,
Mei ?
— Pardon ?
— Même si je suis incapable de voir, je peux dans une moindre mesure percevoir les sentiments des autres. Mei, n'étais-tu pas plongé dans une profonde tristesse en ce lieu ? »
Mais
Mei
resta
silencieux.
« Non,
oublie
ça.
Ça
ne
me
regarde
pas.
— Je parlais avec mon maître. »
Ainsi que Shiryû pouvait le percevoir, Mei souriait. Ce dernier prit une inspiration pour se laisser emplir de l'air pur du Sanctuaire, et leva les yeux vers le ciel.
« Ma
terre
d'entraînement
était
la
Sicile »,
avoua
Mei
aux
étoiles.
« Mon
maître
était
le
protecteur
de
ce
temple,
le
Gold
Saint
du
Cancer. »
Du
chaos
originel
étaient
issus
la
Terre
et
le
Ciel,
qui
avaient
engendré
les
constellations,
et
la
course
de
celles-ci
venaient
de
donner
naissance
à
un
moment
particulier,
le
jeu
d'une
tragédie
unissant
deux
personnes,
ou
plutôt,
les
séparant.
« Le
Saint
du
Cancer
était
ton
maître ?
demanda
Shiryû
— J'étais juste en train de discuter avec mon maître qui a rejoint les étoiles », dit Mei en riant.
Par
contraste,
Shiryû
avait
pris
un
air
grave
et
ne
savait
quoi
dire.
Chapitre 1.6
Asie Mineure, sur une presqu'île à la frontière ouest de l'Asie, entre la Mer Égée, la Mer Noire et la Mer Méditerranée. De son autre nom, l'Anatolie.
De nos jours, cette région est en général appelée "République turque", mais dans l'antiquité elle faisait partie des jardins de Grèce.
La
nuit
tombée,
par
une
lune
floue.
« Quel
étrange
endroit »,
murmura
Shun,
jeune
homme
aux
cheveux
châtains
qui
se
déplaçait
en
sautant
de
rocher
en
rocher.
La Cloth qu'il portait, celle d'Andromède, était munie de chaînes qui brillaient d'un fin éclat, comme si elles cristallisaient les rayons de la lune.
Il finit par atteindre un immense canyon desséché rempli par une forêt. Cependant, cette forêt n'était pas constituées d'arbres, mais de rochers. Ces rochers aux formes singulières éclairés par la lumière de la lune se dressaient en un amas dense.
Des
centaines,
voire
des
milliers
de
rocs
mesurant
de
quelques
mètres
à
plusieurs
dizaines
de
mètres
de
haut
se
trouvaient
là,
semblables
en
apparence
à
des
champignons
à
large
chapeau
ou
bien
encore
à
des
cheminées
de
fées,
qui
leur
conféraient
un
aspect
fantastique.
Ce
paysage
semblait
irréel.
Les
les
multiples
éruptions
volcaniques
du
passé
avaient
laissé
une
importante
couche
de
cendres
et
de
magma
dans
cette
région.
L'autrefois
tendre
tuf
volcanique,
à
la
longue
des
siècles
écoulés,
ainsi
que
de
l'érosion
du
vent
et
de
la
pluie,
avait
fini
par
prendre
la
forme
de
solides
piliers
surmontés
de
chapeaux
pointus.
Shun, Bronze Saint d'Andromède, se tenait au pied d'un volcan d'Anatolie, conformément aux ordres qu'il avait reçu de Nicol, substitut du Pope.
« Serait-ce
l'antre
de
Typhonus ?
Nicol
a
dit
que
"Beaucoup
de
vérites
sont
dissimulées
dans
la
mythologie".
La
piste
sur
ce
lieu
provient
d'un
poème
épique,
d'une
simple
histoire
mais...
En
l'absence
d'actions
apparentes
des
Géants,
nous
ne
pouvons
nous
en
remettre
qu'à
ce
qui
est
décrit
dans
ce
genre
de
récits »,
dit
Shun,
près
du
volcan
d'Arima
vers
lequel
on
l'avait
envoyé.
« Il
nous
reste
encore
un
peu
de
temps
avant
que
Typhon,
ressuscité,
ne
retrouve
tous
ses
pouvoirs
mais...
Plus
le
temps
passe
et
plus
il
se
renforce.
C'est
pourquoi
Nicol
insiste
tant
sur
la
nécessité
de
retrouver
Typhon
au
plus
vite. »
Hyôga,
ou
bien
encore
Seiya,
qui
n'était
pas
encore
totalement
rétabli,
avaient
eux
aussi
été
envoyés
sur
les
traces
de
Typhon.
