Livre 2 - Chapitre du sang (3)
Revenir à Accueil
- Ces traductions sont réalisées par Archange à partir des livres japonais. MERCI DE NE PAS LES RECOPIER SUR VOTRE SITE.
- Les fanarts présentés appartiennent à leurs auteurs respectifs (indiqués dans la description)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitres 1 (Oreste) et 2 (Les Saints d'Athéna)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitre 3 (Sicile)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitre 4 (Ressurection) et épilogue
- Livre 2 - Chapitre du sang - Prologue et chapitre 1 (La Chevelure de Bérénice)
- Livre 2 - Chapitre du sang - Chapitre 3 (Sang)
- Livre 2 - Chapitre du sang - Chapitres 4 (Chronos) et épilogue (Deux Ex Machina)
Sommaire
Chapitre 3 : Chronos
Chapitre 3.1
Seiya de Pégase se confronta à Chimera, la bête composite, dans le lac souterrain dissimulé sous le volcan d'Arima.
« Tu
es
un
fils
de
Typhon !
— Je vais te dévorer ! dit le Géant à l'aspect de chevalier, paré de son Adamas de rubis étoilé, au heaume en forme de tête de lion, à l'épée en forme de serpent venimeux, et au bouclier orné d'une tête de bouc.
— Ta sauvagerie me répugne ! dit Seiya en se mettant en posture de combat, sans armes. »
Même si les Saints ne se battaient qu'en utilisant leur propre corps, il n'en étaient pas pour autant des amateurs vis-à-vis des armes. Car, à l'instar du Géant présent face à Seiya, leurs adversaires n'avaient eux aucune restriction particulière concernant l'usage d'armes. Lors de leur entraînement, les Saints apprenaient à forger leur propre corps en tant qu'arme, et à combattre les adversaire qui en possédaient. Et ils se devaient justement de savoir les utiliser pour pouvoir entraîner correctement leurs élèves face à ce genre de situation.
« Je
vais
inscrire
dans
ton
corps
la
rancune
que
les
Géants
ont
accumulé
au
cours
des
siècles ! »
dit
le
Géant
en
avançant
tandis
que
les
articulations
de
sa
lourde
armure
grinçaient.
Pour
quelqu'un
comme
Seiya,
réputé
avoir
la
vivacité
de
Pégase,
les
mouvements
maladroits
de
ce
Géant
à
l'armure
massive
ressemblaient
à
ceux
d'un
pantin.
« Ton
armure
semble
bien
lourde.
Tu
penses
pouvoir
saisir
Pégase
avec
une
telle
lenteur ?
— Je vais te dévorer. »
Le
Géant
à
la
démarche
pataude
lança
alors
une
attaque
à
un
moment
totalement
inattendu.
« Comment ? »
cria
Seiya.
Un
attaque
tranchante
arriva
dans
sa
direction.
Ce
fut
un
coup
lourd,
mais
pourtant
semblable
à
une
trombe
de
vent.
Seiya
bondit
aussitôt
au
loin
afin
d'éviter
l'arc
de
cercle
décrit
par
la
lame,
près
des
rochers
dépassant
de
la
surface
du
lac,
tout
en
ressentant
un
frisson
dans
le
dos.
La
lame
recommença
à
hurler.
Le
Géant
se
rapprochait
pas
à
pas,
inexorablement
en
dépit
de
sa
démarche
maladroite,
tout
en
agitant
son
épée
en
rafale.
« La
lame
de
cette
épée
est
inhabituelle »,
pensa
Seiya.
L'épée
en
forme
de
serpent
venimeux
que
tenait
Chimera,
la
bête
composite,
avait
une
lame
crénelée,
telle
une
scie.
Être
ainsi
capable
d'agiter
d'une
main,
comme
si
de
rien
n'était,
une
épée
de
deux
mètres
de
long
témoignait
de
la
force
physique
herculéenne
du
Géant.
« Sois
déchiqueté
par
cette
lame
ardente !
— Comment... ? »
L'épée
en
forme
de
serpent
venimeux
cracha
des
flammes
alors
qu'elle
décrivait
un
nouvel
arc
de
cercle.
« Vois
mon
épée
incandescente !
Anthrax ! »
Seiya hurla, enveloppé par les flammes incandescentes, et partit s'écraser dans le lit du lac. De la vapeur blanche s'éleva de l'eau touchée par l'attaque ardente de Chimera. Seiya, qui avait littéralement bu la tasse, émergea de l'eau en toussant.
Le
lac
souterrain
était
bien
plus
étendu
que
profond,
et
le
niveau
de
l'eau
n'atteignait
ainsi
que
quelques
dizaines
de
centimètres.
Même
quelqu'un
de
relativement
petit
tel
que
Seiya
n'était
immergé
qu'à
hauteur
de
genoux.
Le
Saint
jeta
alors
un
coup
d'œil
sur
sa
Cloth,
et
ne
put
retenir
sa
surprise :
le
plastron,
en
principe
la
partie
la
plus
solide,
avait
été
sérieusement
entaillé
depuis
l'épaule
gauche.
« Ta
Cloth
t'a
donc
sauvé
la
vie...
— Comment ?
— Si j'avais porté mon coup un peu plus tard, après avoir fait un pas de plus, ton cœur se serait devenue la proie de mes flammes, et tout le sang de ton corps serait en train de bouillir », dit Chimera en pénétrant lui aussi dans le lac souterrain.
Le
Géant
à
l'Adamas
grinçante
donna
à
nouveau
un
violent
coup
de
son
épée
géante
en
direction
de
Seiya,
créant
un
pilier
d'eau
au
moment
de
l'impact
contre
le
sol.
Seiya
fut
contraint
de
battre
en
retraite
jusqu'à
une
distance
respectable
à
cause
de
la
violence
de
l'explosion.
« Quel
étrange
timing.
Je
n'arrive
pas
à
comprendre
le
rythme
de
ses
mouvements. »
Les
mouvements
des
bras
de
Chimera,
de
ses
jambes,
la
vitesse
de
son
épée,
et
sa
vitesse
de
marche
semblaient
totalement
désynchronisés.
C'était
étrange,
incohérent,
parfois
trop
lent,
parfois
trop
rapide.
« Ce
ne
sont
pas
des
mouvements
humains »,
pensa
Seiya,
perplexe.
« Mais
pourtant,
les
squelettes
et
la
structure
musculaire
des
Géants
ne
devraient
guère
être
différents
de
ceux
des
humains ! »
« Pegasus
Ryūsei
Ken !
—
C'est
inutile. »
Les
centaines
de
météores
projetés
par
Seiya
s'écrasèrent
les
uns
après
les
autres
contre
le
bouclier
de
Chimera.
« À
quoi
ça
rime ?
Créer
des
gerbes
d'eau
et
de
vapeur
t'amuse ? »
dit
le
Géant
sur
un
ton
méprisant
en
cherchant
au
sein
des
colonnes
d'eau
Seiya,
qu'il
avait
perdu
de
vue.
C'est
alors
que
le
Saint
apparut
dans
son
dos,
ayant
profité
des
jets
d'eau
qui
obstruaient
le
champ
de
vision
du
Géant.
« Prends
ça !
Pegasus
Rolling
Crash ! »
dit
Seiya
qui
passa
ses
bras
autour
de
son
adversaire
en
se
préparant
à
sauter.
Mais
ce
fut
Seiya
qui
poussa
un
hurlement
de
douleur.
Le
Saint
relâcha
lui-même
son
étreinte
et
bondit
en
arrière
avant
de
tomber
à
genoux
dans
l'eau.
« C-c'était
quoi
cette
chaleur ? »
Ses bras, ses jambes, et son torse le faisaient souffrir, comme si ils étaient en proie aux flammes. Même le simple contact de l'air sur le bout de ses doigts était douloureux, et il put constater qu'il avait effectivement reçu de nombreuses brûlures.
« Sale
gamin
effronté. »
Un
bruit
intense
de
vapeur
se
fit
entendre
tandis
que
l'eau
du
lac
souterrain
entourant
Chimera
s'évaporait
en
fumée
blanche
au
contact
du
métal
ardent.
« Non,
il
ne
s'agirait
pas
que
de
son
épée ?
La
totalité
de
son
Adamas
est
brûlante ?
— Cette armure ardente contient des étoiles incandescentes, répondit le Géant à un Seiya stupéfait.
— Alors voici la puissance d'un fils de dieu ? » se dit Seiya, impressionné par ce guerrier.
La
véritable
nature
de
la
source
de
cette
chaleur
semblait
inconnue.
Le
Cosmos
de
Chimera,
dissimulé
dans
cette
Adamas
faite
de
multiples
animaux,
semblait
ne
pas
connaître
de
limites.
« C'est
pas
vrai...
l'eau... »
L'eau
du
lac
souterrain,
froide
à
en
percer
la
peau,
était
contre
toute
attente
devenue
tiède.
Même
une
aussi
importante
quantité
d'eau
ne
semblait
pouvoir
refroidir
l'Adamas
du
Géant,
comme
si
il
possé1dait
vraiment
en
lui
une
étoile
brûlant
à
l'infini.
« Je
vais
te
dévorer. »
L'épée
de
Chimera
rugit,
toujours
nimbée
de
flammes
flamboyantes.
« Anthrax ! »
Le
coup
tranchant
du
chevalier
s'abattit
violemment
sur
Seiya
et
sur
la
surface
de
l'eau,
qui
explosa,
changée
d'un
coup
en
vapeur.
Les
deux
adversaires
se
tenaient
désormais
au
sein
d'une
atmosphère
chaude
et
humide,
comme
dans
un
sauna.
« Cesse
de
t'acharner
en
mauvais
perdant,
et
accepte
la
mort,
dit
Chimera
à
Seiya,
qui
gémissait
de
douleur.
— Je n 'ai été touché que par le bout de sa lame, et j'ai pourtant l'impression que tous mes nerfs ont été brûlés. Quelle douleur ! »
Il
avait
échappé
de
justesse
à
l'attaque,
mais
ses
jambes
ainsi
que
sa
Cloth
étaient
sérieusement
entaillées.
« Je
ne
pourrai
pas
cicatriser
à
cause
de
sa
lame
en
dents
de
scie »,
pensa
Seiya.
Être
coupé
par
ce
genre
d'épée
était
plus
dangereux
que
de
l'être
par
une
lame
finement
affûtée,
car
les
hémorragies
des
blessures
ne
pouvaient
cesser
sans
points
de
suture
appliqués
sur
la
chair
et
la
peau
en
lambeaux.
« Et voilà Pégase, c'en est fini de toi. Privé des jambes qui font ta fierté, esquiver le prochain coup te sera impossible. Qui plus est, d'autres Saints semblent s'être introduits dans ce Sanctuaire. Je n'ai pas de temps à perdre avec toi.
— Je..., commença Seiya en lâchant un gémissement de douleur.
— Silence, microbe. Laisse-moi me repaître de ton Cosmos sans faire d'histoires. »
Chimera,
enveloppé
de
vapeur
blanche,
pareil
à
une
armure
hantée,
mit
devant
lui
son
bouclier
à
tête
de
bouc
maléfique
de
son
bras
gauche,
tout
en
brandissant
son
épée
du
bras
droit,
prêt
à
porter
le
coup
de
grâce,
tandis
que
les
yeux
de
la
tête
de
lion
fixaient Seiya
avec
mépris.
« Je...
Je
suis
un
Saint !
Je
vaincrai
Typhon
afin
de
protéger
la
paix
sur
Terre !
— Tu ne pourras jamais Le rencontrer, vermine. Pas tant que je serai là.
— Dans ce cas-là je n'ai qu'à te vaincre ! Je finis toujours par surpasser mes adversaires ! Grâce aux ailes de Pégase ! »
Seiya
se
releva
de
toutes
ses
forces
en
enflammant
son
Cosmos.
Même
parmi
les
Saints,
le
style
de
combat
de
Seiya
était
particulièrement
orthodoxe,
se
composant
essentiellement
de
coups
de
poing,
de
coups
de
pieds,
et
de
projections.
Mais
les
techniques
de
combat
des
Saints
ne
se
basaient
pas
sur
la
force
physique.
L'essentiel
pour
eux
était
le
Cosmos.
Et c'était encore plus vrai pour un combattant du genre de Seiya. Ainsi, même quelqu'un d'une petite stature tel que lui n'était pas forcément désavantagé par rapport à un immense Géant.
La Cloth de Pégase, digne de la protection miraculeuse qu'elle était, réagit à l'élan de Seiya. Cette armure pouvait en effet devenir extrêmement solide sans pour autant gêner les mouvements de celui qui la portait.
« Brûle,
mon
Cosmos !
Brûle
jusqu'à
ton
paroxysme !
— Dans ce cas-là, je te dévorerai avec mon prochain coup !
— Prends ton envol, Pégase !
— Anthrax ! »
L'épée
en
forme
de
serpent
montra
à
nouveau
ses
crocs
irréguliers.
Le
Géant
abattit
son
épée
ardente
afin
de
frapper
Seiya
en
plein
tête,
mais
ce
dernier
s'envola
alors
au
dessus
du
Géant
afin
d'éviter
le
coup
tranchant.
« Comment ? »
Chimera,
qui
avait
lourdement
abattu
son
épée,
leva
son
bouclier
pour
se
protéger
de
l'attaque
que
Seiya
s'apprêtait
à
lancer.
« Et
la
victoire
sera
mienne ! »
cria
Seiya
en
déployant
son
Cosmos,
nimbé
d'une
aura
bleue
et
blanche
tandis
qu'un
hennissement,
le
rugissement
du
Cosmos
de
Seiya
poussé
à
son
paroxysme,
retentissait
dans
le
ciel.
« Pegasus Suisei Ken ! »
La
centaine
de
coups
réunis
en
un
unique
point
ébranla
le
lac
souterrain.
La
sombre
lueur
du
rubis
étoilé
se
ternit,
et
les
étoiles
scintillantes
de
l'Adamas
s'éteignirent,
comme
si
la
pierre
venait
de
mourir.
Le
bouclier
à
tête
de
bouc,
le
casque
à
forme
de
lion,
et
l'Adamas
rouge
furent
réduits
en
miettes.
Finalement,
Chimera,
la
bête
composite,
s'effondra
dans
le
lac
en
poussant
un
hurlement
défiant
l'imagination.
Seiya,
qui
avait
mis
toutes
ses
forces
dans
cette
attaque
sautée,
ne
put
se
réceptionner
correctement
au
sol
et
retomba
en
plein
dans
le
lac.
Il
se
releva
alors
en
toussant,
et
décida
d'aller
jeter
un
coup
d'œil
sur
le
Géant
vaincu,
dont
l'Adamas
semblait
être
morte.
Seiya
se
sentait
mal
à
l'aise
depuis
qu'il
avait
touché
l'ennemi
de
son
poing.
Il
avait
ressenti
une
étrange
absence
de
résistance
de
la
part
du
corps
de
son
adversaire,
et
se
demandait
ce
que
cela
pouvait
bien
signifier.
Et
il
vit
alors
que
son
malaise
était
justifié.
Seiya, quelque peu dérangé par cette singulière découverte, quitta les lieux pour s'asseoir un moment sur la rive rocheuse du lac.
« Voici
la
véritable
nature
des
fils
divin
de
Typhon ?
Mais
alors
ce
sont
vraiment... »
Il
tenta
de
remonter
la
falaise
afin
de
rejoindre
la
caverne
ou
il
se
trouvait
avant
que
Chimera
ne
l'envoie
s'écraser
dans
le
lac,
mais
le
Pegasus
Suisei
Ken
dans
lequel
il
avait
mis
toutes
ses
forces
avait
épuisé
son
Cosmos,
et
ses
jambes
en
charpie
ne
pouvaient
plus
le
porter.
« Mes
amis... »
Seiya,
à
bout
de
forces,
dégringola
la
pente
escarpée
de
la
falaise.
« Ce... c'est... »
Seiya
en
perdit
ses
mot.
L'Adamas
qui
flottait
dans
l'eau
claire
était
vide.
Elle
n'émettait
plus
aucun
chaleur,
et
le
Cosmos
sans
limites
qui
y
résidait
encore
il
y
a
peu
s'était
complètement
éteint,
tout
comme
les
flammes
dont
elle
était
nimbée.
« J'ai
vaincu
Chimera,
mais...
Qu'était-il
au
juste ? »
Chapitre 3.2
Ce qui tombait n'aurait en principe jamais pu être vu sous le volcan d'Arima.
« De
l'air
froid ?
Tu
utilises
donc
des
techniques
de
glace,
Saint
du
Cygne ? »
dit
Orthros,
le
chien
bicéphale,
qui
semblait
sourire
sous
son
casque.
Les
immenses
cristaux
de
glace
qui
flottaient
dans
l'air,
comme
agrandis
par
une
loupe,
n'étaient
pas
des
illusions.
« Si
cette
Cloth
a
effectivement
reçu
la
protection
du
sang
d'Athéna,
la
barrière
de
Phlegra
n'aura
guère
d'effet
sur
toi.
— Tu m'importunes.
— Comment ?
— Ces bavardages m'importunent, dit Hyōga d'un ton traînant tandis qu'un air froid dansait autour de sa Cloth.
— Quel ennuyeux gamin. »
Hyōga
resta
silencieux.
« Mais
je
suis
au
moins
certain
que
tu
pousseras
d'agréables
pleurs
quand
je
déchiquetterai
ton
corps. »
Orthros rugit et propulsa son corps en frappant violemment le sol de son pied, qui s'y enfonça en laissant une profonde trace. Le Géant fonça tel un boulet de canon, brisant aisément un pilier rocheux de 5 mètres de diamètres pendant sa ruée. Une telle puissance surpassait même celle de Saints d'Athéna entraînés.
« Satisfait
de
ton
immense
force
destructrice ?
— Hein ? »
Hyōga,
qui
avait
évité
Orthros
avec
un
gracieux
jeu
de
jambes,
en
profita
pour
l'attaquer
dans
son
angle
mort.
« Penses-tu
pouvoir
saisir
l'ombre
du
Cygne
avec
une
telle
lenteur ? »
Hyōga
était
sur
son
terrain
dans
cette
éphémère
étendue
de
glace
et
de
neige.
En
élevant
leur
Cosmos,
les
Saints
pouvaient
briser
les
atomes,
ou
encore
bien
les
ralentir.
Et
cette
dernière
méthode
était
justement
la
spécialité
de
Hyōga.
« Diamond
Dust ! »
De
magnifiques
cristaux
de
neige
furent
projetés
par
son
poing,
et
l'Adamas
gela,
l'éclat
du
saphir
étoilé
étant
peu
à
peu
enterré
sous
la
couche
blanche
de
neige.
« Le
résultat
n'est-il
pas
artistique ? »
dit
le
Saint
en
jetant
un
regard
vers
Orthros,
devenu
un
bloc
de
glace
parmi
les
débris
du
pilier
rocheux.
Hyōga
étendit
alors
son
champ
de
perception
afin
de
retrouver
ses
amis.
Ce
lieu
était
empli
de
la
volonté
agressive
de
Typhon,
et
ressentir
les
Cosmos
alliés
s'avéra
difficile,
comme
une
transmission
victime
de
parasites.
« Je
perçois
faiblement
les
Cosmos
de
Seiya
et
de
Shiryū. »
Rechercher
leurs
Cosmos
était
comme
tenter
de
localiser
une
poupée
perdue
dans
un
champ
enneigé
sous
un
ciel
nuageux,
mais
il
était
au
moins
capable
de
vaguement
savoir
qu'ils
étaient
vivants.
« Je
suis
inquiet
pour
Mei
et
Shun.
— Tu es sûr que tu es en position de te faire du soucis pour les autres ? l'interpella une voix.
— Comment ? »
La
fine
couche
de
glace
explosa
avec
un
bruit
de
cristal
brisé.
« Comme
un
courant
d'air
froid
aussi
ridicule
pouvait
me
geler
sous
cette
noble
Adamas,
dit
Orthros
en
poussant
un
grognement
sourd.
— Je vois, tu possèdes probablement une énorme couche de graisse cachée sous cette épaisse Adamas, un peu comme un morse ou un lamantin », lança Hyōga à l'imposant Géant.
Mais
soudain,
les
ténèbres
s'invitèrent.
La
caverne
où
ils
s'affrontaient,
jusque-là
éclairée
par
une
lumière
diffuse,
était
désormais
plongée
dans
le
noir
total.
« Comme
tu
as
reçu
la
protection
du
sang
d'Athéna,
la
barrière
de
Phlegra
ne
sert
plus
à
rien.
Je
l'ai
donc
temporairement
désactivée
dans
cette
zone.
— Oui, et... ? », dit Hyōga, qui se demandait quel genre d'attaque son adversaire allait lancer sous le couvert des ténèbres.
Orthros
et
son
Adamas,
encore
scintillante
il
y
a
peu,
avaient
entièrement
disparu.