Les
Saints
aux
quatre
coins
du
monde
et
les
espions
du
Sanctuaire
avaient
pour
mission
de
réunir
autant
d'informations
que
possible
sur
les
Géants,
sans
prendre
le
moins
repos.
« Si
jamais
Typhon,
ce
dieu
maléfique,
récupère
suffisamment
de
pouvoirs
pour
faire
entrer
n'importe
quel
volcan
en
éruption
à
sa
guise,
alors... »
Une
mince
fumée
blanche
s'élevait
hors
du
volcan
d'Arima.
Mais
cet
endroit
n'était
pas
un
cas
unique.
Depuis
l'éruption
sans
précédent
de
l'Etna,
les
volcans
du
monde
entier
présentaient
d'inquiétants
signes
de
regain
d'activité.
Plusieurs scientifiques prédisaient que de telles éruptions pourraient provoquer une nouvelle ère glaciaire, ou bien encore une extinction de masse comme celle des dinosaures il y a plusieurs millions d'années. En somme, la fin du monde. Des prophètes de mauvaise augure appelant à la fin de temps étaient aussi apparus.
« Si
jamais
Typhon
récupère
ses
véritables
pouvoirs
et
provoque
encore
une
ou
deux
éruptions
massives,
qu'adviendra-t-il
de
ce
monde ?
La
Terre
et
la
civilisation
humaine
seraient
annihilées.
Non !
Je
ne
laisserai
pas
une
telle
chose
se
produire !
Pas
tant
que
les
Saints
et
Athéna
seront
là ! »
dit
Shun
en
croisant
ses
bras.
La
chaîne
d'Andromède,
réputée
former
une
défense
inviolable,
tomba
de
ses
deux
bras
afin
de
se
déployer
sur
le
sol
en
formant
une
structure
semblable
à
un
nuage
galactique.
Le vent souffla. Shun ressentit un Cosmos et une respiration.
« Qui
est-ce ? »
Quelqu'un
traquait
Shun
au
sein
de
cette
forêt
de
pierres
irréelles.
Cette
chaîne
capable
de
percevoir
des
menaces
invisibles
se
tendit
sur
le
bras
de
Shun,
prête
à
attaquer.
« Que
se
passe-t-il ? »
Une
présence
ennemie
se
fit
sentir.
Shun
aiguisa
sa
perception
telle
une
épée.
L'intention
meurtrière
était
semblable
à
celle
d'un
tigre
ou
d'un
loup
guettant
sa
proie.
« Par là ? »
Il lança la chaîne triangulaire de son bras droit. La pointe située à l'extrémité de la chaîné décrit un arc telle un boomerang afin de viser quelque chose tapi dans l'ombre d'un pilier de pierre.
« Un
Géant ? »
Seul
le
silence
lui
répondit.
Lors
du
combat
en
Sicile,
Agrios
"la
force
brute",
Thoas
"le
coup
de
tonnerre",
et
Encélade
"le
cri
de
guerre",
s'étaient
eux-même
offerts
en
sacrifice
à
Typhon.
« Mais
ce
Cosmos
n'est
pourtant
pas
celui
de
ce
Pallas
aux
griffes
de
métal »,
pensa
Shun.
— Y aurait-il d'autres Géants en vie ? Typhon aurait-il ressuscité d'autres Géants suite à l'éruption de l'Etna ? »
Shun
ressentit
un
frisson.
Il
avait
l'impression
qu'on
utilisait
une
lame
pour
l'écorcher
là
où
sa
peau
était
la
plus
sensible.
« Ils
sont
deux...
non...
trois ? »
pensa-t-il.
Le
chasseur
était
devenu
la
bête
chassée,
encerclée.
La
vie
de
Shun
était
en
danger.
« Typhon
serait
donc
ici ? »
La
présence
de
trois
Géants
suffisait
à
en
arriver
à
une
telle
conclusion.
Shun
avait
malheureusement
eu
raison :
trois
silhouettes
s'extirpèrent
de
la
forêt
rocheuse
sous
la
lumière
de
la
lune,
et
fondirent
simultanément
sur
lui
de
trois
directions
différentes.
Ces Géants étaient des bêtes maléfiques ou bien encore des monstres. Des ennemis. Ceux-ci portaient des Adamas d'une forme et d'un sombre éclat que Shun n'avait encore jamais vus.
La chaîne ronde poussa un grincement strident sous la pression de ces Cosmos agressifs désormais relâchés.