« Après
tout,
les
joyaux
ne
brillent
que
parce
qu'ils
renvoient
les
rayons
de
la
lumière.
Et
leur
couleur
ne
dépendent
que
de
la
longueur
d'onde
des
rayons
diffusés »,
pensa
Hyōga
en
affûtant
ses
sens
au
sein
de
ces
ténèbres
parfaites.
Il
poussa
soudain
un
cri
en
ressentant
une
violente
douleur
dans
le
dos.
Le
Saint
se
retourna
aussitôt
en
se
jetant
instinctivement
au
sol
afin
de
rouler
jusqu'à
un
rocher
derrière
lequel
il
s'accroupit.
Hyōga, surpris, se demanda qu'est-ce qui avait bien pu l'atteindre. Quelque chose avait traversé les airs pour lui infliger une sérieuse blessure dans le dos. Tout à coup, il ressentit à nouveau une intense douleur et poussa un nouveau cri pendant que la chose laissait un bruit de rayure contre sa Cloth.
« Sappheiros
Enedra ! »
cria
le
Géant,
dont
la
voix
de
bête
maléfique
se
réverbera
dans
la
caverne
en
un
écho
qui
dissimulait
sa
véritable
position.
Le Saint, de son côté, se demanda comment son adversaire avait pu le repérer avec une telle précision au sein de cette obscurité, alors qu'il était pourtant accroupi. Orthros, devinant les interrogations du Saint, lui fournit une sorte de réponse :
« Nous
autres
Géants
sommes
les
fils
de
la
Terre !
Et
tu
te
trouves
dans
notre
sanctuaire !
C'est
comme
si
on
guidait
ma
main
dans
ta
direction !
Mais
de
plus...,
dit-il
tandis
que
Hyōga
l'écoutait
sans
dire
mot.
— Te voici plongé dans un noir parfait, Saint du Cygne ! Tu ne dois plus y voir grand-chose ! Tremble face aux crocs de l'ombre ! »
Les
crocs
en
question
atteignirent
à
nouveau
Hyōga,
qui
ne
put
réprimer
un
hurlement
de
douleur
lorsque
ceux-ci
déchirèrent
sa
chair.
« Où
est
passé
l'homme
qui
n'aime
guère
le
bruit ?
N'est-ce
pas
le
même
qui
est
en
train
de
pousser
des
cris
de
douleur ? »
ricana
Orthros.
« Deux
paires
de
crocs ?
se
demanda
Hyōga,
atteint
simultanément
à
deux
endroit
différents
de
son
corps.
« C'est
comme
si
un
animal
m'avait
mordu.
Ce
monstre
mythologique,
Orthros,
existerait-il
vraiment ? »
Hyōga
était
extrêmement
perplexe :
il
n'avait
aucune
idée
de
la
position
de
son
adversaire,
et
ne
pouvait
non
plus
comprendre
de
quelle
manière
celui-ci
l'attaquait.
« Alors ?
La
peur
t'as
fait
perdre
la
parole ?
lui
dit
le
Géant
en
ricanant
comme
un
fauve.
— Calme-toi Hyōga. Tu dois garder ton sang-froid en toute situation lors d'un combat », pensa le Saint du Cygne.
C'est
ce
que
lui
avait
appris
son
maître.
Rester
aussi
froid
et
paisible
que
les
plaines
gelées
de
Sibérie.
« Tremble dans l'obscurité, Saint du Cygne ! Ressens la "Peur" !
— Si je ne peux pas le voir..., se dit Hyōga.
— Cette fois je vais mordre ce cou chétif jusqu'à t'en arracher la tête ! Donne-moi un concert de cris tandis que je t'égorgerai ! Sappheiros Enedra !
Les
crocs
de
l'ombre
fendirent
les
airs
à
toute
vitesse
sur
leur
cible.
Peu
de
temps
après,
la
lumière
emplit
à
nouveau
la
grotte.
« Comment ?,
lança
une
voix
stupéfaite
qui
n'était
pourtant
pas
celle
de
Hyōga.
— Voici la véritable apparence de tes "crocs de l'ombre" », dit Hyōga, en posant le regard sur les deux bêtes qui gisaient au sol près de lui.
De
sombres
saphirs
étoilés.
Il
s'agissait
en
fait
des
deux
têtes
de
chien
monstrueuses
faisant
office
d'épaulettes
à
l'Adamas.
« Ton
corps
colossal
et
la
charge
de
tout
à
l'heure
ont
faussé
mon
jugement.
Tu
m'as
fait
croire
que
ton
style
de
combat
était
basé
sur
ta
force
physique.
Mais
en
réalité,
tu
déplaces
ces
épaulettes
en
forme
de
têtes
de
chien
par
télékinésie,
n'est-ce
pas ?Tu
peux
ainsi
les
contrôler
à
distance
pour
m'attaquer
par
surprise
dans
le
noir.
Tu
es
en
fait
un
télékinésiste
de
haut
niveau,
Orthros.
— Quels sont ces anneaux de glace ? » s'exclama le Géant.
Les
deux
têtes
de
chien
étaient
prisonnières
de
colliers
de
glace
collés
au
sol,
gelées,
et
même
la
télékinésie
d'Orthros
ne
pouvait
les
en
arracher.
« Koltso !
— Comment ?
— Ce sont des menottes d'air froid. Orthros, j'ai passé un collier au chien de garde que tu es.
— Comment as-tu pu les localiser dans de si parfaites ténèbres ?
Hyōga
agita
le
bras
sans
dire
un
mot,
et
de
petits
reflets
scintillants
dansèrent
autour
de
lui :
le
Saint
s'était
entouré
d'un
mince
rideau
de
glace.
« Quoi ?
— Tu t'imaginais que priver un Saint de sa vue suffirait à t'assurer la victoire ?
— Tu t'es basé sur le bruit qu'ont fait ces têtes en brisant la glace, et les as alors piégées simultanément ?
— Un Saint doit être capable de se battre en aveugle, dans une obscurité totale. Qui plus est, je me suis entraîné en Sibérie, où le soleil ne se montre quasiment pas en hiver. Crois-tu que mon maître Camus ne m'aurait pas appris à me battre dans le noir ? Un magicien dont on a percé le tour ne vaut plus rien.
— Comment ?
— Eh oui, fier “fils de dieu” », dit Hyōga avec sarcasme en fonçant vers lui.
Le
cygne,
accompagné
dans
sa
course
par
une
multitude
de
cristaux
de
glace
scintillants,
se
retrouva
juste
à
côté
d'Orthros.
« Hein ?
— Prends ça ! Le poing ultime du Cygne ! »
Le
poing
droit
de
Hyōga
fut
en
un
instant
enveloppé
d'air
froid
tourbillonnant.
« Kholodnyi
Smerch ! »
Hyōga
donna
de
toutes
ses
forces
un
uppercut
à
son
immense
adversaire,
envoyant
voler
le
casque
de
son
Adamas.
Même
le
corps
si
massif
d'Orthros
fut
projeté
en
l'air
par
la
tornade
de
glace
et
d'air
froid
qui
était
apparue,
et
le
Géant
partit
s'écraser
contre
la
voûte
de
la
caverne.
La
tornade
laissa
alors
place
à
un
pilier
de
glace
d'un
peu
plus
d'une
dizaine
de
mètres
de
haut.
« Reste
donc
dans
ce
pilier
pour
l'éternité »,
lança
Hyōga
en
tournant
le
dos
au
Géant
congelé,
prêt
à
reprendre
son
chemin.
Mais
soudain
un
bruit
de
craquement
se
fit
entendre.
Hyōga
fit
subitement
volte-face,
tout
en
évitant
les
débris
de
glace
issus
du
pilier
qu'il
avait
crée,
et
ne
put
en
croire
ses
yeux.
Orthros,
le
chien
bicéphale,
tomba
hors
du
pilier
de
glace
réduit
en
miettes.
Mais
ce
fut
surtout
sa
tête
qui
interloqua
Hyōga :
son
casque
avait
été
arraché
par
le
Kholodnyi
Smerch,
mais
la
tête
qui
aurait
du
se
trouver
en-dessous
était
absente.
C'était
un
Géant
sans
tête.
« Non,
ce
n'est
pas
un
Géant... ! »
Orthros
poussa
un
rugissement
bestial
et
posa
ses
deux
membres
supérieurs
au
sol
pour
se
retrouver
à
4
pattes.
Et alors...
À la manière d'une tortue, deux têtes de chien émergèrent des trous laissés par les épaulettes. Même un brave guerrier tel que Hyōga ne put dissimuler son horreur face à cette vision cauchemardesque.
« C'est vraiment... C'est vraiment le monstre de la mythologie ! »
Ce
qui
lui
faisait
maintenant
face
était
un
chien
à
deux
têtes
paré
d'une
Adamas,
et
d'une
taille
comparable
aux
plus
grands
des
ours.
Soudain,
Orthros
fondit
sur
lui.
Maintenant
qu'il
s'était
mis
à
quatre
pattes,
le
monstre
sauvage
fonçait
avec
une
vitesse
bien
plus
terrible
que
lors
de
la
charge
précédente,
et
il
attrapa
ainsi
Hyōga
sans
grandes
difficultés.
Les deux têtes du chien maléfique mordirent les bras de Hyōga, endommageant aussi bien la Cloth que la chair. L'animal garda ses crocs solidement plantés, tel un chien de combat spécialement formé. Orthros n'était plus doué de raison depuis sa transformation en bête, et le chien maléfique entreprit de dévorer sans distinction la Cloth et la chair de Hyōga.
« Ç-ça,
des
enfants
divins ? »
Hyoga
força
ses
bras
hors
de
la
gueule
d'Orthros
malgré
la
douleur
qui
lui
déformait
le
visage,
puis
il
bondit
en
arrière
afin
de
placer
une
distance
conséquente
entre
lui
et
son
adversaire.
Orthros, tel un chien stupide, resta se pourlécher les babines du sang de Hyōga avec sa langue noire, peu attentif à ce qui l'entourait. Ce n'était qu'une abomination de la nature, né de Typhon, une créature monstrueuse que le dieu avait conçu pour s'amuser.
Hyoga
joignit
ses
deux
bras
déchiquetés
devant
lui,
puis
les
brandit
au-dessus
de
sa
tête
en
y
concentrant
toutes
ses
forces
tandis
que
de
l'air
froid
se
manifestait.
Orthros
réagit
à
ce
mouvement,
et
revint
a
l'assaut
an
poussant
un
hurlement
bestial.