Shun, qui ne pouvait endurer plus longtemps l'assaut, ramena sa chaîne triangulaire vers lui dans un ultime mouvement avant de la projeter vers les cieux. La chaîne nébulaire s'évanouit dans les cieux en laissant retomber des fragments étincelants de Stardust Sand.
« Athéna ! »
La silhouette de Shun disparut sous celles des trois Adamas, telle une proie dévorée par ses chasseurs.
Chapitre 1.7
« Nicol, pourquoi avez-vous également fait appeler Shiryû ? demanda Athéna d'une voix claire tout en le regardant droit dans les yeux.
— Face à une telle crise, n'est-il pas normal de rassembler au Sanctuaire les Saints disponibles ?
— Nicol, vous savez pourtant que...
— Shiryû est aveugle ?
— Il avait enfin eu l'occasion de retourner au pic des cinq anciens afin de commencer à y mener une vie paisible.
— En effet, en compagnie d'une jeune fille nommée Shunrei, si je ne me trompe. C'est la fille adoptive du sage des Cinq Pics, n'est-ce pas ?
— Je lui avais pourtant donné la chance de s'éloigner des combats afin de profiter d'une vie normale, à cultiver les champs en compagnie de celle avec qui il partage ses sentiments.
— Vous ne considérez donc plus Shiryû comme un de vos guerriers, ô Athéna ?
— Il a déjà été tant blessé au cours de ses combats ! À cause de mon inexpérience, Shiryû a fini par perdre sa lumière. Et voilà qu'il va à nouveau se retrouver jeté sur le champ de bataille ! Qu'est-ce qui va lui être pris cette fois ? » dit Athéna, ou plutôt Saori, en exprimant ce qu'elle avait sur le coeur.
Nicol
lui
répondit
après
avoir
marqué
une
pause.
« Mais
Shiryû
n'a
pas
rendu
sa
Cloth.
Alors,
n'est-ce
pas
dans
un
sens
le
désir
de
Shiryû,
ô
Athéna ?
— Eh bien...
— Je ne connais pas d'homme aussi sincère, sérieux à la tâche et fidèle que lui. Il possède une droiture, un courage et une bienveillance que n'importe quel homme lui envierait, et j'aimerais moi-même pouvoir être quelqu'un qui puisse être un tel pivot que lui parmi ses compagnons.
Saori resta l'écouter en silence.
— C'est vrai, certaines personnes peuvent aussi mener une vie paisible pour le bonheur d'une femme. Mais le destin tracé par les étoiles ne permet pas une telle chose à Shiryû, et surtout, il ne se le permet pas à lui-même. C'est le genre d'homme qu'il est. Jusqu'à avoir entièrement accompli la destinée tracée par ses étoiles, il sera Shiryû, Saint du Dragon.
— Mais Shunrei sera si triste.
— En effet, ce sera douloureux pour elle.
— C'est si...
— Vous êtes la protectrice de la paix et de l'amour sur Terre. Si vous hésitez ainsi, le doute naîtra dans le coeur des Saints qui combattent pour vous.
— Je dois donc suivre la Volonté d'Athéna, c'est ça ?
— Votre âme est à la fois celle d'Athéna et d'une jeune fille humaine nommée Saori Kido. Que ce soit en tant que déesse ou humaine, vous portez sur vos épaules un difficile destinée. Et vos souffrances ne feront qu'augmenter. »
Saori
resta
silencieuse.
« Et
même
si
le
destin
en
est
coupable,
acceptez-le.
Vous
avez
peut-être
pris
la
lumière
de
Shiryû.
Mais,
même
s'il
vient
à
perdre
un
bras,
une
jambe,
celle
qu'il
aime,
ou
bien
sa
propre
vie...
Shiryû
gardera
une
détermination
le
poussant
à
se
sacrifier
pour
vous.
Acceptez-donc
sa
volonté.
— Mais entre Mei et Shiryû...
— Une profond lien les unit, mais ceci n'est encore que le destin. Tant qu'ils seront Saints, il ne pourront y échapper. C'est une histoire qu'ils doivent surmonter ensemble.
— Nicol.
— Ils devraient y parvenir. Car ce sont tous les deux de véritables Saints. Je vous en prie, faites leur confiance.
— Merci, vos paroles m'ont rassurée.
— Vos remerciements seront plutôt pour tous les Saints une fois ce conflit terminé, dit Nicol en prosternant avec un grand respect.
Soudain un bruit strident et une déflagration se firent entendre. Tatsumi, qui se faisait discret dans le Palais du Pope, se jeta au sol tel une tortue sous le coup de la surprise.
« Athéna !
— Je vais bien. »
Dès qu'il avait entendu le bruit, Nicol avait accouru vers le trône afin d'utiliser sa Cloth et son corps comme bouclier pour protéger Athéna.
« Quelque
chose
vient
de
rompre
les
dimensions !
— C'est... »
Athéna
se
leva
et
courut
vers
l'autre
extrémité
du
tapis
qui
couvrait
l'allée
centrale
du
Palais
du
Pope,
suivie
de
près
par
Nicol.
« C'est
la
chaîne
d'Andromède ! »
Cependant,
la
chaîne
qui
avait
déchiré
les
dimensions
était
tranchée.
Athéna
se
mit
à
genoux
afin
de
ramasser
le
tronçon
de
chaîne
qui
gisait
sur
le
sol.
« Serait-il
arrivé
malheur
à
Shun ?
— Shun a été envoyé vers le volcan d'Arima en Anatolie.
— Typhon se trouverait donc là-bas ?
— Je l'ignore. »
Mais
ils
comprenaient
cependant
que
Shun
était
en
danger.
Il
était
évident
que
cette
chaîne
inter-dimensionnelle
avait
été
envoyée
en
tant
qu'ultime
message.
Athéna
se
releva
brusquement
en
tenant
la
chaîne
dans
sa
main.
« Que
se
passe-t-il,
mademoiselle ?
demanda
Tatsumi.
— Ce Cosmos, c'est... », commença Athéna.
Nicol
avait
aussi
ressenti
ce
Cosmos,
et
tous
deux
se
tenaient
alertes.
Une
étoile
traversa
la
voûte
céleste
brumeuse
en
laissant
une
traînée
argentée
dans
son
sillage.
« Comment ?
Un
intrus
vient
de
pénétrer
dans
le
Sanctuaire,
et
quel
agressif
Cosmos ! »
dit
Shiryû
en
se
retournant
vers
l'aval
des
Douze
Maisons.
Il remarqua alors que Mei, qui semblait avoir compris de quoi il s'agissait, était déjà en train de dévaler les escaliers sans l'attendre. Il traversa la Maison des Gémeaux, puis celle du Taureau, celle du Bélier, et arriva enfin vers la place où se trouvait la bibliothèque qu'il avait quitté il y a peu. Mei ouvrit en hâte les portes et pénétra à l'intérieur.
Le spectacle qui s'offrit à lui le laissa coi. Le lieu était envahi par un blizzard de papier, des milliers de pages déchirées virevoltaient dans tous les sens. Et cette jeune fille était étendue immobile au milieu de ce lit de pages blanches. Celle qui aurait dû tenir des chroniques gisait désormais parmi leurs pages éparses, sa mort y ayant été écrite de son propre sang.
« Yulij... »
Le
himation
pourpre
qu'elle
portait
sur
son
chiton
blanc
prouvait
sa
fonction
de
diacre
du
Sanctuaire.
Un
rire
se
fit
alors
entendre
près
des
étagères
renversées.
Le
détestable
faucheur,
vêtu
de
son
Adamas
de
Cornaline
sombre,
s'était
introduit
dans
le
Sanctuaire.
« Pallas !
— Tiens, mais voilà la poupée de cette Illustre Personne, non ? Athéna a ramassé le réceptacle que nous avons jeté ? » dit Pallas de la Stupidité, en considérant Mei tel un déchet.
Le
dieu
de
la
mort
se
mit
alors
à
piétiner
le
corps
de
Yulij.
« Connard !
— Toi aussi tu vas crever. »
Le
Géant
releva
le
corps
de
Yulij
par
les
cheveux
et
agita
ses
griffes
de
métal.
La
mort
pouvait
survenir
à
tout
moment
lors
des
combats
menés
par
les
Saints.
Cette
force
née
de
la
destruction
des
atomes
signifiait
que
la
victoire
ou
la
défait
pouvait
être
décidée
en
l'espace
d'un
instant.
Tel
était
leur
cruel
destin.
Et
ce
genre
d'issue
était
inévitable
pour
une
personne
surprise
à
nu,
sans
sa
Cloth,
par
un
Géant
paré
de
son
Adamas,
un
ennemi
en
mesure
de
rivaliser
avec
les
Saints.
La protection accordée par les étoiles de Yulij avait touché à sa fin, tout simplement.
« Pallas,
ordure ! »
cria
Mei.
Pour
Mei,
une
irremplaçable
camarade
défendant
Athéna
à
ses
côtés
venait
de
mourir.