« Repose
congelé. »
Hyōga
finit
d'élever
son
Cosmos
jusqu'à
son
paroxysme,
et
abattit
alors
ses
bras
joints,
déclenchant
ainsi
la
technique
de
glace
ultime
que
lui
avait
transmis
son
maître
Camus,
et
dont
la
glace
ne
fondrait
jamais.
« Aurora Execution ! »
À
cet
instant,
le
monde
se
gela.
Le
courant
d'air
froid
qui
atteignait
le
zéro
absolu
vola
toute
l'éclat
sombre
du
saphir
étoilé.
L'Adamas
perdit
son
pouvoir
mystérieux,
et
n'était
désormais
plus
qu'une
lourde
armure.
Même
les
cris
d'agonie
de
la
bête
maléfique
furent
étouffés
en
un
instant.
Orthros, le chien maléfique bicéphale, fut entièrement congelé avec son Adamas, devenant une hideuse statue de glace qui se brisa enfin en une multitude morceaux.
Cependant,
le
prix
de
la
victoire
avait
été
lourd.
Hyōga,
qui
avait
mis
toutes
ses
forces
dans
cet
air
froid,
s'effondra,
et
perdit
finalement
conscience
sur
le
sol
de
cette
caverne
tapissée
de
glace.
Chapitre 3.3
« Rozan Shō Ryū Ha ! »
L'attaque
dans
laquelle
Shiryū
avait
mis
toute
son
énergie
atteignit
Ladon,
le
dragon
à
cent
têtes,
et
l'envoya
s'encastrer
dans
un
pilier
de
pierre.
« Pars,
Mei !
cria
Shiryū.
— Ne meurs pas, Shiryū !
— Je te rejoindrai bientôt, je te le promets ! »
Mei
lui
rendit
un
hochement
de
tête
et
quitta
les
lieux
en
boitant,
pénétrant
dans
un
tunnel
plein
de
rochers
pointus,
tel
la
gueule
d'un
monstre,
avant
de
disparaître
au
loin,
en
s'enfonçant
toujours
plus
loin
dans
les
profondeurs.
Shiryū
garda
son
Cosmos
concentré
et
resta
attentif
à
son
adversaire,
jusqu'à
ce
qu'il
ne
puisse
plus
entendre
les
pas
de
Mei.
« Eh
bien,
que
se
passe-t-il ?
N'avais-tu
pas
dit
que
tu
l'empêcherai
de
partir ? »
lança
le
Saint
à
l'attention
de
son
adversaire
enfoui
sous
les
débris
rocheux.
Un
rire
suivi
d'une
explosion
se
firent
entendre.
Les
débris
de
ce
pilier,
si
large
qu'un
adulte
aurait
eu
de
la
peine
à
l'enserrer
de
ses
bras,
devinrent
sable
avant
de
finir
par
disparaître
en
poussière.
Shiyū,
surpris,
se
remit
aussitôt
en
position
de
combat,
d'autant
plus
que
le
son
suggérait
une
force
de
destruction
hors
du
commun.
« Je
vois...
Tu
es
le
Saint
du
Dragon.
— Et ? Tu fais comme si tu me connaissais.
— C'est le cas.
— Comment ? Mais où...
— Depuis que les étoiles sont nées dans l'univers.
— Comment ? »
Ladon,
le
dragon
à
cent
têtes,
relâcha
d'un
seul
coup
le
Cosmos
qu'il
avait
dissimulé
dans
les
ténèbres.
— Je suis Ladon, le dragon à cent têtes, dit le Géant dont l'Adamas avait l'éclat sombre d'une opale noire, dans laquelle des étoiles aux couleurs vives apparaissaient et s'évanouissaient tout en changeant subitement de couleurs.
— Quel est ce Cosmos écrasant ? Je n'ai que très rarement rencontré un adversaire avec un tel Cosmos. De plus, quelle est cette étrange sensation ? dit Shiryū, troublé.
— Je connais bien ton Cosmos, Shiryū.
— Tu prétends avoir le même Cosmos que moi ? »
Shiryū
se
mit
à
trembler
en
sentant
qu'ils
avaient
en
effet
un
Cosmos
de
même
teinte,
de
m9eme
nature. Pour
un
aveugle
comme
lui,
c'était
comme
se
regarder
dans
un
miroir.
« Je te connais. Et je connais le destin de tes étoiles.
— Le destin de mes étoiles ?
— Les étoiles du Dragon de la voûte céleste. »
En
entendant
cela,
Shiryū
se
souvint
d'une
légende
de
la
mythologie
grecque.
« Mais
oui !
"Ladon" !
Un
monstre
de
la
mythologie
grecque !
Celui
qui
gardait
jour
et
nuit
la
Pomme
d'Or
du
jardin
des
Hespérides.
C'est
le
nom
du
dragon
à
cent
têtes
qui
ne
dormait
jamais.
— C'est apparemment ce que racontent les mythes des hommes.
— Et ensuite, ce dragon élevé aux cieux est devenu...
— La constellation du Dragon. Ta constellation protectrice en tant que Saint.
— C'est aussi ta constellation protectrice ! s'exclama Shiryū, choqué.
— Les hommes voient les étoiles des hommes, les Géants voient les étoiles des Géants. Shiryū, toi et moi possédons le même destin stellaire, mais sommes au service de différents dieux. Nous sommes des adversaires prédestinés. Nous ne pourrions avoir de plus grandes Nemesis !
— Que...
— Et sache que j'ai laissé partir Mei. Cet homme fragile fut la marionnette de mon Père, et je lui ai déjà inflige de sérieuses blessures sur l'ensemble de son corps. Ce n'est plus qu'un homme au bord de la mort. Il n'atteindra probablement pas le bout de ce temple, encore si loin et si profond, entre Gaia et le Tartare.
— Comment ? Alors tu l'as laissé fuir exprès ? »
Le
Cosmos
de
Ladon
continuait
à
gagner
en
puissance,
en
dépit
du
Shō
ryū
Ha
qu'il
avait
reçu
de
plein
fouet,
et
Shiryū
comprenait
donc
que
le
Géant
ne
devait
pas
avoir
subi
le
moindre
dommage.
« Que fait un aveugle tel que toi sur le champ de bataille, Saint du Dragon ? Faire de toi un guerrier et te te faire porter une Cloth... décidément, Athéna est...
— Sens-toi libre de me mépriser autant que tu le souhaites si ma cécité te dérange, mais..., dit Shiryū avant de pousser un cri guerrier.
— Je ne te laisserai pas insulter Athéna ! Moi, Shiryû du Dragon, préfère mourir avec honneur plutôt que de jeter ma fierté de guerrier en craignant les ténèbres de ma cécité !
— De grandes paroles ! Mais les humains ne sont que ruse, bluff et mensonge !
— Comment ?
— Nulle raison n'est nécessaire lors d'un combat entre un humain et un Géant, annonça Ladon. Les affrontements menés entre deux êtres possédant des Volontés Divines se jouent pour établir une seule vérité universelle, ce sont des combats absolus. Et donc, Shiryū, il en va de même dans le cas de deux guerriers possédant le même destin stellaire. Il vaut mieux qu'il n'en reste qu'un.
— Nous sommes nés sous les mêmes étoiles...
— Shiryū... Saint du Dragon.
— Ladon, le géant au nom de dragon.
— Je vais t'annihiler. Nulle raison n'est nécessaire. Ton existence offense la mienne.
— C'est toi qui devrait disparaître. »
Grâce
à
la
Cloth
imbibée
de
la
protection
du
sang
d'Athéna
qu'il
portait,
Shiryū
put
s'affranchir
de
la
"Peur"
et
ne
pas
être
oppressé
par
la
foi
des
Géants,
et
il
fut
en
mesure
d'élever
sa
voix
avec
force
contre
le
culte
des
Géants.
—
Ceux
qui
doivent
périr
sont
les
dieux
maléfiques
comme
ce
Typhon,
qui
cherche
à
enterrer
le
monde
sous
les
cendres.
J'enflammerai
ma
vie
afin
de
défendre
Athéna
et
la
paix
sur
terre !
— Je vais te détruire et te dévorer. »
Ladon
prit
son
élan
en
donnant
un
violent
coup
de
pied
dans
le
sol,
et
son
poing
droit,
en
forme
de
tête
de
dragon
maléfique
d'opale
noir,
traversa
en
un
instant
la
caverne.
L'onde
de
choc
ricocha
avec
un
bruit
sec
et
pulvérisa
le
mur
derrière
Shiryū.
Cette
attaque
était
la
même
que
celle
qui
avait
transpercé
la
poitrine
de
Nicol.
« Ce bouclier..., dit Ladon en posant son regard sur le bouclier qui avait bloqué son coup.
— À ce que l'on dit, la grande cascade du pic des 5 anciens, où je me suis entraîné est depuis les âges anciens arrosée de particules stellaires provenant de notre galaxie. Et cette Cloth du Dragon reposait sous cette cascade de Rozan, baignée par cette eau galactique depuis des temps immémoriaux. Et ce bouclier est donc réputé être le plus solide au monde.
— Oh, le bouclier du dragon...
— En garde ! Rozan Ryū Hi Shō ! »
Shiryū fonça sur son adversaire en transformant son propre corps en projectile. Mais Ladon déploya son immense Cosmos en rugissant, et repoussa Shiryū, qui s'écrasa au sol.
« C-comment ?
Je
ne
parviens
même
pas
à
l'effleurer,
dit
Shiryū
tandis
que
Ladon
se
moquait
de
lui.
— Je tiens ce corps et cette puissance de mon Père. Comment un misérable humain tel que toi pourrait réussir à le toucher ? dit Ladon », en méprisant sans retenue Shiryū.
« C'est
comme
si
il
m'avait
brisé
tous
les
os
du
corps
avec
ce
simple
coup.
Le
Cosmos
de
ce
Géant
est
hors
du
commun.
— Mais on dirait bien qu'il va falloir que j'y aille légèrement plus fort pour détruire ce bouclier qui te protège.
— Que... »
Shiryū
recula
afin
de
mettre
suffisamment
de
distance
entre
lui
et
son
adversaire.
« Suis-je
si
effrayant ?
— Co... comment ?
— On dirait que je t'inspire de la peur. Ma simple présence dévore ton âme. Tu ferais mieux de mourir maintenant, misérable.
— L-le Cosmos de Ladon..., dit Shiryū en santant que ce Cosmos l'entourait complètement, à sa droite, à gauche et même derrière lui.
— Retourne au néant. »
Shiryū
hurla.
« Ressens
l'étreinte
du
néant.
Poliorkia ! »
Cette
technique
n'était
même
pas
animée
d'une
intention
meurtrière,
elle
n'était
qu'une
pure
incantation
de
destruction.
« C-c'est... »
Une
vision
puissante
se
manifesta
dans
le
monde
sans
lumière
de
Shiryū,
et
ni
le
bouclier,
ni
la
Cloth
du
Dragon
ne
purent
faire
barrage
à
son
intrusion.
« Une
vision
de
ténèbres ?
Est-ce
un
cauchemar ?
Mon
futur ? »
Un dragon de ténèbres, pareil à un poisson abyssal, ouvrit une gueule béante emplie de crocs semblables à des défenses d'éléphants et dévora l'esprit de Shiryū en commençant par sa tête. Le Saint poussa un hurlement sans s'en même s'en rendre compte.
« Pour
un
aveugle
comme
toi,
une
illusion
qui
brûle
le
cerveau
doit
être
un
trop
puissant
poison »,
dit
Ladon
à
Shiryū,
debout,
immobile.
Le
Saint
ne
put
que
gémir
en
guise
de
réponse.
« Tu
as
vu
un
futur
dans
lequel
tu
es
dévoré.
L'esprit
humain
est
si
fragile.
Tu
n'arriveras
bientôt
plus
à
entendre
ma
voix.
Bien,
cette
fois
je
vais
détruire
ton
corps
et
ta
Cloth ! »
Ladon
attaqua
de
nouveau
Shiryū
avec
l'onde
de
choc
qui
avait
tué
Nicol.
« Comment ? »
cria
Ladon,
sous
son
Adamas
dans
laquelle
brillait
un
nuage
galactique
composé
d'étoiles
scintillantes.
Shiryū
avait
stoppé
l'attaque
de
Ladon
grâce
à
son
si
solide
bouclier.
« Shiryū,
misérable,
il
te
reste
donc
encore
la
force
de
bouger
ce
bras,
alors
que
le
dragon
maléfique
du
Poliorkia
a
dévoré
ton
esprit ?
— Ladon, tu dis que les humains sont fragiles... »
Ils
étaient
tous
deux
bloqués
dans
cette
position,
bouclier
contre
poing,
observant
quels
seraient
les
prochains
mouvements
de
l'autre.
« C'est
vrai,
les
humains
sont
faibles.
Leurs
corps
et
leurs
coeurs
le
sont.
Mais
ils
puisent
leur
force
dans
ceux
qui
leur
sont
proches.
Ils
peuvent
se
battre
pour
leurs
amis
ou
pour
ceux
en
qui
ils
croient.
— N'importe quoi.
— C'est le coeur des hommes, Ladon ! Quelque chose de bien plus puissant que le genre de foi qui vous anime, vous autres Géants contrôlés par la Peur de Typhon ! cria Shiryū avant de retirer sa Cloth.
— Tu te départis de ta Cloth ? Avoir été violé par le Poliorkia a du te faire perdre la raison.
— Comme je sais désormais que ton attaque atteint l'esprit, cette Cloth ne me sert plus à rien, dit le Saint avant de pousser un cri guerrier.
— Un tatouage de dragon ? s'interrogea Ladon en voyant le dessin de dragon qui était apparu sur le dos nu de Shiryū
— Ce n'est pas un tatouage. Lorsque ce dragon ascendant apparaît dans mon dos, cela signifie que mon Cosmos a atteint son paroxysme ! cria Shiryū.
— Le Cosmos de Shiryū est... !
— Moi, Shiryū du Dragon, vaincrai certainement mon ennemi ! Même si je dois y mettre toute ma vie ! dit Shiryū, nimbé d'une aura brillante, celle que seul possède le véritable dragon.
— Je dévorerai ton âme avant ça ! Je vais te détruire !
— C'est toi qui seras détruit, Ladon ! Dragon maléfique ! rétorqua Shiryū alors que le dragon ascendant issu de son Cosmos venait se loger dans son poing droit.
— Sois annihilé ! Poliorkia !
— Rozan Shō Ryū Ha ! »
Shiryū ne put voir le résultat, mais il sentit que le si puissant Cosmos de Ladon, le dragon à cent têtes, venait de disparaître de cette caverne.
« Je
l'ai
donc
vaincu ?
Je
suis
venu
à
bout
de
Ladon ? »
Shiryū
tomba
à
genoux,
tout
en
se
disant
qu'avoir
pu
lancer
ce
dernier
Shō
Ryū
ha
relevait
du
miracle.
« Athéna,
mes
amis,
mes
frères
m'ont
prêté
leurs
forces »,
pensa-t-il.
Shiryū
s'effondra
alors
face
contre
sol.
Avant
de
perdre
conscience,
il
tenta
néanmoins
de
ressentir
les
Cosmos
de
ses
compagnons.
Il
pu
percevoir,
faiblement,
les
Cosmos
de
Seiya
et
de
Hyōga,
et
eut
aussi
l'impression
d'avoir
pu
repérer
le
Cosmos
de
Shun,
au
plus
profond
de
la
terre.
« Où
es-tu,
Mei ? »
pensa
Shiryū,
en
agitant
ses
lèvres
sans
que
sa
voix
n'en
sorte,
comme
un
homme
en
pleine
crise
de
délire.
Il
ne
le
sentait
pas.
Le
Cosmos
de
Mei,
qui
était
censé
se
trouver
lui
aussi
dans
ces
cavernes,
dans
la
"Tanière
de
Typhoeus",
était
le
seul
qu'il
n'arrivait
pas
à
percevoir.
« Pourquoi ?
Est-ce
parce
que
mon
Cosmos
s'affaiblit
et
que
je
n'ai
plus
la
force
de
le
sentir ?
Comment
se
fait-il
que
je
ne
puisse
pas
percevoir
le
Cosmos
d'un
de
mes
frères
de
sang ?
Pourquoi,
Mei ? »
pensa
Shiryū
en
étendant
ses
bras
avec
désespoir.
Il
perdit
finalement
connaissance,
à
bout
de
forces,
alors
qu'il
cherchait
encore
à
localiser
son
frère
de
sang.
« Seiya. »
Seiya
de
Pégase
reprit
lentement
conscience
en
entendant
son
nom,
interpellé
par
quelqu'un
qui
le
tenait
dans
ses
bras
en
l'aident
à
se
relever.
« Mei ? »
Sa
vision
était
encore
floue
et
il
avait
du
mal
à
se
focaliser
sur
les
objets
l'entourant.
Son
cerveau
s'était
comme
auto-anesthésié.
La
douleur
de
ses
deux
jambes
déchiquetées
était
en
revanche
très
vive.
« Tes
jambes...
tu
as
affronté
un
de
ces
"fils
de
dieu" ?
Quelles
terribles
blessures.
— Mais non, c'était une victoire facile.
— Si il te reste suffisamment d'entrain pour dire ça, c'est que tu vas bien, lui dit Mei en riant également.
— Mais quand même, qu'est-ce qui t'as pris de te ruer comme ça dans la gueule de l'ennemi ? C'était trop risqué...
— Pardon.
— Sans toi et sans ta Cloth, sceller Typhon ne....
— L'évêque me l'a dit.
— Ah.
— Nicol a perdu la vie.
— Non, ça ne peut pas être vrai, hein ?
— J'accomplirai ses dernières volontés. C'est mon destin en tant que Saint.
— Mei...
— J'aimerai rester m'occuper de mon jeune frère blessé, mais je dois me rendre auprès de Typhon.
— Va, ne te fais pas de soucis pour moi.
— Ne meurs pas, Seiya. »
Mei
allongea
doucement
Seiya
par
terre,
puis
se
releva
avant
de
se
remettre
en
route.
« Mei... »
Seiya,
engourdi
et
presque
inconscient,
tenta
de
sentir
le
Cosmos
de
Mei,
qui
venait
de
quitter
les
lieux.
« Pourquoi ? »
pensa-t-il.
Il
pouvait
percevoir,
même
faiblement,
les
Cosmos
de
Shiryū,
de
Hyōga
et
de
Shun.
La
raison
ne
pourrait
être
expliquée
par
des
mots,
mais
c'était
du
à
leur
lien
en
tant
que
frères
de
sang.
« Pourquoi,
Mei ?
Tu
viens
à
peine
de
partir,
et
pourtant
je
ne
ressens
absolument
pas
ton
Cosmos. »
Seiya
tenta
d'appeler
Mei,
mais
sa
voix
n'avait
déjà
plus
la
force
de
porter
le
nom
de
son
frère
aîné.
« Hyōga.
— Mei ? »
Hyōga
du
Cygne
reprit
lui
aussi
connaissance
en
entendant
Mei
appeler
son
nom,
et
il
releva
sa
tête
hors
de
la
flaque
d'eau
dans
laquelle
elle
reposait.
« Qu'un
Saint
tel
que
toi
ait
reçu
de
si
cruelles
blessures...
— Ne me regarde pas.
— Hein ?
— Ces blessures ne sont que la preuve de mon immaturité en tant que combattant et de l'imperfection de mes techniques, dit Hyōga en cachant ses deux bras déchiquetés lors de son combat contre Orthros, le chien maléfique bicéphale.
— Très bien.
— Mei, il vaut mieux que tu évites d'être blessé. Sans toi et ta Cloth, sceller Typhon...
— Hyōga. Que pensais-tu de mon... de notre père ?
— Hein ? Mais pourquoi veux-tu savoir ça à un moment pareil ? lui demanda Hyōga, qui ne pouvait comprendre où Mei voulait en venir.
— Que représentait Mitsumasa Kido à tes yeux ?
— Un homme que j'ai haï, répondit Hyōga.
— De la haine...
— Mais aujourd'hui c'est légèrement différent.
— Ah ?
— Ma mère me disait que Mitsumasa Kido était un homme formidable, prêt à tout donner pour préserver la paix du monde. Ces paroles de ma mère furent les seules que je ne parvins pas à comprendre. Cependant... je ne sais pas si je peux correctement l'expliquer, mais... en combattant auprès d'Athéna, des mes frères et amis, en ressentant le destin de mon étoile, j'ai finalement...
— Je vois.
— J'ai finalement fini par me dire que Mitsumasa Kido avait lui aussi du faire les sacrifices exigés par le destin, par son étoile. Et maintenant je me sens un peu plus en paix vis-à-vis de ça.
— Merci, Hyōga.
— Pourquoi cette gratitude ?
— Je dois atteindre Typhon. Et ensuite, le sceller.
— Va.
— Ne meurs pas, Hyōga. »
Mei
laissa
Hyōga
et
s'enfonça
dans
le
tunnel
menant
au
plus
profond
de
la
"Tanière
de
Typhoeus",
disparaissant
du
champ
de
vision
de
de
Hyōga.