Avec
un
peu
de
retard,
Shiryû
pénétra
à
son
tour
dans
la
bibliothèque.
« Ki
hi
hi !
Un
autre
gosse
de
Bronze !
ricana
le
Géant.
— Ce Cosmos maléfique... Un ennemi ? Un de ces Géants ?
— Recule, Shiryû.
— Si ce sont mes yeux qui t'inquiètent, sache que tout soucis est inutile, Mei. Shiryû du Dragon ne compte pas battre en retraite !
— Ce n'est pas ça ! déclara Mei.
— C'est mon ennemi, mon ennemi ! continua-t-il.
— Ki hi hi, toi, affronter Pallas de la Stupidité ? ricana le Géant.
— Je suis celui qui a rompu ton sceau... c'est à moi d'en finir avec ce que j'ai provoqué.
— Quel dommage pour toi alors ! Ki hi hi ! La gamine qui devait vous aider est morte sans rien pouvoir faire. Je lui ai tranché la gorge avec mes griffes. Je lui ai tranché ses longs cheveux, et arraché son masque. Quelle extase ! Une vraie comédie ! »
Il
sorti
la
main
qu'il
gardait
dans
son
dos
afin
d'exhiber
le
masque
qu'il
tenait.
« Silence,
démon !
Je
ne
te
laisserai
pas
profaner
plus
longtemps
ce
lieu
saint
avec
tes
paroles
impies !
le
menaça
Shiryû.
— J'espère que vous détaillerez avec soin mes exploits dans vos chroniques minables ! »
Pallas
jeta
le
masque
de
Yulij
à
la
verticale,
puis
le
fendit
en
deux
au
vol
avec
ses
griffes.
Les
deux
morceaux
du
masque
retombèrent
bruyamment
au
sol
en
continuant
à
vaciller.
Mei
reprit
enfin
la
parole
devant
ce
triste
spectacle.
« Parce
que
tu
crois
que
ton
nom
sera
laissé
quelque
part ?
— Ki hi hi ! Ouais t'as raison. Après tout, je vais massacrer tous les Saints, donc y'aura personne pour écrire ça !
— Tu m'as mal compris, répondit Mei, qui entendait le destin de son étoile l'appeler.
— Hein ?
— C'est une "Gigantomachie". "Une guerre dépourvue de sens qui ne restera pas dans l'histoire". »
Soudain,
une
Cloth
Box
apparut,
à
la
surprise
de
Pallas.
« Cette
Cloth
aurait
répondu
à
l'appel
du
Cosmos
de
Mei ? »
s'exclama
Shiryû.
Noire. Une boîte entièrement noire. L'image de cette boîte noire frappée d'un relief de femme s'imprima dans l'esprit de Shiryû en dépit de sa cécité. Le couvercle s'ouvrit, mais nulle lumière ne sortit de cette boîte. En revanche, une ombre qui avait emmagasiné la lumière y était présente.
Un magnifique objet qui avait la forme d'une femme de dos, chevelure en évidence se trouvait là. C'était une Cloth, la preuve qu'une personne faisait partie des Saints, un héritage transmis depuis les temps mythologiques entre ceux qui la portaient pour défendre la Terre grâce à son incroyable puissance.
« Alors
voici
ma
Cloth,
la
Cloth
de
la
Chevelure
de
Bérénice ? »
L'armure
correspondant
à
cette
constellation
sans
étoiles
se
mit
à
danser,
et
Mei
ressentit
ses
pulsations
dans
sa
chair.
C'était
la
première
fois
que
Mei
décidait
en
son
âme
et
conscience
de
revêtir
cette
Cloth
correspondant
à
sa
constellation
protectrice,
qui
était
déjà
venue
le
défendre
dans
l'Etna.
Casque.
Épaulettes.
Plastron.
Bras.
Ceinture.
Jambières.
La
statue
de
femme
s'était
séparée
en
morceaux
qui
avaient
recouvert
le
corps
de
Mei
après
de
complexes
transformations.
Les
Cloths
des
Saints
choisis
par
leurs
constellations
protectrices
les
protégeaient
de
leur
propre
volonté.
Mei regarda avec admiration cette Cloth scellée depuis des temps antiques. Le plus frappant dans son apparence était les deux grands "boucliers" noirs qui servaient d'épaulettes, semblables aux ailes repliées d'un corbeau. Elles semblaient solidaires des avant-bras, sans toutefois gêner les mouvements grâce à un complexe système d'articulations. La couronne protégeant la tête ressemblait à des ornements pour les cheveux.