Ce
dernier,
qui
avait
à
peine
la
force
de
bouger
ses
doigts,
chercha
les
présences
environnantes.
« Pourquoi ? »,
pensa-t-il.
Il
avait
pu
faiblement
percevoir
les
Cosmos
de
ses
autres
frères.
« Nous
venons
tout
juste
de
nous
parler,
alors
pourquoi
est-ce
que
je
ne
ressens
pas
le
Cosmos
de
Mei ? »
Le
paisible
guerrier
des
glaces
retomba
dans
son
sommeil,
l'esprit
en
proie
à
un
terrible
doute.
L'autel maléfique auquel était attachée la femme-serpent enceinte se mit à trembler. Même si le "Cocon du Temps" entourant Echidna était prêt à se briser, la cause de ces secousses semblait plutôt être le vent.
« Orthros,
dit
Typhon.
— Chimera, poursuivit-il.
— Ladon », conclut-il, énonçant ces noms comme des incantations de "Peur" divines.
Typhon
émit
un
grognement
guttural.
Le
vent
souterrain
porta
avec
lui
des
choses
qui
semblaient
être
les
résidus
devenus
flammes
des
Cosmos
de
ses
fils.
Ce
vent
enveloppa
Typhon,
debout
face
à
l'autel,
et
s'infiltra
dans
son
corps
par
ses
cavités
nasales.
« Je
n'ai
plus
besoin
d'anciens
Géants
tels
que
mes
frères
aînés,
dit
le
dieu
en
passant
sa
langue
noire
sur
ses
lèvres.
— Et je n'ai plus non plus besoin de ces fils que j'ai créé pour m'amuser, dit-il en riant.
— Nul autre que moi n'est nécessaire. Mon existence est la preuve de celle des Géants, dit le dieu qui n'acceptait nul partage, nulle concession.
— Un Saint d'Athéna ? rugit le dieu en se retournant brusquement tout en projetant une épaisse couche de flammes de son côté droit, et des éclairs déchaînés de sa moitié gauche.
— Te voici donc, Mei.
— Typhon ! lui renvoya le Saint.
— Je vais te dévorer. »
Chapitre 3.4
Une voix résonna dans les ténèbres.
« Shun ! »
Le Saint d'Andromède, qui avait sacrifié sa précieuse chaîne nébulaire afin de dire à Athéna où se trouvaient les Géants, était attaché à un pilier, apparemment inconscient. Mais il était difficile d'estimer avec certitude si il était mort ou vivant.
Et même si il était encore en vie, il n'avait pas reçu la protection du sang d'Athéna, ce qui signifiait que ses forces étaient probablement drainées par la barrière de Phlegra. Son Cosmos était effacé par la tempête de Typhon.
« Te
voici
donc,
Mei,
ma
marionnette »,
dit
le
dieu
asymétrique,
paré
d'une
Adamas
d'onyx
sombre,
en
jetant
un
regard
méprisant
sur
le
frêle
humain
qui
lui
faisait
face.
Il
ne
voyait
tout
au
plus
en
Mei
qu'un
insecte
à
la
carapace
solide.
La
caverne
dans
laquelle
ils
étaient
était
bien
plus
vaste
que
celle
de
l'Etna
contenant
l'autel
dans
lequel
le
dieu
avait
été
scellé.
Cette
immense
grotte
était
la
"Tanière
de
Typhon",
et
dans
laquelle
se
trouvait
l'autel
du
sanctuaire
des
Géants.
Cet
autel
rappela
des
souvenirs
à
Mei.
Il
se
souvint
être
devenu
la
marionnette
de
Typhon
avant
de
visiter
divers
lieux
afin
de
faire
revenir
en
ce
monde
le
haut
prêtre
Encélade,
puis
encore
trois
autres
Géants.
À
chaque
fois,
des
autels
semblables
avaient
été
présents.
Une
femme
était
clouée
sur
l'autel
étrange
qui
lui
faisait
désormais
face.
« Est-ce
celle
que
l'on
appelle
Echidna ? »
dit
Mei,
le
souffle
coupé
face
à
la
beauté
et
à
l'horreur
de
cette
femme
nue.
Elle
était
probablement
un
sacrifice
elle
aussi,
rendue
ainsi
par
un
mauvais
tour
de
ce
dieu
maléfique.
Ses
souples
cheveux
noirs,
sa
peau
soyeuse
et
ses
seins
ronds
comme
ceux
d'une
déesse
de
la
fertilité
contrastaient
avec
la
queue
de
serpent,
courbée
par
le
"temps",
qui
constituait
la
partie
inférieure
de
son
corps
depuis
les
hanches.
« Une
Prison
de
Stase ! »
cria
Mei,
qui
savait
comment
ce
genre
de
sceau
s'appelait.
Il
eut
alors
un
horrible
pressentiment.
Il
ne
fallait
pas
que
le
cocon
du
Temps
se
brise.
Cette
femme-serpent
porteuse
du
destin
d'Echidna
ne
devait
surtout
pas
s'éveiller.
Elle
était
enceinte,
et
ce
qu'elle
portait
ne
devait
pas
naître.
« Echidna,
dit
Typhon.
— Echidna...
— Ma création. La dernière femme des Géants. Celle qui porte ce qui sera mon nouveau et véritable corps.
— Comment ! hurla Mei, le visage déformé par la surprise.
— "Le Temps suspendu", annonça Typhon.
— Tu sais ce qui va se passer, Mei. Frêle humain. Marionnette.
— Ne m'appelle pas ainsi !
— Et le temps va se briser.
— Comment ?
— Echidna va bientôt s'éveiller.
— Je ne le permettrai pas !
— Elle va bientôt s'éveiller.
— Je ne le permettrai pas ! »
Mei
s'avança
pour
rejoindre
Typhon,
entre
Gaia
et
le
Tartare.
« Tu
te
trouves
dans
le
sanctuaire
des
Géants,
dans
ma
forteresse »,
rit
Typhon.
Soudain, un vent violent traversa le corps de Mei, qui fut léché de cent langues de serpent, et le casque qui ornait ses cheveux argentés fut projeté en arrière.
« Quelle
est
cette
menace ? »
dit
Typhon
en
s'apercevant
que
Mei
ne
ressentait
pas
sa
Peur.
« Tu
as
reçu
la
protection
du
sang
d'Athéna ? ».
Typhon, à la langue noire, fit un mouvement de son index gauche, provoquant alors un son de vent strident à en percer les tympans.
« La
barrière
a...
— La barrière de Phlegra ne sert plus à rien. »
Typhon
prit
une
grande
inspiration,
et
avala
par
ses
narines
toute
la
puissance
contenue
dans
Phlegra.
La
lumière
diffuse
disparut,
et
les
ténèbres
s'abattirent
jusqu'aux
moindres
recoins
de
la
caverne.
La seule source de lumière restante était le corps même du dieu, dont l'aura projetait aussi bien des flammes que des éclairs. Le jeu des lumières donnait l'impression que Typhon était encore plus colossal qu'auparavant. Un dieu absolu.
La Peur ressentie à l'idée d'affronter Typhon dans le sanctuaire des Géants était devenue quelque chose de matériel, complètement palpable.
Mei s'avança dans ce temple.
« Paré
de
ma
Cloth,
j'avance
vers
toi
pas
à
pas.
— J'observe chacun de tes pas.
— Je me souviens.
— Je me souviens.
— Immense dieu des Géants.
— Saint d'Athéna.
— Je suis venu pour te sceller.
— Le sang d'Athéna a une odeur de corps en décomposition.
— J'entends la voix de l'antique Athéna.
— Quelle puanteur. Retire cette Cloth répugnante. »
Soudain, un bruit tranchant se fit entendre, et des attaques et esquives à la vitesse de la lumière, qui auraient pu fendre le temps, furent portées. Les instincts meurtriers réciproques fusèrent de toutes parts. Les fils d'orichalque fondus dans les ténèbres furent incinérés par la partie droite du corps de Typhon, et tranchés par la partie gauche.
Typhon lança un grognement de dédain tandis que Mei enrageait d'avoir été contrecarré.
En abattant un poing, le dieu pouvait rendre les roches incandescentes. En abattant son autre poing, le dieu pouvait recouvrir les parois et la voûte de la caverne d'éclairs grillant ce qu'ils touchaient. En frappant le sol de son pied, il pouvait donner naissance à une violente bourrasque envoyant une série de lames d'air. Il n'utilisait aucune technique particulière. Il s'agissait tout simplement du pouvoir d'un dieu capable d'ébranler les cieux.
Mei rabattit devant lui les deux boucliers formant ses épaulettes afin de se protéger des rafales de vent tranchantes.
« Mei.
— Typhon.
— Mei, ma marionnette. Comme c'est amusant. Tu étais donc si fort que ça ?
— Cette puissance n'est pas mienne. »
Même
si
Typhon
n'avait
pas
retrouvé
ses
pleins
pouvoirs,
un
frêle
mortel
seul
n'aurait
pas
du
pouvoir
lui
tenir
tête.
« Mei,
ma
marionnette.
Comme
c'est
amusant.
— Amusant, dis-tu ?
— Cette fois tu es la marionnette de l'antique Athéna au travers de cette constellations sans étoiles et de cette Cloth empreinte de son sang.
— Je ne suis pas une marionnette.
— Je guide par la Peur.
— Tu ne fais qu'asservir.
— Et Athéna asservit par l'Amour.
— Non, elle guide.
— Un guerrier combat.
— Je combats.
— Les guerriers choisis par les étoiles se battent et meurent en obéissant à une volonté divine.
— J'obéis aux étoiles.
— Finalement, quelle différence entre Moi et Athéna ? Mei, ma marionnette. Pourquoi t'opposes-tu à Moi ? Et pourquoi ne te laisses-tu pas dévorer ? »
Typhon
prit
une
inspiration
et
relâcha
un
"kiai"
offensif
qui
balaya
tout
autour
du
dieu
et
envoya
Mei
s'encastrer
dans
la
paroi
de
la
caverne
avec
ses
deux
boucliers.
« Comme
c'est
inattendu. »
Typhon, dont les yeux brillaient dans le noir, posa son regard sur Mei.
« Comme
c'est
inattendu.
Je
m'amuse.
C'est
vraiment
distrayant,
Mei,
ma
marionnette,
dit
le
dieu
en
le
fixant
de
ses
yeux,
l'un
de
flammes
et
l'autre
de
foudre.
— Comment ? »
Le
regard
maléfique
fixa
un
point,
et
envoya
subitement
une
onde
de
choc
faite
de
volonté
meurtrière.
Mei
eut
le
souffle
coupé.