En contraste, le plastron, la ceinture et les jambières semblaient bien plus légers et minces que les parties couvrant les bras et les épaules. en fait, les jambes n'étaient protégées que par deux genouillères. L'ensemble de l'armure portée suggérait la forme féminine dont elle était issue, d'une silhouette douce et curviligne. Et entièrement noire.
« Voici
donc
ta
Cloth,
Mei ! »
s'écria
Shiryû
en
voyant
cette
Cloth
semblable
à
une
sombre
nébuleuse
galactique
qui
aurait
été
arrachée
au
cosmos.
Shiryû
sentit
le
Cosmos
de
Mei
exploser.
Même
sans
ses
yeux,
il
pouvait
percevoir
la
force
issue
de
cette
Cloth
noire
qui
semblait
absorber
la
lumière,
cette
énergie
à
la
base
de
toute
vie,
ce
Cosmos.
Et un bruit semblable à celui d'une lame siffla dans l'air, comme si une épée invisible venait de le traverser.
Le stupide Géant commença à ricaner, mais s'arrêta soudain, bouche bée.
« Hein ?
J'ai
eu
l'impression
que
quelque
chose
venait
de
traverser
mon
corps.
Que
se
passe-t-il ? »
Le
Géant
se
mit
à
vérifier
à
droite,
à
gauche,
devant,
derrière,
en
haut,
en
bas,
mais
ne
put
trouver
ce
qui
avait
provoqué
ce
malaise.
« Vous
répétez
bien
que
nulle
raison
n'est
nécessaire
pour
les
combats
entre
humains
et
Géants,
n'est-ce
pas,
vermines ?
— Ki hi ?
— Dans ce cas-là, nulle conversation n'est nécessaire.
— D-de quoi tu parles ? T'es même pas en posture de combat ! » rétorqua Pallas en fronçant les sourcils.
Mei se tenait en effet tout droit, sans posture de combat particulière, les bras ballants.
« Dis-le
si
tu
veux
crever !
hurla
le
Géant
en
frappant
du
pied
le
sol
de
la
bibliothèque,
éparpillant
de
part
et
d'autres
les
nombreuses
pages
arrachées.
— Puppet Claw ! » cria Pallas.
Le
Géant
lança
son
anormalement
long
bras
en
arrière
afin
de
prendre
de
l'élan,
puis
le
rabattit
en
avant
en
visant
la
gorge
de
Mei
de
ses
griffes.
Cependant,
son
coup
ne
produisit
que
du
vide.
Le
Géant,
abasourdi
ne
se
rendit
pas
tout
de
suite
compte
de
ce
qui
s'était
passé.
Au
moment
où
il
avait
levé
son
bras
griffu,
quelque
chose
s'était
envolé,
comme
une
balle
perdue.
Sa
main.
Cette
main
dotée
de
griffes
de
métal.
Du
sang
se
mit
à
gicler
hors
du
poignet
tranché
de
Pallas,
qui
avait
encore
du
mal
à
croire
ce
qui
lui
arrivait.
« Mon
bras...
mon
bras !
hurla
le
Géant
en
vacillant,
tandis
que
son
sang
jaillissait
tel
une
fontaine.
— N'avais-tu donc pas remarqué que ton bras avait été tranché ?
— Q-quand m'as-tu fait ça ? » demanda Pallas en cherchant à s'éloigner d'un bond de Mei, dont il ne comprenait pas l'étrange technique.
Mais Pallas se figea, droit comme un piquet. Il passa lentement sa main gauche à l'arrière de sa nuque, et constata qu'il saignait. Il se mit alors à tâter avec précaution ce qui se trouvait derrière lui de sa griffe restante. Un son semblable à celui d'une corde tendue résonna au contact de ses griffes, et Pallas découvrit avec stupeur qu'il s'agissait d'un fil. De plusieurs fils, car il était en fait cerné par une sorte de cage faite de fils encore plus fins que les cordes d'un piano.
« Il
s'agit
de
fils
d'Orichalque,
lui
expliqua
Mei.
— Hein ? Ces fils font partie de ta Cloth ? »
Les Cloths étaient constituées d'un alliage de trois métaux rares : l'antique Orichalque, le Gammanium et le Stardust Sand. Les fils encore plus fins que des cheveux de la Cloth de la Chevelure de Bérénice témoignaient de l'incroyable maîtrise technique de ceux qui avaient créé cette Cloth.
« Chacun
de
ces
fils
est
semblable
à
une
lame
acérée
capable
de
bouger
indépendamment
des
autres.
Tout
comme
tu
as
perdu
ton
bras
sans
t'en
rendre
compte,
tu
vas
bientôt
être
décapité
sans
réaliser
ce
qui
t'arrive. »
Pallas cria, et Mei, d'un léger mouvement du poignet, tendit un fil tranchant qui s'aiguisa et découpa le casque du Géant en morceaux. Le Géant était pris au piège de cet enclos d'orichalque qui lui interdisait la moindre retraite.
« Dis
le
nom
de
ma
constellation.
— Ki hi ? »
Mei
fit
jaillir
un
fil
tranchant
qui
éteignit
les
lumières
de
la
bibliothèque
les
unes
après
les
autres,
plongeant
le
lieu
dans
les
ténèbres.
« Hein ?
À
quoi
ça
rime ?
T'espères
profiter
de
l'obscurité
pour
t'enfuir ?
— M'enfuir ? lui répondit Mei en se moquant du Géant.
— C'est toi qui est dans l'obligation de fuir, Pallas ! Ces innombrables fils sont mes yeux, mes oreilles, mes bras et mes jambes, car chacun d'entre eux est parcouru par mon Cosmos ! » continua le jeune homme.
Le
seul
anxieux
de
la
situation
était
Pallas.
Shiryû
et
Mei
n'étaient
nullement
inquiétés
par
ces
ténèbres.
Un hurlement, celui de Pallas, retentit dans les ténèbres, et quelque chose heurta le sol avec un bruit sourd.
« J'ai
mal !
Mon
bras !
Ma
griffe !
Mes
deux
bras !
— Dis le nom de ma constellation, redemanda Mei au Géant plongé dans ses souffrances.
— Enfoiré, t'es le Saint de la Chevelure de...
— Je suis Mei de la Chevelure de Bérénice, Saint d'Athéna. »
La
scène
que
jouaient
les
fils
d'orichalque
était
le
reflet
d'une
sombre
intention
meurtrière
teintée
de
tristesse.
« Nous
sommes
en
train
de
jouer
la
scène
de
ta
mise
à
mort,
Géant. »
Pallas
poussa
alors
un
rugissement
à
s'en
déchirer
la
gorge.
Plus
que
d'essayer
d'échapper
à
sa
mort,
Pallas
voulait
fuir
la
Peur
qui
l'assaillait.
« Tu crois que je vais fuir devant un misérable humain ? Je suis un Géant ! Qui porte une puissante Adamas et sert cette Illustre Personne !
— Finis en miettes, dit Mei en manipulant tous les fils qu'il tenait en main.
— Lost Children ! » lança le jeune homme.
Tout
se
passa
sous
le
couvert
du
rideau
de
ténèbres.
Pallas
hurla
avant
d'avaler
ses
mots,
réprimés
par
le
sang
qui
jaillit
abondamment
de
sa
gorge.
« Pourquoi ? »
demanda
Mei,
qui
ressentait
ses
fils,
mêlés
aux
ténèbres,
plonger
avec
voracité
dans
la
chair
du
Géant.
« Pourquoi
m'avoir
arrêté,
Shiryû ? ».
Celui-ci
avait
en
effet
stoppé
de
justesse
Mei,
qui
était
sur
le
point
de
porter
le
coup
final
qui
aurait
dû
décapiter
Pallas.
« Tu
l'aurais
tué
si
je
ne
t'avais
pas
arrêté.
— Oui, j'étais en train de le mettre à mort.
— Mei, même si tu tuais ce Géant, la sombre envie meurtrière que je sens en toi n'en serait pas pour autant rassasiée.
— Il a tué Yulij. Il l'a tuée comme si de rien n'était.
— Quand bien même, les Saints ne sont pas supposés agir ainsi. Ce n'est pas la Volonté d'Athéna.
— Shiryû...
— Quoi qu'il en soit, nous avons aussi des questions à poser à ce Géant », dit Shiryû en dirigeant son regard aveugle, au sein des ténèbres, vers Pallas.
Pallas,
qui
avait
perdu
ses
deux
bras
et
portait
de
graves
coupures
sur
l'ensemble
du
corps,
s'agitait
frénétiquement
tel
une
crevette
vivant
dans
laquelle
on
aurait
plongé
un
couteau.
« Où
se
trouve
Typhon,
Géant,
demanda
Shiryû.
— Ki hi hi.
— Qu'est-ce qui t'amuse ?
— Lorsqu'Il aura récupéré tout sa puissance, les Saints et Athéna ne pourront plus rien faire contre lui, dit Pallas tandis que du sang sortait en écume de sa bouche.
— Que veux-tu dire ?