Sa
jambe
gauche
venait
d'être
brisée.
Arrachée,
plus
précisément.
En
un
regard
de
Typhon,
Mei
avait
perdu
une
de
ses
jambes
irremplaçables.
« Et
maintenant,
continueras-tu
de
prétendre
que
tu
n'es
pas
une
marionnette ? »
dit
Typhon
en
se
moquant
de
Mei.
Mei
utilisa
sa
jambe
droite
intacte
afin
de
se
relever
en
s'appuyant
contre
le
mur.
Il
jeta
un
regard
vers
sa
cuisse
gauche
tranchée.
« Mon
corps...,
dit
Mei.
— Comment se fait-il que si peu de sang coule. Comme si ce n'était qu'une coupure sans gravité, lança Typhon afin de semer le doute dans son esprit.
— Qu'est-il donc arrivé à mon corps ?
— Mei, ma marionnette.
— Je ne suis pas une marionnette.
— En cours de route, tu as été vaincu en combat, et a perdu énormément de sang. Tu était un homme à moitié mort en arrivant ici. Ou peut-être même étais-tu déjà mort. »
La
défaite
dont
parlait
le
dieu
était
celle
de
Mei
face
à
Ladon,
le
dragon
à
cent
têtes.
« Je
suis
venu
ici
avec
trop
de
précipitation,
et
ai
été
vaincu »,
se
souvint
Mei.
Il
est
vrai
qu'il
avait
perdu
une
grande
quantité
de
sang.
Cependant,
la
mort
de
Nicol,
les
Cosmos
de
ses
frères
Seiya,
Hyôga,
Shun,
Shiryû,
le
destin
de
sa
Cloth
et
la
bénédiction
du
sang
de
l'antique
Athéna
l'avaient
soutenu
pour
lui
permettre
d'arriver
devant
Typhon.
« Il
ne
s'agit
donc
pas
de
ma
propre
puissance ?
— Les frêles humains meurent après avoir perdu plus du tiers de leur sang.
— Je...
— Pose ta main sur ton coeur.
— Je...
— Sens ton pouls.
— Comment ?
— Tu es un humain qui parle encore en dépit d'avoir perdu tout le sang dont il a besoin pour vivre. Mei, ma marionnette. Comme c'est amusant.
— Marionnette ?
— Si tu n'es pas une marionnette, qu'es-tu ?
— Une constellation sans étoiles et la mémoire de cette Cloth empreinte du sang d'Athéna.
— La marionnette de l'antique Athéna.
— Ma volonté s'amenuise alors que je parle. Mon Cosmos...
— Et l'heure est arrivée.
— Comment ?
— Le temps se rompt. »
Chapitre 3.5
Les mots de Typhon résonnèrent comme une grande proclamation.
Le colossal dieu des Géants se désintéressa de Mei pour se diriger vers l'autel. Il resta regarder avec convoitise la dernière femme des Géants, modelée selon son désir et clé de son ambition.
« Echidna... »
On
aurait
pu
se
demander
pour
quelle
raison
la
femme
n'était
pas
dévorée
par
la
Peur
alors
que
le
dieu
avait
pourtant
prononcé
son
nom.
Peut-être
était-ce
l'effet
du
sceau
de
la
Prison
de
Stase.
Ou
peut-être
encore
que
Typhon
avait
accordé
ce
privilège
à
la
femme
qu'il
avait
créé.
Ou
non,
il
est
plus
probable
qu'"Echidna",
"Femme
serpent",
n'ait
pas
été
son
véritable
nom.
Il
ne
s'agissait
sans
doute
que
d'un
surnom
méprisant
à
l'encontre
de
cette
triste
femme
dont
il
avait
changé
la
partie
inférieure
du
corps
en
serpent
pour
s'amuser.
« Moi,
appela
le
dieu
en
regardant
le
ventre
d'Echidna.
— Moi. Ô, mon véritable corps. »
Finalement,
le
Cocon
du
Temps
se
rompit
en
perdant
ses
eaux,
et
le
temps
d'Echidna
reprit
son
cours.
Ses
longs
cheveux
noirs
de
jais
ondulèrent
tels
des
vagues,
et
sa
peau
blanche
rosit.
Ses
seins
ronds
tremblèrent
tandis
que
ses
hanches
bougeaient
d'une
manière
séduisante
en
dépit
de
la
douleur
qu'elle
ressentait.
Echidna poussa alors un cri strident, et continua de hurler à s'en assécher la gorge. Une fois encore, Echdina subissait les tourments de l'accouchement. Typhon ne pouvait contenir sa joie face à ce spectacle. L'enfant déchira lui-même le ventre du serpent de l'intérieur. Cet enfant, qui n'avait pas de tête, rampa hors du ventre. Le véritable corps charnel de Typhon, semblable à un foetus avorté, avait la transparence d'un joyau noble supérieur au cristal. Son Adamas avait l'éclat sombre du plus parfait des diamants.
« Moi, dit Typhon en s'interpellant lui-même.
— Moi. Mon véritable corps. »
La
Volonté
Divine
du
dieu
des
ouragans
se
mit
en
mouvement.
Sous
l'Etna,
Typhon
avait
quitté
le
corps
de
Mei
afin
de
s'emparer
de
celui
du
haut
prêtre
Encelade.
De
la
même
manière,
sa
volonté
se
matérialisa
à
nouveau
sous
la
forme
d'une
aura
quittant
le
corps
d'Encelade
pour
commencer
à
se
diriger
vers
l'Adamas
à
la
teinte
sombre.
Soudain, l'autel fut la proie des flammes, et le dieu s'arrêta net. Typhon, qui jusque là était l'unique source de lumière dans ce temple souterrain plongé dans les ténèbres, était désormais illuminé par des flammes qui n'étaient pas les siennes et dévoraient l'autel.
Au contraire, sa Volonté se gela. Contre toute attente, Echidna, sa création, était en train de brûler sous ses yeux dans un ardent brasier. Celle-ci était en train de mourir, ses cheveux brûlant en crépitant tandis que sa peau cuisait et que l'air chaud inspiré par ses poumons faisait bouillir l'intérieur de son corps.
« Hō
Yoku
Tenshō ! »
Ce
battement
d'ailes
avait
tout
pris
à
Typhon,
en
ne
laissant
que
des
cendres
à
la
place.
« Moi. »
L'Adamas
issue
du
corps
d'Echidna,
faible
corps
vide,
avait
aussi
été
réduite
en
charbon
qui
se
dispersa
vite
en
cendres.
« Moi.
Mon
véritable
corps. »
Sa
Volonté
Divine
vacilla,
privée
du
réceptacle
qu'elle
convoitait.
« Ikki ? » dit Mei en apercevant une autre flamme.
Un
homme
semblable
à
un
démon
guerrier
se
tenait
dans
le
sanctuaire
souterrain,
nimbé
d'une
aura
en
forme
de
Phoenix.
Mei savait pourquoi il portait une cicatrice sur le front. Il reconnut le plus puissant de ses frère, cet homme à l'esprit inflexible, et entouré d'une aura semblable à un dieu Niô en colère.
« Je
vois.
Tu
es
le
Saint
du
Phoenix,
dit
Mei
en
s'appuyant
contre
le
mur
pour
se
relever.
— Mei ?
— Oui.
— Ton visage garde certains traits de l'époque où tu étais enfant. Mais, Mei... pourquoi est-ce que je peux pas ressentir ton Cosmos ? »
Mei
se
mit
debout
d'une
jambe,
et
regarda
Ikki
droit
dans
les
yeux.
« Le
Cosmos
circule
dans
le
sang
à
ce
que
l'on
dit »
expliqua
Mei
avant
de
continuer
son
monologue.
« J'ai
même
perdu
les
liens
du
sang »,
dit-il
en
regardant
Typhon.
Le
dieu,
qui
avait
perdu
son
véritable
corps
sous
ses
yeux,
tremblait
de
déception.
« Mais
au
moins,
les
étoiles
ne
l'oublieront
pas »,
dit
Mei
en
souriant
à
Ikki,
à
ce
démon
guerrier
qui
avait
depuis
longtemps
oublié
une
telle
chose.
« Je
vais
tous
vous
tuer »,
déclara
Typhon.
Typhon,
qui
avait
jusqu'alors
gardé
une
apparence
de
dieu,
explosa
et
se
déforma
pour
devenir
un
typhon
déchai1né,
sans
oeil,
brûlant
et
pulvérisant
sauvagement
tout
autour
de
lui.
« Prends
Shun
avec
toi
et
partez
d'ici ! »
cria
Mei.
Ikki, au sein de la tempête, trancha les chaînes qui retenaient Shun, son frère à part entière, prisonnier, et le releva tout en s'assurant qu'il respirait encore.
« Compris,
dit
Ikki.
— N'as-tu rien à me demander ?
— Toi, un homme déjà mort, a pu sourire. Que pourrais-je demander à un tel homme ?
— Ikki, j'ai peut-être déjà perdu les liens de notre sang, mais... il n'y a qu'à toi que je puisse demander ceci.
— Mei.
— Veille sur nos frères », lui dit Mei en souriant.
Ikki,
stoïque,
quitta
la
caverne
avec
Shun
sans
dire
un
mot.
Mei,
paré
de
la
Cloth
de
la
Chevelure
de
Bérénice,
une
Cloth
sans
rang
par
rapport
à
la
hiérarchie
établie,
regarda
partir
Ikki,
puis
se
tourna
vers
le
dieu.
Un
faisceau
de
fils
d'Orichalque
s'élança
indépendamment
de
la
volonté
de
Mei
afin
de
récupérer
sa
jambe
tranchée.
Ces
fils
traînèrent
la
jambe
auprès
de
lui,
puis
ils
se
chargèrent
tout
seuls
de
ré-attacher
la
jambe
à
la
plaie
béante
de
la
cuise
et
suturèrent
le
tout.
Finalement,
Mei
put
se
relever
et
marcha
de
ses
deux
jambes
vers
Typhon.
« Enfin. »
Tout
ce
qu'il
restait
du
champ
de
bataille
où
s'était
joué
cette
Gigantomachie
entre
Typhon
et
Mei
n'était
que
destruction
et
cendres
éparses.
L'immense
dieu
des
tempêtes
était
devenu
fou,
pris
d'une
fureur
destructrice.
Mais
le
monde
de
Mei
était
incroyablement
calme.
« J'entends
enfin
la
voix
de
mon
étoile.
— Mei.
— "Deux Ex Machina." », répondit le Saint.
Mei
tira
vers
lui
les
fils
tranchants
qu'il
avait
déployé
dans
les
ténèbres.