— Même Zeus, le dieu suprême a fui face à la véritable puissance de Cet Être.
— Quel est l'objectif de Typhon ? Et quelle est cette histoire de "véritable puissance" ? Si son but est de dominer le monde, pourquoi provoquer des éruptions à même de ravager la planète ?
— De simples humains... non, même nous autres Géants ne pourrions comprendre Sa Pensée, continua Pallas dont la voix se faisait de plus en plus rauque et inaudible.
— Vous vénérez un tel dieu et lui obéissez ? Pourquoi, Géants ?
— Nous le vénérons, car cette foi se transforme en force.
— Vous vous trompez ! C'est juste un dieu qui vous tient par la peur ! Ce genre de foi ne peut apporter la paix de l'âme !
— Minables Saints. Il vous tuera tous.
— Que...
— Cet Être l'a dit. Il a des fils. Des Géants fils de dieu. Les anciens Géants tels que moi ne sont donc plus nécessaires.
— Comment ?
— Typhon ! » hurla Pallas, comme pour lancer une incantation.
L'Adamas et le corps de Pallas de la Stupidité commencèrent à s'évaporer tandis que celui-ci était plongé en pleine euphorie, et finalement une tornade l'avala.
« Qu'était-ce ? »
demanda
Shiryû,
qui
avait
ressenti
ce
qui
s'était
passé
en
dépit
de
sa
cécité,
et
resta
le
souffle
coupé
devant
la
disparition
subite
du
Cosmos
de
Pallas.
« La
"Peur".
Celui
qui
appelle
le
dieu
qu'il
vénère
par
son
nom
voit
sa
langue
arrachée
et
ils
se
retrouve
privé
de
la
parole.
Celui
dont
le
nom
est
prononcé
par
son
dieu
sombre
dans
la
folie,
et
des
flots
de
sang
jaillissent
de
ses
oreilles.
Telles
sont
leurs
croyances.
— Des telles croyances...
— Vous deux ! » lança une nouvelle silhouette.
Les
lumières
se
rallumèrent,
exception
faite
de
celles
détruites
par
Mei,
et
ils
purent
alors
distinguer
celui
qui
venait
de
pénétrer
dans
la
bibliothèque.
« Evêque.
— Yulij ! » s'écria celui-ci, avec une expression d'horreur à la vue du le scène.
Mei
rappela
à
lui
tous
les
fils
d'orichalque
dissimulés
dans
l'ombre,
défaisant
ainsi
la
cage
qu'il
avait
bâti
autour
de
Pallas.
« C'est
à
cause
d'un
Géant.
De
ce
Pallas
de
la
Stupidité.
— Je vois... »
Même
un
dirigeant
tel
que
Nicol
eut
du
mal
à
articuler
ses
mots
face
à
ce
spectacle,
celui
de
Yulij
étendue
parmi
les
pages
blanches,
morte.
« Pallas
s'est
suicidé
en
invoquant
le
nom
de
Typhon.
Désormais,
tous
les
Géants
que
j'ai
délivré
doivent
avoir
péri.
— Un suicide...
— Si les quatre ont été dévorés par la Volonté Divine de Typhon, n'est-ce pas une bonne nouvelle pour nous ? »
Mais
Mei,
en
lui-même
se
posait
une
tout
autre
question.
Il
trouvait
la
situation
étrange.
Il
avait
en
effet
su
utiliser
les
fils
tranchants
de
cette
Cloth
à
l'instant
même
où
il
l'avait
revêtue.
C'était
comme
si
la
Cloth
l'avait
aidé
à
se
battre.
Il
avait
eu
l'impression
d'être
guidé
par
sa
Cloth
et
de
n'avoir
fait
qu'un
avec
ces
fils.
Il
ne
pouvait
s'empêcher
de
trouver
cela
étrange.
« J'ai
des
nouvelles
en
rapport
avec
Typhon,
annonça
Nicol.
— Qu'avez-vous découvert ? demanda Mei en relevant la tête.
— C'est au sujet de Shun », annonça l'évêque d'un air grave.
Suite
Tous les chapitres
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- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitres 1 (Oreste) et 2 (Les Saints d'Athéna)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitre 3 (Sicile)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitre 4 (Ressurection) et épilogue
- Livre 2 - Chapitre du sang - Prologue et chapitre 1 (La Chevelure de Bérénice)
- Livre 2 - Chapitre du sang - Chapitre 3 (Sang)
- Livre 2 - Chapitre du sang - Chapitres 4 (Chronos) et épilogue (Deux Ex Machina)
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