Le
dieu
fut
saisi
par
les
fils.
« Ma
marionnette.
— Tu es le "Dieu issu de la machine". »
Epilogue : Deus Ex Machina
L'activité volcanique, qui s'était intensifiée à cause de Typhon, s'apaisa finalement dans toutes les parties du monde.
Hyōga du Cygne était retourné en Sibérie, et Shiryū du Dragon était lui rentré à Rozan, afin de guérir des blessures qu'ils avaient reçu lors de ces combats. Ikki, qui avait permis à Shun de quitter la Tanière de Typhoeus, était une fois de plus introuvable. Shun et Seiya étaient quant à eux restés au Sanctuaire, mais se trouvaient pour le moment consignés au repos.
Une pièce antique se jouait dans l'Odéon, ce théâtre antique à ciel ouvert d'une capacité de 6000 spectateurs, situé à la base du versant sud-ouest de la colline de l'Acropole.
L'œuvre
jouée
était
une
fois
encore
l'Orestie
en
3
actes
d'Eschyle.
Agamenmnon,
roi
de
Mycènes,
avait
offert
sa
fille
Iphigénie
en
sacrifice
pour
s'assurer
la
victoire
à
la
grâce
des
faveurs
divines,
mais
son
épouse,
la
reine
Clytemnestre,
l'avait
ensuite
assassiné
par
vengeance.
Leur
fils
Oreste
avait
à
son
tour
tué
sa
mère
pour
venger
Agamemnon,
mais
cet
horrible
matricide,
ce
crime
impardonnable,
lui
avait
valu
de
devenir
la
cible
des
Erynies
vengeresses.
Oreste,
poursuivi
durant
des
années
et
poussé
vers
la
folie,
alla
de
nouveau
demander
conseil
à
l'oracle
de
Delphes,
qui
lui
conseilla
de
se
rendre
à
Athènes
afin
d'être
jugé
pour
le
crime
de
matricide.
La
déesse
de
la
Guerre
et
de
la
Sagesse,
protectrice
d'Athènes,
organisa
alors
un
procès
réunissant
les
diverses
parties
impliquées :
les
Erynies,
et
pour
la
défense,
Apollon,
oracle
de
Delphes
qui
avait
ordonné
ce
matricide
à
Oreste.
D'autres
dieux
descendirent
aussi
sur
Terre
afin
d'assister
à
ce
jugement.
Les
voix
des
jurés,
qui
devaient
décider
d'absoudre
ou
de
condamner
Oreste
sa
retrouvèrent
finalement
à
égalité.
Cependant,
Athéna,
impressionnée
par
l'argumentaire
présenté
à
la
défense
par
Apollon,
décida
alors
que
son
vote,
celui
devant
trancher
en
cas
d'égalité,
serait
en
faveur
de
l'acquittement
d'Oreste.
Athéna
apaisa
ensuite
la
colère
des
trois
Erynies
insatisfaites
en
en
faisant
des
divinités
célébrées
à
Athènes.
Ainsi
se
conclut
la
troisième
et
dernière
partie
de
la
tragédie
racontée
par
Eschhyle,
celle
des
Euménides.
Sur la scène, les effrayantes Erynies terminèrent leur marche. Orestes fut enfin libéré de son crime.
Fin de la représentation.
Shun, légèrement en sueur, applaudit avec ferveur avant de reporter son attention sur celui qui était à ses côtés.
« Bonjour,
Seiya.
— Hmm ? C'est fini ? demanda Seiya en laissant échapper un petit bâillement.
— Qu'en as-tu pensé ?
— C'était très intéressant », répondit Seiya, piètre menteur.
Shun
haussa
les
épaules
en
se
disant
que
Seiya
avait
surtout
dormi
comme
une
pierre.
« Mais
la
prochaine
fois,
invite
moi
à
un
truc
un
peu
plus
drôle.
— D'accord, je te proposerai une comédie. »
Ils
soupirèrent
l'un
à
l'attention
de
l'autre.
La
nuit
était
désormais
avancée,
et
l'été
chaud
de
Grèce
semblait
se
poursuivre
au-delà
de
sa
saison.
Les
deux
Saints,
situés
au
sommet
du
théâtre
antique,
contemplèrent
les
cieux.
« Il
faudra
encore
un
certain
temps
avant
que
les
cendres
disséminées
dans
le
ciel
à
cause
de
Typhon
ne
disparaissent,
murmura
Shun.
— On dirait bien », lui répondit Seiya, en observant ce ciel prisonnier d'un brouillard de cendres.
« Tu es le "dieu issu de la machine" »,dit Mei.
Des milliers, voire des dizaines de milliers, ou peut-être même une quantité comparable au nombre d'étoiles dans le ciel de fils tranchants sortirent des deux épaulettes de la Cloth de la Chevelure de Bérénice.
Ou plutôt...
Les boucliers à l'apparence de larmes étaient en train de perdre leur forme, ainsi que les bras ou encore bien le torse. L'intégralité de la Cloth se disloquait pour se changer en fils, comme un vêtement que l'on effilerait.
En un instant, les fils mêlés à l'obscurité enveloppèrent l'autel de ce temple souterrain, lui donnant l'apparence d'un cocon de ver à soie.
« Je... »
Typhon, dont la tête, les yeux, les oreilles, la langue, le torse, les hanches, les cuisse, les jambes et même les ongles de son réceptacle, Adamas comprise, avaient été transpercés par les fils tranchants, se trouvait suspendu à mi-hauteur dans les airs, cloué sur place.
« "Le
temps
stagnant" »,
dit
Mei
en
parlant
pour
son
étoile,
à
moins
que
cette
voix
n'ait
été
celle
de
sa
Cloth
imprégnée
du
sang
de
l'antique
Athéna.
Ce
lieu
n'était
déjà
plus
un
temple
sacré
des
Géants.
C'était
devenu
un
temple
scellé
d'Athéna.
« "La
Prison
de
Stase"...,
articula
le
dieu.
— Je vais te sceller, Typhon », dit Mei alors que le Cocon du Temps les enveloppait.
L'antique Athéna connaissait également ce genre de sceau.
« Me
sceller,
dis-tu ? »
répondit
Typhon
en
riant.
« Mei,
ma
marionnette.
Comme
c'est
amusant.
Combien
de
temps
penses-tu
qu'un
frêle
humain
tel
que
toi
puisse
me
retenir ?
Cent
ans ?
Mille
ans ?
Dix
mille
ans ?
Mais
pour
la
Volonté
Divine
immortelle
que
Je
suis,
ceci
ne
représente
qu'un
bref
instant.
— Un bref instant, en effet. Chutons donc pendant cet instant éternel, dans cette prison située entre Gaia et le Tartare.
— Même si ça prend cent, mille, ou dix mille ans, ce "cocon du Temps" finira par se rompre. Mon immortelle Volonté Divine sera toujours présente, ainsi peut-être que cette Cloth imprégnée du sang d'Athéna. Mais toi, tu seras mort. Mei, ma marionnette, tu auras cessé d'être.
— Tel est le destin.
— Un misérable destin.
— Mais les étoiles ne l'oublieront pas, et c'est ce que je souhaite. La paix sur Terre est la preuve que les Saints ont existé.
— Pourquoi me contredire ?
— Silence, répondit Mei, las de cette discussion.
— Je...
— Typhon, "dieu issu de la machine". C'est toi qui a entamé le dialogue.
— Je...
— Typhon, "dieu issu de la machine". C'est également toi qui prétendait que nulle raison n'était nécessaire.
— Vraiment ?
— C'est ce que sont les Gigantomachies.
— Vraiment ?
— C'est "une guerre qui ne mérite pas d'être consignée dans l'Histoire"
— Dans ce cas-là... Sommeillons donc pour un bref moment. »
Une
étoile
de
détacha
alors
à
nouveau
de
la
voûte
stellaire.
Le Sanctuaire, en pleine nuit.
À l'extrême sommet de cette montagne se trouvait le si pur autel d'Athéna. Sur la poeint culminante de la terre sainte se tenait une jeune femme aux cheveux cendrés, debout, portant avec élégance une robe d'un blanc immaculé. Cette jeune fille, en tant que réceptacle de l'univers, avait confié son âme et son corps à la voûte stellaire.
« Si
tel
le
souhaite
le
destin »,
dit
Athéna
en
observant
les
étoiles.
Saori,
dont
le
cœur
s'était
empli
de
souvenir
nostalgiques,
déversa
doucement
ceux-ci
vers
un
pan
du
ciel
dans
lequel
se
trouvait
un
constellation
sans
étoiles.
« J'endosserai
pleinement
mon
destin,
celui
de
la
Volonté
d'Athéna,
celui
de
la
Volonté
Divine
(Big
Will).
Pour
défendre
l'Amour
et
la
Justice
sur
Terre. »
Fin.
Postface de Masami Kurumada
Avec Saint Seiya, je voulais créer un manga original, avec le monde entier comme scène, mais les débuts furent difficiles. Mon éditeur pensait que des concepts comme le Cosmos, les Saints, le Sanctuaire et la mythologie grecque seraient peu compréhensibles pour les lecteurs. Je me torturais chaque semaine pour trouver de nouvelles idées, mais chaque chapitre ne me ramenait que devant la page blanche pour la semaine suivante... c'était réellement épuisant. Ce fut une grande surprise lorsque la série est devenue populaire et que les ventes ont pour la première fois dépassé le million d'exemplaires vendus.
Plus tard, de nombreuses voix de soutien se sont faites entendre à travers le monde, et les projets Saint Seiya ont repris, et c'est ainsi que nous en sommes arrivés à ce premier roman. Le soutien reste indéfectible, et c'est une grande joie pour moi en tant qu'auteur.
J'espère que vous continuerez tous à veiller sur le monde de Saint Seiya.
Masami Kurumada
Tous les chapitres
- Ces traductions sont réalisées par Archange à partir des livres japonais. MERCI DE NE PAS LES RECOPIER SUR VOTRE SITE.
- Les fanarts présentés appartiennent à leurs auteurs respectifs (indiqués dans la description)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitres 1 (Oreste) et 2 (Les Saints d'Athéna)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitre 3 (Sicile)
- Livre 1 - Chapitre de Mei - Chapitre 4 (Ressurection) et épilogue
- Livre 2 - Chapitre du sang - Prologue et chapitre 1 (La Chevelure de Bérénice)
- Livre 2 - Chapitre du sang - Chapitre 3 (Sang)
- Livre 2 - Chapitre du sang - Chapitres 4 (Chronos) et épilogue (Deux Ex Machina)
Revenir à Accueil